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Trois blocs, trois choix

5, 10, 25, 150 milliards d’euros… Les chiffres avancés par les trois blocs politiques qui veulent gouverner la France après les élections législatives des 30 juin et 7 juillet prochains ont de quoi donner le vertige. Alors que les comptes publics sont marqués par de sérieux dérapages avec – 5,5 % de déficit publics et 110,6 % de dette publique, les annonces des programmes cette semaine interrogent forcément sur leur crédibilité et leur soutenabilité à long terme. Au point que le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a exhorté les candidats à « ne pas creuser encore davantage des déficits lourds qu’on ne saurait pas bien financer ». Une supplique qui avait peu de chance d’être entendue par les prétendants à Matignon, lancés dans un nouveau quoi qu’il en coûte. Du côté de la majorité présidentielle, on avait pourtant juré en finir avec ce quoi qu’il en coûte mis en place – avec raison – lors de la pandémie de Covid-19 pour soutenir l’économie française et aider
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Effet boomerang

Revoilà la réforme des retraites qui revient dans le débat public à l’occasion des élections législatives, tel un boomerang. Et il n’y a finalement rien d’étonnant à cela tant le texte avait suscité une opposition syndicale massive et une bataille politique qui s’était heurtée au mur du 49-3 à l’Assemblée nationale brandi par un gouvernement Borne qui ne voulait surtout pas aller au vote de peur de le perdre. Adoptée au forceps, sans véritable débat et contre l’avis des Français – 7 sur 10 disaient s’y opposer – cette réforme, qualifiée de brutale et injuste par ses contempteurs, était au contraire jugée indispensable par l’exécutif pour éviter un déficit chronique du système par répartition. Les oppositions avaient juré qu’elles reviendraient dessus dès que possible, l’exécutif martelait l’efficacité de sa loi, s’agaçant de voir que certains – la SNCF en l’occurrence – étaient parvenus à « contourner » le report d’âge par un accord social qui pourrait faire des émules. Neuf mois après

Au pied du mur

C’est un véritable fléau qui ne cesse de croître en France et laisse des milliers de Français désemparés lorsqu’ils voient leur maison – souvent le projet d’une vie – lézardée de profondes fissures qui menacent la structure de l’édifice, les façades, les murs porteurs, les sols ou les huisseries. Le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA) qui en est à l’origine – des mouvements des sols liés à leur assèchement – n’est pas nouveau. Il est même parfaitement connu des scientifiques et il fait l’objet d’une fine surveillance notamment de la part du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) qui le cartographie. Mais depuis plusieurs années maintenant, le nombre de sinistres augmente de façon exponentielle, au fur et à mesure que les sécheresses se multiplient et s’intensifient sous le coup du réchauffement climatique, faisant de ce phénomène une véritable « bombe sociale » en termes de logement. 48 % du territoire hexagonal – 49 % en Occitanie – sont en zone d’exposition

L'avion autrement

Cinq milliards de voyageurs aériens prévus dans le monde en 2024. Voilà un chiffre, présenté cette semaine par l’Association internationale du transport aérien (IATA) – qui regroupe 320 compagnies aériennes représentant 83 % du trafic mondial – qui peut enthousiasmer et inquiéter tout à la fois. Enthousiasmer car pour l’industrie aéronautique, cette prévision annonce des lendemains qui chantent et enterre définitivement les douloureuses années Covid. La pandémie, on s’en souvient, avait paralysé du jour au lendemain tout le vaste secteur de l’aéronautique, constructeurs, compagnies aériennes, aéroports et en corollaire c’est toute l’industrie du tourisme mondial qui s’était trouvée bloquée. Le secteur aérien avait subi des pertes vertigineuses, à hauteur de 183 milliards de dollars entre 2020 et 2022 ! L’IATA prévoyait jusqu’à présent 4,7 milliards de voyageurs aériens en 2024 ; la nouvelle prévision signe non seulement le retour à la situation d’avant la pandémie mais aussi à des prév

