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Garder l'espoir

  Photo DDM, Marie-Pierre Volle Cinq mois déjà. Cinq mois de mystère. Cinq mois de questions, d’angoisse qui étreignent les proches de Delphine Jubillar, l’infirmière de Cagnac-les-Mines, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre dernier et dont on est depuis sans nouvelles. Disparition volontaire ? Mauvaise rencontre ? Qu’est devenue cette jeune mère de famille ? Que lui est-il arrivé ? Quelle vérité se cache derrière cette affaire ? Autant de questions qui mobilisent les enquêteurs et inquiètent la famille et les proches de la jeune femme qui la décrivent, aujourd’hui dans nos colonnes, comme une maman dévouée et dynamique, une amie joyeuse et pleine de vie. Une amie qu’on n’entend surtout pas oublier.  Ainsi cinq mois après, la solidarité se manifestera une nouvelle fois ce dimanche avec une battue citoyenne autour du lac de Cagnac-les-Mines. Arpenter des lieux où Delphine aurait pu passer, rechercher le moindre indice, l’infime anomalie qui pourrait ouvrir une nouvelle piste. Ne r
Articles récents

L'arme à l'oeil

  Le drame que vivent depuis mardi les Cévennes, les habitants des Plantiers et des villages paisibles alentour a quelque chose d’irréel. Cette vaste chasse à l’homme, cette traque de celui qui a abattu froidement son patron et un employé d’une scierie avant de prendre la fuite dans la nature, apparemment surarmé, fait, en effet, davantage penser à ces faits divers américains que suivent en temps réel des chaînes de télévision spécialisées, ou à certains films d’action à la Rambo, qu’aux affaires qui surviennent en France ou en Europe. La différence tient peut-être au rapport de la société à la violence ; elle tient aussi à la façon dont les armes circulent au sein de nos sociétés. Aux Etats-Unis, le port d’armes est garanti par le 2e amendement de la Constitution et soutenu par un puissant lobby, la NRA. Et les contrôles, variables d’un Etat à l’autre, restent à l’évidence insuffisants pour empêcher les fusillades qui, trop régulièrement, endeuillent des centaines de familles chaque a

Evasion

  C’est peu dire que nous aurions aimé profiter de ce long week-end de pont de l’Ascension sous le soleil, se retrouver en famille ou entre amis pour un bon repas dans le jardin, peut-être autour d’un premier barbecue ; avant de préparer la réouverture tant attendue, mercredi 19 mai prochain, des cafés et restaurants qui disposent de terrasses. La météo maussade qui s’annonce pour les jours à venir va en décider autrement avec des températures basses et des averses à foison. Mais ce mauvais temps ne devrait cette fois pas entamer l’enthousiasme des Français. Car après une année de restrictions sanitaires, entre couvre-feux et confinements, la « libération » est à portée de main, renforcée de plus par la vaccination qui ouvre de nouvelles perspectives. Les Français ont plus que jamais envie d’évasion, d’horizons lointains ou nouveaux, de changer d’air, de s’ouvrir l’esprit, de souffler et ce n’est pas la météo qui va les en empêcher. Pour ce week-end comme pour l’été à venir qui, lui, s

Vaccination pour tous

  En se fixant l’objectif d’atteindre 20 millions de Français ayant reçu une 1ère injection de vaccin anti-Covid mi-mai puis 30 millions mi-juin, l’exécutif s’est mécaniquement imposé une pression importante sur sa campagne vaccinale qui, depuis son lancement en début d’année, a essuyé, comme ailleurs en Europe, de nombreuses difficultés. Entre la polémique sur les effets secondaires des vaccins à vecteur viral AstraZeneca et dans une moindre mesure Janssen – qui ont suscité une défiance dans l’opinion – les livraisons de doses, le manque de créneaux dans certains centres, la campagne de vaccination française est éminemment complexe là où les variants du coronavirus nous obligent à aller vite. Mais elle avance, notamment avec l’ajustement du calendrier et l’élargissement à de nouveaux publics en attendant la date du 15 juin pour la vaccination généralisée. Et lorsque l’on regarde nos voisins européens, il n’y a pas à rougir. Plutôt que le chiffre de 20 millions qui sera atteint dans qu

