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Paradoxe français

  Voilà un paradoxe bien français aussi complexe que peut l’être un problème de mathématiques. D’un côté, la France peut s’enorgueillir d’être sur le podium des nations récompensées par la médaille Fields, le Nobel des mathématiques, avec 13 lauréats, d’avoir formé des dizaines de chercheurs dans ce domaine clé pour les innovations de demain, de disposer de structures reconnues pour leur excellence sur le plan international comme l’École normale supérieure de Paris ou l’institut Henri-Poincaré, et d’avoir donné à l’Histoire mondiale des sciences de grands noms comme Descartes, d’Alembert, Blaise Pascal, Condorcet ou plus près de nous Alexandre Grothendieck, Laurent Lafforgue ou Cédric Villani. Et d’un autre côté la France se distingue par des résultats calamiteux dans les classements internationaux des performances scolaires. Dans la dernière évaluation scientifique TIMSS publiée en 2019, ou encore le fameux classement PISA, la France est en queue de peloton : en CM1, le score de 485 p
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Immense défi

  Ce sont des images que l’on a déjà vues par le passé mais qui toujours nous saisissent d’effroi lorsqu’elles surviennent dans l’actualité. La montée soudaine des eaux qui piège des habitants dans les étages de leurs maisons, des automobilistes bloqués sur des routes subitement submergées, la violence des flots qui emportent un pont, des maisons ou ces terribles glissements de terrain et torrents de boues qui laissent des paysages ravagés et d’immenses dégâts. Et, surtout, le terrible cortège de disparus et de morts que ces catastrophes météorologiques provoquent. Tout cela, nous l’avons déjà vécu, de Vaison-la-Romaine en 1992 à la vallée de la Roya l’année dernière en passant bien sûr par les inondations dans l’Aude en 1999 et 2018 et la semaine dernière à Agen. C’est pour cela qu’après l’épisode de pluies diluviennes qui vient de s’abattre sur notre région hier, c’est tout naturellement vers les sinistrés que va notre soutien, notre compassion et notre solidarité face à ces épreuves

Enfin sur les rails...

  Les lignes à grande vitesse (LGV) Toulouse-Bordeaux et Montpellier-Perpignan sont-elles enfin sur de bons rails ? Les 5 millions d’Occitans pourront-ils enfin prochainement embarquer gare Matabiau pour un trajet en TGV vers Paris ou gare Saint-Roch pour un voyage vers Barcelone ? Ces questions, cela fait désormais bien trop longtemps que les habitants de la région se les posent. L’impatience a laissé place à l’incompréhension, voire l’exaspération tandis que leur détermination n’a pas varié d’un iota au fil des ans. En 2017, un sondage Ifop-La Dépêche montrait que 88 % d’entre eux souhaitaient ces deux projets… mais que 52 % craignaient que l’Etat ne tienne pas ses engagements. Tristement prémonitoire quand on voit la lenteur avec laquelle ces dossiers ont avancé, laissant l’Occitanie sur le bord du chemin de la grande vitesse, une région comme oubliée dans le maillage national du TGV… qu’elle a pourtant contribué à financer. À ce que l’on sache, les Occitans ont bien participé par l

Retour sur investissement

  La question de la hausse des salaires qui émerge depuis quelques semaines maintenant dans le débat public apparaît d’autant plus légitime qu’elle représente comme un retour sur investissement. L’investissement, en l’occurrence, des salariés qui, depuis le début de la pandémie de Covid-19 en mars 2020, n’ont pas ménagé leur peine pour les uns, ni rechigné aux sacrifices financiers pour les autres qui ont été mis au chômage partiel.  Pour les premiers, la mobilisation et l’implication a été bel et bien présente, en distanciel comme en présentiel. La mise en place dans l’urgence du télétravail a permis aux salariés de maintenir non seulement l’activité de nombreuses entreprises mais aussi de leur assurer un bon niveau de productivité. Et que dire de tous ceux qui ont été en deuxième ligne pour maintenir l’activité du pays, son approvisionnement, son quotidien pendant les différents confinements ? Autant de « petits » métiers jusqu’alors invisibilisés et que l’on a (re)-découverts à l’oc

