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Pointillisme

  Dans quelques jours, cela fera un an que Delphine Jubillar aura disparu. Un an que l’on est sans nouvelles de l’infirmière de 33 ans, de la jeune maman de deux enfants qui s’est volatilisée à Cagnac-les-Mines dans la nuit du mardi 15 au mercredi 16 décembre 2020. Un an que ses amies, qui ont régulièrement organisé des recherches au-delà des lieux examinés par les enquêteurs, veulent garder un espoir dont elles savent qu’il est de plus en plus infime. Un an que les enquêteurs explorent toutes les pistes possibles et referment les hypothèses, les unes après les autres. Un an que l’opinion publique se passionne pour cette affaire qui, semaine après semaine, est devenue hors normes. Un an que le mystère persiste et s’épaissit au point que certains imaginent que « l’affaire Jubillar » ne finisse par rejoindre la longue liste de ces cold cases, ces affaires non résolues qui, à l’instar d’une affaire Grégory, nourrissent des années durant toutes les théories possibles et imaginables. Et pou
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Les alarmistes et les rassuristes

Noël 2021 ressemblera-t-il à Noël 2020 ? À trois semaines des fêtes de fin d’année, les Français s’interrogent alors que la 5e vague de l’épidémie de Covid-19 avance de façon fulgurante avec près de 50 000 cas en 24 heures mercredi, que les hospitalisations sont en hausse et ont contraint certains hôpitaux à déclencher leur plan blanc, et que le variant Omicron – dont on ignore encore la contagiosité et la dangerosité – vient d’arriver en métropole. Autant d’éléments qui paraissent menacer les retrouvailles tant attendues et nous ramènent un an auparavant quand il fallait songer à séparer la famille. « On coupe la bûche en deux, papy et mamie mangent dans la cuisine et nous dans la salle à manger », osait même le président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP, le docteur Rémi Salomon, déclenchant un tollé. La situation est heureusement bien différente cette année car près de 75 % des Français sont vaccinés. Mais la bataille fait tout de même encore rage entre les alarmi

Risques

Le décès de la technicienne de laboratoire toulousaine de la maladie de Creutzfeldt-Jakcob soulève évidemment de nombreuses questions sur la façon dont la recherche sur les prions, ces agents hautement pathogènes et dangereux, est menée en France, sur les conditions d’exercice de ces travaux ou sur les moyens financiers et humains dont disposent les laboratoires.  Mais ce décès est avant tout un drame humain. On ne connaît pas encore l’identité de cette retraitée, ni les conditions exactes dans lesquelles elle a pu être contaminée, mais elle est aujourd’hui, assurément, le symbole de tous ces chercheurs, de tous ces scientifiques, de tous ces techniciens, de toutes ces petites mains qui, dans les laboratoires, sur les paillasses ou devant leurs ordinateurs, œuvrent jour après jour pour le progrès de la science avec passion, détermination et abnégation. Et parfois, trop souvent, dans l’indifférence de l’opinion et des responsables politiques. À quatre mois de la présidentielle, la scien

Sous la pression d'Omicron

Avec un nom qui fleure bon la science-fiction ou qui pourrait être celui d’un super-vilain dans un film de superhéros de Marvel, Omicron a fait souffler en quelques jours un vent de panique mondial, provoquant ici la suspension des vols en provenance d’Afrique du Sud et des pays d’Afrique australe et là, la fermeture de leurs frontières décidée préventivement par plusieurs pays. Il est encore trop tôt pour savoir si ce nouveau variant du coronavirus SARS-Cov-2 est plus contagieux et plus dangereux que le variant Delta auquel nous nous sommes habitués depuis un an. Mais une chose est sûre : l’apparition d’Omicron constitue pour la communauté internationale un sévère avertissement pour nous rappeler les caractéristiques de la pandémie de Covid-19. Et la première d’entre elles est qu’il s’agit bien d’une épidémie mondiale contre laquelle il faut une stratégie mondiale. La fermeture des frontières décidée par certains pays – qui venaient d’ailleurs à peine de les rouvrir – pour rassurer à