Derrière les records

  Pas une année ne passe sans que la presse quotidienne régionale, et donc La Dépêche, ne publie dans ses pages les exploits de pêcheurs qui se sont mesurés au "monstre" de nos rivières que constitue aujourd’hui le silure. Au terme d’un combat homérique à la Moby Dick, les pêcheurs exposent devant les objectifs des photographes ou dans des vidéos à succès postées sur internet ces impressionnants poissons qui atteignent désormais 2,80 mètres de long selon le dernier record du monde enregistré en mars dernier en Italie, dans le Pô. Mentionné dans l’histoire naturelle de Buffon éditée au XVIIIe siècle, le silure a vu son territoire s’agrandir notamment via des réintroductions par l’homme pour la pisciculture et la pêche. À la fin du XIXe siècle, il s’établit dans les fleuves d’Europe de l’Est avant d’arriver en France, colonisant la Saône dans les années 60 puis les bassins de la Seine, de la Loire et enfin de la Garonne dans les années 80. Le silure, à la tête démesurée, petits

Retrouvailles

  « Ce virus n’aime pas l’art de vivre à la française », avait résumé fin avril 2020 Emmanuel Macron en recevant en visioconférence depuis l’Elysée de grands chefs étoilés et les représentants d’un secteur de la restauration contraint à fermer ses établissements pour endiguer la première vague de l’épidémie de Covid-19. Un an plus tard, après avoir essuyé des couvre-feux et deux confinements, les bars et restaurants se préparent à la réouverture du 19 mai, en terrasses. Réouverture forcément complexe à mettre en œuvre entre la création et l’agrandissement d’espaces extérieurs, le réapprovisionnement des stocks, la cohésion à retrouver entre des salariés qui ne se sont parfois pas vus depuis des mois – certains qui ont quitté le métier doivent être remplacés non sans difficulté – et le respect du protocole sanitaire. Avec la crainte aussi que cette réouverture, comme à l’été 2020, ne dure qu’un temps avant une nouvelle vague et de nouvelles obligations de fermeture… Si l’heure est à la

Contre la montre

  Que ce soit pour honorer l’engagement – éminemment politique et personnel – d’atteindre mi-mai, soit dans moins de dix jours – 20 millions de Français ayant reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19. Que ce soit pour répondre aux demandes venant de plus en plus de Français hors critères désireux de se faire vacciner, dont certains font la queue devant les centres de vaccination en quête de doses non-utilisées en fin de journée. Que ce soit, enfin, pour atteindre le plus vite possible cette immunité collective, véritable sésame pour un retour à la vie d’avant, dont le taux est sans cesse repoussé par la virulence des variants – on parle désormais de la nécessité d’avoir 80 % de la population vaccinée. Peu importe finalement la raison pour laquelle Emmanuel Macron a décidé, hier, d’accélérer une nouvelle fois le calendrier de la vaccination française en l’ouvrant aux mineurs à risques de 16 et 17 ans, puis dès lundi aux Français de plus de 50 ans et enfin dès mercredi à tout

Positive attitude

  C’est un court film de 59 secondes, aux allures de clip publicitaire pour compagnies aériennes ou offices de tourisme de pays ensoleillés. On y voit des Français rouvrir portes et fenêtres et retrouver le plaisir d’être ensemble, à la terrasse d’un restaurant, dans un cinéma, un musée, une salle de sport, un concert ou un stade. En surimpression, les dates des 3 et 19 mai, des 9 et 30 juin. Ce petit film décline en fait « l’agenda des réouvertures » tel que défini par Emmanuel Macron dans son interview à La Dépêche et à la presse régionale la semaine dernière. Le chef de l’Etat l’a posté sur ses comptes de réseaux sociaux dimanche, commenté simplement d’un « Nous retrouver ». Le clip a été vu sur Twitter plus de 2,7 millions de fois… mais cette communication a fait grincer quelques dents, notamment chez les soignants qui luttent toujours dans des hôpitaux sous pression contre l’épidémie de Covid-19. Une épidémie à un niveau toujours plus élevé que chez nos voisins européens et qui fa

La poutre travaille...