Imprévisible

  Le ministre de l’Education nationale ou le porte-parole du gouvernement ont beau marteler que la rentrée des plus de 12 millions d’élèves français ce matin sera la plus normale possible, il est évident qu’elle sera au contraire, une nouvelle fois, exceptionnelle, car menacée par l’épidémie de Covid, même si la 4e vague semble marquer le pas.  Entre les alarmistes, syndicats d’enseignants ou scientifiques, qui craignent une « épidémie pédiatrique » avec une multiplication des contaminations entre enfants de moins de 12 ans non-vaccinés et les rassuristes qui, à l’instar de l’exécutif, tablent sur une situation maîtrisée grâce au nouveau protocole sanitaire à quatre paliers, nul ne peut dire, à l’évidence, de quel côté la balance va pencher. Car depuis mars 2020, l’épidémie de Covid a montré combien elle était imprévisible dans son évolution, déjouant bien souvent les modélisations. Cette imprévisibilité n’est bien sûr pas de nature à rassurer les parents d’élèves qui, en cas de fermet

Relever le niveau

Pour la deuxième année consécutive, la rentrée scolaire se fera sous la menace de l’épidémie de Covid. Certes, septembre 2021 n’est pas septembre 2020 : la campagne vaccinale a atteint son rythme de croisière et affiche de bons résultats sur les 12-17 ans, l’exécutif, les collectivités locales et le corps enseignants ont appris des précédentes vagues, le protocole sanitaire a été revu et adapté, et s’il reste encore beaucoup d’inconnues, d’agacements et la crainte d’une « épidémie scolaire » que pronostiquent certains épidémiologistes, cette rentrée sera différente sur le plan logistique. En revanche, une crainte diffuse reste la même : entre les confinements du début de l’épidémie, les conséquences de l’école à la maison via internet qui a laissé quelque 500 000 élèves décrocher, l’impact psychologique de la pandémie sur les jeunes, la réforme du bac bousculée au point que le diplôme a été décerné quasiment avec le seul contrôle continu, une question lancinante se pose, celle du nivea

Nouvelle donne

  On l’a souvent enterrée, promise à un lent déclin face aux géants du numérique qui mettent des moyens colossaux dans leurs plateformes de vidéos à la demande et aux réseaux sociaux qui désormais rythment le débat public et souvent l’agenda politique. Et pourtant, la télévision – ou, plus exactement, les chaînes de télévision – est non seulement toujours là, mais elle a montré son incroyable capacité de résilience et d’adaptation à l’occasion des confinements de la crise sanitaire. Assignés à domicile pour endiguer la propagation du coronavirus à trois reprises depuis mars 2020, les Français ont, en effet, redécouvert leur télévision, à la fois pour son contenu, les programmes, vidéos ou jeux qui y étaient diffusés, et pour son contenant, c’est-à-dire un écran toujours plus grand proposant une expérience immersive toujours plus forte capable de réunir toute la famille. Certes, le pic historique d’audience de 4 h 38 par jour en avril 2020 n’a plus jamais été atteint, et l’intérêt pour

Une rentrée contrariée

  Jean-Michel Blanquer a beau répéter que la rentrée scolaire sera « la plus normale possible », il n’empêche que, pour la deuxième fois, elle sera bien anormale, en tout cas fortement contrariée par l’épidémie de Covid-19. Les 12,2 millions d’élèves et les 869 300 enseignants qui reprendront le chemin de l’école le 2 septembre n’en ont pas fini avec le coronavirus, d’autant plus que la quatrième vague implique un variant beaucoup plus contagieux et que les enfants de moins de 12 ans y sont particulièrement vulnérables puisque non vaccinés.  Dès lors, tandis que certains épidémiologistes alertent sur une possible « épidémie scolaire » et que la question de la vaccination des moins de 12 ans est dans le débat, le ministre de l’Education nationale a voulu rassurer hier pour apaiser les inquiétudes des parents et enseignants. Concédant qu’il y aurait des difficultés, il a assuré que la réponse du gouvernement saurait s’adapter, beaucoup mieux en tout cas qu’auparavant, à partir d’un nouve

