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Noël quand même

  Les rues bondées et la foule dans certains magasins ces derniers jours ne doivent tromper personne. Nulle insouciance de Français qui toiseraient ainsi les difficultés, mais plutôt l’envie – malgré tout – de préparer les fêtes de fin d’année, seule occasion de se réchauffer le cœur avec ses proches avant d’affronter une série de difficultés. Car celles-ci ne manqueront pas, à commencer par le rebond de l’épidémie de Covid-19 qui provoque une légitime inquiétude lorsqu’il s’agit de retrouver la famille élargie et les grands-parents. Les mouvements sociaux qui vont perturber les déplacements en train et en avion ajoutent aux inquiétudes. Et la perspective de coupures d’électricité complète un tableau fort peu sympathique.  Mais c’est bien sûr l’inflation galopante qui inquiète le plus les Français. Selon un sondage Odoxa paru ce 1er décembre, les Français estiment désormais l’inflation à 15,8 %… soit 2,5 fois plus que le niveau enregistré par l’Insee, deux fois plus que celui estimé pa
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Rien n'est fini...

  On avait fini par l’oublier. Entre la crise énergétique et ses semaines de pénurie d’essence, l’inflation galopante qui est déjà à deux chiffres pour les produits alimentaires et les perspectives préoccupantes de la facture à la hausse de l’énergie et de potentielles coupures de courant cet hiver, l’épidémie de Covid était passée au second plan. Presque oubliée, car en matière de santé, les regards se portent sur l’épidémie de bronchiolite d’une ampleur sans précédent depuis une dizaine d’années et sur l’arrivée d’une grippe saisonnière annoncée comme plus virulente que les années passées. Et pourtant, le coronavirus est loin d’avoir disparu et la France fait face à un rebond épidémique qui se transforme en une menaçante 9e vague. Le Covid se retrouve ainsi en mesure, une nouvelle fois, de gâcher Noël et les fêtes de fin d’année. Comme en 2020, nous replongeons dans les angoisses que nous avons vécues et les dilemmes qui étaient les nôtres lorsque l’on se demandait s’il fallait isole

Un air de déjà-vu

En réclamant un doublement du tarif de la consultation de 25 à 50 euros, les syndicats de médecins libéraux qui appellent à deux jours de grève à partir de demain, savaient pertinemment ce qu’ils faisaient. Cette proposition-choc a été brandie d’abord pour marquer les esprits des Français. En mettant l’accent sur le prix de la consultation alors que les généralistes libéraux gagnent trois fois plus que le salaire moyen des Français selon le Panorama de la santé 2021 établi par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les syndicats et le jeune collectif « Médecins pour demain » à l’initiative du mouvement, ont fait un pari risqué, celui de se mettre à dos l’opinion qui pourrait ne pas comprendre une « grève de riche » en pleine inflation. Le gouvernement lui-même semble tenté de jouer l’opinion contre ce mouvement unitaire jamais vu depuis 2015, dont les animateurs n’excluent d’ailleurs pas, si aucune avancée concrète n’est obtenue, un durcissement durant le

Electrochoc

La France, historiquement exportatrice d’électricité grâce à ses centrales nucléaires - jadis fleuron industriel national - contrainte d’importer de l’électricité d’Allemagne et de procéder à des coupures d’électricité pour éviter un black-out général. Ce scénario humiliant pour la 6e puissance économique mondiale, jusqu’à présent inimaginable, est pourtant bien celui que le pays s’apprête à affronter dans les prochains mois. Selon RTE, le gestionnaire du transport d’électricité, qui a révisé ses prévisions pour l’automne et l’hiver 2022-2023, il existe un risque « élevé » de tensions sur le réseau français en janvier prochain. Faute de disposer d’un parc nucléaire pleinement opérationnel en raison notamment du retard dans le calendrier de maintenance des réacteurs, les Français pourraient voir le signal Ecowatt passer au rouge, signe de possibles « délestages » temporaires et ciblés. Une perspective qui ne serait pas amoindrie par la baisse de la consommation des Français, qui ont, vi

