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Pacte civique

A l’instar d’autres documents administratifs, le pass sanitaire fait hélas lui aussi l’objet de fraude et de trafic dont l’ampleur reste pour l’heure encore difficile à mesurer. Non pas que le document en lui-même soit mis en cause : comme le sont le permis de conduire ou le passeport, le QR code sanitaire est infalsifiable, notamment parce que pour le créer il faut disposer d’une clé de cryptage dont seules disposent les autorités des différents pays européens. Mais comme pour celle visant le permis de conduire, la fraude se déroule en amont, en exploitant des complicités au cœur même du dispositif de santé que les sanctions, pourtant importantes (amendes, prison), ne semblent pas dissuader. Ainsi, une infirmière, un médecin, un pharmacien, toute personne pouvant se connecter à la base de données Covid de la Sécurité sociale est ainsi en capacité de créer de vrais-faux certificats vaccinaux. Que ce soit pour l’appât du gain ou au nom de leur opposition au pass sanitaire voire à la vac
Articles récents

L'honneur et la mémoire

  C’est l’une des affaires criminelles les plus emblématiques de ces dernières années, de celles qui passionnent les foules tant les rebondissements y sont nombreux, les doutes immenses et le mystère profond. L’affaire Omar Raddad, du nom de ce jardinier marocain condamné pour le meurtre de sa riche patronne Ghislaine Marchal en 1991 à Mougins avant d’être gracié par Jacques Chirac en 1996, y ajoute un élément supplémentaire qui fait qu’elle a dépassé le seul cadre judiciaire : l’inscription "Omar m’a tuer" peinte sur une porte en lettres de sang, avec une faute d’orthographe. L’expression a depuis été maintes fois détournée, réutilisée tel un mème sur internet qui serait sans cesse repris au point d’en oublier l’origine et les malheurs qui l’accompagnent. Depuis trente ans, entre rumeurs et contre-enquêtes, toute l’affaire Omar Raddad – qui a très tôt pris des dimensions politiques, diplomatiques et sociétales – tourne autour de cette inscription sur laquelle se sont penchés

Le goût du voyage

  L’image avait fait le tour du monde. En juillet 2020, l’aéroport de Taipei, a Taïwan, avait permis à 90 personnes tirées au sort parmi 7 000 candidats, de revivre toutes les sensations du voyage en avion avec une simulation de départ en vacances… mais en restant au sol dans l’appareil. Mieux ailleurs, plusieurs compagnies aériennes, comme l’australienne Quantas, avaient proposé des vols… sans destination. Il s’agissait d’embarquer pour quelques heures dans le ciel avant de revenir au point de départ. En 10 minutes, les billets vendus jusqu’à 2 300 euros avaient trouvé preneurs. Ces exemples, très insolites et pas très écologiques, montrent combien la nostalgie du voyage a frappé l’humanité – du moins celle qui en a les moyens – lorsque la pandémie de Covid-19 s’est répandue dans le monde début 2020. L’émergence des compagnies low cost et la facilité avec laquelle on peut réserver un hôtel ou un séjour n’importe où dans le monde via internet ont bouleversé notre façon de voyager, deve

Reconnaissance

  Gérard et Patrick Respaud, éleveur dans l'Ariège - Photo Pierre Challier C’est un cri du cœur, une déclaration d’amour que les agriculteurs n’attendaient peut-être plus : 71 % des Français ont désormais une bonne image de l’agriculture selon un baromètre réalisé par BVA. Ils n’étaient que 59 % à juger ainsi positivement les agriculteurs il y a six ans. Voilà assurément une bonne nouvelle pour des professionnels qui, plus que d’autres, ont été ces dernières années la cible de critiques tous azimuts. Les débats sur l’utilisation des pesticides et notamment ceux sur l’interdiction du glyphosate ou des néonicotinoïdes ; les projets de grands élevages ; la pollution, notamment en Bretagne ; les prélèvements en eau ; les conditions d’élevage avec les vidéos chocs des militants de la cause animale et du bien-être des bêtes qui ont, légitimement, indigné l’opinion, etc. Les agriculteurs ont enduré ce que l’on a appelé l’agri-bashing, c’est-à-dire une détestable critique systématique qui

