Accéder au contenu principal

Articles

Trumpisation

Depuis son départ tonitruant de la Maison Blanche en janvier 2021, l’Amérique ne cesse de se poser cette question : Donald Trump va-t-il être candidat à un nouveau mandat présidentiel en 2024 ? De sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago en Floride, l’intéressé laisse planer le doute, galvanisé autant par les difficultés que rencontre son successeur démocrate Joe Biden dans un contexte de forte inflation aux États-Unis, que par l’admiration aveugle et sans bornes que lui voue toujours une bonne partie des Américains qu’il a réussi à convaincre que l’élection de novembre 2020 lui avait été volée par les démocrates. En janvier 2016, durant sa première campagne face à Hillary Clinton, Donald Trump fanfaronnait : « Même si je tirais sur quelqu’un, je ne perdrais pas d’électeur ». Aujourd’hui, l’accumulation de faits montrant que Donald Trump n’est pas digne de retourner dans le Bureau ovale, semble glisser sur ses partisans. Les témoignages accablants recueillis par la commission d’enquête de l
Articles récents

Epreuve du feu

  Pour Emmanuel Macron et ses Premiers ministres successifs, les étés sont tout sauf calmes. On se souvient de l’affaire Benalla qui éclata en 2018 ou de la nouvelle vague de Covid-19 au début du mandat de Jean Castex à l’été 2020. Cette année, Elisabeth Borne doit faire face à un nouveau dossier sensible qui représente pour elle une « épreuve du feu », au sens littéral, puisqu’il s’agit des incendies de forêts. La sécheresse historique qui frappe la France, la pénurie d’eau, les vagues de chaleurs caniculaires qui écrasent le pays, toutes conséquences bien concrètes du réchauffement climatique, ont favorisé la multiplication des incendies cet été sur tout le territoire. Plus de 55 000 hectares ont d’ores et déjà brûlé – un record – et des milliers de personnes, habitants ou vacanciers, ont été évacués en urgence, parfois de nuit, face à des feux géants contre lesquels les pompiers luttent de toutes leurs forces mais avec quelquefois un manque de moyens. Un manque de moyens justement p

Stratégie nucléaire

2022 sera-t-elle pour le nucléaire français une annus horribilis ? En tout cas, depuis deux ans, la filière nucléaire subit des aléas dont elle se serait sans doute bien passée, surtout à l’heure où la France compte plus que jamais sur elle pour produire de l’électricité cet hiver dans un contexte de grave crise énergétique inédite, déclenchée par la guerre en Ukraine. Alors que le parc des 56 réacteurs nucléaires commence à accuser son âge – les centrales étant initialement conçues pour ne fonctionner que 40 ans avant une prolongation de dix ans esquissée l’an passé – le nucléaire français a été percuté de plein fouet par l’épidémie de Covid. La crise sanitaire et ses confinements ont, en effet, considérablement retardé le calendrier des visites décennales de contrôle et de maintenance. L’étalement de ces vérifications cruciales a conduit à un arrêt des réacteurs – jusqu’à presque la moitié du parc – et donc à une production moins importante que prévu. La France s’est ainsi retrouvée

Guerre du feu

Photo SDIS 12 Des files de voitures qui roulent en pleine nuit et en toute urgence pour fuir un incendie qui menace et dont on voit au loin les flammes. Des habitants ou des touristes hébétés qui doivent tout quitter en cinq minutes, résidence principale, caravane ou tente de camping. Ces images-là, spectaculaires et angoissantes, ne nous sont hélas pas étrangères car nous les avons souvent vues à la télévision, notamment en provenance des États-Unis, de l’Australie, de la Turquie ou de la Grèce lorsque ces pays ont été confrontés à des mégafeux incontrôlables. La France à son tour se trouve face à ce type nouveau d’incendies dont on a pu voir un exemple en juillet à la Teste-de-Buch en Gironde. Le feu qui s’est déclaré entre la Lozère et l’Aveyron, lundi soir, et qui a conduit à l’évacuation de quelque 3 000 personnes de Mostuéjouls et Rivière-sur-Tarn est, certes, sans commune mesure avec ceux qu’ont pu vivre les habitants de Californie ou de l’île grecque d’Eubée, mais il s’ajoute à