On est tous SAM

  Photo Pierre Challier La décision du tribunal de commerce de Toulouse de liquider la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) était attendue. Elle n’en constitue pas moins un coup dur pour les quelque 340 salariés de la fonderie qui voulaient croire jusqu’à la dernière minute – et avec eux la population – à un ultime délai pour pouvoir trouver une solution et ainsi préserver leur avenir. Mais la liquidation de la fonderie aveyronnaise ne peut pas en rester là car elle va beaucoup plus loin que la triste chronique économique que vivent certaines entreprises. Elle pourrait même devenir, comme l’usine Whirlpool d’Amiens en 2017, un symbole à quelque mois de l’élection présidentielle de 2022. Symbole, d’abord, du mépris des grandes entreprises pour leurs sous-traitants dont elles sont le client principal. Renault a fait savoir par communiqué qu’il ne jugeait pas « crédible » le projet de reprise de son sous-traitant porté par Alty-Sifa en dépit des garanties apportées notamment par la R

La France de l'après-Covid

  Vingt mois désormais après le début de l’épidémie de Covid-19, il est peut-être encore trop tôt pour savoir comment va évoluer le marché de l’immobilier en France, quelles seront les dispositions des banques et les taux des prêts immobiliers ou quelle forme prendra la reprise. Car avant l’épidémie, ce secteur nous a souvent habitués à jouer du yoyo. Pour autant la pandémie mondiale a bouleversé notre rapport au logement. L’assignation à résidence pour freiner l’épidémie lors des confinements de 2020 et 2021 a, d’évidence, fait cogiter tous ceux qui ne disposaient pas d’une agréable maison avec jardin mais d’un appartement trop exigu et parfois sans balcon. La possibilité du télétravail a permis à certains de se projeter ailleurs, dans une maison hors du centre-ville, voire dans ces villes moyennes longtemps victimes de l’exode vers les métropoles et aujourd’hui redécouvertes pour leur qualité de vie. De nouveaux critères ont émergé pour imaginer son chez-soi : un coin pour jardiner,

Le cas Castex

  D’aucuns y verront une coupable désinvolture avec les règles sanitaires imposées à tous les Français, d’autres ce sentiment de supériorité qui étreint nombre de politiques sur le ton du « faites ce que je dis pas ce que je fais », et les derniers, peut-être les plus indulgents et les plus nombreux, considéreront que l’erreur est humaine. En tout cas l’annonce, lundi soir, que le Premier ministre Jean Castex venait de contracter le coronavirus permet à tous de prendre à nouveau conscience de ce qu’est l’épidémie de Covid-19 en se rappelant quelques fondamentaux appris depuis mars 2019. Cela devrait être bien utile alors que la France se prépare à affronter une 5e vague de l’épidémie, annoncée comme « fulgurante ». Premier rappel : l’importance des gestes barrière et du port du masque. Santé publique France a récemment tiré le signal d’alarme sur le relâchement de leur respect depuis l’été. Un relâchement qui a aussi atteint l’exécutif puisqu’on a vu, mardi 16 novembre en marge du cong

Avec modération

Des bébés que l’on met devant la télévision, des enfants qui ne lâchent pas leurs tablettes ou jouent sur le smartphone des parents, des adolescents qui passent plus de temps sur les réseaux sociaux qu’avec leurs amis à l’extérieur... L’étude menée par l’institut de sondages GECE, qui vient de paraître, montre combien les écrans et le numérique sont présents dans nos vies, de la toute petite enfance – 96 % des enfants sont connectés aux écrans dès 6 ans – aux portes de l’âge adulte. Une addiction qui s’est encore accentuée avec les confinements imposés par l’épidémie de Covid-19 qui a amené les élèves à utiliser davantage les écrans avec l’école à distance… Pour nombre de parents, d’enseignants et de médecins, il y a lieu de tirer le signal d’alarme car cette addiction aux écrans n’est pas sans conséquences sur la santé physique et mentale, et bien sûr sur les résultats scolaires des élèves. La littérature scientifique sur le sujet est désormais bien établie, montrant ici combien le te