Larmes à l'oeil

C’est une épidémie silencieuse sur laquelle nous aurions tort d’être… aveugles : en 2050 dans le monde, près de la moitié de la population sera myope. Selon les projections, 5 milliards de personnes dans le monde pourraient ainsi être frappées de myopie d’ici à 2050, contre 2,5 milliards aujourd’hui. Actuellement, l’Asie de l’Est est la région du monde la plus concernée avec entre 56 et 80 % de la population myope contre 35 % aux États-Unis et 33 % en Europe. En France, environ 35 % de la population souffre de ce trouble visuel le plus courant qui altère la vision de loin. Si elle se corrige aisément par le port de lunettes, de lentilles ou par des opérations au laser aujourd’hui parfaitement fiables, la myopie est loin d’être anodine et peut déboucher sur des complications. La myopie augmente ainsi le risque de décollement de la rétine, d’une cataracte précoce et de glaucome, qui est multiplié par deux chez les myopes et par cinq chez les myopes forts. Et elle constitue la quatrième c

Au pied du mur

  Lorsqu’Élisabeth Borne a dévoilé le plan de sobriété énergétique du gouvernement, le 6 octobre dernier, les Français avaient la tête ailleurs, davantage préoccupés par la hausse des prix alimentaires ou des carburants. Les températures étaient, de plus, quasi printanières ce jour-là, bien au-dessus des moyennes saisonnières. En Occitanie, elles étaient même au-delà des 20 °C avec des pics à 26° à Perpignan, 25° à Montpellier, 23° Toulouse… Autant dire que l’hiver semblait bien loin et avec lui les interrogations pour se chauffer au meilleur prix compte tenu de l’inflation galopante affectant les énergies. Les appels gouvernementaux à la sobriété énergétique, relayés par la campagne un brin paternaliste « Je baisse, j’éteins, je décale », semblaient aussi tomber à plat. Mais depuis, les températures ont singulièrement baissé et la France se retrouve bel et bien au pied du mur pour affronter le défi énergétique de cet hiver. Le gouvernement peut se targuer – à raison – d’avoir mis en p

La tactique de TikTok

À trop se concentrer sur les GAFAM, les géants Américains de la Silicon Valley que sont Google, Amazon, Facebook et dans une moindre mesure Apple et Microsoft, autant de sociétés aux PDG stars, on en a presque oublié que le monde recelait aussi d’autres géants du numérique, et notamment en Chine. Dans l’empire du milieu où internet est placé sous l’implacable contrôle du régime communiste qui manie surveillance et censure, on les appelle les BATX pour Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi. Quatre des plus grandes entreprises technologiques mondiales qui sont bien moins connues du grand public que leurs équivalents américains. Mais ça, c’était avant que ne débarque TikTok. Le réseau social de partage de vidéos courtes, adapté d’un réseau 100 % chinois, a, d’évidence, changé la donne. En six ans, il a conquis la planète et particulièrement la planète ado, les jeunes répondant du tac-au-tac à TikTok pour relever ses challenges, danser et chanter. Une tactique payante construite sur de puissan

Le revers de l'ambition

La coupe du monde de football qui commence ce dimanche au Qatar va mettre les projecteurs sur ce petit émirat qui, depuis près de trente ans, ne poursuit qu’un objectif : jouer dans la cour des grands. On ne doit ce dessein, rendu possible par les milliards de dollars du pétrole et du gaz dont regorge le sous-sol du pays, que par la farouche volonté d’indépendance affichée par la famille régnante Al Thani, au pouvoir depuis 1971, mais aussi par la vision du père de l’émir actuel qui a compris que la diversification de son économie et l’ouverture au monde de son pays étaient la clé de l’avenir. Depuis 1995, le Qatar déploie, en effet, une méticuleuse stratégie d’influence, un soft power qui a commencé par la chaîne d’information en continu Al Jazeera et s’est poursuivi une décennie plus tard par la création du richissime fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA). Doté de 460 milliards de dollars, il investit partout dans le monde dans les transports et les industries, la finance

