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Prévenir et guérir

Prévenir vaut mieux que guérir. L’adage populaire n’est pas qu’une phrase de grand-mère, elle a aussi une réalité scientifique, et notamment en ce qui concerne les cancers. La publication ce mois-ci d’un rapport de l’Organisation européenne du cancer (ECO), qui épingle la France pour son immobilisme et son retard criant en matière de prévention, doit servir d’électrochoc. Car on estime qu’environ 40 % des cancers seraient évitables en agissant sur les principaux facteurs de risque désormais bien connus : consommation de tabac, d’alcool, alimentation déséquilibrée, inactivité physique, surpoids, exposition aux UV ou aux polluants environnementaux et professionnels… Le chantier est vaste à condition d’y mettre des moyens financiers et humains et une volonté politique qui reste aujourd’hui insuffisante. Certes, le ministère de la Santé est devenu aussi celui de la Prévention avec le Covid et l’ancien ministre François Braun s’y montrait très sensible. Certes, il serait faux de dire que le
Articles récents

Apprendre à s'adapter

Un très long week-end du 8-Mai et de l’Ascension ensoleillé ; un week-end de Pentecôte sous la grisaille. Des températures dignes d’un mois d’été dans un cas, une fraîcheur plus conforme aux moyennes de saison dans l’autre. Ainsi va la météo, qui semble jouer au yo-yo… et avec nos nerfs. Une météo capricieuse qui donne ainsi du grain à moudre aux climato-sceptiques, ceux-ci trouvant toujours matière à rebondir lorsqu’un épisode de froid survient après un autre plus chaud pour contester le réchauffement climatique. Et pourtant, au-delà des aléas de la météo du moment, le réchauffement climatique est bien là, poursuivant son inquiétante course vers des températures de plus en plus élevées. Début janvier, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a officiellement confirmé que 2023 avait été – et de loin – l’année la plus chaude jamais enregistrée avec une hausse des températures de +1,45 °C par rapport aux niveaux pré-industriels de 1850-1900. Une hausse qui se rapproche de la limite d

Tenir

Les sénateurs américains républicains, partisans de Donald Trump, qui ont bloqué pendant des mois le vote d’une aide militaire à l’Ukraine trouvent-ils le sommeil depuis ce week-end ? Certains des Européens qui se sont perdus en tergiversations ces derniers mois pour savoir si l’Ukraine avait le droit ou non de cibler les bases de missiles et drones russes qui tirent vers elle ou de la doter de systèmes de défense aérienne performants se regardent-ils facilement dans leur miroir le matin ? Car si l’offensive terrible que mène depuis quelques jours l’armée de Vladimir Poutine dans la région de Kharkiv est si menaçante – avec une trentaine de villages du nord-est de l’Ukraine sous le feu hier et déjà près de 6 000 habitants évacués – c’est bien parce que la Russie profite d’un côté de sa supériorité numérique et de l’autre côté du manque de munitions et de matériel de Kiev. Comme depuis le début de la guerre, le 24 février 2022, l’armée ukrainienne résiste de toutes ses forces, ses solda

Vacances pour tous

La pandémie de Covid-19, avec ses confinements, ses obligations sanitaires et ses fermetures de frontières qui avaient mis un coup d’arrêt brutal au tourisme en 2020 et 2021, est bel et bien derrière nous et les Français, comme tous ceux qui viennent visiter la France, ont retrouvé le goût des vacances et du voyage. Déjà, l’an passé, le taux de départ en vacances des Français de 15 ans et plus, que ce soit pour « au moins un » long séjour marchand de loisir avec hébergement payant ou pour un long séjour non marchand de loisir (hébergement chez la famille, des amis, ou en résidence secondaire), s’était élevé, selon le Baromètre Opodo 2024 publié le mois dernier, à 60,3 % en 2023, contre 59,6 % un an auparavant. Nul doute que cette année poursuivra sur cette voie si l’on en juge par l’engouement des locations suscité par les ponts de ce mois de mai. À deux mois des grandes vacances, ceux qui n’ont encore rien prévu cherchent ainsi où passer l’été et font face aux sollicitations nombreuse