Le débat à l’envers

Voilà bien deux rapports très embarrassants dont le gouvernement se serait sans doute bien passé et qui, chacun, pourrait porter atteinte à sa crédibilité dans la gestion des finances publiques, alors que le déficit et la dette de la France se sont envolés. Le premier, publié hier, vient de la commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS). Il pointe qu’en 2024, le déficit de la Sécu pourrait être supérieur de 6 milliards d’euros aux prévisions de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, qui tablait sur un solde négatif de 10,5 milliards d’euros. Le déficit pourrait ainsi atteindre 16,6 milliards. En cause, l’évolution des « recettes de prélèvements sociaux sur les revenus d’activité » et des ressources fiscales bien moins dynamique que ce que le législateur prévoyait à l’automne 2023… Le second rapport, publié mercredi, est celui de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale. Les magistrats de la rue Cambon, cinglants, estiment qu’il y a une « perte de maîtrise d

Mal français

  De toutes les revendications et motifs de colère des pharmaciens qui ferment leurs officines pour une grève historique par son ampleur ce jeudi, la lutte contre les pénuries de médicaments est celle qui intéressera sans doute le plus le grand public. Car depuis des mois, des millions de Français ont été confrontés à des médicaments manquants, avec parfois de grandes difficultés pour trouver des solutions alternatives. Antibiotiques, anticancéreux, vaccins, voire Doliprane : la liste des produits en rupture de stock ou distribués au compte-gouttes s’est inexorablement allongée. En 2023, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a ainsi recensé près de 5 000 signalements de ruptures ou de risques de rupture, un chiffre en constante augmentation depuis une décennie. Cette situation est d’autant plus préoccupante que certains médicaments touchés sont indispensables pour certains patients, mettant en péril des traitements vitaux. Les causes de ces pénuri

Pluralisme

Trente-huit listes se présentent aux prochaines élections européennes du 9 juin, quatre de plus qu’en 2019. Un record que la France partage cette année avec l’Espagne. Et un casse-tête pour les communes qui sont donc tenues de préparer trente-huit panneaux électoraux pour accueillir les affiches des candidats. Et pourtant, ces emplacements resteront souvent vides, car ces « petites listes », souvent inconnues des Français et montées spécifiquement pour ce scrutin, n’ont pas les moyens d’imprimer des affiches, ni même des professions de foi ou des bulletins de vote. Si elles ne visent évidemment pas la barre illusoire des 5 % des suffrages à partir desquels on obtient des députés, elles ne visent pas non plus le seuil de 3 % pour se faire rembourser les frais de campagne. Avec quelques dizaines de milliers de voix espérées, leur objectif est simplement d’utiliser la caisse de résonance des élections européennes pour faire entendre et connaître leurs idées. La logistique d’organisation d

Contrechoc

Le 5 décembre dernier, Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, avait voulu couper l’herbe sous le pied de l’OCDE qui publiait ce jour-là son classement PISA présentant un bilan des compétences des élèves de 15 ans dans des domaines fondamentaux comme les mathématiques ou la compréhension écrite. C’est que pour le jeune ministre, il s’agissait de montrer qu’il entendait agir vite face aux résultats catastrophiques des élèves français, notamment une chute historique du score de la France en mathématiques (-21 points), trois fois plus élevée que dans les évolutions observées dans les enquêtes antérieures. Au choc de ces mauvais résultats, Gabriel Attal a donc théorisé un « choc des savoirs ». Derrière le slogan facile, une kyrielle de mesures comme le retour du redoublement, de l’autorité, les groupes de niveaux au collège, un diplôme national du Brevet qui conditionne le passage en seconde, de nouveaux programmes dans l’élémentaire, la fin du correctif académique du breve