Brume électrique

À l’heure où s’ouvre un second cycle de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux autour des questions d’équité et de justice sociale, la réforme des retraites commence-t-elle – enfin ! – à sortir de la brume ? L’exécutif – qui marche à l’évidence sur des œufs – dévoile par petites touches ce que pourrait contenir cette réforme controversée qu’Emmanuel Macron entend absolument faire adopter au pas de charge pour une entrée en vigueur à l’été 2023. Sans éviter de souffler le chaud et le froid pour contenter tout le monde, le ministre du Travail Olivier Dussopt, qui pilote les concertations, énumère ainsi dans Les Échos des premières pistes qui pourraient faire consensus… mais aussi celles qui font dissensus. D’un côté, une meilleure prise en compte du travail des seniors, point faible de la France par rapport à ses voisins européens, une meilleure considération des critères de pénibilité qui pourraient être élargis et des carrières longues, mais aussi une hausse de l

La mécanique du clash

Qu’il semble loin le temps des débuts de Touche pas à mon poste. Ce n’était qu’en 2010 mais à l’échelle de la télévision, c’est une éternité. Cyril Hanouna est alors l’animateur phare de France 4 lorsque le premier numéro de TPMP est lancé. Autour de quelques chroniqueurs, l’émission veut raconter l’actualité des médias. Le ton est bon enfant, joyeux, juste ce qu’il faut d’irrévérencieux. C’est un vrai succès, le programme fait deux fois l’audience moyenne de la chaîne. En 2012, Cyril Hanouna passe sur D8 avec armes et bagages et emporte avec lui TPMP qui va alors subir, de saison en saison, de multiples transformations, agrandissant son plateau, multipliant le nombre de chroniqueurs et, surtout, élargissant son champ d’action à l’actualité et à la politique, pour finir par devenir le programme phare et la locomotive de C8, l’une des chaînes de l’empire médiatique de Vincent Bolloré. Entre les deux hommes, la confiance est totale et, en 2015, l’ombrageux milliardaire renouvelle le cont

Nouveaux obscurantismes

Fin 2019, le transfert de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) de Matignon vers le ministère de l’Intérieur, au sein d’un secrétariat spécialisé dans la radicalisation (le CIPDR, Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation), avait provoqué émoi et inquiétude chez les associations d’aides aux victimes des sectes. L’éventualité d’une suppression des archives et du site internet de la Miviludes, dont le travail était unanimement reconnu depuis 17 ans, avait ajouté aux craintes de voir amoindris les moyens d’un service de l’État, d’évidence, indispensable. Tout est ensuite rentré dans l’ordre et ce retour à la normale est sans doute dû à l’épidémie de Covid-19. Car la pandémie historique a suscité de la peur et des inquiétudes évidemment légitimes dans la population effrayée par ce coronavirus dont on ne connaissait pas encore toutes les conséquences sur la santé et contre lequel on n’avait pas e

Quelles mobilités ?

Plus encore que les années précédentes, les observateurs pronostiquaient une rentrée politique très chaude, notamment en raison d’une Assemblée nationale renouvelée dans laquelle la majorité présidentielle n’était que relative. Les débats virulents, l’usage répété de l’article 49.3 par le gouvernement pour adopter les textes budgétaires et les polémiques diverses ont, d’évidence, contribué à une ambiance électrique sans toutefois atteindre le blocage. La « vraie » rentrée chaude pourrait dès lors intervenir en janvier. Car c’est à ce moment-là que plusieurs éléments vont tendre le corps social : dans un contexte où l’inflation devrait se maintenir à un haut niveau, notamment sur l’alimentaire, les Français vont devoir faire face à la fin de la ristourne pour tous sur les carburants – celle du gouvernement comme celle de Total Energies – mais aussi à une hausse de 15 % des prix du gaz et de l’électricité, heureusement limitée par le bouclier tarifaire. Si l’on ajoute la controversée réf