Parlons d'Europe

Ce vendredi est la Journée de l’Europe, qui commémore la Déclaration Schuman du 9 mai 1950, discours fondateur prononcé avant la naissance de la Communauté économique européenne, l’ancêtre de l’Union européenne. L’occasion, à un mois des élections européennes, de se rappeler ce qui a conduit des pays autrefois ennemis, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, d’unir leurs destins pour assurer une paix durable en même temps qu’une nouvelle prospérité profitable à tous. Dans « Une Europe fédérée », Jean Monnet, l’un des pères de l’Europe avec Robert Schuman, expliquait alors « Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des Hommes », forgeant là un idéal européen, rêvé à la fin du XIXe siècle par Victor Hugo comme des États-Unis d’Europe. Année après année, l’Union a marqué des points pour avoir trouvé, souvent au terme de rudes négociations entre ses membres, des solutions que seule une communauté d’États était en mesure de mettre en place. Le marché commun, la monnaie unique, des pr

LGV Toulouse-Bordeaux : enfin !

Enfin ! Le projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Toulouse et Bordeaux a tellement joué l’Arlésienne ces dernières années pour ne pas dire ces dernières décennies ; la perspective de voir un jour un TGV en gare Matabiau qui rejoindrait Paris en trois heures dix a tellement viré au feuilleton fait d’avancées et de reculades que nous ne pouvions bouder notre plaisir, hier, pour le lancement symbolique des travaux de l’aménagement nord de Toulouse par les élus locaux et l’État. Enfin, ce chantier à 14,3 milliards d’euros, financés à 40 % par l’État, 40 % par les collectivités et 20 % par l’Europe, se concrétise même s’il reste encore sur le chemin des opposants déterminés, notamment en Nouvelle-Aquitaine. Certains d’entre eux sont évidemment de bonne foi dans leur volonté de préserver la biodiversité – elle le sera majoritairement – ou dans leur peine de voir disparaître un patrimoine ou une maison – les indemnisations doivent dès lors être à la hauteur et nul doute qu’elles le sero

Fractures sanitaires

Les conclusions de la vaste étude de la Fondation Jean-Jaurès, qui a publié cette semaine des « cartes de France de l’accès aux soins » montrant des « soignants et patients face aux inégalités territoriales », ne surprendront pas les Français. Qui, en effet, n’a jamais été personnellement confronté à la difficulté d’obtenir un rendez-vous médical ? Des délais qui s’allongent jusqu’à plusieurs mois, l’impossibilité de retrouver un médecin traitant si le sien part à la retraite, le refus d’un dermatologue de prendre de nouveaux patients… La situation est connue, perdure depuis plusieurs années, concerne les zones rurales comme le milieu urbain, et est douloureusement vécue dans les « déserts médicaux » dont les habitants, à raison, s’inquiètent. En moyenne, le temps d’accès aux soins pour les ruraux reste d’ailleurs généralement supérieur de 52 % à celui des urbains, relevait en février une enquête Ipsos pour la Fédération Hospitalière de France, qui pointait que le temps d’attente pour

Chemin d'espoir

Avec la maladie d’Alzheimer, celle de Charcot, certains cancers, elle est sans doute l’une des maladies qui effraient le plus lorsque tombe le diagnostic : la maladie de Parkinson. Découverte en 1817 par le médecin anglais James Parkinson, cette maladie convoque la perspective d’une longue et douloureuse perte d’autonomie, marquée par d’incontrôlables tremblements – qui touchent environ 70 % des patients et sont intermittents. Avec eux peuvent s’ajouter l’akinésie, cette lenteur dans l’exécution et la coordination des mouvements qui affecte surtout la marche et l’hypertonie c’est-à-dire une forte rigidité des membres. Parkinson fait légitimement toujours peur. Et pourtant, le combat contre cette affection neurodégénérative chronique qui touche plus de 10 millions de personnes dans le monde et près de 200 000 en France – avec plus de 25 000 personnes nouvellement diagnostiquées tous les ans – a fait des progrès considérables, la recherche scientifique a franchi des étapes déterminantes