Esprit critique

« La désinformation est une drogue, que le patron du KGB Iouri Andropov comparait à la cocaïne : la priorité devrait donc être autant de s’attaquer à sa production et à son trafic, que d’apprendre à ses usagers à s’en défaire et à la population de s’en prémunir », rappelle David Colon, professeur à Sciences Po, historien et spécialiste de la propagande, qui a récemment publié « La guerre de l’information » (Ed. Tallandier). Cette définition, née pendant la Guerre froide, montre que la désinformation, les opérations de manipulation, de déstabilisation, les ingérences d’un pays dans les affaires d’un autre ne sont pas nouvelles. Mais dans des sociétés de plus en plus connectées, où le numérique irrigue des pans entiers de leur fonctionnement dans les domaines économiques, médiatiques, de la santé, de la sécurité, de l’énergie… cette désinformation est désormais démultipliée, peu coûteuse et simple à réaliser. Et d’autant plus facile à mettre en œuvre dans des sociétés démocratiques ouver

Signal d’alarme

Les images sont de mauvaise qualité mais elles persistent sur nos rétines. Car si elles rappellent celles de jeux vidéo ou de séries télévisées américaines, elles montrent hélas pourtant bien un terrible drame survenu en France et une réalité de la criminalité : l’attaque sanglante d’un fourgon pénitentiaire au péage de l’A13 à Incarville, la semaine dernière, au cours de laquelle deux surveillants, Fabrice Moello et Arnaud Garcia, ont perdu la vie. À l’heure de l’hommage national qui leur sera rendu ce mercredi par Gabriel Attal, la solidarité de la Nation entourera leurs familles, dignes et courageuses. Si ce drame terrible – jamais vu en France depuis 1992 – nous émeut, il doit aussi constituer un signal d’alarme pour la société car il soulève des questions graves qui ne peuvent rester sans réponses durables. Cette attaque met ainsi d’abord en lumière les failles de la sécurité autour des transferts de détenus. Si une révision complète des protocoles de transfert s’impose, avec peut

L'usure d'un régime

  La mort brutale du président iranien Ebrahim Raïssi dans le crash de son hélicoptère est-elle de nature à changer la politique de l’Iran, à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières ? Pour l’heure, c’est surtout un statu quo qui se dessine, car le détenteur véritable du pouvoir n’est pas le président de la République mais bien le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, qui dirige le pays depuis 1989 d’une main de fer dans un gant de crin, avec les Gardiens de la Révolution islamique comme garde prétorienne militaire et religieuse. La présidente en exil du Conseil national de la Résistance iranienne a beau estimer que la mort du « boucher de Téhéran » est un « coup stratégique monumental et irréparable porté au guide suprême des mollahs et à l’ensemble du régime, connu pour ses exécutions et ses massacres », le régime va justement tout faire pour contenir la moindre contestation, comme il le fait depuis que la jeunesse iranienne scande « Femme, vie, liberté » en hommage à Mah

Prévenir et guérir

Prévenir vaut mieux que guérir. L’adage populaire n’est pas qu’une phrase de grand-mère, elle a aussi une réalité scientifique, et notamment en ce qui concerne les cancers. La publication ce mois-ci d’un rapport de l’Organisation européenne du cancer (ECO), qui épingle la France pour son immobilisme et son retard criant en matière de prévention, doit servir d’électrochoc. Car on estime qu’environ 40 % des cancers seraient évitables en agissant sur les principaux facteurs de risque désormais bien connus : consommation de tabac, d’alcool, alimentation déséquilibrée, inactivité physique, surpoids, exposition aux UV ou aux polluants environnementaux et professionnels… Le chantier est vaste à condition d’y mettre des moyens financiers et humains et une volonté politique qui reste aujourd’hui insuffisante. Certes, le ministère de la Santé est devenu aussi celui de la Prévention avec le Covid et l’ancien ministre François Braun s’y montrait très sensible. Certes, il serait faux de dire que le