Principes de réalité

Au choc de l’inflation, dont le retour est dû à de multiples facteurs - la reprise post-Covid, la guerre en Ukraine, la crise énergétique qui s’en est trouvée exacerbée, mais aussi les conséquences du réchauffement climatique et divers autres facteurs économiques dont les tensions de recrutements dans certains secteurs - semble répondre un choc de la perception qu’ont les Français de la hausse des prix. Comme si deux visions d’une même réalité se faisaient face. D’un côté, les chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui, chaque mois, dévoile la hausse des prix à la consommation avec un indice qui se veut au plus près de la réalité. Celui-ci mixe le relevé de 160 000 prix dans 26 000 points de vente partout en France, plus 500 000 relevés sur internet et des données de caisses de la grande distribution. 80 millions de produits sont ainsi suivis. Sur un an, selon l’estimation provisoire réalisée fin octobre, les prix à la consommation augmenten

Dernière séance ?

C’était le 10 décembre 2020. Le Premier ministre Jean Castex indiquait qu’il n’y aurait plus de confinement mais un couvre-feu de 20 heures à 6 heures Les musées, les théâtres et les salles de cinéma ne pourraient donc pas rouvrir le 15 décembre comme cela était initialement prévu. Un crève-cœur pour le monde du cinéma brutalement mis à l’arrêt par la pandémie de Covid-19. Invité à réagir aux annonces gouvernementales, l’acteur et réalisateur Matthieu Kassovitz jette un pavé dans la mare en estimant que les salles de cinéma ne sont « pas essentielles » en pleine épidémie. « Je pense que le futur du cinéma n’est plus là, c’est comme se battre pour qu’une espèce animale ne disparaisse pas », assène l’enfant terrible du cinéma français. Des propos alors à contre-courant de toute la profession dont beaucoup de membres, notamment les intermittents et tous ceux qui sont derrière les caméras, ont été très affectés par le Covid et l’arrêt des tournages et des cinémas. Mais des propos qui illus

Cote d'alerte

Ces images ont fait le tour du monde tant elles sont spectaculaires. Cet été, le lac Mead aux États-Unis, un lac artificiel qui s’étire sur 180 kilomètres entre les États du Nevada et de l’Arizona et constitue le plus large réservoir d’eau du pays, a atteint son plus bas niveau historique. Le 18 juillet dernier, le niveau de l’eau mesuré au barrage Dam était, en effet, de 317 mètres… contre 341 mètres en juillet 2000 ; le niveau maximal du lac étant de 372 mètres, seuil atteint pour la dernière fois en 1999 et en 1983. Si le niveau atteint 300 mètres, les turbines hydroélectriques ne pourront plus fonctionner. Une catastrophe car le lac alimente 40 millions d’Américains en eau et en électricité à travers sept États, et aussi le nord du Mexique. Si le niveau est si bas, c’est parce que le lac, dont le remplissage provient pour 10 % des précipitations et pour 90 % de la fonte des glaces des Rocheuses, est victime d’une sécheresse extrême dans la zone et d’un déficit d’enneigement sur le

Opération relocalisation

En mettant à l’épreuve les pays du monde entier, l’épidémie de Covid-19 aura été un révélateur des forces et des faiblesses des uns et des autres. En France, mais aussi dans la plupart des pays européens, cette pandémie historique qui a mis à genoux les économies, a jeté une lumière crue sur ce qu’on peut appeler la face sombre de la mondialisation. Depuis plusieurs décennies, nous avions, en effet, pris l’habitude de sous-traiter ou délocaliser certaines productions industrielles dans des pays socialement moins-disants mais qui permettaient de livrer ce dont nous avions besoin à des coûts extrêmement avantageux et, souvent, en maximisant les profits. Le made in China, made in Vietnam ou made in Bangladesh connaissaient un développement fulgurant, porté un système à flux tendu bien huilé qui avait remplacé les stocks et des transports mondiaux par containers. Un système qui fonctionnait bien… jusqu’à ce qu’arrive le Covid. Avec des transports et des usines à l’arrêt, le flux a été romp