Réaliser un rêve

  L’année prochaine, cela fera vingt ans, que l’exploitation commerciale du Concorde aura été arrêtée, fragilisé qu’il était alors à la suite du crash survenu à Gonesse le 25 juillet 2000. Le drame avait provoqué la mort de 113 personnes et signé le début de la fin pour le seul avion supersonique civil. Vingt ans après, le Concorde, pourtant, fascine toujours autant. Sa ligne est devenue une icône intemporelle du design, son allure, le symbole de la modernité, sa technologie, celle d’une industrie résolument innovante, son histoire, celle d’une France – et d’une Grande Bretagne – qui croyait au progrès technique et savait tirer le meilleur de ses ingénieurs pour viser l’excellence. Le Concorde fait partie de l’histoire de l’aéronautique et son nom figure dans la longue liste des avions de légende du Spirit of Saint-Louis de Charles Lindberg au P38 d’Antoine de Saint-Exupéry. Pas étonnant dès lors que d’Aeroscopia, à Toulouse, où un exemplaire est exposé, aux diverses ventes aux enchère

En rodage

  Tout au long de son histoire, le vénérable Palais Bourbon aura connu des grands moments de vie parlementaire, des coups d’éclat et des coups de gueule qui sont entrés dans l’histoire de France. Pour cette XVIe législature de la Ve République, l’Assemblée nationale a retrouvé cette vitalité-là qui s’était perdue dans le ronron d’un hémicycle devenu davantage une chambre d’enregistrement des textes présentés par les gouvernements successifs. Les élections de juin dernier, qui ont privé Emmanuel Macron d’une majorité absolue, ont, d’évidence, changé la donne. Cette situation inédite a contribué à la « reparlementarisation » de la vie politique française : tout se passe désormais à l’Assemblée, cœur battant de notre démocratie. Tout, c’est-à-dire surtout des débats enlevés, passionnés souvent, houleux parfois, menés par des députés néophytes – ou confirmés – qui ont apporté un vent de fraîcheur. Qu’ils s’appellent Rachel Kéké, Louis Boyard, Sandrine Rousseau, Karl Olive ou Jean-Philippe

Mobilisation

Face à la sécheresse historique qui frappe la France, la Première ministre Elisabeth Borne a décidé hier de sonner la mobilisation générale en activant la cellule interministérielle de crise (CIC). Il était temps… Car depuis plusieurs jours maintenant, le pays – qui va subir la semaine prochaine sa 4e vague de chaleurs caniculaires – affronte une situation inédite après un mois de juillet qui a été le plus sec jamais observé depuis 1959… Conséquence du déficit hydrique : plus d’une centaine de communes en France n’ont aujourd’hui plus d’eau potable et doivent s’astreindre pour économiser l’eau à de très contraignantes restrictions, qui pèsent sur la vie quotidienne des habitants… Des situations qui pourraient se multiplier si la cellule de crise décide de déclencher dans les prochains jours des plans Orsec « Eau » pour les territoires les plus touchés. Mais au-delà de l’urgence du moment – sur laquelle les associations écologiques ou les experts du climat ont alerté depuis longtemps en

S'émerveiller

« L’astronomie est utile, parce qu’elle nous élève au-dessus de nous-même ; elle est utile, parce qu’elle est grande ; elle est utile, parce qu’elle est belle… » disait le mathématicien Henri Poincaré. La 32e édition de la Nuit des étoiles, qui se déroule ce week-end, nous invite, d’évidence, à contempler la beauté de l’univers, à (re) découvrir notre ciel, à avoir une approche d’émerveillement avec la science. Depuis la survenue de l’épidémie de Covid-19 il y a deux ans, notre rapport avec la science a souvent été placé sous l’épée de Damoclès de l’angoisse, entre vaccins à ARN messager et fake news complotistes, tâtonnements de la recherche et prises de becs entre infectiologues. L’astronomie nous montre, au contraire, combien la science peut révéler la beauté qui entoure notre planète et donc nous révéler à nous-mêmes. Les photos dévoilées par la NASA depuis juillet, prises par le nouveau télescope James Webb – le remplaçant du vénérable Hubble – le montrent bien. À la prouesse tech