Réconcilier deux mondes

À cinq mois de l’élection présidentielle, la chasse – et ses quelque 1,1 million de pratiquants-électeurs… – va-t-elle s’inviter dans la campagne électorale ? En tout cas elle est de nature à occuper le débat public avec la question de sa régulation qui revient sur le devant la scène après la survenue, ces dernières semaines, de plusieurs accidents de chasse très médiatisés. Pour les écologistes, les associations de défense de l’environnement et de la faune et plus largement de simples citoyens adeptes de promenades en forêt ou de cueillette de champignons, la limitation des risques ne peut se faire qu’avec de nouvelles règles plus coercitives que celles incluses dans la réforme de 2019. L’interdiction de la chasse certains jours, le mercredi ou les week-ends, de meilleurs contrôles des armes et de leur utilisation sont des propositions qui rencontrent un certain écho dans l’opinion. Pour preuve, la pétition lancée par le collectif « Un jour un chasseur » a récolté plus de 100 000 sign

Tôt ou tard ?

  Le 15 mars 2021, lors d’un sommet franco-espagnol à Montauban, Emmanuel Macron, qui s’est toujours voulu « maître des horloges » depuis son accession à l’Elysée, le concédait : « Le maître du temps, c’est le virus, malheureusement ». Aujourd’hui, à cinq mois de l’élection présidentielle et alors qu’approche une 5e vague de l’épidémie de Covid – qui pourrait faire 500 000 morts cet hiver en Europe selon l’Organisation mondiale de la santé – c’est encore le virus qui pourrait fixer l’agenda politique des prochaines semaines. Cette 5e vague est évidemment contrariante pour Emmanuel Macron qui souhaitait parler d’autres choses que de la crise sanitaire : plan de relance, écologie, réindustrialisation, pouvoir d’achat. Bref avenir et monde d’après. Las ! Le voilà contraint de renouer dès demain soir avec les allocutions solennelles qui ont rythmé la 2e partie de son quinquennat et de reparler vaccin et restrictions sanitaires. Pour autant, s’il n’est plus – pour l’instant – le maître des

Le défi de l'avion vert

  Sans préjuger de ce que provoquera la 5e vague de l’épidémie de Covid-19, on constate pour l’heure que l’économie mondiale a amorcé une reprise après des mois de paralysie provoquée par le coronavirus et entrevoit la fin d’une période qui aura mis genoux nombre de secteurs. Parmi ceux-ci, celui de l’aviation aura payé un lourd tribut, que ce soit pour les compagnies aériennes qui ont subi une chute historique du trafic aérien – – 66 % de baisse, du jamais vu depuis le 11-Septembre – ou les constructeurs qui ont enduré l’annulation de commandes. Pour tous les métiers qui, de près ou de loin, travaillent pour l’aérien, le choc a été redoutable et sans doute les aides publiques en France – chômage partiel, prêts garantis par l’Etat et plan de soutien à la filière aéronautique (15 milliards d’euros mobilisés) – ont permis d’éviter un crash socio-économique pour les quelque 300 000 emplois directs et indirects dans notre pays. Aujourd’hui, la situation s’améliore, le trafic reprend et les

Éviter que tout recommence

  La perspective de voir les écoliers de 39 départements, dont six en Occitanie, être obligés de porter à nouveau le masque à partir de lundi prochain doit résonner comme un avertissement pour les Français. Le franchissement du taux d’incidence de 50 cas positifs au Covid pour 100 000 habitants, qui devrait déclencher le niveau supérieur du protocole sanitaire dans les écoles, illustre, en effet, un rebond épidémique latent depuis plusieurs semaines et qui pourrait devenir une cinquième vague de l’épidémie de Covid. Cette vague-là est déjà à l’œuvre dans plusieurs pays et, depuis la Chine et l’Asie, a commencé à gagner l’Europe. L’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou le Danemark voient leurs taux d’incidence et leur nombre d’hospitalisation augmenter… Pour l’heure il convient toutefois de rester prudent car si les résultats des tests de dépistage du Covid-19, comme ceux de la surveillance des eaux usées, montrent bel et bien un début de rebond épidémique en France, la fin de la g