Remise à plat

Neuf mois après la déflagration qu’a constituée la publication du livre de Victor Castanet, « Les fossoyeurs : révélations sur le système qui maltraite nos aînés » (Ed. Fayard), nous voilà encore face à un scandale concernant les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Certes, cette fois-ci, il ne s’agit pas de maltraitance physique ou psychologique envers les résidents des maisons de retraite, mais les faits n’en sont pas moins graves. Contrôlés par la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF), des Ehpad privés à but lucratif ont été épinglés entre 2019 et 2021, soit avant le scandale de janvier. Il en ressort qu’un établissement sur deux présentait des problèmes concernant les prestations qu’il propose souvent très chèrement. Contrats de séjour aux clauses déséquilibrées, modalités de résiliation désavantageuses, demande d’un dépôt de garantie exorbitant et mensonges sur les prestations vantées sur

50 ans d'audace

Pour célébrer ses cinquante ans d’existence, le groupe Airbus avait choisi la date du 29 mai 1969, celle de l’accord gouvernemental entre Paris et Berlin pour lancer le premier programme de l’avionneur européen, l’A300B. Cette date avait évidemment du sens car elle concrétisait une incroyable ambition européenne en devenir. Moins de vingt-cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France et l’Allemagne et ensuite le Royaume-Uni et l’Espagne, scellaient une alliance politique et industrielle historique pour que l’Europe ne soit pas absente d’un marché aéronautique alors dominé par les États-Unis. Cinquante ans plus tard, toute la flotte des avions d’Airbus accompagnée par la patrouille de France survolait Toulouse, le 29 mai 2019, pour marquer les débuts de cette aventure aéronautique européenne et les succès enregistrés depuis. Mais pour tous les passionnés d’aéronautique, pour tous ceux qui – de l’ouvrier à l’ingénieur, du pilote d’essai au pilote de ligne, du personnel a

Terrible angoisse

Alors que la France est encore sous le choc du meurtre sauvage de la petite Lola, notre attention se focalise sur l’inquiétante disparition d’une jeune majeure, Justine, 20 ans, dont la famille et les proches sont sans nouvelles depuis dimanche 23 octobre. La jeune Lotoise, mère d’un enfant de 2 ans et demi et qui habite dans la commune de Tauriac, s’était rendue samedi à Brive-la-Gaillarde, à 40 kilomètres de son domicile, pour passer une soirée avec des amis. À 1 heure du matin, alors qu’elle a quitté ses amis et croisé le chemin d’un homme – qui était hier en garde à vue – elle communique par SMS avec sa mère puis avec son petit ami, qu’elle devait rejoindre, jusqu’à 2 heures du matin. Son téléphone s’éteint le dimanche à 13 heures. Depuis c’est le néant, plus de nouvelles de la jeune Justine, qui n’a pas pour habitude de laisser ses proches sans nouvelles. Cette disparition étant considérée comme inquiétante, compte tenu notamment des nombreuses zones d’ombre qui l’entourent, une e

Révolution(s)

Le mot révolution est souvent galvaudé, appliqué au moindre produit que sort telle marque de voiture ou de smartphone. Il existe pourtant de vraies révolutions, celles qui changent radicalement le monde, révolutions des peuples contre l’injustice et pour la liberté, comme celles que mènent avec courage les Iraniennes contre l’obscurantisme religieux, révolutions scientifiques qui propulsent l’humanité vers de nouveaux horizons. Après l’inquiétante étude scientifique américaine publiée le 6 septembre dans la revue Nature Reviews Clinical Oncology qui révélait une importante hausse mondiale de quatorze types de cancers chez les moins de 50 ans, les annonces faites ce mois-ci par les fondateurs de BioNTech et les laboratoires Merck et Moderna autour d’un prochain vaccin contre le cancer constituent les prémices d’une révolution médicale et ont, d’ores et déjà, redonné de l’espoir dans cette lutte de longue haleine. Ugur Sahin et Ozlem Tureci, le couple de scientifiques allemands qui ont c

