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Affichage des articles du 2021

La guerre de l'eau

  Il y a eu le barrage de Sivens dont le projet a été stoppé puis remanié après la mort du jeune écologiste Rémi Fraisse. Il y a maintenant le barrage de Caussade, dont l’autorisation de construction fait l’objet d’un bras de fer juridique à rebondissements. Et il pourrait y avoir encore bien d’autres exemples de ce qu’il faut bien appeler des guerres de l’eau. Certes, on est loin en France des conflits qui peuvent survenir entre Etats lorsque l’eau est non seulement une ressource vitale mais aussi un enjeu de souveraineté géopolitique. Rappelons d’ailleurs que la pénurie d’eau affecte quatre personnes sur dix dans le monde selon la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Mais les polémiques qui entourent, en France, la construction de nouvelles retenues ou la révision de la répartition des usages illustrent toute la complexité de la gestion de l’eau dans un contexte de changement climatique dont les effets sont de plus en plus visibles. Car le nœud

Horizon

  Les Français se sont-ils approprié ce week-end la maxime d’Oscar Wilde selon lequel « le meilleur moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder » ? En tout cas, à Paris comme à Toulouse, des centaines de personnes ont cédé à la tentation des rayons de soleil pour s’agglutiner sur les quais des deux métropoles avec un respect tout relatif des gestes barrière, pour ne pas dire un franc relâchement dans la distanciation sociale et le port du masque. Un comportement qui a rapidement suscité consternation chez les médecins et inquiétude chez les autorités. Le printemps approchant, ce genre de scènes risque hélas de se multiplier car l’épidémie de Covid-19 pèse de plus en plus lourdement sur la santé psychologique des Français, dont de récentes enquêtes ont montré qu’un sur trois n’a plus le moral et qu’un sur cinq pense ne jamais retrouver la vie d’avant… Un an après l’arrivée de la pandémie en France, et bientôt un an après le premier confinement, les Français sont, d’évidence, f

Principe de réalité

D’aucuns y verront la quintessence du « en même temps » appliquée à la 5G, la nouvelle norme de téléphonie mobile dont les antennes sont en cours de déploiement en France. Le 14 septembre dernier Emmanuel Macron fustigeait ceux qui réclamaient un moratoire sur ce sujet, estimant qu’on ne pouvait « relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. » « Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine », rajoutait le chef de l’Etat, s’attirant les foudres d’associations et d’élus écologistes et de gauche. Mais quelques jours plus tard, le 29 septembre, le secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O, écrivait une lettre aux opérateurs, révélée début février, par L’Express, dans laquelle il leur demandait expressément de « communiquer un dossier d’information » – ce que prévoit d’ailleurs la loi – aux élus locaux un mois avant le déploiement du réseau, quitte donc à retarder l’installation des antennes. Ce que certains

Sortir des déserts

  Ce n’est pas la première fois que l’on parle des "déserts médicaux". Ces dernières années, ces territoires où les patients doivent parcourir plus d’une dizaine de kilomètres avant de trouver un médecin généraliste, ou souffrir de délais indécents pour obtenir un rendez-vous médical chez un spécialiste, ont souvent fait la une de l’actualité. Dénoncés par les élus locaux et les populations promptes à se mobiliser pour défendre ici un hôpital de proximité ou une maternité, là se mettre en quatre pour attirer un jeune médecin, les déserts médicaux agacent tout autant le corps médical qui déteste cette appellation, lui préférant l’expression d’"inégalités territoriales" en santé, certes plus juste mais qui reflète moins les difficultés des zones rurales. Ces dernières, en effet, se sentent oubliées et injustement traitées comme le montre la dernière enquête sur le sujet de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), qui alerte tant sur d’importantes disparités g

Trompe-l'oeil

S’il fallait reprendre un vieil adage populaire pour illustrer la situation de l’épidémie de Covid-19 en France, ce serait celui qui dit qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué… Car la tentation est grande chez certains – des restaurateurs au monde de la culture – de vouloir alléger les mesures de restrictions sanitaires comme certains pays voisins l’ont fait, puisque les chiffres de la situation épidémique en France n’affichent pas de flambée mais une relative stabilité, le fameux « plateau haut. » Mais cette accalmie, qui redonne un peu d’espoir et justifie a posteriori le pari d’Emmanuel Macron de ne pas avoir décidé un troisième confinement, pourrait n’être qu’en trompe-l’œil. D’une part, la situation épidémique reste préoccupante avec la persistance de fortes tensions des services hospitaliers dans les régions de l’Est, avec aussi quelque 18 000 contaminations et près de 300 décès par jour. Ce n’est pas rien… Et d’autre part, la France reste sous la menace