Stopper le fléau

On pensait jusqu’à présent que les règlements de comptes entre bandes rivales sur fond de trafics de stupéfiants ne concernaient que les grandes agglomérations, Marseille en tête. D’ailleurs, la cité phocéenne a, une nouvelle fois, été marquée ce week-end par la mort d’un homme de 30 ans, tué par balles dimanche soir dans une rue du 15e arrondissement, au nord de la ville. Le drame qui s’est joué dans le quartier Grazailles à Carcassonne, dimanche soir aussi, et s’est soldé par la mort de deux jeunes âgés de 18 et 20 ans, nous rappelle – si tant est que l’enquête en apporte la démonstration dans les heures à venir – que ces vendettas entre malfaiteurs peuvent survenir partout. Des vendettas de plus en plus violentes et parfois meurtrières qui se déroulent sous les yeux de riverains impuissants. Ces derniers subissent au quotidien les conséquences dramatiques de ces trafics qui ont foncièrement évolué. « Il existe un lien très fort entre la violence et les stupéfiants. L’an passé, les v

Question d'éthique

  Photo Pierre Challier Un scandale est parfois nécessaire pour qu’éclate au grand jour une vérité jusqu’alors tue, fût-elle bien connue d’un grand nombre d’acteurs, et que de salutaires changements s’opèrent, des réformes trop longtemps repoussées ne voient enfin le jour. Celui qui a touché le Centre du don des corps de l’Université Paris-Descartes en novembre 2019, lorsqu’un charnier a été découvert en son sein, est incontestablement de ceux-là. Pendant des années – l’instruction judiciaire déterminera depuis quand – les corps de défunts qui avaient choisi de leur vivant de se donner à la science ont été maltraités. Plusieurs documents, notamment photographiques, ont montré que cette maltraitance était devenue au fil des ans normalisée, voire institutionnalisée, au mépris de toutes les exigences éthiques et juridiques, au mépris, surtout, de la dignité que l’on se fait du corps humain et du respect que l’on doit à tout homme, y compris après sa mort. L’affaire a profondément choqué l

« L’oscillation au bord de l’abîme »

  En parler ou pas ? Pour la classe politique, de gauche à droite, pour la majorité présidentielle, pour les rédactions des médias nationaux ou régionaux, la question du traitement d’Eric Zemmour depuis qu’il grimpe dans les sondages d’intentions de vote à l’élection présidentielle constitue autant un casse-tête qu’un cas de conscience. En parler, c’est forcément alimenter la machine à polémiques et à clash, aux outrances et aux buzz sans limite savamment entretenue par le polémiste d’extrême droite, qui se complaît dans le confortable rôle du candidat pas encore déclaré ; et donc faire de lui l’épicentre de la campagne qui démarre. Ne pas en parler, c’est laisser se banaliser une kyrielle de contrevérités, d’approximations, de propos révisionnistes abjects, de mensonges et de provocations permanentes proférés par un bateleur habile, condamné pour incitation à la haine et qui, qu’on le veuille ou non, séduit une part de l’électorat français. Entre ces deux choix cornéliens – les mêmes

Pollution sans fin

Philippe Behra effectuant un prélèvement dans la cour d’école de Lastours, en avril 2019./Photo DDM P.C. La première étude scientifique indépendante sur la pollution en métaux et métalloïdes dans la vallée de l’Orbiel, qui vient de paraître, ne constitue, hélas, pas le premier signal d’alerte des conséquences de l’exploitation minière de la région de Salsigne, ni une surprise pour les connaisseurs du dossier ou les populations concernées qui se battent depuis des années pour davantage de transparence et d’informations. Mais elle représente, incontestablement, une terrible confirmation et le nouvel épisode d’une histoire sans fin qui mêle manquements des autorités, inquiétude des populations, enjeux de santé publique et de protection de l’environnement. Depuis l’arrêt en 2004 de l’exploitation de la mine de Salsigne – qui fut la principale mine d’or de France et la première mine d’arsenic du monde – des signaux d’alarme ont, en effet, été maintes fois tirés. En janvier 2006, notre journ

Nouveau monde

  Pendant les confinements de la crise du Covid-19, cette pandémie qui a mis l’économie mondiale à genoux comme jamais auparavant, nous nous sommes mis à rêver du jour d’après. Nous avons imaginé qu’allait advenir un monde nouveau qui corrigerait les excès de la mondialisation, mettrait au cœur de nos sociétés la solidarité dont nous avions fait preuve face au coronavirus, et déclencherait, sinon la décroissance illusoire, du moins une croissance raisonnée, verte et vertueuse, pour mieux lutter contre le réchauffement climatique et les inégalités sociales. Las ! Force est de constater que nous en sommes loin et que comme disait Antonio Gramsci, le penseur marxiste italien, « le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres »… Face à toute nouvelle avancée technologique, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un enthousiasme débridé, il convient bien sûr de prendre de la hauteur pour en mesurer les enjeux : « Le progrès de la vites