Etape

La découverte du corps de Brice Louge, cet ouvrier agricole de 30 ans qui avait disparu dans la nuit du 19 du 20 février dernier à Labarthe-Rivière, près de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, met un terme à l’inquiétude de la famille et des proches du jeune homme, fils unique, et leur entrée dans le difficile chemin du deuil. C’est d’abord vers eux que nos pensées doivent aller, que notre compassion doit s’exprimer pour les aider à surmonter cette terrible épreuve, qui comprend sans doute aussi une part de soulagement après cinq mois et demi d’angoisse, de doutes et de questions. La découverte de l’automobile de Brice Louge dans le canal de Camon, qui avait pourtant été sondé une première fois, illustre aussi combien les enquêtes judiciaires sont minutieusement menées et combien l’aide de nouvelles technologies contribue à faire progresser les enquêteurs. Car c’est grâce à un sonar sophistiqué que les spécialistes de la brigade fluviale franco-allemande de Strasbourg, avec les plongeurs

Le bruit et la fureur

La simple consultation de la presse régionale l’atteste : les rodéos urbains sont loin d’avoir été stoppés. Ce week-end, dans le Doubs, un jeune conducteur sous le coup d’une annulation du permis de conduire, a été interpellé par les policiers en plein rodéo urbain au volant d’une grosse cylindrée louée en Suisse. Fin juillet, la brigade motorisée de la direction départementale de la sécurité publique de Bastia a arrêté un homme réalisant des rodéos urbains sur la RT11. Fin juillet toujours, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Versailles (Yvelines) et Pont-Sainte-Maxence (Oise) des rodéos ont été constatés à l’issue de cérémonies de mariage… Et à Toulouse ce sont trois jeunes hommes adeptes des rodéos qui ont été interpellés au guidon de leur moto. Certes, différents types de comportements sont résumés sous le vocable de « rodéo » : il y a les passionnés d’automobile et de tuning qui se réunissent sur des parkings pour faire des drifts et faire fumer leurs pneus, ceux qui se rêvent héri

Tournant

L’année 2022 sera-t-elle l’année du tournant ? Celle non plus seulement de la prise de conscience – dans une partie de plus en plus large de l’opinion – de l’impact du réchauffement climatique qui conduit à des phénomènes de plus en plus fréquents et intenses (canicules, sécheresses, incendies), mais celle du passage à l’action ? Car ce que nous pensions réservé à quelques contrées lointaines d’Asie ou d’Afrique touche désormais de plein fouet notre pays. Les récents feux de forêt, dont celui de la Teste-de-Buch en Gironde qui a ému les Français, montre bien qu’il n’y a pas qu’en Californie ou en Grèce où les pompiers sont confrontés à des murs de flammes de dizaines de mètres de hauteur. Et ces villages qui se retrouvent privés d’eau au robinet ne sont pas des bleds asséchés au Maghreb mais bel et bien des bourgs du Var ou de la Drôme… L’eau justement, ressource vitale mais aussi enjeu de souveraineté géopolitique, est peut-être LE sujet le plus urgent que l’humanité va avoir à traite

Savoir anticiper

L’été bât son plein avec ses journées caniculaires, les vacances sont là, on peut pleinement se retrouver en famille ou entre amis, profiter de la plage, de la campagne ou de la montagne, ou prendre l’avion pour s’échapper vers des horizons proches ou lointains, retrouver les festivals, redécouvrir notre patrimoine ou aiguiser nos papilles avec les mille et une saveurs estivales entre glace et barbecue. Et puis oublier, aussi, les mauvaises nouvelles, la guerre en Ukraine, cette inflation qui risque de faire mal au porte-monnaie à la rentrée. L’épidémie de Covid-19, quelle épidémie ? se demanderaient presque les Français lorsqu’on évoque avec eux cette pandémie historique qui a paralysé nos vies deux années durant. Aujourd’hui, le sentiment général est que le coronavirus est derrière nous, que la vaccination a fait son effet pour protéger une large majorité de la population. Le Parlement ne vient-il pas d’ailleurs de voter la fin de l’état d’urgence sanitaire, écartant la perspective d

