Accéder au contenu principal

Des vacances quand même

plage

Après une année de restrictions sanitaires pour endiguer l’épidémie de Covid-19, de couvre-feux, de confinements, de limitation de déplacements, de restaurants et de lieux culturels fermés, c’est peu dire que nous avions envie de nous retrouver cet été, ce moment de respiration pour lequel nous espérions reconquérir (un peu) de la vie d’avant. La situation sanitaire fin juin était bonne, la vaccination, rassurante, était là et cette année il y aurait moins de manifestations et d’événements sportifs ou culturels – que nous aimons tant fréquenter chaque année en juillet et en août – annulés ou reportés comme en 2020.

Le mois de juillet laissait ainsi présager un bel été Las ! Après le variant britannique Alpha qui avait bousculé les fêtes de fin d’année, le variant Delta chamboule à nouveau notre vie. Beaucoup plus contagieux, il se déploie sur les zones touristiques à vitesse grand V : Corse, Côte d’Azur, Occitanie, côte atlantique, Outremer sont désormais confrontées à une quatrième vague épidémique…

Les chiffres du tourisme de juillet, encore à consolider mais plutôt bons et qui montrent une bonne résistance, avaient redonné espoir à un secteur qui a été durement mis à l’épreuve depuis mars 2020. Le variant Delta va-t-il ruiner tous ces efforts ? L’extension, à compter du lundi 9 août, du pass sanitaire pour freiner la quatrième vague inquiète vivement les professionnels qui craignent de voir leur clientèle déserter leur établissement. La complexité de mise en œuvre de ce pass – qui va aussi dépendre de la décision du Conseil constitutionnel ce 5 août – va-t-elle replonger le pays dans cet Absurdistan de règles absconses et incompréhensibles que dénonçait la presse étrangère ?

En attendant, chacun espère sauver la saison qui restera cette année encore majoritairement bleu-blanc-rouge. Plus encore que les années précédentes, cet été est, pour les Français, l’occasion de redécouvrir leur pays et, par exemple, les trésors de notre région, tout en étant solidaire de tous les professionnels du tourisme. Des vacances sous Covid, des vacances compliquées avec gestes barrière, vaccination et protocoles sanitaires contraignants… mais des vacances quand même, pour ceux qui ont la chance de pouvoir en prendre.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du jeudi 5 août 2021)

Posts les plus consultés de ce blog

Pollueurs payeurs

  C’est une scène que malheureusement chacun d’entre nous a un jour vécue. Une promenade dans la nature et l’on tombe sur des monticules de déchets entassés là en toute illégalité : au mieux des déchets verts, au pire des gravats de chantiers, des appareils électroménagers ou tout simplement des ordures ménagères. Ce fléau des décharges sauvages a pris des proportions considérables et inquiétantes pour la pollution des sols qu’elles engendrent, alors même que les Français, paradoxalement, mettent l’environnement aux premiers rangs de leurs préoccupations. En 2020 en France, 80 000 tonnes de déchets ont ainsi échoué dans la nature dans quelque 600 dépôts illégaux. Et il est toujours aussi difficile pour les élus locaux de lutter contre ce phénomène qui recouvre de multiples pratiques. Chacun d’ailleurs garde en mémoire le décès du maire de Signes (Var), renversé le 5 août 2019 par une camionnette dont les occupants, que l’élu voulait verbaliser, avaient jeté des gravats en bord de route

Kafka va au ski

La station La Molina en Espagne Mi-novembre, un article du grand journal allemand Die Zeit ironisait sur l’« Absurdistan autoritaire » imposé, selon lui, par le gouvernement français à ses concitoyens. « Le verrouillage de la France est si répressif que même les règles sensées tombent en discrédit », écrivait Annika Joeres.Auto-attestations de sortie obligatoires uniques en Europe, contradictions dans les autorisations ou interdictions de vente de certains produits comme les livres dans les supermarchés ou les sapins de Noël, décisions de santé publique prises de façon monarchique par le président de la République en Conseil de défense, Etat d’urgence sanitaire sans cesse prolongé, etc. La charge était sévère et sans doute un peu injuste puisque le confinement à la française a eu au final des effets bien réels pour freiner la circulation du virus et diminuer les hospitalisations… alors que l’Allemagne est en plus mauvaise posture actuellement. C’est dans ce contexte que le chef de l’E

Avant/Après

La pandémie de Covid-19 aura profondément bouleversé le marché de l’immobilier comme le secteur du BTP. Certes, avant l’arrivée du coronavirus fin 2019, l’immobilier était déjà au ralenti depuis quelques mois avec notamment le durcissement des conditions de crédit, mais l’irruption de la pandémie l’avait stoppé net avec le brutal et totalement inédit confinement du printemps : chantiers de construction à l’arrêt, agences fermées faute de pouvoir organiser des visites, crédits immobiliers mis sur pause, etc. Le second confinement dont nous venons tout juste de sortir aura été beaucoup moins paralysant. Les états des lieux, les signatures de compromis et d’actes de vente ont pu se faire. Le marché immobilier a ainsi mieux résisté et on assiste à une stabilisation des prix dans les dix plus grandes villes de France. Pour autant, on ne reviendra pas à la situation du monde d’avant car les deux confinements ont sensiblement modifié l’appréhension de l’immobilier par les Français. L’assignat