  "La poutre travaille encore, laissons-la travailler. Laisser travailler la poutre, c’est bien souvent le moyen de ne pas l’avoir dans l’œil." La métaphore un rien obscure qu’avait utilisée Edouard Philippe le 18 novembre 2017 devant les cadres de La République en Marche pour évoquer la recomposition du paysage politique "loin d’être achevée" cinq mois après l’élection à l’Elysée d’Emmanuel Macron, semble être toujours d’actualité. Alors que certains pensaient que le big bang dégagiste du Nouveau monde était derrière eux, crise du Covid oblige, force est de constater qu’à un an de la présidentielle, il n’a jamais été autant d’actualité et que la "poutre" continue bel et bien de travailler, au détriment de la droite. Le retrait de la liste LREM aux régionales en Région Sud au profit du LR Renaud Muselier, annoncé par Jean Castex lui-même – donc avec l’onction de l’Elysée – est assurément un sacré coup de Jarnac du Président, passé maître dans l’art de la t

Solidarité

  C’est une petite musique que l’on entend depuis quelque temps maintenant. Dans la sortie de la crise sanitaire, qui a durement éprouvé les Français et particulièrement la jeunesse, il faudrait mettre davantage à contribution les retraités. Ces seniors dont le niveau de vie moyen serait très – trop ? – confortable par rapport au reste de la population active ; ces aînés pour la santé desquels le pays s’est confiné trois fois ; ces vieux qui profiteraient de leur retraite pour passer des mois sous le soleil en voyage ou dans leur résidence secondaire ; ces personnes âgées pour lesquelles on aurait finalement sacrifié les jeunes. Ces thèses, qui agitent les réseaux sociaux, se sont retrouvées dans la tribune que le philosophe libéral Gaspard Koenig a signée dans Les Echos le 20 janvier. "Vies prolongées contre vies gâchées : le vrai dilemme de la lutte anti-Covid", écrivait l’ancienne plume de Christine Lagarde. "Années gagnées sur la mort contre années perdues pour la vi

Dans les pas de Roosevelt

Lorsqu’il s’est installé dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 20 janvier dernier, Joe Biden a pris soin de refaire la décoration laissée par son prédécesseur Donald Trump. Face à son célèbre bureau, le nouveau président démocrate a installé un grand portrait de Franklin D. Roosevelt, le président qui sortit les Etats-Unis de la grande dépression avec son New Deal. Joe Biden s’est-il inspiré de Roosevelt pour conduire ses cent premiers jours à la tête du pays ? S’est-il rappelé le discours d’investiture de Roosevelt le 4 mars 1933 – « la seule chose dont nous devons avoir peur, c’est la peur elle-même » – ou cette anecdote lorsqu’après son élection, un visiteur lui fit remarquer « Monsieur le Président, si votre programme réussit, vous serez le plus grand président de l’histoire américaine. Si cela échoue, vous serez le pire », s’attirant pour toute réponse un « Si ça échoue, je serai le dernier… » En tout cas depuis cent jours, Joe Biden – qui devait prononcer hier son premier

Rééquilibrage

Photo DDM, Jean-Marie Lamboley C’est une sorte de décentralisation qu’est en train de vivre la France, un rééquilibrage entre ses territoires urbains et ruraux, longtemps réclamé par les élus et les habitants de la province face à la toute-puissance décisionnaire parisienne, presque la possible revanche des Girondins sur les Jacobins que permet finalement l’épidémie de Covid-19. Depuis un an, en effet, les restrictions nombreuses mises en place pour endiguer l’épidémie, et notamment les confinements qui ont assigné les Français à domicile, ont permis de jeter un regard neuf sur l’aménagement du territoire et les limites de la métropolisation qui était à l’œuvre depuis plusieurs années. Confinés pour nombre d’entre eux dans des appartements trop petits, de plus en plus de Français ont commencé à s’interroger sur la pertinence de rester dans des grandes villes privées de leurs atouts, notamment en termes d’offres culturelles. L’émergence du télétravail qui permet de travailler de n’impor