Voyager heureux

L’adage populaire, que l’on attribue parfois à Jack London, est que ce n’est pas la destination qui compte mais le voyage. Les passagers qui ont pris l’avion ces derniers mois et plus encore cet été, ont pu mesurer toute la profondeur de la sentence tant embarquer à bord d’un Airbus ou d’un Boeing, à Roissy ou New-York, à Toronto ou Londres-Heathrow est devenu une véritable aventure pleine de surprises et, surtout, un véritable parcours du combattant digne de Pékin Express. Il est vrai que le voyage en avion a singulièrement évolué depuis le milieu du XXe siècle. D’un côté, l’avion n’est plus l’apanage d’une élite mondialisée, et c’est heureux. Sous la poussée des compagnies low cost, il s’est démocratisé et, en 2019, dernière année « normale » avant le choc de la pandémie de Covid-19, quelque 4,5 milliards de personnes ont pris l’avion dans le monde. De l’autre côté, les attentats terroristes survenus dans les années 90 et surtout les attaques islamistes contre les tours jumelles du W

Consternation

Depuis plusieurs semaines maintenant les Français observent avec consternation la survenue d’incendies de grande ampleur, de l’Hérault à l’Ardèche, de la Manche au Finistère, des Alpilles à la Gironde où le mégafeu de la Teste-de-Buch, tout près de la dune du Pilat, a suscité une vive émotion dans tout le pays. À la tristesse de voir des paysages familiers disparaître, de voir des centaines d’hectares engloutis par les flammes, de voir des habitants hébétés contraints d’évacuer dans l’urgence leur domicile ou leur résidence de vacances, de voir des entrepreneurs du tourisme ou de la sylviculture qui ont tout perdu ; à l’empathie et la reconnaissance ressenties envers les sapeurs-pompiers qui luttent avec professionnalisme et abnégation, sans relâche et au péril de leur vie, contre les flammes, à tous ces sentiments qui nous étreignent s’ajoutent la consternation et l’incompréhension lorsque les minutieuses enquêtes menées pour connaître l’origine du feu conduisent à l’implication volon

Reparlementarisation

Le coup de chaud qui a saisi l’hémicycle de l’Assemblée nationale dans la nuit de mardi à mercredi autour d’un amendement demandant une revalorisation supplémentaire de 500 millions d’euros pour les pensions de retraite, voté puis retiré – pataquès qui arrive après plusieurs « couacs » subis par le gouvernement – illustre combien la vie politique française s’est reparlementarisée depuis les élections législatives de juin. Et cela constitue plutôt une bonne nouvelle pour notre démocratie, habituée depuis trop longtemps à se satisfaire d’un Parlement docile voire effacé devant un exécutif tout puissant qui attend d’être obéi. Alors que certains pronostiquaient au soir du second tour des législatives des « blocages » insurmontables, de la « paralysie » permanente, du « chaos » en veux-tu en voilà, de l’obstruction systématique de la part d’oppositions plus radicales et plus nombreuses – et donc moins dociles et moins insignifiantes que par le passé – les semaines qui viennent de s’écouler

Sobriété et équité

L’image avait fait bondir les téléspectateurs et internautes les plus attentifs qui suivaient la retransmission de l’interview du président de la République le 14 juillet dernier. Tandis qu’Emmanuel Macron, interrogé sur la crise énergétique consécutive à la guerre en Ukraine, expliquait qu’ « on doit rentrer collectivement dans une logique de sobriété, [qu’]on va préparer un plan pour se mettre en situation de consommer moins » et qu’il faut « faire attention collectivement, le soir aux éclairages quand ils sont inutiles », on pouvait voir en arrière-plan les lustres d’un salon de l’Elysée… brillamment allumés en plein jour. Ce contraste en dit long sur le chemin qu’il reste à parcourir sur la longue voie de la sobriété énergétique et, pour l’État, à se montrer exemplaire en la matière lorsqu’il demande aux Français de faire des efforts. L’exécutif a-t-il entendu les critiques de l’opposition après l’interview présidentielle ? Ou même les railleries essuyées par le porte-parole du gou

Dans les clous

Quel automobiliste n’a jamais pesté contre la présence d’un ralentisseur sur son trajet ? Que ce soit un classique dos d’âne, un « plateau », un trapézoïdal ou un « coussin berlinois », ces plaques rouges vissées sur la chaussée… Ces dispositifs qui visent à empêcher les excès de vitesse dans certaines rues, en ville comme dans les villages, se sont multipliés ces dernières années au point que la France compterait quelque 450 000 ralentisseurs. Des ralentisseurs parfois conçus en toute illégalité et parfois en dépit du bon sens. Car si les caractéristiques de ces outils et les conditions de leur installation ont fini par être parfaitement encadrées, par décret en 1994, puis avec un guide technique du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), certaines municipalités ont installé ou installent encore des « gendarmes couchés » illégaux, car ne respectant pas la hauteur maximale autorisée ou en étant installés sur de mauvais emp