La mécanique du chaos

rEn se rendant en Israël fin octobre dernier pour assurer l’État hébreu du soutien de la France après l’attaque terroriste barbare du 7 octobre qui a coûté la vie à 1 200 personnes, dont 42 Français, Emmanuel Macron avait pris tout le monde court, y compris ses propres services diplomatiques, en proposant de « bâtir une coalition régionale et internationale pour lutter contre les groupes terroristes qui nous menacent tous », sur le modèle de ce qui avait été fait pour lutter contre Daech. Inaudible en Palestine – où l’armée israélienne entamait une guerre destructrice au Hamas qui allait faire des milliers de morts civils à Gaza – et hautement inflammable dans le monde arabe, cette proposition a fait long feu. L’idée d’une coalition de fait revient pourtant en force depuis le week-end dernier, mais cette fois dirigée contre l’Iran qui a, de façon inédite, déclenché une vaste attaque contre Israël en lançant des centaines de drones et missiles. Le régime des mollahs estime avoir répondu

L'émotion d'un village

La disparition de Laurent et Véronique Blond le 16 mars à Madère alors qu’ils passaient sur l’île portugaise d’agréables vacances avec leur fille, avait suscité une vive inquiétude. La macabre découverte, 19 jours plus tard, de deux corps qui sont – l’authentification officielle le dira – ceux de ce couple de boulangers a laissé place à une immense émotion. Celle-ci était encore palpable hier à Beaumont-de-Lomagne pour la réouverture de leur boulangerie, voulue par leurs filles comme un hommage à leurs parents qui avaient choisi de s’installer dans le village. Une émotion à la hauteur de cette tragédie, une émotion qui en dit long aussi sur l’impact qu’ont toujours les « faits divers » sur la vie quotidienne des communes et de ceux qui y vivent, impact qui perdure longtemps une fois que l’intérêt médiatique s’est émoussé. Les milliers de kilomètres qui séparent le Tarn-et-Garonne de Madère, l’absence des corps toujours retenus sur l’île par l’enquête portugaise ont ajouté du poids à l’

Illogique

  On a beau lire et relire dans tous les sens les déclarations du ministre chargé des Comptes publics Thomas Cazenave – y compris celles dans nos colonnes – on peine à trouver la logique dans le spectaculaire revirement de la position de la France concernant les quantités de tabac autorisées que les Français peuvent ramener chez eux depuis un pays de l’Union européenne. Jusqu’à présent, la France avait l’une des règles les plus strictes avec un seuil de 200 cigarettes par personnes autorisées, soit une cartouche, là où l’UE avait fixé un seuil de 800 cigarettes (4 cartouches), 400 cigarillos, 200 cigares et 1 kg de tabac à fumer, à partir duquel les Douanes peuvent considérer qu’il ne s’agit plus d’une consommation personnelle. Contraint par le Conseil d’État de se conformer à la réglementation européenne, le gouvernement a choisi non pas de se caler sur les seuils européens mais… de ne plus fixer de seuil du tout. Changement de cap à 180° donc, changement de « logique » assumé par le

Sous pression

Depuis que l’Insee a annoncé que le déficit public était de 5,5 % du PIB, bien loin des prévisions du gouvernement à 4,9 % et que la dette publique atteignait 110,6 % du PIB, la pression monte sur l’exécutif pour endiguer le dérapage des comptes publics… ou plutôt les pressions, venant de toutes parts, et ciblant notamment le dogme installé par Emmanuel Macron depuis 2017 du refus de créer de nouveaux impôts. Pression des organismes et institutions d’abord. Avant les chiffres bruts de l’Insee, publiés le 26 mars, le rapport de la Cour des comptes a appelé, une nouvelle fois, à maîtriser les dépenses et à réaliser rien moins que 50 milliards d’euros d’économie d’ici 2027, quand le gouvernement peine à trouver 10 milliards d’euros d’économies cette année et 20 l’année prochaine. Hier, c’est le président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE), organe placé auprès du Premier ministre, qui a estimé « absurde » de « refuser toute hausse d’impôts au vu de notre situation budgétaire. »

