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Articles

Affichage des articles du octobre, 2016

Janus

La candidature de Bruno Le Maire à la primaire de droite semble placée sous le signe de Janus, ce dieu de la mythologie romaine à une tête mais deux visages opposés, l’un regardant le passé, l’autre l’avenir.

D’un côté, il y a « Bruno le renouveau », un quadragénaire brillant qui veut bousculer sa famille politique au fonctionnement très conservateur. C’est que depuis qu’il est arrivé en 3e position lors du calamiteux scrutin pour la présidence de l’UMP en 2014, le député de l’Eure s’est senti pousser des ailes. La suppression de l’ENA, la réduction drastique du nombre de sénateurs et de députés font partie de ses propositions pour en finir avec un système – l’ancien régime dit-il – selon lui à bout de souffle. « Si vous voulez que tout continue comme avant, vous avez tout ce qu’il faut sur ce plateau », a-t-il lancé crânement lors du premier débat télévisé.

Mais il y a aussi l’autre face de Bruno Le Maire. Celle d’un énarque, normalien, remarqué par Jacques Chirac et Dominique de Vi…

La frondeuse

La candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet à la primaire de la droite et du centre est singulière et atypique à bien des égards. Singulière car «NKM» est la seule femme de cette compétition très masculine et il s'en est fallu de peu que celle que d'aucuns appellent «l'emmerdeuse» ne puisse pas parvenir à réunir les parrainages nécessaires. La prise de conscience in extremis du message catastrophique qu'aurait envoyé auprès de l'opinion une primaire entre hommes lui a permis d'afficher sur le plateau de TF1 jeudi dernier son éclatante robe rouge et, surtout, ses convictions qui détonnent dans sa famille politique.

Car la députée de l'Essonne, qui débuta sa carrière politique auprès de Jacques Chirac, cultive sa différence. Ambitieuse – mais qui ne l'est pas en politique ? – parfois cassante selon certains collaborateurs ou adversaires, l'élégante quadragénaire ne craint ni les polémiques (sa photo avec des SDF durant les municipales à Paris) ni le…

L'audace

Le prix Nobel de littérature 2016 attribué hier au chanteur américain Bob Dylan est, d'évidence, marqué du sceau de l'audace.

L'audace qui a toujours imprimé, d'abord, la carrière de ce chanteur inclassable, récompensé ce jeudi «pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d'expression poétique», selon l'expression de l'Académie Nobel.

De fait, dès le début des années 60, Bob Dylan s'impose comme l'un des songwriters les plus importants de son temps, souvent copié, jamais égalé. Et celui qui va à la fois coller à l'histoire de l'Amérique et en bousculer toutes les certitudes, tous les codes en y introduisant une vénéneuse contestation, portée par le souffle de textes ciselés comme Blowin' the wind. Contre la guerre du Vietnam, pour les droits civiques, Bob Dylan l'engagé, figure de la beat generation qui explorera le folk, le blues, le rock ou la country, verra son aura dépasser les…

Démocratie

L'expulsion surprise du Canada de José Bové pourrait paraître rocambolesque et insignifiante. Elle est tout au contraire grave et symptomatique de la façon dont l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne a été bâti.

Grave d'abord du point de vue la justice. José Bové a été condamné en France pour certaines de ses actions-chocs contre la malbouffe ou les OGM. Mais il a depuis purgé ses peines. Et l'idée que l'on se fait de la justice, en France comme certainement au Canada, devrait empêcher que l'on reproche perpétuellement à un homme ses condamnations.

Grave, ensuite, du point de vue politique. Alors que le premier ministre canadien Justin Trudeau se fait le chantre de nouvelles pratiques démocratiques, ne seraient autorisés à s'exprimer sur l'Accord de libre échange que les partisans de ce texte controversé ? Curieuse conception du débat public et de la liberté d'expression, surtout quand José Bové, qui est p…