Accéder au contenu principal

Articles

Fatale imprudence

« La moindre imprudence peut nous coûter la vie, et pire encore : la liberté » disait Jacques Mesrine. Xavier Dupont de Ligonnès n'a peut-être rien d'un braqueur multirécidiviste, mais il pourrait faire sienne cette phrase de l'ex-ennemi public n° 1 de la France des années 70, car il était devenu depuis 2011 l'homme le plus recherché de France pour le meurtre de sa femme Agnès et de ses quatre enfants, Arthur, Thomas, Anne et Benoît. Hier, en Ecosse, loin de Nantes où il vécut, il a d'évidence commis une fatale imprudence, en entamant un voyage en avion sans se douter qu'il était frappé par une dénonciation anonyme.

Xavier Dupont de Ligonnès, le principal suspect du terrible quadruple meurtre, a été arrêté hier à l'aéroport de Glasgow, confondu par ses empreintes digitales. Lui qui avait changé d'identité et d'apparence en recourant semble-t-il à la chirurgie esthétique, a été interpellé grâce à la part la plus intime et la plus unique de chaque in…
Articles récents

Art de vivre à la française

Pour la troisième année consécutive, le Groupe La Dépêche a décerné hier à Toulouse les trophées de son concours « Mon beau village », organisé pour la première fois à l'échelle des treize départements d'Occitanie. Nature, patrimoine, insolite : trois catégories dans lesquelles les villages de la région ont été distingués. Et à chaque fois, des trophées qui ont récompensé des hommes et des femmes, des initiatives, des idées, un dynamisme et une farouche volonté de faire vivre la campagne.

Car si nombre de ces bourgs mettent tout en œuvre pour préserver leur patrimoine architectural et culturel auxquels les Français, villageois et citadins, sont très attachés – on le voit à chaque Journées du patrimoine –, les villages se battent avant tout pour rester des lieux de vie, défendant ici leurs écoles publiques, là leur boulangerie ou leur épicerie, ailleurs leurs services publics. À dire vrai, ces villages qui veulent aller de l'avant défendent une certaine idée de l'art d…

Remises à niveau

Cinq jours après l'attaque terroriste au cœur de la préfecture de police de Paris, qui s'est soldée par la mort de quatre fonctionnaires, la journée d'hier a été particulièrement importante car elle a opéré comme une remise à niveau indispensable après cette terrible affaire.

C'est d'abord une remise à niveau humaine. Depuis l'attaque de jeudi, en effet, l'emballement médiatique et politique autour de l'enquête et de la recherche des responsabilités – au premier rang desquelles celles du ministre de l'intérieur Christophe Castaner – avait comme effacé la réalité première de ces assassinats : c'est-à-dire la mort de quatre policiers dans l'exercice de leur fonction. Trois hommes et une femme qui étaient passionnés par leur travail, qui avaient à cœur de servir et protéger leur pays et les citoyens qui le composent ; qui étaient aussi des compagnons, compagne et parents aimants qui, aujourd'hui, laissent leurs proches dans la douleur. Il …

Inflammable

Régulièrement, Emmanuel Macron rappelle pour s'en désoler combien la parole officielle est devenue inaudible, combien les scientifiques peinent à être entendus et combien, a contrario, les fake news, les idées fausses pullulent sur les réseaux sociaux. Dans ces conditions fallait-il organiser à la va-vite un débat sur l'immigration au Parlement sans que ce dernier ne débouche sur un vote ? À l'heure où l'agenda parlementaire est surchargé fallait-il rajouter une telle séquence ? Enfin, y avait-il une impérieuse urgence à aborder ce thème qui – les sondages l'ont montré – n'est pas la priorité n° 1 des Français face au pouvoir d'achat ? Car s'il est un sujet qui concentre tous les fantasmes, toutes les approximations, toutes les contrevérités, tous les mensonges, toutes les peurs, toutes les haines, c'est bien celui de l'immigration.