Dépister et guérir

  Il suffit parfois que la parole se libère pour que ce qui était tu soit mis en pleine lumière, pour que ce qui était tabou reçoive l’attention méritée, pour que ceux qui vivaient dans la peur du regard des autres redressent la tête pour mieux faire front. En prenant la parole le 22 mars dernier pour annoncer publiquement qu’elle souffrait d’un cancer, qu’elle avait entamé une chimiothérapie et qu’elle allait se battre contre la maladie, la princesse de Galles, Kate Middleton, sous pression des tabloïds et des réseaux sociaux depuis des semaines, a eu le courage de parler. Avant elles son beau-père le roi Charles III, avait lui aussi communiqué sur son cancer. D’autres personnalités, chanteurs, acteurs, artistes, au Royaume-Uni, aux États-Unis, en France ont pris la parole ces dernières années pour annoncer leur maladie, parfois raconter leur vie bouleversée puis leur rémission. Si la déclaration de la princesse a autant marqué les esprits, c’est bien sûr parce qu’elle a été très médi

D'une guerre à l'autre

Deux guerres mais un même constat. Lorsqu’Emmanuel Macron apparaît le 16 mars 2020 à la télévision pour une allocution solennelle alors que les contaminations au coronavirus sont exponentielles, il lance un martial « Nous sommes en guerre » face à ce virus ennemi, face à cette épidémie de Covid-19 dont on ne sait pas encore qu’elle va mettre l’économie mondiale à genoux et éprouver nos sociétés avec d’épuisants confinements. Dans cette guerre-là, nous sommes alors apparus bien démunis, en manque de masques chirurgicaux, de blouses ou de médicaments basiques, produits depuis des années en Asie et particulièrement en Chine. C’est que la France, comme de nombreux pays, s’est reposée sur une économie en flux tendu permise par la globalisation, où l’efficacité et la réduction des coûts étaient privilégiées au détriment de la capacité de réaction rapide en cas d’urgence. La mondialisation a permis des économies d’échelle, mais elle nous a aussi rendus vulnérables à des ruptures de stock crit

"Pas de vagues"

 Le hasard aura voulu que l’affaire du départ du proviseur du lycée Maurice-Ravel, à Paris, qui avait demandé à des élèves de retirer leur voile au sein de son établissement fin février et avait ensuite été la cible de menaces de mort proférées en ligne, intervienne au moment où sort au cinéma le film "Pas de vagues". rDans ce long métrage, tiré d’une histoire vraie vécue par le réalisateur Teddy Lussi-Modeste, François Civil incarne un professeur de lettres dévoué qui se retrouve, à la suite d’un malentendu, pris dans un engrenage, accusé à tort de harcèlement envers l’une de ses élèves. Déterminé à prouver son innocence, il se heurte aux menaces de la famille de son élève, au manque de soutien de ses collègues et à l’apathie de sa hiérarchie qui, surtout, veut que l’affaire ne fasse "pas de vagues". Malheureusement, la fiction ne dépasse pas la réalité, elle la suit… Car ce "pas de vagues"-là, évoqué par plusieurs responsables politiques hier pour l’affa

Fleuron à préserver

S’il est bien un sujet qui passionne les Homme depuis l’Antiquité, c’est bien le temps qu’il fait et tenter de savoir celui qu’il fera demain. Mais depuis la publication des Météorologiques d’Aristote trois siècles avant notre ère, que de chemin parcouru pour comprendre comment fonctionne le ciel et que de progrès réalisés depuis le XVIIe siècle où la démarche scientifique entama sa longue marche. L’invention du baromètre et du thermomètre, l’exploration verticale de l’atmosphère à l’aide de montgolfières, la création de l’Observatoire de Paris en 1863, l’invention du ballon-sonde embarquant des instruments enregistreurs, la création à Paris de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) en 1951, l’arrivée des ordinateurs, puis des satellites. Assurément l’histoire de la météo – dans laquelle la France a toujours joué un rôle moteur – est une véritable épopée à la fois scientifique, technologique et populaire. Sans forcément connaître les coulisses scientifiques qui permettent les pré

