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Articles

Affichage des articles du 2017

Mythe

L'ouverture de nouvelles archives sur l'assassinat du président John Fiztgerald Kennedy, autorisée par Donald Trump, n'est bien sûr pas dénuée d'arrière-pensées politiques. L'éruptif président des États-Unis sait qu'en communiquant sur elles, il conforte une partie de son électorat versée dans le complotisme. Et la suspension pour six mois de la publication de certains documents, à la demande des services de renseignements, ravira ces défenseurs des «faits alternatifs» qui, quoi qu'il arrive, martèleront qu'«on nous cache la vérité». En ouvrant ces archives, Trump, qui cumule beaucoup de déconvenues pour mettre en place sa politique depuis son installation à la Maison Blanche, se met aussi au niveau de l'Américain moyen qui, année après année, reste toujours autant fasciné par les événements du 22 novembre 1963 et veut savoir ce qui s'est réellement passé à Dallas. Enfin, avec la déclassification des archives annoncée par un tweet, Donald Tru

Trump face à la vérité qui dérange

À quelque chose malheur sera-t-il bon ? Le vieil adage pourrait se vérifier à propos du passage de l'ouragan Harvey qui ravage depuis dimanche les côtes du Texas et bientôt de Louisiane, provoque des inondations jamais vues et a conduit au déplacement forcé de quelque 30 000 personnes. Car cette catastrophe naturelle place Donald Trump face à ses contradictions et ses responsabilités sur le climat. Alors qu'il n'a eu de cesse de marteler durant la campagne que le réchauffement climatique n'existait pas et que ce concept n'était brandi que pour nuire au développement des États-Unis ; que, de tweet en tweet, il s'en est pris à la communauté scientifique, plaçant à des postes clés, notamment à l'Agence de protection de l'environnement (EPA), les pires personnalités climatosceptiques ; alors qu'il a fait sortir son pays des accords de Paris, l'ouragan Harvey pourrait constituer chez lui un salvateur déclic. Car le chantre des « faits alternatifs

A l'épreuve du plombier polonais

Depuis plus de vingt ans, le dossier des travailleurs détachés empoisonne les relations sociales en Europe. En 1996, la directive Bolkestein, du nom du commissaire européen au Marché intérieur, qui visait à libéraliser les services dans l'Union, était vite devenue un monstre juridique aux conséquences politiques majeures, cristallisant les discours souverainistes de droite et de gauche sur le «plombier polonais» ; alimentant les positions nauséabondes des formations populistes d'extrême droite ; et contribuant au rejet du Traité constitutionnel européen, en France notamment. L'idée de départ de permettre à des travailleurs européens d'être détachés dans d'autre pays en vue d'y fournir un service temporaire était a priori louable et dans la droite ligne de la libre circulation des personnes et des biens. Mais le système a vite montré ses limites, faussant la concurrence si chère à Bruxelles, déclenchant des abus en série, et finalement provoquant un insup

Grand écart

Tout à son envie de rassembler, Emmanuel Macron a-t-il voulu trop en faire pour satisfaire des publics aux points de vue opposés ? Le chantre du « ni-ni », ni de droite, ni de gauche, s'est-il aventuré trop loin dans sa volonté de concilier l'irréconciliable sur deux sujets justement très clivants sur l'échiquier politique ? A propos de la colonisation, Emmanuel Macron, désireux tout à la fois d'asseoir sa stature internationale et de séduire ses hôtes algériens, n'a sans doute pas mesuré la charge émotionnelle d'un dossier qu'il a bien évidemment le droit d'aborder, mais dont il a, d'évidence, mal évalué la complexité en le ramenant trop vite à la formule choc – fut-elle philosophiquement et historiquement juste – de « crime contre l'humanité. » Sur les si vindicatifs opposants au mariage pour tous qui auraient été « humiliés » par le gouvernement, Emmanuel Macron – qui est pourtant un défenseur de la loi emblématique du quinquennat –

Sursaut

D'aucuns trouveront peut-être à ricaner de ce qui arrive à la présidente socialiste de la Région Occitanie. La vie politique, il est vrai, est faite de passions, d'emportements, d'outrances, de prise à partie et parfois d'insultes vociférées dans les hémicycles, de la plus petite commune jusqu'à l'Assemblée nationale. «La démocratie, c'est aussi le droit institutionnel de dire des bêtises», soupirait d'ailleurs François Mitterrand. Mais dans cette affaire, nous sommes dans un tout autre registre que le débat musclé. Le courriel haineux qu'a reçu Carole Delga est tout sauf anodin et ne doit pas être pris à la légère. Par ses propos orduriers, par son ton belliqueux, par les menaces de mort explicites lancées à un élu de la Nation, c'est la démocratie que l'on atteint. De tels propos, ignobles, ne peuvent rester sans réponse et Carole Delga a évidemment eu raison de porter plainte. Mais les menaces reçues par la présidente de la Région

Exemplarité

EPP Summit, Brussels, December 2016 François Fillon reste pour l'heure droit dans ses bottes. « Debout toujours, à genoux jamais », a-t-il proclamé la main sur le cœur et la larme à l'œil devant les militants venus le soutenir dimanche pour ce qui devait être son premier grand meeting de campagne. Certes, jusqu'à preuve du contraire, François Fillon est présumé innocent. II n'est pas mis en examen et rien ne prouve qu'il aurait financé un emploi fictif pour son épouse avec des deniers publics. Rien ne prouve non plus que le travail de Penelope Fillon auprès de la Revue des deux Mondes, n'a pas été réel. Rien ne dit non plus que les deux enfants du couple Fillon rémunérés par leur sénateur de père n'ont pas effectivement planché sur tel ou tel dossier. Même si les sommes peuvent donner le vertige au Français moyen, rien de tout cela n'est illégal assure François Fillon qui – on l'aura remarqué – parle aussi pour sa femme… Mais quand on postu

Sacré bug

L'affaire Penelope s'apparente pour François Fillon le technophile à un sacré bug, de ceux susceptibles de mettre hors service le plus performant des logiciels. Jusqu'à présent, tout semblait réussir à l'ancien Premier ministre. Parti de très loin après la guerre fratricide avec Jean-François Copé, François Fillon, qui a su éviter d'être comptable des années Sarkozy et des déboires financiers et judiciaires de l'UMP, s'est lancé avec succès dans une primaire de la droite où personne ne l'a vu venir. Contrebalançant à l'envi la dureté de son programme ultralibéral et très conservateur, il a mis en avant son éthique, sa morale, sa probité, son souci de l'intérêt général et du sens de l'État, voire sa foi chrétienne. En trente ans, pas une affaire, s'enorgueillissait-il. Mais, depuis mercredi et les révélations sur les rémunérations aussi suspectes que mirobolantes de son épouse – dont les activités d'assistante parlementaire à son s