Préserver l'enfance

  On a longtemps pensé que les enfants étaient épargnés par le Covid-19, puis on les a accusés d’être des super-contaminateurs, puis estimé que finalement, ils ne développaient pas, en général, de formes graves de la maladie. La réalité est que depuis le début de cette épidémie insaisissable et mouvante, le cas des enfants recèle encore une part de mystère, qui rend sans doute un peu plus palpable l’inquiétude des parents et des autorités à l’approche d’une rentrée scolaire qui se fait en pleine vague du très contagieux variant Delta. Car si le taux de vaccination en France est désormais élevé avec plus de 70 % de primo-vaccinés, les enfants constituent bien, mathématiquement, une population vulnérable car non-vaccinée. Membre du Conseil scientifique, l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, de l’Institut Pasteur, prévoit d’ailleurs que « la moitié des nouvelles infections auront lieu chez les enfants à partir de l’automne ». Et ces contaminations à venir sont bien sûr de nature à angoisser

Symbole

  Les tests Covid resteront assurément l’un des symboles de l’épidémie de Covid-19. Symbole d’angoisse au début de l’épidémie lorsque, inquiet d’être contaminé, l’on se retrouvait devant des personnels soignants bardés de lunettes, gants, masques, blouses et surblouses, prêts à manipuler un écouvillon à la longueur paraissant interminable qu’ils plongeaient et remuaient au fin fond de nos narines pour prélever un échantillon de mucus. Symbole de la mondialisation de la santé lorsque les laboratoires d’analyses médicales ont parfois été en rupture de réactifs, ces derniers étant produits aux Etats-Unis, en Chine ou en Corée du Sud. Symbole de la bureaucratie tatillonne lorsqu’à l’heure de mettre le paquet sur la stratégie tester-tracer-isoler, les labos vétérinaires ne pouvaient pas participer aux tests avant d’y être enfin autorisés. Symbole ensuite de liberté lorsque certains d’entre nous, désormais habitués au côté désagréable et parfois irritant de l’écouvillon, nous sommes soumis d

Refaire nation

  Il est de coutume de dire avant chaque rentrée politique qu’elle sera "chaude", que les questions sociales vont mettre l’exécutif sur des charbons ardents, que les syndicats aiguisent leurs revendications, que les oppositions feront feu de tout bois, bref que l’on va voir ce que l’on va voir. Et souvent – pas toujours – les pronostics ne se vérifient pas et les poussées de fièvre ne viennent pas d’où on les attendait et pas forcément à la rentrée de septembre. Qui aurait pu imaginer, par exemple, l’émergence du mouvement des Gilets jaunes fin 2018, concrétisation d’une accumulation de signaux et de colères nés bien avant l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir ? Par conséquent, on se gardera bien de prédire une nouvelle rentrée "chaude". En revanche, on peut d’ores et déjà assurer que cette rentrée politique sera tout entière tournée vers la prochaine élection présidentielle. Depuis l’instauration du quinquennat, l’élection suprême est, en effet, devenue la seule v

Les enjeux des étiquettes

  L’analyse du prix des fruits et légumes rappelle ce qui se passe avec le temps : des tendances à long terme pour le changement climatique mais des événements météorologiques qui semblent dire le contraire. Ainsi, les prix actuels des fruits et légumes semblent repartir à la hausse comme chacun peut le constater sur les marchés, mais la tendance nationale sur une année est marquée par une baisse selon le dernier Observatoire des prix fruits et légumes 2021, publié en juillet et pour la 15e année consécutive par l’association Familles rurales. "Si cet été les prix de certains produits atteignent des sommets, il convient d’en favoriser d’autres qui demeurent accessibles au plus grand nombre. Après une année 2020, record en termes de prix, la plupart des produits de notre panier retrouvent des valeurs proches de celles relevées en 2019", indique l’association qui estime, que hormis les cerises, sur une année les prix ont baissé de 8 %. Si le violent épisode de gel du printemps

