« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». La célèbre phrase d’Antonio Gramsci, homme politique, journaliste et penseur italien né en 1891, a été si souvent citée à tort et à travers, ignorée ici, récupérée là, qu’elle en a presque perdu de sa force. Gramsci refusait l’économicisme – qui suppose que tout relève de l’économie – et avançait l’importance du rôle de la culture et des idées, de leur appropriation et de la bataille autour de l’hégémonie culturelle. Cette bataille-là autour, finalement, de la vision du monde que l’on veut est actuellement à l’œuvre et 2026 s’ouvre ainsi sur une période de grandes incertitudes. Le vieux monde se meurt, c’est d’abord celui de l’ordre international né après la Seconde Guerre mondiale. Jamais le multilatéralisme n’a reçu autant de coups, particulièrement venu de ceux qui jusqu’ici en étaient les défenseurs, les États-Unis. Le retour d’un Donald Trump avide de r...
La trêve des confiseurs n’est pas celle des agriculteurs. Si de nombreux barrages érigés il y a vingt jours pour protester contre le protocole sanitaire censé circonscrire la dermatose nodulaire bovine (DNC) ont été levés, d’autres restent en place, notamment dans le Sud-Ouest. Bénéficiant d’un fort soutien de l’opinion, les agriculteurs qui occupent les routes entendent ainsi maintenir une pression maximale sur le gouvernement pour espérer une modification du protocole et l’arrêt de l’abattage total. L’État, qui a tardé à prendre toute la mesure du désarroi des éleveurs touchés par la DNC et leur a montré bien peu de compassion, a clairement mal géré sa réponse au début de la crise. Pour autant, sur la DNC, les marges de manœuvre sont limitées et le gouvernement n’entend visiblement pas revoir de fond en comble le protocole décrié, le seul efficace selon les scientifiques. Appliqué d’ailleurs rigoureusement en Italie et en Espagne, il a montré toute son efficacité. Mais en ...