Des anathèmes colportées depuis 40 ans par l'extrême droite – Front puis Rassemblement national dont c'es…

Ensemble

L'émotion qui étreint les Français depuis l'annonce jeudi du décès de leur ancien Président Jacques Chirac a surpris par son ampleur ce week-end. L'hommage populaire voulu par la famille aux Invalides a, en effet, dépassé les attentes avec quelque 7 000 personnes venues s'incliner devant la dépouille de l'ancien chef de l'Etat jusqu'à tard dans la nuit. Cette ferveur, largement relayée sur les réseaux sociaux ou sur les chaînes d'information en continu, en a même agacé certains, goûtant peu que la mort de Jacques Chirac vire parfois à la chiracomania sans recul et éclipse toute autre actualité comme l'incendie de l'usine chimique de Rouen.

Si le décès de Jacques Chirac a pris autant d'ampleur, c'est parce qu'il illustre deux faits majeurs sur lesquels les Français s'accordent.

Le premier est que la disparition de Jacques Chirac est aussi celle d'une époque, presque d'un monde, « le monde d'hier » selon l'expressi…

Générations Chirac

L'émotion nationale provoquée par le décès de Jacques Chirac constitue peut-être l'ultime message, testamentaire, de l'ancien président de la République aux Français : rassemblez-vous.

Car depuis l'annonce de sa mort, force est de constater que se retrouvent autour de sa figure qui aura marqué plus de quarante ans de vie politique des «générations Chirac.» Dès jeudi soir, en effet, il n'y avait qu'à voir la diversité des Français qui se sont retrouvés à l'Elysée afin de signer le registre de condoléances, pour mesurer combien le Président Chirac avait su tisser un lien, une histoire quasi-intime résonnant en chacun d'entre nous comme avec le pays.

Les plus anciens se rappellent le séduisant jeune loup corrézien, ambitieux, prêt à tous les coups et tous les culots pour conquérir le pouvoir, élection après élection. Les moins jeunes se souviennent du Premier ministre de cohabitation toisé par l'impérial François Mitterrand, puis du candidat surmontan…

Des paroles aux actes

En décembre 2015, sous la houlette de Laurent Fabius et de Ségolène Royal était adopté l'Accord de Paris sur le climat. Suite aux négociations de la Conférence de Paris (COP21) organisée par les Nations unies sur les changements climatiques, c'est la première fois qu'un tel accord universel était signé par quelque 195 pays. Ce texte historique – à mettre au crédit de la France – listait ainsi des engagements simples et forts comme contenir d'ici à 2100 le réchauffement climatique en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, ne plus investir dans les énergies fossiles, ou encore atteindre la neutralité carbone.

Mais depuis quatre ans, la mise en œuvre de ces engagements patine, les promesses peinent à être tenues, alors même que les rapports scientifiques alarmants se sont accumulés et que les événements météorologiques et climatiques se sont multipliés. Ouragans de plus en plus dévastateurs, fonte accélérée des glaciers, vagues de chaleur d'une inten…

Champs de batailles

L'agriculture est-elle devenue un champ de bataille ? En tout cas, le débat houleux sur les pesticides, et plus particulièrement le glyphosate, concentre – au détriment souvent d'autres thématiques – tous les enjeux et les contradictions de notre époque autour de l'alimentation, de la lutte contre le réchauffement climatique et de la préservation de la biodiversité. Et le moins que l'on puisse dire est que les positions sont tranchées, frontales, quasi irréconciliables entre les défenseurs de l'environnement et de la santé publique d'un côté, les agriculteurs et les industriels de l'autre, et les agences sanitaires au milieu dont l'impartialité et l'indépendance ne sont pas au plus haut… Le débat est d'autant plus vif que les avis scientifiques autour desquels toutes les parties auraient pu logiquement se retrouver peinent à se frayer un chemin dans un débat public où les opinions surpassent les faits et où les infox des réseaux sociaux et les …