La place des vieux

On n’a pas fini de mesurer combien l’épidémie de Covid aura bouleversé les sociétés dans le monde. Non seulement sur le plan sanitaire évidemment mais aussi sur les plans socio-économique et sociétal. Les mesures de restrictions comme les confinements ou les couvre-feux que nous subissons depuis 19 mois ont souvent révélé le meilleur avec des élans de solidarité et des gestes bien concrets de générosité, mais aussi provoqué le pire en termes de tensions et violences conjugales ou familiales. Dès lors, que les violences envers des seniors aient été mesurées à la hausse par la fédération du 3977 – la ligne d’écoute nationale pour les maltraitances envers les personnes âgées ou en situation de handicap qui a reçu 36 % d’appels supplémentaires en 2020 – n’est, hélas, pas étonnant. La violence contre les vieux, qu’elle soit physique (coups, blessures…), morale et psychologique (injures, exclusion…) ou médicamenteuses (abus ou privations de médicaments…), qu’elle intervienne dans des Etablis

Un combat permanent

Des pancartes qui reprennent le nouveau slogan préféré des antisémites, « Qui ? », entouré sur l’une par les noms de personnalités publiques juives ou supposées l’être, des étoiles jaunes bariolées de la mention « non-vaccinés » arborées sur les poitrines de manifestants, des cris haineux « collabo » lancés, entre autres, à des pharmacies pratiquant des tests PCR ou à des journalistes physiquement agressés pour certains, des slogans « dictature sanitaire » dans lesquels le « s » est remplacé par le graphisme des « SS » des nazis, Emmanuel Macron affublé d’une moustache comme Adolf Hitler ou sous les traits du maréchal Pétain, et jusqu’au détournement de la photo du portail d’entrée du camp de concentration d’Auschwitz où l’inscription originale « Arbeit macht frei » a été remplacée par « le pass sanitaire rend libre. »  Ces images écœurantes, vues par les Français à la télévision ou sur les réseaux sociaux, à l’occasion des manifestations anti-pass sanitaire – et en 2018-2019 dans cert

Être à la hauteur

Un aparté devant les caméras de télévision pour fustiger ses opposants qui le critiquent, plusieurs messages sur son compte Twitter pour dénoncer ceux qui voudraient « détourner » les propos qu’il a tenus durant son allocution de 11 minutes sur la situation en Afghanistan lundi soir, des ministres de premier plan et des responsables de la majorité présidentielle appelés à la rescousse et faisant feu de tout bois pour justifier les propos présidentiels. Rien n’y a fait, le malaise a persisté. En expliquant qu’il fallait certes « protéger celles et ceux qui sont les plus menacés », mais – dans le même paragraphe – « nous protéger contre des flux migratoires irréguliers importants », Emmanuel Macron a, sinon commis une faute politique, fait une vraie maladresse, en opérant un « en même temps » aussi brutal que dénué d’empathie, 24 heures après la chute de Kaboul et alors que des milliers d’Afghanes et d’Afghans étaient terrorisés devant le nouveau régime islamiste des talibans.  En allant

La déroute et le déshonneur

  "Je le sais maintenant, c’est une erreur d’affirmer que l’on peut enterrer le passé : il s’accroche tant et si bien qu’il remonte toujours à la surface", écrivait Khaled Hosseini dans son livre "Les cerfs-volants de Kaboul" paru en 2003. L’avenir, hélas, lui a donné raison. La chute de Kaboul, conquise hier par les talibans au terme d’une offensive éclair qui n’a rencontré que très peu de résistance de la part d’une armée afghane anémique, signe un retour vers l’enfer islamiste pour une population qui, depuis 1978 et l’invasion soviétique, n’aura connu que la guerre et le chaos. Si les talibans, appuyés en sous-main par le Pakistan voisin, assurent qu’ils ont changé par rapport à l’époque où ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001, la réalité est, hélas, tout autre. Un rapport de la Commission afghane indépendante des droits de l’Homme (AIHRC) a d’ailleurs clairement documenté des violences – massacres de civils, décapitations, enlèvements d’adolescentes pour le

La France à cran

Pris à partie mercredi à Carcassonne par une passante vaccino-sceptique qui accusait le gouvernement rien moins que de "tuer la France", le Premier ministre Jean Castex avait reconnu que "la société est fatiguée, incandescente" après dix-huit mois d’une éreintante épidémie de Covid. Un constat sans doute partagé par une majorité de Français, car si le Covid-19 a provoqué une crise sanitaire majeure, il a aussi introduit le virus de la division dans les familles ou dans les cercles amicaux et professionnels. Le sujet de l’épidémie, omniprésent dans les médias et les conversations, a provoqué des débats, d’abord policés mais qui ont vite viré à la foire d’empoigne, les disputes se terminant parfois par des ruptures nettes et peut-être même irrémédiables. Sur les masques, les confinements, les couvre-feux, les protocoles sanitaires, les attestations, l’hydroxychloroquine, les allocutions d’Emmanuel Macron, les couacs gouvernementaux et évidemment le vaccin et le pass s

