Il y a, dans certaines décisions politiques, une part d’aveuglement qui tient moins à l’erreur qu’à l’orgueil. La guerre engagée par Donald Trump contre l’Iran appartient à cette catégorie. Pensée comme une démonstration de force, elle est devenue un engrenage que son initiateur ne maîtrise déjà plus et dont il a le plus grand mal à reprendre la main. Le scénario était pourtant écrit d’avance – du moins le croyait-il. Une guerre courte, ciblée, spectaculaire. Une séquence politique maîtrisée, destinée à nourrir l’image d’un président fort à l’approche des élections de mi-mandat. Las ! Rien ne s’est déroulé comme prévu et en trois semaines on est passé d’une séquence calibrée avec promesse d’une guerre brève à une dynamique d’escalade régionale. L’attaque israélienne d’un site gazier iranien, suivie des représailles iraniennes contre les installations énergétiques des monarchies du Golfe, puis ce désaveu précipité d’Israël par Washington soi-disant pas au courant, sous...
Les élections municipales devaient apporter une respiration démocratique bienvenue après le chaos parlementaire, les débats budgétaires sans fin et la succession de trois Premiers ministres en moins d’un an – séquences interminables provoquées par la dissolution ratée de 2024. L’élection des élus préférés des Français – les maires – devait permettre, pensait-on, de retrouver l’essence et la noblesse de la politique : le débat contradictoire et respectueux, la volonté d'améliorer le quotidien des Français, la défense de l’intérêt général ou encore une vision renouvelée de l’aménagement des territoires face aux défis du pays (santé, mobilités, climat, écoles…). Après des municipales bouleversées par la pandémie de Covid-19 en 2020, certains pariaient même sur un sursaut de participation. Las ! Il n’en fut rien. Et l’on se retrouve presque malgré nous dans la situation décrite par Albert Camus lorsqu’il estimait que la politique pouvait devenir une machine à désespé...