Bis repetita

  A force d’invoquer «Un jour sans fin», le film où le héros revit sans cesse la même journée, on en vient à avoir le sentiment de revivre –  à l’heure où l’on s’apprête à sortir progressivement du 3e confinement – les mêmes séquences que lors du premier déconfinement... Lorsqu’Emmanuel Macron avait, en effet, annoncé la réouverture des écoles pour le 11 mai 2020, s’affranchissant de l’avis des scientifiques, un vent d’incompréhension avait traversé le pays, inquiétant les parents, les enseignants et les élus locaux.  Les enfants, qu’on croyait alors particulièrement contaminants, devaient-ils se retrouver ensemble ? Comment les enseignants allaient pouvoir faire classe avec une partie de leurs élèves à l’école et l’autre à la maison ? Et comment respecter un protocole sanitaire complexe à mettre en œuvre ? L’argument du décrochage de certains élèves pendant le confinement – bien réel pour 500000 d’ente eux –, invoqué par le ministre Jean-Michel Blanquer, n’était d’ailleurs pas passé e

La fin de l’omerta

  L’affaire du violeur de Sorèze qui vient d’être jugée à Albi et s’est terminée par la condamnation de l’accusé à 12 ans de prison n’a pas eu le retentissement qu’espéraient les victimes, dont nous avons recueilli les témoignages poignants. "Nous avons le sentiment que cette affaire n’intéresse personne", nous disent-elles. Et pourtant, cette affaire est importante car elle raconte comment peut s’installer pendant des années, dans l’entre-soi d’un village, une omerta, un silence de plomb nourri par la honte, la peur ou l’ignorance, le qu’en-dira-t-on et le pas de vague,… Combien de villages ont-ils vécu de semblables affaires, longtemps étouffées, et qui n’ont été révélées parfois que trop tardivement pour que la justice s’en saisisse ? Combien de victimes attendent toujours que soient reconnues leurs souffrances ? Combien d’affaires – qui ne concernent pas des célébrités et ne sont donc pas sous les projecteurs – attendent de trouver une issue ? Heureusement les temps chang

Souveraineté

  La pièce que l’on retrouve sous son oreiller apportée par la petite souris lorsqu’enfant l’on vient de perdre une dent, le petit billet glissé par sa mamie ou son papy qui viendra compléter l’argent de poche parental, les pièces rouges qui traînent au fond du porte-monnaie et qui grossiront les collectes des "pièces jaunes", ou encore ces billets en euros que l’on change hors d’Europe dans d’autres monnaies que l’on conservera au retour, pour, qui sait, commercer une collection de numismate. Pas étonnant qu’une majorité de Français soit attachée à la monnaie, pièces et billets, tant elle convoque de souvenirs forcément sonnants et trébuchants. Même le chéquier, cet ancêtre de l’assignat, boudé chez nos voisins, reste toujours très employé en France. Cet attachement au liquide n’empêche nullement d’utiliser les autres modes de paiements bien au contraire : la carte bancaire d’abord – dont on doit l’invention de la puce au Français Roland Moréno en 1974 – mais aussi les appli

Le cap et l'horizon

C’est un terrible cap qui a été dépassé hier par la France, longtemps redouté avant qu’il ne devienne inéluctable : celui des 100 000 morts du Covid-19. Notre pays devient ainsi le huitième au monde, le quatrième d’Europe à franchir ce seuil symbolique qui illustre toute la tragédie de l’épidémie et nous oblige, tous collectivement. Car derrière la litanie et la froideur anonyme des chiffres des décès – mais aussi des contaminations, des hospitalisations et des réanimations – égrenés chaque soir par Santé publique France par communiqué ou par le gouvernement lors de ses conférences de presse du jeudi, se trouvent des maris et des épouses, des frères et des sœurs, des amis et des collègues qui ont été foudroyés par le coronavirus. Emportés parfois en quelques jours, parfois en quelques semaines loin des leurs, laissant derrière eux un vide d’autant plus immense que les derniers adieux et les rites funéraires, qui permettent le travail de deuil, n’ont pu être faits. Comme aux Etats-Unis

Télé ou réalité ?