Les raisons de la colère

Les photos sont sagement alignées sur les murs blancs d’une immense salle. Des photos qui montrent ici un champ, là une ferme ou une étable. Des photos un peu vides, où, d’évidence, pèse une absence. À côté de chacune d’elles, un court texte explicatif : l’agriculteur qui tenait la ferme a mis fin à ses jours et l’on apprend la situation dans laquelle il était et qui l’a conduit à cette terrible extrémité. Ici le soutien d’une banque qui fait défaut pour financer un projet de développement qui tombe alors à l’eau, là l’impasse d’un Gaec où la mésentente s’est installée entre les membres, ailleurs l’impossibilité de se résoudre à se séparer de ses bêtes ou à imaginer une reconversion loin de ses terres aimées. Tous ces destins bouleversants sont regroupés dans l’une des salles du musée des Abattoirs, à Toulouse, où se tient depuis le 1er mars l’exposition "Artistes et paysans. Battre la campagne" ; 150 œuvres et 50 artistes qui rendent hommage aux agriculteurs et construisent

Irritants palmarès

Surtout ne dîtes pas "classement" ou "palmarès" des collèges et des lycées. La simple évocation de ces mots agace au plus haut point le ministère de l’Éducation nationale qui doit dévoiler aujourd’hui les nouveaux "Indicateurs de valeur ajoutée" 2023 de ces établissements du secondaire, publics et privés sous contrat. Hélas, il en va des lycées et des collèges comme des hôpitaux ou des restaurants étoilés : qui dit évaluation dit possibilité de classement et donc palmarès. Ce n’est bien sûr pas nouveau, le "palmarès" des lycées existe d’ailleurs depuis trois décennies, lorsque l’hebdomadaire L’Express en avait publié un, en 1993, dans un numéro spécial titré "Le classement secret du ministère". Un ministère alors occupé par François Bayrou, qui avait rallumé une guerre scolaire public-privé en voulant réformer la loi Falloux. En 1994, l’actuel maire de Pau avait rendu publiques les évaluations – qui n’avaient rien de "secret"

Turbulences sans fin

Des mécaniciens de Spirit Aerosystems utilisant une carte-clé d’hôtel pour vérifier le joint d’une porte, d’autres appliquant du savon liquide Dawn sur un joint de porte « comme lubrifiant dans le processus d’installation ». Voilà deux exemples stupéfiants que l’on peut lire dans le rapport de la Federal Aviation Administration (FAA), l’agence gouvernementale chargée des réglementations et des contrôles de l’aviation civile aux États-Unis, déclenché après qu’un Boeing 737 Max de la compagnie Alaska Airlines a perdu une porte en plein vol le 5 janvier. Ce rapport accablant a mobilisé pendant six semaines jusqu’à 32 auditeurs de la FAA dans l’usine de Boeing à Renton (Washington), où est fabriqué le B737 Max, et chez les sous-traitants de l’avionneur américain. Le rapport, qui a révélé des dizaines de problèmes tout au long du processus de fabrication chez Boeing et donc chez Spirit Aerosystems, est un nouvel épisode des déboires que rencontre le B737 Max. Cet avion, dérivé du Boeing 737

Prendre soin des soignants

L’enquête que vient de réaliser l’Union Régionale des Professionnels de Santé (URPS) des médecins libéraux en Occitanie sur les violences qu’ils subissent est édifiante et préoccupante. 75,9 % des médecins ont ainsi été victimes de violence durant ces trois dernières années, dont 30 % plusieurs fois par an. Les trois quarts de ces violences sont des atteintes à la personne. Cette violence n’est d’ailleurs pas l’apanage des grands centres urbains puisqu’elle se joue aussi en cabinet de groupe (+14 %) et en milieu rural (+5,1 %). Ces chiffres ne font que confirmer ceux qui ont été établis au niveau national et qui sont en forte hausse. Selon l’Observatoire de la sécurité des médecins, en 2022, pas moins de 1 244 incidents ont été signalés, marquant une hausse alarmante de 23 % par rapport à l’année précédente ; 71 % concernent des médecins libéraux. Ces chiffres, aussi glaçants que révélateurs, ne sont, hélas, que la partie émergée de l’iceberg, car nombre d’entre eux restent dans l’ombr

