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Cohérence et cohésion

Les nouvelles mesures restrictives annoncées hier par le Premier ministre Jean Castex pour freiner la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19, semblaient inéluctables. Inéluctables compte tenu des chiffres de contaminations pour 100 000 habitants qui ont dépassé la ligne rouge dans plusieurs régions, y compris dans certaines zones rurales et pas seulement dans les grandes métropoles dont neuf seulement étaient jusqu’à hier soumises à couvre-feu. Inéluctables parce que le nombre d’hospitalisations et le taux d’occupation de lits de réanimation ont augmenté ces derniers jours de façon alarmante. Inéluctables enfin parce que le pays ne peut pas se permettre un nouveau confinement, comme viennent de le décréter les Irlandais. Le gouvernement comme les Français n’ont pas envie de revivre des semaines éprouvantes d’assignation à domicile dont l’impact psychologique et les conséquences socio-économiques ont été ravageurs pour le pays.Dès lors, les couvre-feux, ces confinements nocturnes, se…
Articles récents

Un héros de la liberté

L’hommage de la Nation à Samuel Paty, le professeur décapité par un terroriste islamiste de 18 ans, hier à la Sorbonne, temple républicain de la connaissance, était évidemment nécessaire. Nécessaire comme l’ont été les nombreux rassemblements de soutien dimanche après-midi partout en France. Les discours et les bougies – pour reprendre les mots de certains à droite qui n’ont pas voulu participer à ces manifestations – ne sauraient être évidemment suffisants en réponse à la barbarie et à l’obscurantisme, mais il est des moments où le symbole n’est pas vain, où l’on doit faire corps, faire bloc, pour défendre les valeurs de la République et apporter aux enseignants toute la considération qu’ils méritent de la part de la Nation. Ainsi, à travers l’hommage à Samuel Paty, enseignant passionné par son métier et l’envie de transmettre à ses élèves les clés pour devenir les citoyens libres et éclairés de demain, c’est tous les enseignants qui étaient hier honorés et réconfortés. En saluant la…

Papy et mamie

Papy et mamie. Ces doux noms qui emportent toute la tendresse des enfants et la bienveillance de leurs parents à l’égard des grands-pères et grands-mères ont subitement déclenché la colère de ces derniers quand le nouveau Premier ministre les a utilisés pendant l’été pour s’adresser à eux. Pour Jean Castex, papy et mamie devaient renoncer à aller chercher leurs petits-enfants à l’école en raison des risques qu’ils couraient face à l’épidémie du coronavirus. Peut-être Jean Castex a-t-il des grands-parents l’image de ces anciens que l’on voit parfois dans les villages, voûtés sur leur canne et le béret vissé sur la tête. Une image d’Epinal en somme bien éloignée de la réalité, comme le lui a vertement rappelé sur le plateau de France 2 Armelle Le Bigot Macaux, présidente de l’École des Grands-Parents Européens. En voulant infantiliser les seniors – sans mauvaise intention évidemment – le Premier ministre s’était retrouvé comme un petit garçon devant la dynamique septuagénaire en colère……

Une France debout

Parce que chacun d’entre nous a rencontré au cours de sa scolarité un instituteur, une institutrice, un professeur, à l’école, au collège, au lycée ou à l’université dont la bienveillance, les encouragements, les connaissances, la passion de transmettre nous ont marqués à vie et ont fait ce qu’aujourd’hui nous sommes devenus… nous étions là.Parce que nous sommes pères ou mères, fils ou filles, frères ou sœurs, amis ou époux d’un enseignant et que nous connaissons toute la beauté de ce métier, les difficultés qu’il y a à l’exercer, l’ingratitude qu’il fait parfois endurer… nous étions là.Parce que nous sommes convaincus que l’école laïque et publique reste la matrice de la République, le creuset dans lequel se forment les citoyens éclairés de demain, des hommes libres qui s’en remettent à la raison plutôt qu’aux dogmes… nous étions là.Parce qu’après la liberté d’expression, la liberté de croyance, la liberté de se divertir et de s’amuser, c’est la liberté d’enseigner, la liberté de pen…

Liberté ! Laïcité !