L'autre virus

Les deux cyberattaques qui viennent de frapper coup sur coup deux hôpitaux français en pleine pandémie de Covid-19, paralysant complètement la quasi-totalité de leurs services sans heureusement faire de victimes, illustrent la grande vulnérabilité des institutions publiques. Car depuis plusieurs années, les pirates informatiques ne s’en prennent plus seulement aux entreprises mais ils visent désormais des institutions publiques, dont beaucoup ne sont pas suffisamment sécurisées pour contrer de telles attaques. Et surtout, les pirates disposent depuis ces dernières années d’un outil aussi simple que redoutable : le rançongiciel (ou ransomware), un virus informatique qui bloque et chiffre les données d’un ordinateur. Seul le paiement d’une rançon aux pirates permet aux victimes d’obtenir en échange la clé permettant de les déchiffrer – sans préjuger d’une nouvelle attaque ou de la vente frauduleuse des données… En mai 2017, le virus WannaCry a ainsi été utilisé au cours d’une cyberattaqu

Les mystères du virus

  On les a parfois regardés de travers, certains ont mis en doute ce qu’ils ressentaient, pensant qu’ils exagéraient. Et pourtant, les malades atteints de Covid-19 dont les symptômes persistent des mois après leur infection sont bel et bien une réalité. Aux nombreux témoignages que ces malades ont livrés dans la presse, et notamment dans nos colonnes, la Haute autorité de santé (HAS) a ajouté une reconnaissance en livrant des préconisations pour que les professionnels de santé identifient et prennent en charge de façon personnalisée ces patients. Ces patients "Covid long" sont d’ailleurs loin d’être marginaux puisque la HAS estime à 10 % le nombre de malades qui ressentent au moins un des symptômes initiaux du Covid-19 six mois après le début de la maladie. Ces patients, souvent inquiets et handicapés par leurs symptômes persistants dans leur vie quotidienne et leur activité professionnelle, devraient prochainement bénéficier de la reconnaissance du Covid long comme affection

La force du symbole

  Depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, l’école est une question centrale dans la gestion de l’épidémie, car vers elle convergent des dimensions sanitaires, éducatives, socio-économiques et politiques. Dimension sanitaire en premier lieu, naturellement. Depuis mars 2020, les contaminations des élèves dans les écoles ont fait l’objet de nombreuses études, aussi contradictoires au fil du temps que l’on perçait peu à peu les mystères du coronavirus SARS-CoV-2. Entre ces incertitudes et ces études, le gouvernement a dû tâtonner pour bâtir puis renforcer sans cesse des protocoles sanitaires dont l’efficacité a légitimement été questionnée par les parents et les enseignants. Le dernier protocole en date censé freiner la progression des variants, en vigueur depuis le 1er février, n’échappe pas à ces inquiétudes croissantes. Aspect éducatif ensuite. Le premier confinement a imposé à l’école une réorganisation rapide et complète en distanciel à laquelle elle n’était pas préparée. &

L'émotion et les droits

  Photo DDM - Adrien Nowak Des propriétaires privés qui voient du jour au lendemain leur appartement ou leur maison occupés par des squatteurs et qui ne parviennent à récupérer l’usage de leurs biens qu’au prix de longues, coûteuses et incertaines procédures judiciaires : ce type de mésaventure n’est ni récent ni nouveau. Dernière en date, l’affaire de la maison squattée de Toulouse, révélée ce week-end par La Dépêche du Midi. La détresse de son propriétaire âgé de 88 ans a suscité une immense émotion allant bien au-delà de la Ville rose. Comment se peut-il qu’au soir d’une vie de travail, des Français âgés se retrouvent ainsi du jour au lendemain dépossédés de leur logement ? Et comment admettre qu’il faille parfois des mois pour qu’ils retrouvent leur propriété, qui est souvent bien plus qu’un simple bâtiment mais l’accomplissement et le patrimoine familial de toute une vie ? Face à ces situations dramatiques, la loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable (DALO) ava