  L’anecdote est sans doute arrivée à tous les présidents de tribunal de France. Appelé à la barre, un témoin s’adresse à eux en leur donnant du "Votre honneur", la formule, incongrue ici, mais qui est la règle devant les tribunaux américains. On y verra le poids des films ou séries télé qui mettent en scène habilement des procès de fiction ou celui de l’actualité puisqu’outre-Atlantique les procès filmés en direct sont la règle, de celui d’OJ Simpson qui a battu des records d’audience à celui qui se déroule en ce moment de Derek Chauvin, le policier accusé d’avoir tué George Floyd à Minneapolis. Filmer des procès en France, comme le propose la réforme de la justice présentée hier en Conseil des ministres par le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti participera-t-il à faire de la pédagogie auprès de Français qui connaissent mal leur justice ? Voire. Jusqu’à présent, seuls de grands procès étaient filmés : celui du tortionnaire de Jean Moulin Klaus Barbie, celui de l’explosion

Les clics anti-Covid

  "Ne jamais jeter de dose, c’est la règle de base", martelait le 25 mars le ministre de la Santé Olivier Véran, rajoutant "je ne crois pas que nulle part en France qui que ce soit jette des vaccins". Et pourtant, des images de doses restantes non utilisées – notamment du mal-aimé AstraZeneca –, diffusées sur les réseaux sociaux par des personnels soignants révoltés, sont venues contredire le ministre. La campagne de vaccination française, critiquée pour sa lenteur notamment due aux livraisons chaotique des doses, peut-elle se satisfaire d’un tel gâchis alors que le pays affronte une troisième vague de Covid-19, que le vaccin reste la principale clé de sortie de la crise sanitaire et que l’Etat craint par ailleurs que 25 à 30 % des doses soient perdues en raison des contraintes logistiques ? Évidemment non. Mais face à ce problème majeur, la solution n’est pas venue de l’Etat mais des Français avec d’un côté le système D et de l’autre des initiatives numériques pour

Essentiel

  C’est une souffrance. Une autre souffrance que celle des patients atteints de la Covid-19. Une souffrance vécue quasiment en silence mais qui commence à devenir de plus en plus audible car de plus en plus insupportable. Cette souffrance, c’est celle des patients non-Covid qui doivent prendre leur mal en patience. Faute de disposer de lits en nombre suffisant pour accueillir tous les cas Covid et notamment ceux qui doivent aller en service de réanimation, de nombreux hôpitaux ont été contraints d’organiser la déprogrammation des autres opérations. Les témoignages se multiplient ainsi entre ces patients qui attendent qui une reconstruction mammaire après un cancer, qui une opération pour une prothèse de hanche ou encore une greffe de rein. Des retards qui peuvent potentiellement aggraver l’état de santé de certains d’entre eux, et portent forcément un coup au moral. Comme il y eut des commerces non-essentiels, y aurait-il des patients non-essentiels ? « La déprogrammation, c’est un tri

Rêve et réalité

  Lors de sa dernière allocution aux Français, Emmanuel Maron avait souligné combien l’épidémie de Covid-19 suscitait de lassitude, de fatigue, d’énervement et d’emportement. Toutes choses promptes à allumer des polémiques qui se transforment en feu de brousse. Dernier exemple en date avec les propos de la maire de Poitiers qui justifiait la suppression de 8 000 € de subventions à deux aéroclubs de sa ville, non pas sur l’autel d’économies qu’il aurait absolument fallu faire sur le budget de la ville, mais parce que l’édile estimait que la municipalité n’avait pas à soutenir un sport mécanique polluant. Et d’ajouter "l’aérien, c’est triste, mais ne doit plus faire partie des rêves d’enfant aujourd’hui", oubliant qu’avec une telle décision punitive elle réservait le "rêve" aux enfants des plus riches... Un beau tollé s’en suivit, une énième polémique impliquant un maire Europe-Ecologie les Verts élu avec la vague écolo de septembre dernier. À Bordeaux (le sapin de No

(Eco)sytèmes

  Les images de la forêt de Perles-et-Castelet ravagée, victime d’une mystérieuse coupe rase sauvage, font froid dans le dos et mal au cœur pour ces petits propriétaires privés qui, aujourd’hui, se battent pour connaître la vérité et être reconnus comme les victimes d’un potentiel odieux trafic. Un trafic qui illustre aussi combien le bois est devenu l’objet d’enjeux économiques colossaux et mondiaux au détriment parfois de la préservation de la biodiversité et de la lutte contre le réchauffement climatique, les forêts restant l’un des meilleurs absorbeurs de CO2. Au-delà de l’affaire ariégeoise, qui doit appeler une réponse ferme de la part des autorités, on voit que la forêt est aujourd’hui sous tension. La forêt française est certes en croissance puisqu’elle est passée de 14,1 millions d’hectares en 1985 à quelque 17 millions aujourd’hui, mais cette croissance ne signifie pas pour autant qu’elle est en pleine forme. Au contraire, elle reste très fragile, ébranlée par la multiplicati