Apprendre à s'adapter

Un très long week-end du 8-Mai et de l’Ascension ensoleillé ; un week-end de Pentecôte sous la grisaille. Des températures dignes d’un mois d’été dans un cas, une fraîcheur plus conforme aux moyennes de saison dans l’autre. Ainsi va la météo, qui semble jouer au yo-yo… et avec nos nerfs. Une météo capricieuse qui donne ainsi du grain à moudre aux climato-sceptiques, ceux-ci trouvant toujours matière à rebondir lorsqu’un épisode de froid survient après un autre plus chaud pour contester le réchauffement climatique. Et pourtant, au-delà des aléas de la météo du moment, le réchauffement climatique est bien là, poursuivant son inquiétante course vers des températures de plus en plus élevées. Début janvier, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a officiellement confirmé que 2023 avait été – et de loin – l’année la plus chaude jamais enregistrée avec une hausse des températures de +1,45 °C par rapport aux niveaux pré-industriels de 1850-1900. Une hausse qui se rapproche de la limite d

Tenir

Les sénateurs américains républicains, partisans de Donald Trump, qui ont bloqué pendant des mois le vote d’une aide militaire à l’Ukraine trouvent-ils le sommeil depuis ce week-end ? Certains des Européens qui se sont perdus en tergiversations ces derniers mois pour savoir si l’Ukraine avait le droit ou non de cibler les bases de missiles et drones russes qui tirent vers elle ou de la doter de systèmes de défense aérienne performants se regardent-ils facilement dans leur miroir le matin ? Car si l’offensive terrible que mène depuis quelques jours l’armée de Vladimir Poutine dans la région de Kharkiv est si menaçante – avec une trentaine de villages du nord-est de l’Ukraine sous le feu hier et déjà près de 6 000 habitants évacués – c’est bien parce que la Russie profite d’un côté de sa supériorité numérique et de l’autre côté du manque de munitions et de matériel de Kiev. Comme depuis le début de la guerre, le 24 février 2022, l’armée ukrainienne résiste de toutes ses forces, ses solda

Vacances pour tous

La pandémie de Covid-19, avec ses confinements, ses obligations sanitaires et ses fermetures de frontières qui avaient mis un coup d’arrêt brutal au tourisme en 2020 et 2021, est bel et bien derrière nous et les Français, comme tous ceux qui viennent visiter la France, ont retrouvé le goût des vacances et du voyage. Déjà, l’an passé, le taux de départ en vacances des Français de 15 ans et plus, que ce soit pour « au moins un » long séjour marchand de loisir avec hébergement payant ou pour un long séjour non marchand de loisir (hébergement chez la famille, des amis, ou en résidence secondaire), s’était élevé, selon le Baromètre Opodo 2024 publié le mois dernier, à 60,3 % en 2023, contre 59,6 % un an auparavant. Nul doute que cette année poursuivra sur cette voie si l’on en juge par l’engouement des locations suscité par les ponts de ce mois de mai. À deux mois des grandes vacances, ceux qui n’ont encore rien prévu cherchent ainsi où passer l’été et font face aux sollicitations nombreuse

Parlons d'Europe

Ce vendredi est la Journée de l’Europe, qui commémore la Déclaration Schuman du 9 mai 1950, discours fondateur prononcé avant la naissance de la Communauté économique européenne, l’ancêtre de l’Union européenne. L’occasion, à un mois des élections européennes, de se rappeler ce qui a conduit des pays autrefois ennemis, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, d’unir leurs destins pour assurer une paix durable en même temps qu’une nouvelle prospérité profitable à tous. Dans « Une Europe fédérée », Jean Monnet, l’un des pères de l’Europe avec Robert Schuman, expliquait alors « Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des Hommes », forgeant là un idéal européen, rêvé à la fin du XIXe siècle par Victor Hugo comme des États-Unis d’Europe. Année après année, l’Union a marqué des points pour avoir trouvé, souvent au terme de rudes négociations entre ses membres, des solutions que seule une communauté d’États était en mesure de mettre en place. Le marché commun, la monnaie unique, des pr

LGV Toulouse-Bordeaux : enfin !

