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Articles

Affichage des articles du août, 2022

Trumpisation

Depuis son départ tonitruant de la Maison Blanche en janvier 2021, l’Amérique ne cesse de se poser cette question : Donald Trump va-t-il être candidat à un nouveau mandat présidentiel en 2024 ? De sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago en Floride, l’intéressé laisse planer le doute, galvanisé autant par les difficultés que rencontre son successeur démocrate Joe Biden dans un contexte de forte inflation aux États-Unis, que par l’admiration aveugle et sans bornes que lui voue toujours une bonne partie des Américains qu’il a réussi à convaincre que l’élection de novembre 2020 lui avait été volée par les démocrates. En janvier 2016, durant sa première campagne face à Hillary Clinton, Donald Trump fanfaronnait : « Même si je tirais sur quelqu’un, je ne perdrais pas d’électeur ». Aujourd’hui, l’accumulation de faits montrant que Donald Trump n’est pas digne de retourner dans le Bureau ovale, semble glisser sur ses partisans. Les témoignages accablants recueillis par la commission d’enquête de l

Epreuve du feu

  Pour Emmanuel Macron et ses Premiers ministres successifs, les étés sont tout sauf calmes. On se souvient de l’affaire Benalla qui éclata en 2018 ou de la nouvelle vague de Covid-19 au début du mandat de Jean Castex à l’été 2020. Cette année, Elisabeth Borne doit faire face à un nouveau dossier sensible qui représente pour elle une « épreuve du feu », au sens littéral, puisqu’il s’agit des incendies de forêts. La sécheresse historique qui frappe la France, la pénurie d’eau, les vagues de chaleurs caniculaires qui écrasent le pays, toutes conséquences bien concrètes du réchauffement climatique, ont favorisé la multiplication des incendies cet été sur tout le territoire. Plus de 55 000 hectares ont d’ores et déjà brûlé – un record – et des milliers de personnes, habitants ou vacanciers, ont été évacués en urgence, parfois de nuit, face à des feux géants contre lesquels les pompiers luttent de toutes leurs forces mais avec quelquefois un manque de moyens. Un manque de moyens justement p

Stratégie nucléaire

2022 sera-t-elle pour le nucléaire français une annus horribilis ? En tout cas, depuis deux ans, la filière nucléaire subit des aléas dont elle se serait sans doute bien passée, surtout à l’heure où la France compte plus que jamais sur elle pour produire de l’électricité cet hiver dans un contexte de grave crise énergétique inédite, déclenchée par la guerre en Ukraine. Alors que le parc des 56 réacteurs nucléaires commence à accuser son âge – les centrales étant initialement conçues pour ne fonctionner que 40 ans avant une prolongation de dix ans esquissée l’an passé – le nucléaire français a été percuté de plein fouet par l’épidémie de Covid. La crise sanitaire et ses confinements ont, en effet, considérablement retardé le calendrier des visites décennales de contrôle et de maintenance. L’étalement de ces vérifications cruciales a conduit à un arrêt des réacteurs – jusqu’à presque la moitié du parc – et donc à une production moins importante que prévu. La France s’est ainsi retrouvée

Guerre du feu

Photo SDIS 12 Des files de voitures qui roulent en pleine nuit et en toute urgence pour fuir un incendie qui menace et dont on voit au loin les flammes. Des habitants ou des touristes hébétés qui doivent tout quitter en cinq minutes, résidence principale, caravane ou tente de camping. Ces images-là, spectaculaires et angoissantes, ne nous sont hélas pas étrangères car nous les avons souvent vues à la télévision, notamment en provenance des États-Unis, de l’Australie, de la Turquie ou de la Grèce lorsque ces pays ont été confrontés à des mégafeux incontrôlables. La France à son tour se trouve face à ce type nouveau d’incendies dont on a pu voir un exemple en juillet à la Teste-de-Buch en Gironde. Le feu qui s’est déclaré entre la Lozère et l’Aveyron, lundi soir, et qui a conduit à l’évacuation de quelque 3 000 personnes de Mostuéjouls et Rivière-sur-Tarn est, certes, sans commune mesure avec ceux qu’ont pu vivre les habitants de Californie ou de l’île grecque d’Eubée, mais il s’ajoute à