Au lendemain de l’attaque terroriste qui a coûté la vie à un professeur d’histoire-géographie de Conflans-Sainte-Honorine, la France s’est réveillée hier avec cette terrible sensation qui l’a trop souvent étreinte ces dernières années. L’effroi devant la barbarie islamiste, le sentiment d’impuissance face à l’hydre terroriste, la tristesse infinie pour les victimes qui pourraient être nos proches, mais aussi l’envie de se battre, de ne pas baisser les bras ni plier le genou, de ne pas se diviser, de "faire bloc" comme l’a demandé, à raison, le président Macron, invitant les Français à l’unité.En janvier 2015, ils se sont attaqués à la liberté d’expression en décimant la rédaction de Charlie Hebdo, qui avait publié des caricatures du prophète Mahomet. Les Français ont fait bloc et sont descendus en masse dans la rue, et avec eux des chefs d’Etat du monde entier, pour affirmer leur attachement indéfectible à la liberté de la presse, à la liberté d’expression et crier "Je …

Bis repetita

Comme un sentiment de déjà-vu, de recommencement. En regardant hier après-midi le Premier ministre Jean Castex et quatre de ses ministres tenir la conférence de presse explicitant la décision annoncée la veille par le président de la République de mettre en place des couvre-feux dans neuf métropoles, chacun s’est comme retrouvé quelques mois auparavant, lorsqu’Edouard Philippe s’appliquait au même exercice de « service après-vente ». Dans les deux cas, il s’agissait d’assurer aux Français qu’ils pouvaient avoir confiance, que la situation épidémique était sous contrôle, que le gouvernement était tout entier mobilisé pour conjurer la propagation de l’épidémie de Covid-19, pour donner de nouveaux moyens aux soignants, pour soutenir salariés et entrepreneurs en souffrance et pour préparer un « monde d’après », qui – à portée de main pourvu que chacun soit responsable – serait forcément celui des « jours heureux »… Bis repetita. La deuxième vague de l’épidémie semble appeler quasiment les…

Les limites de l’acceptabilité

Il y a sept mois, lors de son allocution solennelle annonçant le confinement du pays, Emmanuel Macron avait estimé fort justement qu’avec l’épidémie de Covid-19 "beaucoup de certitudes, de convictions [allaient être] balayées, remises en cause". De fait, le coronavirus est devenu pour le Président une épreuve au long cours, un défi complexe et mouvant d’une ampleur qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait eue à affronter. Même la réponse à apporter aux attentats de 2015, terribles pour notre pays, paraissait plus maîtrisable.


Avec ce virus, Emmanuel Macron, qui se targuait d’être maître des horloges, a dû faire son aggiornamento. Là où le mouvement social inédit des Gilets jaunes avait échoué à le faire dévier de sa trajectoire libérale réformiste, l’épidémie l’a contraint à revoir son positionnement politique en inversant le mantra du quinquennat : Emmanuel Macron a ainsi dû passer du "libérer, protéger" à un social-déomocrate "protéger, libérer". Le besoin …

Clarté

On ne pourra pas ôter à Jean Castex une qualité – qui joue parfois des tours en politique –, celle de la franchise. De la même façon qu’il avait spontanément et presque naïvement expliqué qu’il n’avait pas téléchargé l’application StopCovid dont son propre gouvernement vantait les mérites auprès des Français – hélas sans succès puisqu’elle va être remplacée dans dix jours – le Premier ministre n’a pas tergiversé et a admis hier sans ambages que « nous sommes dans une deuxième vague forte. » Si l’analyse est contestée par certains experts qui dénoncent une dramatisation excessive de la part de l’exécutif, mais confortée par d’autres qui voient les services hospitaliers se remplir dangereusement à grande vitesse, elle a le mérite de la clarté.Une clarté qui reste à décliner en revanche pour les nouvelles mesures sanitaires en vigueur dans les « zones d’alerte maximale », qui ont accueilli hier les deux métropoles d’Occitanie, Toulouse et Montpellier. C’est peu dire qu’après un confineme…