Le bac quand même

  Il n’y a pas si longtemps, dans le monde d’avant l’épidémie de coronavirus, l’approche des vacances de printemps correspondait, pour les élèves de terminale, à la dernière ligne droite avant les épreuves du baccalauréat. Des heures de révisions et de bachotage s’annonçaient ainsi pour préparer les écrits et les oraux de ce qui reste un rite de passage vers l’âge adulte et un sésame pour la poursuite de ses études dans l’enseignement supérieur. Mais ça, c’était avant… Aujourd’hui, les lycéens, leurs parents et leurs professeurs se retrouvent confrontés à une triple difficulté : la réforme du bac portée par Jean-Michel Blanquer qui a mis fin aux filières et institué des contrôles continus, d’épreuves terminales et de grand oral ; une année de cours compliquée par l’épidémie de Covid-19 avec l’alternance de cours en présentiel et en distanciel, la peur de la contamination et la détresse psychologique parfois ; et enfin la menace de la troisième vague épidémique qui rajoute autant de com

Pollueurs payeurs

  C’est une scène que malheureusement chacun d’entre nous a un jour vécue. Une promenade dans la nature et l’on tombe sur des monticules de déchets entassés là en toute illégalité : au mieux des déchets verts, au pire des gravats de chantiers, des appareils électroménagers ou tout simplement des ordures ménagères. Ce fléau des décharges sauvages a pris des proportions considérables et inquiétantes pour la pollution des sols qu’elles engendrent, alors même que les Français, paradoxalement, mettent l’environnement aux premiers rangs de leurs préoccupations. En 2020 en France, 80 000 tonnes de déchets ont ainsi échoué dans la nature dans quelque 600 dépôts illégaux. Et il est toujours aussi difficile pour les élus locaux de lutter contre ce phénomène qui recouvre de multiples pratiques. Chacun d’ailleurs garde en mémoire le décès du maire de Signes (Var), renversé le 5 août 2019 par une camionnette dont les occupants, que l’élu voulait verbaliser, avaient jeté des gravats en bord de route

Le message de Lourdes

  Depuis plus d’un an maintenant et le début dans le monde de l’épidémie de Covid-19, une ville en France souffre peut-être plus encore que d’autres des conséquences socio-économiques de la pandémie, car justement son ADN est l’ouverture au monde. Lourdes, cette petite citée pyrénéenne de 15 000 âmes devenue depuis 1858 un haut lieu de la foi catholique, s’est recroquevillée sur elle-même, privée des millions de pèlerins qui, chaque année, font le voyage vers la grotte de Massabielle, entourés de centaines de bénévoles et de près de 2 500 saisonniers qui font tourner celle qui reste la deuxième ville hôtelière de France après Paris. Rue de la grotte et boulevard de la grotte, les deux artères qui rejoignent les sanctuaires, les joyeuses cohortes de pèlerins venus chercher l’espérance ne sont quasiment plus là, les pensions de familles et les magasins d’articles religieux ont baissé leurs rideaux. Pour la deuxième année, Pâques est bien triste et Lourdes s’interroge sur son avenir. Parv

Sursaut

  Les maires et élus locaux sont quotidiennement sollicités parce qu’ils sont, "à portée d’engueulade", les élus les plus proches des Français, leurs préférés même selon les enquêtes d’opinion. Mais leur engagement au service de l’intérêt général et auprès de leurs administrés se heurte de plus en plus à la violence d’une société toujours plus consumériste et individualiste. Insultes et menaces, notamment sur les réseaux sociaux, tags sur les murs de leur domicile, intimidation et menace physiques, jusqu’aux coups et parfois jusqu’à la mort. En 2020, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les élus ont été 1 276 fois la cible d’agressions, soit une hausse de 200 % par rapport à 2019 ! Certes l’épidémie de Covid-19 a suscité son lot de colère face à une vie complètement chamboulée, marquée par des confinements éprouvants et des restrictions aux libertés publiques douloureuses, mais rendues nécessaires pour lutter contre la propagation du coronavirus. Emmanuel Macron lu