Opération déverrouillage

  Du dossier de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, tout aura été dit. Depuis vingt-cinq ans, depuis le 19 mai 1996 exactement, date à laquelle s’est déroulé le premier lâcher d’une ourse slovène – organisé dans le cadre d’un plan de réintroduction européen pour sauver l’ours des Pyrénées – les oppositions sont restées à vif entre les pro et les anti, chacun campant sur sa logique et sur deux idées que l’on se fait de la place de l’homme dans la montagne. D’un côté, fortes du soutien d’une opinion publique qui connaît finalement peu l’économie de la montagne et le quotidien des éleveurs qui y vivent à l’année, les associations de défense de l’environnement et de la biodiversité se félicitent de voir que la population d’ursidés a considérablement augmenté, que l’image de l’ours et son impact touristique sont désormais consubstantiels aux Pyrénées et qu’il faut évidemment poursuivre le programme ours.  De l’autre, les éleveurs ont consenti de nombreux efforts pour sécuriser le

Retour à la réalité

  Photo Xavier de Fenoyl. Dix-huit mois après l’apparition de l’épidémie de Covid-19 en France, c’est peu dire que nous avons tous ardemment envie tous d’en finir avec le coronavirus. Après des confinements, des couvre-feux, des restrictions de déplacements, des protocoles sanitaires auxquels il a fallu sans cesse s’adapter, bref après autant de restrictions nécessaires pour endiguer l’épidémie, mais étouffantes dans la vie quotidienne, chacun rêve de retrouver au plus vite sa vie d’avant. Toute nouvelle restriction devient dès lors source d’agacement et d’énervement. Les manifestations des anti-pass sanitaire – dernier outil mis en place en France comme dans plusieurs pays européens pour limiter les contaminations dans les lieux dont on sait qu’ils sont les plus à risques – ne disent pas le contraire mais leur discours, plus politique que sanitaire, est l’arbre qui cache la forêt. Une forêt de propos complotistes et anti-vaccin relayés sur les réseaux sociaux, accusant le gouvernement

Ne pas désespérer

  Ce n’est pas la première fois que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), créé en 1988, tire la sonnette d’alarme. Mais le président britannique de la COP26, Alok Sharma, a beau dire que ce sixième rapport est « l’avertissement le plus sévère jamais lancé » par l’institution sur le rôle du comportement humain dans le réchauffement de la planète, rien ne dit que le sursaut politique qui serait nécessaire pour corriger la dangereuse courbe de la hausse des températures sera cette fois au rendez-vous.  Depuis la COP21 en 2015 qui déboucha sur l’historique Accord de Paris sur le climat, la prise de conscience semble s’être émoussée, les promesses des états tardent toujours à se concrétiser, la communication et le greenwashing prennent parfois le pas sur des actions réelles et puissantes, et des décisions aberrantes sont toujours en cours. Dernier exemple en date : Alok Sharma lui-même défend le projet controversé du Royaume-Uni d’autoriser de nouvelles e

Le sens du collectif

En inventant le QR Code en 1994 pour améliorer le suivi des pièces des usines Toyota, l’ingénieur japonais Masahiro Hara, n’imaginait sans doute pas la révolution qu’il venait de déclencher. Ni que 27 ans plus tard, le QR Code serait à ce point intégré dans notre  vie quotidienne et qu’il se retrouverait au cœur de la lutte contre une redoutable épidémie mondiale, comme élément clé des pass sanitaires.  Emboîtant le pas à plusieurs de ses voisins européens, la France va, à son tour, vivre à compter de ce lundi sous QR Code pour tenter d’enrayer les contaminations de la 4e vague de Covid-19 et freiner la diffusion du virus dans les lieux où l’on sait qu’il circule le plus ; évitant ainsi un nouveau confinement dont on ne connaît que trop les conséquences. Ce sésame est-il une atteinte à la liberté de circulation comme le crient depuis quatre samedis des manifestants ? Oui, mais cette atteinte est proportionnée en raison d’un impératif de santé publique évident dont l’ambition est simple