La tenaille et le dogme

  Voilà un « en même temps » administré par la Cour des comptes dans son rapport annuel dont Emmanuel Macron se serait sans doute bien passé… D’un côté, une montagne de dettes qu’il faut absolument faire diminuer ; de l’autre un mur d’investissements pour adapter la France au réchauffement climatique qu’il faut urgemment réaliser. Ce constat en forme de casse-tête pour l’exécutif se double d’une sévère alerte des magistrats de la rue Cambon qui met à mal le "sérieux budgétaire" – cette « rigueur » qui ne dit pas son nom – dont se targue sans cesse le gouvernement. La Cour des comptes déplore ainsi le trop grand optimisme du gouvernement tant pour sa prévision de croissance que pour la trajectoire pluriannuelle 2023-2027 des finances publiques. "Nous venons de passer une année blanche sur la réduction du déficit", s’agace Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, qui évoque 50 milliards d’économies nouvelles entre 2025 et 2027. Certes, on pourra tou

Se préparer

À quoi doit-on nous attendre cet été quant à la disponibilité de l’eau ? Cette question est devenue aujourd’hui cruciale et plus seulement pour les agriculteurs. La hausse de l’intensité des sécheresses que l’on observe depuis plusieurs années sous le coup du réchauffement climatique inquiète à juste titre les Français qui s’interrogent : les pluies des dernières semaines, qui ont parfois provoqué de violentes inondations dans le nord de la France, sont-elles suffisantes pour recharger les nappes phréatiques et nous assurer des réserves pour l’été ? Pour l’heure, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) qui surveille le niveau des nappes, se montre mesuré. Si, en janvier, l’intensité de la recharge des nappes phréatiques a diminué, la situation reste généralement satisfaisante par rapport à l’année dernière mais se dégrade légèrement avec 46 % des niveaux au-dessus des normales mensuelles. Les niveaux des nappes étaient en hausse pour 51 % des points d’observation en janv

L'attente

Dix ans se sont écoulés depuis que le vol MH370 de Malaysia Airlines a disparu des radars, le 8 mars 2014 au sud de l’océan Indien, emportant avec lui 239 personnes et laissant derrière lui un sillage de questions sans réponses et une multitude d’hypothèses. Ce Boeing 777, qui s’est volatilisé peu après son départ de Kuala Lumpur pour Pékin, reste ainsi l’un des plus grands mystères de l’aviation civile moderne. Pendant toutes ces années, les hypothèses ont été nombreuses et variées, allant de la défaillance technique à l’acte délibéré, en passant par la théorie d’un détournement potentiellement terroriste ou d’une interception militaire. La journaliste Florence de Changy a soulevé dans son livre-enquête « La disparition », publié en 2021, l’hypothèse d’un abattage par l’armée américaine, une théorie controversée qui, comme les autres, manque de preuves tangibles. Patrick Blelly, ancien pilote de long-courriers chez Air France que nous avons interrogé, a, lui, échafaudé une hypothèse p

Duel de mal-aimés

  À l’issue des primaires du Super Tuesday hier, il ne devrait plus faire de doutes que Donald Trump et Joe Biden s’affronteront bien pour l’élection présidentielle américaine de novembre 2024. S’il était attendu, ce match retour entre le président sortant démocrate et son rival républicain battu en 2020 ne satisfait ni les électeurs ni les observateurs, tant il révèle le manque de renouvellement politique dans les deux grands partis. Avec Joe Biden, 81 ans, et Donald Trump, 77 ans, les Américains se retrouvent en tout cas à choisir entre deux hommes âgés, qui incarnent davantage le passé que l’avenir. Une situation paradoxale pour un pays qui a souvent misé sur la jeunesse et le renouveau, comme avec John Fitzgerald Kennedy en 1960, Bill Clinton en 1992 ou Barack Obama en 2008. Voir se transformer un peu plus la démocratie américaine en une gérontocratie pourrait décourager la participation électorale, notamment chez les jeunes et les minorités, qui peuvent se sentir exclus d’un systè