Les ressorts de l'enquête

  Le rebondissement intervenu hier dans l’affaire Jubillar, du nom de cette infirmière de 33 ans disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre dernier à Cagnac-les-Mines dans le Tarn, et dont on est sans nouvelles depuis, est important. Après six mois d’enquête, l’interpellation du mari et son placement en garde à vue, constituera – quoi qu’il se passe désormais – une date capitale dans l’enquête ouverte depuis fin décembre pour "enlèvement et séquestration" par le pôle criminel du trlibunal judiciaire de Toulouse. Cette arrestation permet aussi de mettre en avant la persévérance et l’opiniâtreté des enquêteurs et des magistrats instructeurs. À force de recoupements, d’analyses des déclarations des uns et des autres, de la reconstitution minutieuse des heures précédant et suivant la disparition de Delphine Jubillar, de la reconstitution de l’environnement professionnel, amical, familial et presque intime de la disparue, les enquêteurs ont mis au jour des incohérences qui sont au

Explosif

  Une mesure écologique forte et ambitieuse pour réduire la pollution et lutter in fine contre le réchauffement climatique et ses conséquences notamment sur la santé ; un projet connu de longue date mais dont une majorité de Français en ignore l’existence ; de nouvelles contraintes qui pèsent davantage sur les plus modestes et les plus ruraux ; et au final l’incompréhension qui se transforme vite en colère… Cela ne vous rappelle rien ? La grogne qui monte actuellement contre les Zones à faibles émissions (ZFE) évoque bien sûr celle qui avait eu lieu fin 2018 contre la taxe carbone et qui constitua l’étincelle donnant naissance au mouvement des Gilets jaunes… Comme pour la taxe carbone, l’extension des ZFE est parfaitement justifiée car elle veut lutter contre un véritable fléau : la pollution de l’air aux particules fines qui, selon la dernière étude de Santé publique France, est responsable de quelque 40 000 décès prématurés en France par an et d’une baisse de l’espérance de vie pour

Marathon

  La campagne de vaccination contre le Covid-19, est à la fois une course de vitesse contre le virus et une course d’obstacles. Dans notre pays, cette course s’est déroulée en trois phases. La première phase était celle de la conviction. Fin décembre 2020, la France était le pays champion du monde de la défiance envers les vaccins en général et envers celui contre le Covid-19 en particulier. Mais face à la virulence des vagues épidémiques et le franchissement, terrible, du cap des 100 000 morts, l’opinion a basculé et est désormais majoritairement pro-vaccin. La seconde phase a été celle de la montée en puissance. Entre la pénurie de doses des débuts et une vraie complexité logistique, l’exécutif a sans cesse dû adapter le calendrier vaccinal en conservant le principe des publics prioritaires. Critiquée pour sa lenteur initiale, la campagne française, telle la tortue de la fable, est désormais largement dans les standards mondiaux avec une organisation certes toujours perfectible mais

L’urgence d’une mobilisation

  Quand la drogue s’approche de l’école, l’urgence doit être au sursaut, à la mobilisation de tous les acteurs, de la communauté éducative comme de celle qui œuvre pour la sécurité des Français. Que ce soit à l’intérieur même de l’école où elle fait des ravages chez les jeunes comme à l’extérieur où se développent des trafics de stupéfiants, la drogue ne devrait pas avoir droit de cité près des établissements scolaires. Hélas, ce n’est pas le cas et la porosité entre un lieu qui devrait être sinon sacré du moins sanctuarisé comme il se doit et le monde extérieur est inquiétant. Le dernier exemple en date qui illustre cette dangereuse dérive est survenu en Occitanie, à Nîmes, et aurait dû appeler à une vraie prise de conscience. Dans la préfecture du Gard, une école primaire – l’école Georges-Bruguier, où "Envoyé spécial" a récemment posé ses caméras pour une enquête diffusée sur France 2 – vit au rythme d’une violence continue, encerclée par un trafic de drogue. En deux ans,