Réaliser un rêve

  L’année prochaine, cela fera vingt ans, que l’exploitation commerciale du Concorde aura été arrêtée, fragilisé qu’il était alors à la suite du crash survenu à Gonesse le 25 juillet 2000. Le drame avait provoqué la mort de 113 personnes et signé le début de la fin pour le seul avion supersonique civil. Vingt ans après, le Concorde, pourtant, fascine toujours autant. Sa ligne est devenue une icône intemporelle du design, son allure, le symbole de la modernité, sa technologie, celle d’une industrie résolument innovante, son histoire, celle d’une France – et d’une Grande Bretagne – qui croyait au progrès technique et savait tirer le meilleur de ses ingénieurs pour viser l’excellence. Le Concorde fait partie de l’histoire de l’aéronautique et son nom figure dans la longue liste des avions de légende du Spirit of Saint-Louis de Charles Lindberg au P38 d’Antoine de Saint-Exupéry. Pas étonnant dès lors que d’Aeroscopia, à Toulouse, où un exemplaire est exposé, aux diverses ventes aux enchère

En rodage

  Tout au long de son histoire, le vénérable Palais Bourbon aura connu des grands moments de vie parlementaire, des coups d’éclat et des coups de gueule qui sont entrés dans l’histoire de France. Pour cette XVIe législature de la Ve République, l’Assemblée nationale a retrouvé cette vitalité-là qui s’était perdue dans le ronron d’un hémicycle devenu davantage une chambre d’enregistrement des textes présentés par les gouvernements successifs. Les élections de juin dernier, qui ont privé Emmanuel Macron d’une majorité absolue, ont, d’évidence, changé la donne. Cette situation inédite a contribué à la « reparlementarisation » de la vie politique française : tout se passe désormais à l’Assemblée, cœur battant de notre démocratie. Tout, c’est-à-dire surtout des débats enlevés, passionnés souvent, houleux parfois, menés par des députés néophytes – ou confirmés – qui ont apporté un vent de fraîcheur. Qu’ils s’appellent Rachel Kéké, Louis Boyard, Sandrine Rousseau, Karl Olive ou Jean-Philippe

Mobilisation

Face à la sécheresse historique qui frappe la France, la Première ministre Elisabeth Borne a décidé hier de sonner la mobilisation générale en activant la cellule interministérielle de crise (CIC). Il était temps… Car depuis plusieurs jours maintenant, le pays – qui va subir la semaine prochaine sa 4e vague de chaleurs caniculaires – affronte une situation inédite après un mois de juillet qui a été le plus sec jamais observé depuis 1959… Conséquence du déficit hydrique : plus d’une centaine de communes en France n’ont aujourd’hui plus d’eau potable et doivent s’astreindre pour économiser l’eau à de très contraignantes restrictions, qui pèsent sur la vie quotidienne des habitants… Des situations qui pourraient se multiplier si la cellule de crise décide de déclencher dans les prochains jours des plans Orsec « Eau » pour les territoires les plus touchés. Mais au-delà de l’urgence du moment – sur laquelle les associations écologiques ou les experts du climat ont alerté depuis longtemps en

S'émerveiller

« L’astronomie est utile, parce qu’elle nous élève au-dessus de nous-même ; elle est utile, parce qu’elle est grande ; elle est utile, parce qu’elle est belle… » disait le mathématicien Henri Poincaré. La 32e édition de la Nuit des étoiles, qui se déroule ce week-end, nous invite, d’évidence, à contempler la beauté de l’univers, à (re) découvrir notre ciel, à avoir une approche d’émerveillement avec la science. Depuis la survenue de l’épidémie de Covid-19 il y a deux ans, notre rapport avec la science a souvent été placé sous l’épée de Damoclès de l’angoisse, entre vaccins à ARN messager et fake news complotistes, tâtonnements de la recherche et prises de becs entre infectiologues. L’astronomie nous montre, au contraire, combien la science peut révéler la beauté qui entoure notre planète et donc nous révéler à nous-mêmes. Les photos dévoilées par la NASA depuis juillet, prises par le nouveau télescope James Webb – le remplaçant du vénérable Hubble – le montrent bien. À la prouesse tech