Comprendre pour protéger

  Le 9 janvier 2016, lors d’un hommage rendu aux victimes de l’attaque terroriste de l’Hyper Kacher, survenue un an auparavant, le Premier ministre Manuel Valls avait lâché avec l’aplomb dont il est coutumier : « Il ne peut y avoir aucune explication qui vaille. Car expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser. » Une petite phrase qui avait suscité un tollé auprès des chercheurs qui travaillent de longue date sur le terrorisme. Car évidemment, expliquer, ce n’est en rien excuser mais c’est chercher à comprendre quels sont les ressorts, les réseaux, les filières, les modalités, les moyens de radicalisation et leur évolution qui conduisent à des attentats. Et ce travail de décryptage permet justement de prévenir les attaques. « Connaître les causes d’une menace est la première condition pour s’en protéger », relevait d’ailleurs, à raison, un rapport du CNRS publié en mars 2016 (Recherches sur les radicalisations, les formes de violence qui en résultent et la manière dont les sociétés les

La fin d'un monde

Comment déclencher la prise de conscience des conséquences du réchauffement climatique ? Les rapports du Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, se succèdent depuis 20 ans, toujours plus alarmants… mais trop souvent encore ignorés ou minimisés par les décideurs et une bonne part de l’opinion publique. La jeunesse se mobilise depuis plusieurs mois, défilant au gré des Marches pour le climat, faisant de Greta Thunberg sa porte-parole… mais elle reste, là encore, insuffisamment écoutée. Presque 200 Etats se sont engagés en 2015 à Paris à réduire, entre autres, leurs émissions de CO2 pour empêcher une hausse globale de la température de la Terre, lors de l’historique Cop21 organisée par la France… mais la mise en œuvre concrète peine toujours à se mettre en place ou reste à tout le moins insuffisante. Les initiatives locales se multiplient pour mobiliser les bonnes volontés autant que les solutions innovantes pour l’indispensable transition écologique – le

Tournants

La fin de la gratuité des tests de dépistage du coronavirus sans prescription médicale constitue un tournant dans l’épidémie de Covid-19 en France. Depuis mars 2020, en effet, les tests naso-pharyngés et leurs angoissants écouvillons étaient devenus le symbole de l’épidémie et de toutes les étapes de la crise sanitaire, de la pénurie mondiale de réactifs pour les réaliser à l’imbroglio bureaucratique pour autoriser les laboratoires vétérinaires à participer à l’effort de guerre des campagnes de dépistage ; des couacs dans l’organisation des tests salivaires à l’école aux difficultés de mettre en œuvre la contraignante stratégie tester-tracer-isoler… Après des débuts poussifs, au fil des mois, la France est pourtant devenue l’un des pays les mieux organisés, celui où l’on a le plus testé et surtout l’un de ceux qui ont toujours rendu gratuits les tests, pour ses citoyens et même pour ses visiteurs. Les Français se sont ainsi familiarisés avec les tests, lorsqu’ils avaient des symptômes,

Question de souveraineté

  La crise sanitaire mondiale de l’épidémie de Covid, on le sait, a bouleversé bien des certitudes et dans de nombreux domaines, plus rien ne sera comme avant. C’est particulièrement vrai dans le domaine de la santé. On se souvient qu’au début de l’épidémie, on s’est aperçu que la quasi-totalité des masques chirurgicaux étaient produits à l’étranger, hors d’Europe, en Chine principalement. Idem pour des médicaments aussi basiques que le doliprane. La mondialisation était passée par là sans que l’on ne s’en rende compte et pour des raisons de coût de production et donc aussi de rentabilité financière, les stocks ont disparu au profit d’un fonctionnement par flux. Un système qui fonctionnait plutôt bien mais il a suffi d’un grain de sable – en l’occurrence un coronavirus – pour que la belle mécanique se grippe et que l’on mesure l’importance d’être maître de sa production. Il s’agit là d’une question de souveraineté industrielle et médicale, à laquelle les citoyens sont d’autant plus sen