Bien commun

Au cœur des années 70, les chocs pétroliers ont montré combien notre dépendance au pétrole pouvait peser sur les économies occidentales et le pouvoir d’achat des ménages. Quelque 50 ans plus tard, la guerre en Ukraine et le retour de l’inflation partout dans le monde montrent, à nouveau, combien notre dépendance aux énergies fossiles est problématique et combien il est urgent de diversifier nos sources d’énergie et engager une transition énergétique. Mais les problèmes que nous rencontrons avec l’or noir ne sont rien face aux défis que pose l’or bleu, c’est-à-dire l’eau. Fonte des neiges et des glaces, élévation du niveau de la mer qui engloutit déjà certaines îles, épisodes caniculaires plus intenses et plus longs – comme celui que la France vient de vivre, le plus précoce jamais enregistré – sécheresses plus dures, etc. Les conséquences du réchauffement climatique sur les réserves en eau et donc sur la vie des millions d’humains sur la planète sont de plus en plus tangibles et de plu

Révolution

 Après la mise en place de la ristourne du gouvernement sur le prix des carburants, en avril dernier, les automobilistes avaient pu souffler un peu. Mais depuis deux semaines, les prix du litre d’essence et, surtout, de gazole, ont largement dépassé à nouveau les 2 euros, le diesel revenant à son record historique de mi-mars. De quoi inquiéter les Français à l’approche des vacances. Si Emmanuel Macron a confirmé dans nos colonnes que la ristourne, qui devait s’arrêter le 31 juillet, sera prolongée en août, qu’adviendra-t-il à la rentrée ? Le gouvernement travaille sur un dispositif ciblé pour les gros rouleurs et les ménages modestes, mais quid de tous les Français qui doivent prendre leur voiture pour travailler ou tout simplement se déplacer lorsqu’ils habitent des zones rurales mal ou pas desservies par des transports en commun ? Car la hausse des carburants pourrait se poursuivre compte tenu du contexte international bousculé par la guerre en Ukraine, les sanctions pétrolières cont

Ultimatum

La réaction d’Emmanuel Macron sur le résultat des élections législatives de dimanche, qui lui ont infligé un sérieux revers en ne lui donnant qu’une majorité relative étriquée, était très attendue. Le chef de l’État, rétif à se faire dicter son agenda, a pris le temps de recevoir à l’Elysée mardi et hier les principaux chefs de partis présents à l’Assemblée pour esquisser la suite compliquée de ce quinquennat naissant. Chacun de ses interlocuteurs est ressorti de ces entretiens sans savoir précisément ce que le chef de l’État avait en tête, ni s’il allait enfin abandonner son exercice jupitérien et solitaire du pouvoir, ni quelle option il entendait privilégier pour gouverner le pays. Les uns évoquaient un gouvernement de coalition, d’autres des accords ponctuels selon les textes de loi, d’autres encore un bien hypothétique gouvernement d’union nationale. Au final, chacun se demandait si le Président avait bien entendu le message que les Français lui avaient adressé dans les urnes dima

Et si c'était une chance ?

De la situation politique totalement inédite sous la Ve République découlant du second tour des élections législatives, tout a (presque) été dit depuis dimanche. La tripartition de la vie politique française, constatée au premier tour de l’élection présidentielle, entre un bloc d’extrême droite, un bloc de centre-droit et un bloc de gauche, s’est retrouvée transposée à l’Assemblée nationale, en dépit du mode de scrutin censé empêcher une telle configuration de majorité très relative pour un président réélu huit semaines auparavant. C’est comme si les Français étaient parvenus à introduire la proportionnelle, serpent de mer de tous les gouvernements depuis sa dernière application entre 1986 et 1988. Alors que le président de la République est parti en quête d’alliés pour obtenir la majorité qui lui fait défaut pour entamer son second quinquennat, d’aucuns dans sa majorité s’alarment des « blocages », de la « paralysie », du « chaos » qu’ambitionneraient de provoquer, selon eux, des oppo