Nouveau regard

  C’est sans doute l’une des maladies qui effraient le plus tant elle touche au plus intime, à ce qui, finalement, constitue un être humain. La maladie d’Alzheimer, cette maladie neurodégénérative dont l’une des conséquences est la perte de la mémoire, des connaissances, ce qui caractérise et rend unique chaque individu, est redoutée par chacun d’entre nous. Les souvenirs finissent par s’étioler, la réalité se trouble à en devenir confuse, on reconnaît plus difficilement puis plus du tout les plus proches membres de sa famille, épouse ou mari, enfants, amis ou personnels soignants. Et la plongée dans cet abîme, dans cet inconnu, presque cette réalité parallèle que subit le malade concerne aussi ses proches, ses aidants dont certains lui consacrent une large partie de leur temps. Face à cette maladie encore mystérieuse, deux événements viennent redonner l’espoir. D’abord, l’autorisation donnée par l’Agence américaine des médicaments (FDA) au laboratoire pharmaceutique Biogen pour commer

Science et transparence

  Photo : United States Army Medical Research Institute of Infectious Diseases Sans même connaître les tenants et aboutissants du projet d’installation d’un laboratoire de recherches classé P3 en Andorre, sans être familier de la vie politique andorrane qui, comme ailleurs, a son lot de rivalités et de chausse-trappes, l’opinion est d’ores et déjà méfiante, voire inquiète à la simple évocation d’une telle initiative au cœur des Pyrénées. C’est que depuis mars 2020 et l’arrivée du coronavirus responsable de cette épidémie de Covid-19 qui a mis le monde à genoux, l’opinion s’est intéressée à la façon dont on étudie les virus dans les laboratoires et s’est passionnée pour le laboratoire P4 de Wuhan ; ce laboratoire chinois au cœur de l’actualité ces derniers jours avec le retour de l’hypothèse, pour l’heure démentie, que le coronavirus se soit "échappé" de ses murs, fin 2019. Certes le projet andorran concerne un laboratoire de classification inférieure, P3, qui n’étudie que des

Promesses tenues ?

  C’est l’un des plus importants projets industriels qui doit s’achever d’ici la fin de l’année et, cependant, il y a peu de chance qu’il soit célébré comme tel. La pose de 35 millions de compteurs communicants Linky en France constituait pourtant un immense et enthousiasmant défi technologique et logistique au nom de la transition écologique et de la maîtrise de l’énergie. Las ! Le déploiement a très tôt été marqué par les polémiques à répétition et la défiance de nombreux Français. Depuis six ans, pas une semaine ne passe sans que ne surgissent une polémique, un débat, une empoignade ; ici un dysfonctionnement concernant une hausse inexpliquée de la facture d’électricité, là des mairies ou des habitants réunis en collectif qui s’opposent à l’installation du compteur jaune, parfois jusque devant la justice – cette dernière leur ayant quelquefois donné raison. Et cette semaine, la controverse sur qui paiera in fine l’installation des compteurs qui ont évidemment un coût. Ces six derniè

Tenir encore un peu...

  Après une année de restrictions sanitaires pour endiguer l’épidémie de Covid-19, après toutes ces limitations de déplacements, le télétravail, les confinements et les couvre-feux qui ont tant pesé sur le moral, et bien sûr l’épreuve du Covid pour ceux qui en ont été atteint ou qui ont vu leurs proches souffrir ou mourir, c’est peu dire que les Français ont envie de souffler, de retrouver la vie d’avant. Le succès de la réouverture des terrasses des restaurants, des cinémas et des musées le 19 mai montre bien que l’état d’esprit est au retour de l’optimisme, notamment pour la 2e étape du déconfinement le 9 juin, et pour la préparation de l’été. Un été libérateur… ou de tous les dangers ? Car si les indicateurs épidémiques ont incontestablement baissé – même s’ils restent encore élevés – les signaux d’alerte qui sont remontés du Sud-Ouest ces dernières heures sur une nouvelle hausse des contaminations commencent à inquiéter. À l’heure où certains sont tentés de laisser tomber le masque

