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Articles

Mobilisation

Il suffit bien souvent d'une photo ou d'une vidéo symboles pour prendre conscience de l'étendue d'une situation, de l'ampleur d'un malaise, de la gravité d'un problème qu'on ne percevait pas ou mal, et que parfois on taisait. En quelques jours, deux vidéos viennent de jouer ce rôle. La première, révélée le 20 octobre, montre un élève du lycée public Edouard-Branly de Créteil menacer sa professeure avec une arme factice pour qu'elle l'inscrive « présent » à son cours de biotechnologie. La seconde, dévoilée hier, montre un enfant de 7 ans, raconter que lui et son petit frère sont régulièrement battus par un camarade de classe d'un établissement privé catholique de l'académie d'Amiens. « J'ai envie de rejoindre le Bon Dieu et de mourir », lâche le garçonnet en pleurs dans cette vidéo déchirante, diffusée en pleine Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire.

Ces deux vidéos illustrent combien l'école est aujourd&#…
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Cohabitation

Au lendemain des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, ce sont plus que jamais deux Amériques qui se font face, deux visions de la société que l'on pourrait dire irréconciliables. Car en dépit des fanfaronnades habituelles de Donald Trump saluant pour son camp « un immense succès », républicains et démocrates, dont les électeurs se sont massivement mobilisés mardi, sortent déçus de ce scrutin qui les contraint à une classique cohabitation.

Les démocrates peuvent certes se féliciter d'avoir reconquis la Chambre des représentants, une première depuis huit ans. Et Nancy Pelosi, leader de la nouvelle majorité, peut assurer que la Chambre qui s'installera en janvier sera un contre-pouvoir réel à la politique de Donald Trump. Mais les démocrates s'attendaient sans doute à quelques victoires plus spectaculaires et vont devoir éviter toute «persécution» à l'égard d'un Donald Trump qui pourrait en tirer électoralement bénéfice. Sans compter qu'à deux ans de la pré…

Omerta

Pour condamner l'avortement, le pape François n'hésite pas à emprunter le vocabulaire de la mafia, comme lorsqu'il avait récemment comparé l'interruption volontaire de grossesse au recours à un « tueur à gages ». Il est un terme mafioso par excellence que le chef de l'Église catholique devrait considérer concernant les affaires de pédophilie qui touche son clergé : l'omerta. Car, à bien y regarder, la multiplication, ces dernières années, des scandales de viols et d'agressions sexuelles sur mineurs commis par des religieux a mis en lumière comment la loi du silence a régné pendant des décennies – et semble parfois régner encore – au sein de l'Église, jusqu'au plus haut niveau de la Curie.

Aux États-Unis, au Chili, en Allemagne, en Irlande ou en Australie, ce sont des dizaines d'affaires similaires qui ont été commises par des prêtres, ensuite couverts par leur hiérarchie. Il aura fallu le courage des victimes et de leurs familles, doublement tr…

Le jeu, c'est du sérieux

En 1975, petits et grands s'émerveillaient devant leur téléviseur, les yeux rivés sur deux triangles blancs se renvoyant un petit carré de part et d'autre d'une ligne en pointillé départageant en deux l'écran noir. Pong, ce jeu simplissime imaginé trois ans plus tôt par l'Américain Nolan Bushnell et développé par Allan Alcorn, a fait le succès d'Atari et donné le top départ de l'incroyable aventure des jeux vidéo. En moins de cinquante ans, profitant de l'exponentielle montée en puissance de l'informatique, les jeux sont devenus de véritables œuvres, passant des salles d'arcades aux chambres des adolescents voire au salon des parents ou à celui des maisons de retraite et investissant, désormais, nos mobiles et demain nos casques de réalité virtuelle.

Aujourd'hui, on est bien loin de Pong et les jeux vidéo, lancés partout dans le monde, disposent, pour les plus importants d'entre eux, de budgets dignes des blockbusters du cinéma américai…

Défaites

« Dans une guerre civile, la victoire même est une défaite », disait le poète latin Lucain. En Syrie, après sept ans d'une guerre sanglante qui fut d'abord une insurrection et, pour beaucoup, une révolution dans le sillage des Printemps arabes de 2011, on voit bien que la victoire du régime de Bachar al-Assad – qui est encore loin d'être définitivement acquise – sera assurément une défaite pour ce pays de quelque 18 millions d'habitants aujourd'hui, après l'exil de près de 5 millions de Syriens...

Une défaite pour le président syrien quand bien même se proclamerait-il victorieux. Jadis dirigeant moderne, laïque, protecteur des minorités en Orient, Bachar al-Assad était un acteur clé de la région progressivement apprécié par l'Occident. Il s'est mué en un dictateur impitoyable, autorisant la répression et la torture à une échelle rarement vue et vraisemblablement l'emploi d'armes chimiques pour garder à tout prix un pouvoir clanique.

Une défaite…

Tout bio, tout bon ?

Il y a parfois des coïncidences étonnantes. Le nouveau ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, demande aux scientifiques de « faire la preuve » des conséquences des pesticides sur la santé. Comme si les chercheurs ne s'étaient jamais penchés sur le sujet et comme si la loi n'imposait pas au producteur du pesticide, et à lui seul, de prouver que son produit n'a pas d'effet sur la santé. Au même moment, une étude scientifique, française qui plus est, vient de paraître démontrant que l'alimentation bio réduit significativement les risques de cancer.

Publiée lundi 22 octobre dans la revue JAMA Internal Medicine, cette étude épidémiologique est ainsi la première à pointer de tels risques dans la population générale, s'agissant du cancer. Surtout, c'est son amplitude qui impose qu'on s'y arrête avec attention : un échantillon de 68 946 participants à la cohorte NutriNet-Santé a été suivi pendant 7 années de 2009 à 2016. Les résultats sont édifia…

Engagements

En se rendant hier dans l'Aude au chevet des sinistrés des inondations historiques qui ont frappé le département il y a une semaine, Emmanuel Macron est venu, d'évidence, signifier trois engagements.

Engagement, d'abord, de la Nation auprès des Audois qui, pour certains, ont tout perdu dans les crues qui ont dévasté 126 communes aujourd'hui concernées par un arrêté de catastrophe naturelle. Père de la nation et donc garant de la fraternité de notre devise, le chef de l'Etat se devait d'aller réconforter nos concitoyens, fut-ce une semaine après le drame, pour leur dire la solidarité du pays. Avec gravité, chaleur et compassion, Emmanuel Macron a su trouver les mots, les gestes pour chacun et assurer tous les sinistrés que l'Etat serait à leur côté pour qu'ils soient indemnisés.

Engagement ensuite en faveur des territoires meurtris et donc des collectivités qui vont désormais s'atteler à une longue reconstruction pour effacer quelque 200 millions d&…