Refuser la loi du Far West

  Les rodéos urbains ne datent bien sûr pas d’aujourd’hui. On pourrait même dire que cette passion pour la mécanique rugissante et la grisante vitesse est un incontournable de la jeunesse, reconduit depuis qu’un certain James Dean incarna la Fureur de vivre. Mais ces rodéos sont devenus des événements trop récurrents pour qu’on les regarde avec indifférence ou indulgence. De jour comme de nuit, des jeunes – et moins jeunes – rendent le quotidien des habitants infernal, entre vacarme incessant et mise en danger des riverains, que ceux-ci soient d’ailleurs dans de grandes métropoles comme Toulouse ou Montpellier, ou dans des villes moyennes. En 2018, une loi a été votée pour « renforcer la lutte contre les rodéos motorisés ». Un premier pas nécessaire dont l’action a mobilisé les forces de l’ordre pour multiplier les contrôles et les saisies. Au final, les condamnations ont été multipliées par plus de dix entre 2018 et 2020. Sans pour autant empêcher les rodéos qui, durant le premier con

Histoire d’un fiasco

  À quelques heures du coup d’envoi de la saison 2021-2022, le football français a évité l’écran noir pour la retransmission des matchs de la Ligue 1. Sommée jeudi par la justice de payer la Ligue de football professionnel (LFP) et retransmettre deux matchs par journée, Canal + – qui a fait appel – va diffuser à contrecœur le foot français dès ce soir en compagnie d’Amazon, le géant américain d’internet aux appétits d’ogre dans le sport. La chaîne cryptée n’a pu résilier la sous-licence qui la liait au groupe qatari BeIN. Ce dernier a d’ailleurs lui aussi été contraint mercredi par le tribunal judiciaire de Paris de respecter le contrat le liant à la LFP et de payer cette dernière. Cet happy end, on le sait, est évidemment provisoire tant l’imbroglio juridique est loin d’être terminé dans ce qui reste une affaire de gros sous qui a mal tourné. La LFP en porte la lourde responsabilité, elle qui s’était éloignée des acteurs historiques de diffusion pour choisir, à la surprise générale, l

La voix des sages

Depuis qu’il a à trancher des questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) qui lui sont soumises par tout citoyen, le vénérable Conseil constitutionnel – que le grand public ne voyait guère que lors de la proclamation des résultats des élections présidentielles – est devenu un acteur majeur de la Ve République. L’attente de la décision qu’il a rendue hier sur le projet de loi portant, entre autres, sur l’extension du pass sanitaire, montre que depuis quelques années maintenant il a, d’évidence, acquis une nouvelle dimension le rapprochant de ce que peut être la Cour suprême américaine, c’est-à-dire l’ultime instance à même de dire le droit bien sûr et le respect de la Constitution, mais aussi de trancher des enjeux sociétaux majeurs. Il était peu probable que le Conseil censure la totalité du texte présenté par le gouvernement et rejette ainsi la vaccination obligatoire des soignants ou un pass sanitaire qui, de plus en plus dans le monde, s’impose pour freiner une épuisante épid

Des vacances quand même

Après une année de restrictions sanitaires pour endiguer l’épidémie de Covid-19, de couvre-feux, de confinements, de limitation de déplacements, de restaurants et de lieux culturels fermés, c’est peu dire que nous avions envie de nous retrouver cet été, ce moment de respiration pour lequel nous espérions reconquérir (un peu) de la vie d’avant. La situation sanitaire fin juin était bonne, la vaccination, rassurante, était là et cette année il y aurait moins de manifestations et d’événements sportifs ou culturels – que nous aimons tant fréquenter chaque année en juillet et en août – annulés ou reportés comme en 2020. Le mois de juillet laissait ainsi présager un bel été Las ! Après le variant britannique Alpha qui avait bousculé les fêtes de fin d’année, le variant Delta chamboule à nouveau notre vie. Beaucoup plus contagieux, il se déploie sur les zones touristiques à vitesse grand V : Corse, Côte d’Azur, Occitanie, côte atlantique, Outremer sont désormais confrontées à une quatrième va