Surenchère

  Un homme dans le Gard qui tue son patron avec lequel il a eu un différend et s’enfuie surarmé dans les Cévennes en mode Rambo ; un autre, ancien militaire sous bracelet électronique, auteur de violence conjugale et de tirs contre les forces de l’ordre qui fait de même en Dordogne ; un quadragénaire abattu en pleine rue d’un coup de fusil de chasse dans le paisible village de Saint-Michel en Comminges ; et encore hier un forcené poursuivi en Ardèche après qu’il a abattu son père… Si l’on ajoute à cela la série de règlements de comptes ou d’expéditions punitives à Avignon, Savigny-le-Temple, Lille au cours desquelles des délinquants ont été criblés de balles cette semaine, on obtient une accumulation de faits divers qui ne peut qu’inquiéter et interroger. Y a-t-il réellement une hausse de ces homicides et violences physiques par rapport aux années, aux décennies précédentes ou ces violences sont-elles mieux répertoriées, mieux enregistrées, et davantage médiatisées qu’avant avec le poi

Le chemin de la (Re)conquête

  Le passage au quinquennat du mandat présidentiel et l’accélération du temps médiatique sous la pression des réseaux sociaux et des chaînes d’information en continu ont considérablement resserré le temps politique. À telle enseigne que l’élection présidentielle – la seule avec les municipales à mobiliser encore un électorat toujours plus abstentionniste – est devenue quasiment l’unique point d’ancrage de la vie politique française et l’obsession permanente de tous les états-majors. Les élections régionales, dont la campagne officielle a démarré hier, en font d’ailleurs les frais, bousculées par les sujets régaliens, les stratégies et les polémiques nationales qui ne concernent pas les compétences des régions mais dessinent bien déjà ce qui alimentera la campagne présidentielle de 2022. Un an avant l’échéance, toute la classe politique – certains en meilleure forme que d’autres, les traces du big-bang de 2017 n’ayant pas été réparées – est, en effet, dans les starting-blocks pour la pr

Colères

  Si les affaires de squat qui ont émaillé ces dernières années l’actualité suscitent autant de réactions fortes, de polémiques et d’émotions – plus que de raison – c’est parce qu’elles sont la résultante du choc de deux colères. La première est celle des propriétaires qui se retrouvent dépossédés de leurs biens et sont plongés, particulièrement lorsqu’il s’agit de personnes âgées, dans une vraie détresse, eux dont la maison ou l’appartement – fut-il une résidence secondaire – constitue souvent le seul patrimoine, le fruit d’une vie de travail qu’ils veulent transmettre à leurs enfants. Confrontés à la lenteur de la justice, aux chausse-trappes d’une administration tatillonne et compliquée, ces petits propriétaires victimes – car ce sont rarement des millionnaires ou de grandes sociétés – s’épuisent, souvent seuls, dans des années de procédures coûteuses avant de récupérer leur bien. De l’autre côté, il y a aussi une autre colère. Car au-delà des occupations qui peuvent être militantes

L'atout France

L’été 2021 suivra-t-il le même chemin que l’été 2020 ? L’année dernière, heureux d’être sortis de leur premier confinement mais encore inquiets face à cette redoutable épidémie Covid-19 pour laquelle des barrières sanitaires étaient dressées contre les voyageurs dans le monde, les Français avaient joué la carte de vacances d’été à la maison. L’occasion de découvrir ou redécouvrir en famille ou entre amis les trésors de notre patrimoine culturel et naturel, la beauté de nos montagnes, des petites criques ou des grands espaces. Il aura fallu une pandémie mondiale pour nous rendre compte de ce que venaient chercher les étrangers chez nous, faisant de la France la première destination touristique mondiale. Si les professionnels, hôteliers, restaurateurs, gérants de camping, de centre de loisirs ou organisateurs de festivals ou d’événement culturels ont été durement touchés, ils ont aussi pu compter sur la clientèle française. Un phénomène qui a été particulièrement remarqué en Occitanie, l

Repenser le travail

La crise sanitaire de la Covid-19 aura bouleversé nos vies comme l’organisation de notre société et l’un des faits majeurs provoqués par la pandémie aura sans nul doute été le recours au télétravail. Plébiscité par une large majorité de Français mais détesté par certains, le télétravail a débarqué dans nos vies professionnelles en mars 2020 alors même que cette pratique restait marginale, particulièrement en France où la culture très ancrée du présentéisme et les craintes sur un manque de productivité cantonnaient le télétravail à quelque 7 % seulement de salariés. Du jour au lendemain, pour endiguer la propagation du coronavirus, il a fallu s’y mettre, avec souvent beaucoup de système D pour pallier le manque de réseaux, de matériel ou de formation. Malgré cette précipitation, cela a fonctionné et les salariés – dont le métier permettait de le faire – ont découvert les joies et les difficultés du travail à domicile. Les joies des débuts lorsqu’il s’est agi de trouver de nouvelles marq