Enfin ! Le projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Toulouse et Bordeaux a tellement joué l’Arlésienne ces dernières années pour ne pas dire ces dernières décennies ; la perspective de voir un jour un TGV en gare Matabiau qui rejoindrait Paris en trois heures dix a tellement viré au feuilleton fait d’avancées et de reculades que nous ne pouvions bouder notre plaisir, hier, pour le lancement symbolique des travaux de l’aménagement nord de Toulouse par les élus locaux et l’État. Enfin, ce chantier à 14,3 milliards d’euros, financés à 40 % par l’État, 40 % par les collectivités et 20 % par l’Europe, se concrétise même s’il reste encore sur le chemin des opposants déterminés, notamment en Nouvelle-Aquitaine. Certains d’entre eux sont évidemment de bonne foi dans leur volonté de préserver la biodiversité – elle le sera majoritairement – ou dans leur peine de voir disparaître un patrimoine ou une maison – les indemnisations doivent dès lors être à la hauteur et nul doute qu’elles le sero

Fractures sanitaires

Les conclusions de la vaste étude de la Fondation Jean-Jaurès, qui a publié cette semaine des « cartes de France de l’accès aux soins » montrant des « soignants et patients face aux inégalités territoriales », ne surprendront pas les Français. Qui, en effet, n’a jamais été personnellement confronté à la difficulté d’obtenir un rendez-vous médical ? Des délais qui s’allongent jusqu’à plusieurs mois, l’impossibilité de retrouver un médecin traitant si le sien part à la retraite, le refus d’un dermatologue de prendre de nouveaux patients… La situation est connue, perdure depuis plusieurs années, concerne les zones rurales comme le milieu urbain, et est douloureusement vécue dans les « déserts médicaux » dont les habitants, à raison, s’inquiètent. En moyenne, le temps d’accès aux soins pour les ruraux reste d’ailleurs généralement supérieur de 52 % à celui des urbains, relevait en février une enquête Ipsos pour la Fédération Hospitalière de France, qui pointait que le temps d’attente pour

Chemin d'espoir

Avec la maladie d’Alzheimer, celle de Charcot, certains cancers, elle est sans doute l’une des maladies qui effraient le plus lorsque tombe le diagnostic : la maladie de Parkinson. Découverte en 1817 par le médecin anglais James Parkinson, cette maladie convoque la perspective d’une longue et douloureuse perte d’autonomie, marquée par d’incontrôlables tremblements – qui touchent environ 70 % des patients et sont intermittents. Avec eux peuvent s’ajouter l’akinésie, cette lenteur dans l’exécution et la coordination des mouvements qui affecte surtout la marche et l’hypertonie c’est-à-dire une forte rigidité des membres. Parkinson fait légitimement toujours peur. Et pourtant, le combat contre cette affection neurodégénérative chronique qui touche plus de 10 millions de personnes dans le monde et près de 200 000 en France – avec plus de 25 000 personnes nouvellement diagnostiquées tous les ans – a fait des progrès considérables, la recherche scientifique a franchi des étapes déterminantes

La mécanique du chaos

rEn se rendant en Israël fin octobre dernier pour assurer l’État hébreu du soutien de la France après l’attaque terroriste barbare du 7 octobre qui a coûté la vie à 1 200 personnes, dont 42 Français, Emmanuel Macron avait pris tout le monde court, y compris ses propres services diplomatiques, en proposant de « bâtir une coalition régionale et internationale pour lutter contre les groupes terroristes qui nous menacent tous », sur le modèle de ce qui avait été fait pour lutter contre Daech. Inaudible en Palestine – où l’armée israélienne entamait une guerre destructrice au Hamas qui allait faire des milliers de morts civils à Gaza – et hautement inflammable dans le monde arabe, cette proposition a fait long feu. L’idée d’une coalition de fait revient pourtant en force depuis le week-end dernier, mais cette fois dirigée contre l’Iran qui a, de façon inédite, déclenché une vaste attaque contre Israël en lançant des centaines de drones et missiles. Le régime des mollahs estime avoir répondu