Courage et déshonneur

Le procès du Mediator qui s'ouvre aujourd'hui à Paris est assurément celui d'un scandale sanitaire majeur, peut-être même l'un des plus importants avec le dossier de l'amiante toujours en cours, ou celui du sang contaminé ans les années 80-90. Ce médicament anorexigène des laboratoires Servier, censé servir de traitement d'appoint pour le diabète, a en réalité été pris comme coupe-faim pendant plus de trente ans en étant prescrit à quelque 5 millions de personnes qui ignoraient tout de sa dangerosité. Ce procès pénal, qui intervient neuf ans après les premières révélations, permet d'ores et déjà de souligner le courage des uns et le déshonneur des autres.

Le courage, c'est d'abord celui du docteur Irène Frachon. Cette pneumologue au CHU de Brest s'est battue quasiment seule contre tous pour imposer en France une évidence clinique : le Mediator comportait une molécule dangereuse provoquant d'importants effets secondaires cardiaques et pulmon…

Passion française

À l'instar de la fête de la musique devenue depuis 1982 un rendez-vous culturel incontournable pour tous les Français, les Journées du patrimoine, lancées en 1984 par Jack Lang – l'emblématique et créatif ministre de la Culture de François Mitterrand – n'ont eu de cesse de conquérir, année après année, le grand public, en France mais aussi partout en Europe où elles se sont exportées. La 36e édition de ces Journées qui commencent ce samedi pour deux jours intenses revêt toutefois cette année un relief particulier pour au moins trois raisons.

La première, c'est le choc qu'a constitué l'incendie de Notre-Dame-de-Paris, survenu dans la toiture de la cathédrale le 15 avril dernier. L'émoi international qu'a provoqué la destruction de la « forêt » de chênes centenaires, les témoignages de soutien exprimés à la France partout dans le monde, l'élan de solidarité internationale pour reconstruire au plus vite l'édifice ont fait de la cathédrale meurtrie…

Urgence pour les urgences

Six mois. Il aura donc fallu six mois pour que le gouvernement apporte une réponse ministérielle aux personnels hospitaliers des urgences en grève. À croire que l'exécutif voulait jouer la montre face à des grévistes qui, au contraire des cheminots ou des routiers, affichent leur colère sans paralyser la France et en continuant à soigner leurs compatriotes…

Car depuis le mois de mars, la grogne a gagné de plus en plus de services au point que, selon le dernier décompte du collectif Inter-urgences, 239 ont rejoint le mouvement, soit près d'un service sur deux. Du jamais vu.

Certes, en juin, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a bien installé une mission nationale pour « construire une nouvelle stratégie d'ensemble d'évolution des services d'urgence », conduite par le président du Conseil national de l'urgence Hhospitalière (CNUH), le professeur Pierre Carli, et le député (La République en Marche) de Charente, Thomas Mesnier.

Certes, le gouver…

Trou d'air

« Un bel avion est un avion qui vole bien », avait coutume de dire Marcel Dassault. Que dire dès lors du Boeing 737 Max dont des dizaines d'exemplaires patientent sur d'immenses zones aéroportuaires de leur constructeur à Seattle ? Après les crashs des vols de la Lion Air le 29 octobre 2018 puis d'Ethiopian Airlines le 10 mars 2019, qui ont fait au total 346 victimes, le nouvel appareil de Boeing – qui devait être le fer de lance de l'avionneur américain – est depuis cloué au sol dans l'attente que le constructeur corrige des problèmes logiciels sur le système anti-décrochage de l'avion incriminé dans les crashs. Une situation d'immobilisation qui a déjà coûté près de 8 milliards de dollars à Boeing et qui devrait encore durer puisque le constructeur aurait refusé de fournir des informations sur les modifications aux agences de certification américaines, brésiliennes et européennes. Dès lors la FAA, l'ANAC et l'EASA ne risquent pas d'autoriser …