Convaincre

  La campagne de vaccination française contre le Covid-19, on le sait, est une course de vitesse contre le virus. Vacciner le plus possible pour atteindre l’immunité collective est, comme pour tout vaccin, la règle clé. Une règle aujourd’hui comprise par une majorité de Français qui, selon les enquêtes d’opinion, se montrent largement favorables à la vaccination, perçue comme le sésame de sortie de la crise. Mais une règle confrontée au côté insaisissable de l’épidémie : la présence des variants – anglais, sud-africain, brésilien, indien, ou d’autres à venir – a repoussé le taux de la population vaccinée pour atteindre l’immunité collective. De 60 % aux débuts de l’épidémie, on est maintenant à 80 voire 90 %. Des taux difficiles à atteindre compte tenu de la persistance de personnes qui, en toute bonne foi, hésitent à se faire vacciner, ou qui, par idéologie, refusent catégoriquement le vaccin. Dès lors, face au ralentissement prévisible de la campagne de vaccination en raison de ce « 

Réforme réussie

  Comme tout grand changement, l’instauration du prélèvement de l’impôt sur le revenu à la source avait connu, on s’en souvient des hésitations avant de faire le grand saut. Mise en chantier pendant le quinquennat de François Hollande, cette réforme devait entrer en vigueur le 1er janvier 2018, mais Emmanuel Macron, une fois installé à l’Elysée, avait décidé de se donner un peu plus de temps pour mettre en œuvre ce prélèvement à la source redoutablement complexe, mais pourtant déjà en vigueur depuis longtemps chez plusieurs de nos voisins européens. Le temps passant, fin août 2018, à quatre mois de l’échéance, le Président, craignant des bugs techniques et administratifs, avait laissé planer le doute sur un nouveau report et demandé à son ministre qui était dans les starting-blocks de faire d’ultimes vérifications… La réforme est finalement bel et bien entrée en vigueur, sans accrocs, le 1er janvier 2019… comme elle est entrée dans les mœurs. Pour les contribuables qui paient l’impôt s

Impasse

  Le 19 mai prochain, cela fera vingt-cinq ans que l’ourse slovène Ziva a été amenée devant les caméras dans les Pyrénées, sur la commune de Melles, en Haute-Garonne. Le 19 mai 1996, il s’agissait là du premier lâcher organisé dans le cadre d’un plan de réintroduction européen pour sauver l’ours brun, dont on ne comptait alors les représentants que sur les doigts des deux mains. Entre les éleveurs opposés à l’ours et les associations environnementales, le dialogue a très vite viré à la foire d’empoigne et aux caricatures. Bobos écolos contre paysans butés, défenseurs de la biodiversité contre partisans d’un maintien d’une activité pastorale ancestrale. Et gare à celui qui tardait à choisir son camp. Face à face, deux logiques, deux visions irréconciliables. Ving-cinq ans plus tard il serait faux de dire que l’on en est au même point. La population d’ursidés a considérablement augmenté, l’image de l’ours et son impact touristique sont désormais consubstantiels aux Pyrénées. Et de l’autr

Garder l'espoir

  Photo DDM, Marie-Pierre Volle Cinq mois déjà. Cinq mois de mystère. Cinq mois de questions, d’angoisse qui étreignent les proches de Delphine Jubillar, l’infirmière de Cagnac-les-Mines, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre dernier et dont on est depuis sans nouvelles. Disparition volontaire ? Mauvaise rencontre ? Qu’est devenue cette jeune mère de famille ? Que lui est-il arrivé ? Quelle vérité se cache derrière cette affaire ? Autant de questions qui mobilisent les enquêteurs et inquiètent la famille et les proches de la jeune femme qui la décrivent, aujourd’hui dans nos colonnes, comme une maman dévouée et dynamique, une amie joyeuse et pleine de vie. Une amie qu’on n’entend surtout pas oublier.  Ainsi cinq mois après, la solidarité se manifestera une nouvelle fois ce dimanche avec une battue citoyenne autour du lac de Cagnac-les-Mines. Arpenter des lieux où Delphine aurait pu passer, rechercher le moindre indice, l’infime anomalie qui pourrait ouvrir une nouvelle piste. Ne r