L'émotion d'un village

La disparition de Laurent et Véronique Blond le 16 mars à Madère alors qu’ils passaient sur l’île portugaise d’agréables vacances avec leur fille, avait suscité une vive inquiétude. La macabre découverte, 19 jours plus tard, de deux corps qui sont – l’authentification officielle le dira – ceux de ce couple de boulangers a laissé place à une immense émotion. Celle-ci était encore palpable hier à Beaumont-de-Lomagne pour la réouverture de leur boulangerie, voulue par leurs filles comme un hommage à leurs parents qui avaient choisi de s’installer dans le village. Une émotion à la hauteur de cette tragédie, une émotion qui en dit long aussi sur l’impact qu’ont toujours les « faits divers » sur la vie quotidienne des communes et de ceux qui y vivent, impact qui perdure longtemps une fois que l’intérêt médiatique s’est émoussé. Les milliers de kilomètres qui séparent le Tarn-et-Garonne de Madère, l’absence des corps toujours retenus sur l’île par l’enquête portugaise ont ajouté du poids à l’

Illogique

  On a beau lire et relire dans tous les sens les déclarations du ministre chargé des Comptes publics Thomas Cazenave – y compris celles dans nos colonnes – on peine à trouver la logique dans le spectaculaire revirement de la position de la France concernant les quantités de tabac autorisées que les Français peuvent ramener chez eux depuis un pays de l’Union européenne. Jusqu’à présent, la France avait l’une des règles les plus strictes avec un seuil de 200 cigarettes par personnes autorisées, soit une cartouche, là où l’UE avait fixé un seuil de 800 cigarettes (4 cartouches), 400 cigarillos, 200 cigares et 1 kg de tabac à fumer, à partir duquel les Douanes peuvent considérer qu’il ne s’agit plus d’une consommation personnelle. Contraint par le Conseil d’État de se conformer à la réglementation européenne, le gouvernement a choisi non pas de se caler sur les seuils européens mais… de ne plus fixer de seuil du tout. Changement de cap à 180° donc, changement de « logique » assumé par le

Sous pression

Depuis que l’Insee a annoncé que le déficit public était de 5,5 % du PIB, bien loin des prévisions du gouvernement à 4,9 % et que la dette publique atteignait 110,6 % du PIB, la pression monte sur l’exécutif pour endiguer le dérapage des comptes publics… ou plutôt les pressions, venant de toutes parts, et ciblant notamment le dogme installé par Emmanuel Macron depuis 2017 du refus de créer de nouveaux impôts. Pression des organismes et institutions d’abord. Avant les chiffres bruts de l’Insee, publiés le 26 mars, le rapport de la Cour des comptes a appelé, une nouvelle fois, à maîtriser les dépenses et à réaliser rien moins que 50 milliards d’euros d’économie d’ici 2027, quand le gouvernement peine à trouver 10 milliards d’euros d’économies cette année et 20 l’année prochaine. Hier, c’est le président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE), organe placé auprès du Premier ministre, qui a estimé « absurde » de « refuser toute hausse d’impôts au vu de notre situation budgétaire. »

Dépister et guérir

  Il suffit parfois que la parole se libère pour que ce qui était tu soit mis en pleine lumière, pour que ce qui était tabou reçoive l’attention méritée, pour que ceux qui vivaient dans la peur du regard des autres redressent la tête pour mieux faire front. En prenant la parole le 22 mars dernier pour annoncer publiquement qu’elle souffrait d’un cancer, qu’elle avait entamé une chimiothérapie et qu’elle allait se battre contre la maladie, la princesse de Galles, Kate Middleton, sous pression des tabloïds et des réseaux sociaux depuis des semaines, a eu le courage de parler. Avant elles son beau-père le roi Charles III, avait lui aussi communiqué sur son cancer. D’autres personnalités, chanteurs, acteurs, artistes, au Royaume-Uni, aux États-Unis, en France ont pris la parole ces dernières années pour annoncer leur maladie, parfois raconter leur vie bouleversée puis leur rémission. Si la déclaration de la princesse a autant marqué les esprits, c’est bien sûr parce qu’elle a été très médi