L'indécence et la dignité

C’est sans doute parce qu’elle avait le souriant visage de l’enfance, cheveux blonds et yeux bleus, parce qu’elle aurait pu être notre fille ou notre nièce, notre petite sœur ou notre cousine, une camarade ou la petite voisine. C’est pour toutes ces raisons que le meurtre barbare de la petite Lola a ému à ce point la France. Voir le destin tragique de cette bientôt adolescente qui avait la vie devant elle basculer à 12 ans dans l’horreur inimaginable d’un crime gratuit a soulevé le cœur de chacune et chacun d’entre nous. Et nous avons tous pensé à ses parents, à sa famille, à ses proches, à ses camarades de classe, à leur incommensurable douleur que notre solidarité bienveillante réconfortera mais n’éteindra pas. Tous ? Non, hélas. Dans les heures qui ont suivi le drame, certains ont instrumentalisé de façon odieuse la mort de cette enfant pour une basse récupération politique au prétexte que la suspecte du meurtre était de nationalité étrangère et visée par une obligation de quitter l

Un cap clair

Cet été – comme tous les étés – chacun pronostiquait une « rentrée chaude » sans forcément y croire. Mais cette rentrée 2022 est, d’évidence, autrement plus corsée pour l’exécutif que celles du précédent quinquennat. Une situation logique qui découle d’abord de la composition politique du pays née des législatives de juin. Sans majorité absolue à l’Assemblée, le gouvernement est, de fait, entravé dans son action et contraint de rechercher d’hypothétiques compromis avec ses oppositions, déterminées à ne faire aucun cadeau à Emmanuel Macron et qui pensent – déjà – à jouer le coup d’après de la présidentielle de 2027… Mais le gouvernement est aussi en difficulté avec sa propre majorité, bien plus « plurielle » que le bloc macroniste de 2017, et qui a des velléités d’émancipation. On l’a vu lors de l’examen du Budget avec les alliés MoDem et Horizons qui se sont sentis plus libres que loyaux pour paraphraser l’expression d’Edouard Philippe. À cette nouvelle donne politique s’est ajoutée un

Des paroles aux actes

Il y a trois mois, les Français découvraient avec effarement l’extrême fragilité de la forêt française avec des incendies majeurs qui ont ravagé plus de 65 000 hectares. Jusqu’à présent, nous n’avions vu ces images spectaculaires et angoissantes d’immenses flammes dévorant tout sur leur passage qu’en provenance des États-Unis, de l’Australie, de la Turquie ou de la Grèce lorsque ces pays avaient été confrontés à des mégafeux incontrôlables. Cette année, ce sont des paysages connus, la forêt landaise et la dune du Pilat, ou familiers dans l’Aude ou le sud Aveyron en Occitanie qui se sont retrouvés incendiés. Ces drames, qui ont laissé dans le désarroi des familles et des entreprises qui ont tout perdu, ont déclenché une réelle prise de conscience tant sur l’insuffisance de nos moyens de lutte contre les incendies que dans notre façon de gérer la forêt à l’heure du dérèglement climatique qui provoque sécheresse, pénurie d’eau et températures caniculaires. En déplacement en Gironde Emmanu

L'autre épidémie

On n’a pas fini de répertorier tous les bouleversements provoqués par l’épidémie de Covid-19 sur nos vies et nos sociétés. Conséquences économiques, sociales, sociétales et bien sûr sanitaires. Car cette pandémie inédite, qui a mis la planète à genoux et fait plus de 6,5 millions de morts dans le monde dont 152 000 en France, a bien souvent relégué au second plan d’autres maladies. Le cancer en premier lieu, dont les dépistages et la continuité des soins pour les malades ont été fortement perturbés, mais aussi la grippe saisonnière qui chaque année rythme nos hivers. Ces deux dernières années, la grippe a, en effet, été comme tenue à distance, car les gestes barrière déployés pour lutter contre le coronavirus ont été aussi utiles pour lutter contre elle. Résultat : nous n’avons pas eu d’épidémie de grippe dramatique et les Français, tout entiers préoccupés par le Covid, se sont moins fait vacciner contre la grippe qu’habituellement. Cette moindre vaccination pose aujourd’hui problème c