Mauvaises notes

Pas une semaine, pas une journée, pour certains d’entre nous, sans que l’on ne vous demande d’attribuer une note, de rédiger un commentaire sur un produit que l’on vient d’acheter sur un site d’e-commerce ou un service que l’on vient d’utiliser. Les étoiles d’Amazon, de Google ou de Tripavisor – qui a supplanté celles du Guide Michelin –, les notations et commentaires sur des repas livrés par Deliveroo ou Ubereats, des voyages effectués sur telle ou telle compagnie aérienne sont devenus omniprésentes dans nos vies numériques. Côté face, d’évidents avantages pour les consommateurs. Qui n’a jamais regardé les avis des autres avant d’acheter un produit ou ne s’est jamais détourné si celui-ci totalisait peu d’avis ou pas suffisamment d’étoiles ? Qui n’a jamais choisi un hôtel en fonction des commentaires des clients précédents qui racontent leur expérience, photos à l’appui ? Qui n’a jamais changé de choix de restaurant car celui-ci avait des commentaires négatifs ou préféré un établisseme

Le train de l'Histoire

 « Les Français arrivent tard à tout, mais enfin ils arrivent », disait Voltaire. Et c’est vrai que le déplacement d’Emmanuel Macron en Ukraine, hier, était attendu de longue date. Certains imaginaient que le président français, qui s’était rendu à Kiev avant l’invasion russe, y retournerait pour marquer la solidarité européenne, à l’instar du voyage éclair que fit François Mitterrand le 28 juin 1992 à Sarajevo, alors ville assiégée par un terrible blocus. Mais Emmanuel Macron a trop tardé et s’est fait devancer à Kiev par Boris Johnson et plusieurs autres dirigeants. D’aucuns ont estimé que le voyage du chef de l’État dans l’Est de l’Europe – entamé mardi auprès des soldats français de l’Otan en Roumanie – était à visée électoraliste à quelques jours du second tour des législatives, pour un Président incertain de retrouver une majorité absolue dimanche. Voire. Ces critiques très franco-françaises n’ont pas résisté à la force symbolique du déplacement effectué ensuite à Kiev par M. Mac

Trop optimistes

Après deux étés marqués par l’épidémie de Covid-19, c’est peu dire que les Français espéraient passer, cette année, des mois de juillet et d’août « normaux ». Se retrouver en famille et entre amis, savourer des vacances et, surtout, profiter pleinement des nombreux événements – concerts, festivals… – qui avaient été empêchés ou bousculés par une kyrielle de restrictions… La guerre en Ukraine et l’inflation qui grève le pouvoir d’achat jettent bien sûr une ombre au tableau, mais l’optimisme était de mise, l’insouciance presque à portée de main. Las ! Grave erreur. L’épidémie de Covid que nous avions chassée de nos têtes en même temps que nous tombions le masque était tapie dans l’ombre, prête à rebondir à la faveur d’un énième nouveau variant, d’un sous-lignage prompt à rallumer les contaminations. Nous y sommes et la perspective d’une nouvelle vague, la 7e en France, est devenue ces jours-ci très probable. « Le sentiment selon lequel la pandémie est terminée est compréhensible, mais er

Sortir du déni

Fin juillet 2021, la publication d’un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) expliquait que, désormais, deux régions du globe étaient devenues trop chaudes et donc inhabitables pour l’Homme, comme un symbole de l’avancée inexorable du réchauffement climatique de la planète. Jacobabad, au Pakistan, et Ras Al Khaimah, aux Émirats arabes unis, affichaient un indice « wet bulb » (température du thermomètre mouillé) supérieur aux 35° que peut supporter un être humain. En mars dernier, la Nasa extrapolait et établissait que d’autres zones en Asie du Sud, dans le golfe Persique et dans certains États américains seraient, eux aussi, inhabitables d’ici 30 à 50 ans. Nous n’en sommes évidemment pas encore là en Europe mais la vague de chaleur exceptionnelle et précoce qui va frapper la France jusqu’à la fin de semaine avec des températures qui pourraient tutoyer les 40 °C, doit nous servir d’avertissement. Sur les 41 vagues de chaleur détectées depuis 194