L'arme à l'oeil

  Le drame que vivent depuis mardi les Cévennes, les habitants des Plantiers et des villages paisibles alentour a quelque chose d’irréel. Cette vaste chasse à l’homme, cette traque de celui qui a abattu froidement son patron et un employé d’une scierie avant de prendre la fuite dans la nature, apparemment surarmé, fait, en effet, davantage penser à ces faits divers américains que suivent en temps réel des chaînes de télévision spécialisées, ou à certains films d’action à la Rambo, qu’aux affaires qui surviennent en France ou en Europe. La différence tient peut-être au rapport de la société à la violence ; elle tient aussi à la façon dont les armes circulent au sein de nos sociétés. Aux Etats-Unis, le port d’armes est garanti par le 2e amendement de la Constitution et soutenu par un puissant lobby, la NRA. Et les contrôles, variables d’un Etat à l’autre, restent à l’évidence insuffisants pour empêcher les fusillades qui, trop régulièrement, endeuillent des centaines de familles chaque a

Evasion

  C’est peu dire que nous aurions aimé profiter de ce long week-end de pont de l’Ascension sous le soleil, se retrouver en famille ou entre amis pour un bon repas dans le jardin, peut-être autour d’un premier barbecue ; avant de préparer la réouverture tant attendue, mercredi 19 mai prochain, des cafés et restaurants qui disposent de terrasses. La météo maussade qui s’annonce pour les jours à venir va en décider autrement avec des températures basses et des averses à foison. Mais ce mauvais temps ne devrait cette fois pas entamer l’enthousiasme des Français. Car après une année de restrictions sanitaires, entre couvre-feux et confinements, la « libération » est à portée de main, renforcée de plus par la vaccination qui ouvre de nouvelles perspectives. Les Français ont plus que jamais envie d’évasion, d’horizons lointains ou nouveaux, de changer d’air, de s’ouvrir l’esprit, de souffler et ce n’est pas la météo qui va les en empêcher. Pour ce week-end comme pour l’été à venir qui, lui, s

Vaccination pour tous

  En se fixant l’objectif d’atteindre 20 millions de Français ayant reçu une 1ère injection de vaccin anti-Covid mi-mai puis 30 millions mi-juin, l’exécutif s’est mécaniquement imposé une pression importante sur sa campagne vaccinale qui, depuis son lancement en début d’année, a essuyé, comme ailleurs en Europe, de nombreuses difficultés. Entre la polémique sur les effets secondaires des vaccins à vecteur viral AstraZeneca et dans une moindre mesure Janssen – qui ont suscité une défiance dans l’opinion – les livraisons de doses, le manque de créneaux dans certains centres, la campagne de vaccination française est éminemment complexe là où les variants du coronavirus nous obligent à aller vite. Mais elle avance, notamment avec l’ajustement du calendrier et l’élargissement à de nouveaux publics en attendant la date du 15 juin pour la vaccination généralisée. Et lorsque l’on regarde nos voisins européens, il n’y a pas à rougir. Plutôt que le chiffre de 20 millions qui sera atteint dans qu

Derrière les records

  Pas une année ne passe sans que la presse quotidienne régionale, et donc La Dépêche, ne publie dans ses pages les exploits de pêcheurs qui se sont mesurés au "monstre" de nos rivières que constitue aujourd’hui le silure. Au terme d’un combat homérique à la Moby Dick, les pêcheurs exposent devant les objectifs des photographes ou dans des vidéos à succès postées sur internet ces impressionnants poissons qui atteignent désormais 2,80 mètres de long selon le dernier record du monde enregistré en mars dernier en Italie, dans le Pô. Mentionné dans l’histoire naturelle de Buffon éditée au XVIIIe siècle, le silure a vu son territoire s’agrandir notamment via des réintroductions par l’homme pour la pisciculture et la pêche. À la fin du XIXe siècle, il s’établit dans les fleuves d’Europe de l’Est avant d’arriver en France, colonisant la Saône dans les années 60 puis les bassins de la Seine, de la Loire et enfin de la Garonne dans les années 80. Le silure, à la tête démesurée, petits