Les radars et le plateau

 Depuis l’arrivée en 2003 des premiers radars automatiques de contrôle de la vitesse sur les routes françaises, le sujet est toujours aussi explosif, toujours aussi clivant et sujet à toutes les polémiques. Chaque fois que les cabines ont été modernisées et améliorées pour mesurer les excès de vitesse – des radars tronçons aux radars feux rouges en passant par les radars chantiers et les dernières tourelles ultra-perfectionnées – le débat sur le bien-fondé des radars ressurgit de plus belle. L’extension à tout le territoire des voitures-radars privées, dévoilée jeudi soir, ne va pas échapper à la règle, d’autant plus que ces radars mobiles de nouvelle génération fonctionnant 6 heures par jour week-end compris n’ont plus besoin d’un flash pour épingler dans le flux de la circulation les automobilistes pressés… Procédé utile pour renforcer la sécurité routière et faire baisser la mortalité dont la vitesse reste l’un des facteurs prépondérants, diront les uns ; pernicieux et implacable sy

Réalité et ressenti

  Les bons chiffres économiques s’enchaînent depuis quelques jours. Taux de chômage bientôt au niveau inespéré de 2008, prévision de croissance la plus forte de tous les pays européens, reprise économique de nombreux secteurs au fur et à mesure de l’allègement des restrictions anti-Covid : les voyants sont au vert et laissent espérer que l’onde de choc de l’épidémie de Covid-19 sur l’économie française commence enfin à s’éloigner. Certes, il reste encore beaucoup d’inconnues pour que ce qui ne sont, pour l’heure, que des prévisions ou des frémissements se confirment. En raison des perturbations de production et de logistique en Asie, des pénuries touchent toujours de nombreux secteurs (BTP, automobile, électronique mais aussi jouets, vêtements ou chaussures, agro-alimentaire), reposant la question de la relocalisation et de la souveraineté industrielle. Le niveau de notre dette, conséquence du salvateur « quoi qu’il en coûte », atteint des sommets jamais vus, et la perspective du retou

De l'électricité dans l'air

  En laissant entendre qu’il allait se prononcer en faveur des Small Modular Reactor (SMR), ces petits réacteurs modulaires nouvelle génération qui viendraient en appoint dans les centrales classiques, mais aussi qu’il allait prendre une décision sur la construction de futurs EPR, les centrales de 3e génération, sans attendre la mise en service de l’EPR de Flamanville – dont les délais et les coûts ont explosé – Emmanuel Macron rouvre de façon fracassante le débat sur le nucléaire en France et en fait l’un des thèmes majeurs de la prochaine campagne présidentielle. Car autour de ce dossier gravitent de multiples sujets, aussi clivants qu’importants pour notre pays : la science, la souveraineté industrielle et énergétique, le pouvoir d’achat, l’environnement... La science car le futur du nucléaire, dont la très attendue fusion, se dessine dans une course mondiale où la France, pionnière du nucléaire civil et puissance dotée de l’arme nucléaire, ne peut pas se permettre de laisser passer

En pleine lumière

  Le hasard aura voulu que l’affaire OneLab dans le Lot – du nom de ce projet d’achat d’un vaste domaine du XVIIIe siècle par le mouvement complotiste One Nation – soit révélée le jour même où Emmanuel Macron installe la commission « Les Lumières à l’ère numérique ». Présidée par le sociologue Gérald Bronner, auteur de l’« Apocalypse cognitive » (PUF), celle-ci sera chargée de faire d’ici fin décembre des propositions face à la désinformation dans le débat public et à l’emprise des théories complotistes qu’on a vu se déployer à grande vitesse depuis le début de l’épidémie de Covid, dans les groupes antivax ou lors des manifestations anti-pass sanitaire, tant sur les réseaux sociaux que dans la rue. Trois mois pour imaginer une riposte et ramener de la rationalité paraît bien peu tant le phénomène complotiste a pris de l’ampleur et s’enchevêtre avec toute une galaxie où se mêlent le bien-être et des mouvements spirituels voire sectaires dont certains exercent emprise et contrainte. La n