Cas d'école

En abordant l’école dans son discours sur la lutte contre les séparatismes – intitulé "La République en actes" – Emmanuel Macron a assumé d’aller sur un terrain toujours sensible pour les gouvernements et les présidents tant chaque citoyen a de l’école une conception presque intime. "J’ai pris une décision, sans doute, et je la mesure, […] l’une des plus radicales depuis les lois de 1882 et celles assurant la mixité scolaire entre garçons et filles en 1969", a assuré le Président en annonçant un bouleversement : l’école obligatoire – et non l’instruction, différence de taille – dès 3 ans, et en corollaire la fin programmée de l’école à domicile telle que nous la connaissions.En appeler à l’universalisme de l’école républicaine permet, d’évidence, d’anesthésier ceux qui voudraient trop critiquer l’entièreté du discours sur les séparatismes. En effet, qui peut s’opposer, à gauche comme à droite, à la scolarisation des enfants dès le plus jeune âge dans l’école de la …

Comment se réinventer

L’image avait tantôt fait sourire et parfois s’indigner : mi-février de cette année, pour sauver la saison de la petite station de Luchon-SuperBagnères, le Conseil départemental de Haute-Garonne avait fait livrer par hélicoptère 50 tonnes de neige. L’affaire était devenue politique, la ministre de la Transition écologique de l’époque, Elisabeth Borne, estimant qu’"enneiger une station de ski" de la sorte, "ce n’est pas une voie possible".Assumée par le Département, cette opération exceptionnelle n’était pourtant pas une première. Montclar-les-2-Vallées, une station des Alpes-de-Haute-Provence, avait procédé de même deux mois auparavant et Gérardmer, dans les Vosges, s’était fait livrer de la neige par camion. Ces épisodes semblant opposer écologie et économie locale montrent combien le défi est grand pour les stations de ski pour faire face au réchauffement climatique qui, inéluctablement, ne cesse de réduire le domaine skiable français.Dans les 10, 20 ou 30 procha…

Profiteurs de malheur

À chaque malheur, ses profiteurs. L’épidémie de coronavirus n’échappe évidemment pas à cette règle vieille comme le monde. L’inquiétude légitime des Français pour leur santé et celle de leurs proches, les mystères qui entourent encore la compréhension de ce virus SARS-CoV-2 apparu il y a moins d’un an, la difficulté à obtenir, sinon un vaccin, du moins des traitements efficaces, la défiance qui s’est installée entre l’opinion et le monde médical, mais aussi entre les citoyens et leurs gouvernants contraints de prendre des mesures restreignant les libertés souvent mal expliquées : tout cela constitue un terreau sur lequel les complotistes de tout poil et les gourous marchands de guérison miraculeuse prospèrent allègrement.Les quelque 70 signalements reçus pendant le confinement par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) montrent bien que l’épidémie de Covid-19 est devenue le théâtre d’oiseaux de mauvais augure qui trompent des Fr…

Tenir le choc

À la crise sanitaire du coronavirus succède cet automne la crise socio-économique tant redoutée. Depuis le confinement, nous nous étions bien sûr préparés à ce choc. En mars dernier déjà, le Premier ministre Edouard Philippe parlait de "risque d’écroulement" économique quand le ministre de l’Economie Bruno Le Maire évoquait la perspective de "la pire récession depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale."Et pourtant, les annonces de plans sociaux qui s’enchaînent depuis quelques semaines – actuellement on en compte près de 450 partout en France – nous saisissent tous d’effroi, parce que derrière les chiffres bruts, ce sont bien sûr des familles qui basculent du jour au lendemain dans l’angoisse de l’avenir, ce sont des entreprises qui, solides hier, se retrouvent au bord de la faillite aujourd’hui, ce sont des territoires qui voient leur tissu économique se déliter. Plus de 65 000 emplois sont en passe d’être supprimés, selon un rapport de la Direction de l’Animati…