Etape

La découverte du corps de Brice Louge, cet ouvrier agricole de 30 ans qui avait disparu dans la nuit du 19 du 20 février dernier à Labarthe-Rivière, près de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, met un terme à l’inquiétude de la famille et des proches du jeune homme, fils unique, et leur entrée dans le difficile chemin du deuil. C’est d’abord vers eux que nos pensées doivent aller, que notre compassion doit s’exprimer pour les aider à surmonter cette terrible épreuve, qui comprend sans doute aussi une part de soulagement après cinq mois et demi d’angoisse, de doutes et de questions. La découverte de l’automobile de Brice Louge dans le canal de Camon, qui avait pourtant été sondé une première fois, illustre aussi combien les enquêtes judiciaires sont minutieusement menées et combien l’aide de nouvelles technologies contribue à faire progresser les enquêteurs. Car c’est grâce à un sonar sophistiqué que les spécialistes de la brigade fluviale franco-allemande de Strasbourg, avec les plongeurs

Le bruit et la fureur

La simple consultation de la presse régionale l’atteste : les rodéos urbains sont loin d’avoir été stoppés. Ce week-end, dans le Doubs, un jeune conducteur sous le coup d’une annulation du permis de conduire, a été interpellé par les policiers en plein rodéo urbain au volant d’une grosse cylindrée louée en Suisse. Fin juillet, la brigade motorisée de la direction départementale de la sécurité publique de Bastia a arrêté un homme réalisant des rodéos urbains sur la RT11. Fin juillet toujours, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Versailles (Yvelines) et Pont-Sainte-Maxence (Oise) des rodéos ont été constatés à l’issue de cérémonies de mariage… Et à Toulouse ce sont trois jeunes hommes adeptes des rodéos qui ont été interpellés au guidon de leur moto. Certes, différents types de comportements sont résumés sous le vocable de « rodéo » : il y a les passionnés d’automobile et de tuning qui se réunissent sur des parkings pour faire des drifts et faire fumer leurs pneus, ceux qui se rêvent héri

Tournant

L’année 2022 sera-t-elle l’année du tournant ? Celle non plus seulement de la prise de conscience – dans une partie de plus en plus large de l’opinion – de l’impact du réchauffement climatique qui conduit à des phénomènes de plus en plus fréquents et intenses (canicules, sécheresses, incendies), mais celle du passage à l’action ? Car ce que nous pensions réservé à quelques contrées lointaines d’Asie ou d’Afrique touche désormais de plein fouet notre pays. Les récents feux de forêt, dont celui de la Teste-de-Buch en Gironde qui a ému les Français, montre bien qu’il n’y a pas qu’en Californie ou en Grèce où les pompiers sont confrontés à des murs de flammes de dizaines de mètres de hauteur. Et ces villages qui se retrouvent privés d’eau au robinet ne sont pas des bleds asséchés au Maghreb mais bel et bien des bourgs du Var ou de la Drôme… L’eau justement, ressource vitale mais aussi enjeu de souveraineté géopolitique, est peut-être LE sujet le plus urgent que l’humanité va avoir à traite

Savoir anticiper

L’été bât son plein avec ses journées caniculaires, les vacances sont là, on peut pleinement se retrouver en famille ou entre amis, profiter de la plage, de la campagne ou de la montagne, ou prendre l’avion pour s’échapper vers des horizons proches ou lointains, retrouver les festivals, redécouvrir notre patrimoine ou aiguiser nos papilles avec les mille et une saveurs estivales entre glace et barbecue. Et puis oublier, aussi, les mauvaises nouvelles, la guerre en Ukraine, cette inflation qui risque de faire mal au porte-monnaie à la rentrée. L’épidémie de Covid-19, quelle épidémie ? se demanderaient presque les Français lorsqu’on évoque avec eux cette pandémie historique qui a paralysé nos vies deux années durant. Aujourd’hui, le sentiment général est que le coronavirus est derrière nous, que la vaccination a fait son effet pour protéger une large majorité de la population. Le Parlement ne vient-il pas d’ailleurs de voter la fin de l’état d’urgence sanitaire, écartant la perspective d