La fin d’une époque

  Cela fait bien longtemps qu’il n’a plus la cote, détrôné dans le cœur des Français par les téléphones mobiles et les smartphones si pratiques avec leurs multiples fonctions, presque relégué dans les livres d’histoire et la mémoire collective, entre le "22 à Asnières" de Fernard Reynaud ou le "Téléphone pleure" de Claude François. Et pourtant, le téléphone fixe n’a pas dit son dernier mot. S’il disparaît du paysage dans les cabines téléphoniques, il a connu chez les particuliers un retour en grâce à l’occasion des confinements. Derrière le boom des apéros WhatsApp ou des visioconférences Zoom, les Français ont redécouvert leur téléphone fixe et le goût des longues conversations. Pour les aînés d’ailleurs, il constitue un lien toujours important avec la famille et une sécurité vitale en cas d’accident. Derrière ce regain d’intérêt, peut-être ponctuel, le téléphone fixe s’apprête pourtant à vivre une révolution aussi discrète que le débat sur l’arrivée de la 5G est é

Changer nos habitudes

Le plastique n’est définitivement plus fantastique. Même si l’épidémie de Covid-19 et ses mesures sanitaires ont pu laisser penser à certains que les objets à usage unique faits de plastique pourraient bénéficier d’un sursis, leur fin programmée est bel et bien enclenchée avec une date fixée à… 2040. Échéance bien trop lointaine pour de nombreuses associations de défense de l’environnement, qui voient chaque jour les dégâts considérables que font gobelets, pailles, assiettes ou emballages en plastique jetés dans la nature sur la faune et sur la flore. En témoignent les spectaculaires images du "7e continent", ce vortex de plastique au milieu de l’océan, qui se désagrège en minuscules particules toxiques ingérées ensuite par les poissons. Mais nul besoin d’aller si loin pour se rendre compte des dégradations écologiques : il suffit à chacun de nous de se promener pour constater que notre environnement immédiat est pollué par ces plastiques. L’urgence d’agir peut-elle dès lors

Les bravos oubliés

  C’était pourtant hier, c’était il y a moins d’un an, mais autant dire un siècle sur l’horloge de cette interminable épidémie de Covid-19. Depuis leurs fenêtres ou balcons, sur le pas de leur porte ou sur leur terrasse des millions de Français confinés applaudissaient chaque soir à 20 heures les personnels soignants pour leur dévouement, leur abnégation et leur courage face à cette maladie qui submergeait leurs services.  Ces médecins, infirmières et aides-soignantes, dans les hôpitaux mais aussi dans les Ehpads, parfois confrontés au manque criant de matériels – pas assez de masques, pas assez de surblouses – et de personnels, ne comptaient pas leurs heures pour soigner, soulager et accompagner aussi des patients isolés jusqu’à la mort. C’est peu dire que la Nation a une dette morale envers eux, un devoir de reconnaissance qui devra dépasser la remise d’une simple médaille… Et puis le temps a passé, le déconfinement est arrivé, puis un reconfinement est survenu à l’automne qui n’avai

Coup de semonce

  Le double coup de semonce – scientifique et juridique – sur le front du climat suffira-t-il à engager enfin les actions promises mais toujours retardées ou amoindries ? Lundi, la vaste étude de Météo-France bâtie sur différents scénarios de hausse des émissions de gaz à effet de serre nous a montrés combien le réchauffement climatique pouvait, d’ici la fin du siècle, bouleverser le climat en France et donc notre vie quotidienne. Sans actions fortes maintenant, c’est un avenir sinon apocalyptique du moins infernal qui nous attend quant aux phénomènes dont nous avons à peine entr’aperçu les conséquences ces dernières années, particulièrement dans notre région qui se trouve en première ligne. La hausse des températures va s’accompagner de la hausse en nombre et/ou en intensité d’épisodes de canicule, de sécheresse, de nuits tropicales ; la neige et le gel ne seront plus que des souvenir ; et des phénomènes ponctuels  de pluies extrêmes seront aussi de mise. D’ici quelques décennies, le

Reprise

Il aura suffi d’un coronavirus pour mettre à genoux l’économie mondiale. La pandémie de Covid-19 a imposé aux chefs d’Etats et de gouvernements – en tout cas les plus soucieux de leur population – de faire passer la santé avant l’économie, les vies avant les profits. Ce faisant, entre couvre-feux et confinements, entre fermetures strictes et réouvertures très encadrées, l’activité économique a été profondément bouleversée. L’économie française a ainsi connu une récession historique en 2020 : le produit intérieur brut (PIB) a plongé de 8,3 % l’an passé, après une croissance de 1,5 % en 2019, selon une première estimation publiée vendredi par l’Insee. Et si les faillites et les licenciements ont pour l’heure été contenus, c’est grâce au soutien massif de l’Etat. La crise sanitaire n’a toutefois pas annihilé l’économie, elle l’a profondément modifiée. "Il y a deux économies françaises et il va falloir en sortie de crise les réconcilier. Il y a une économie qui se porte très bien, qui

La France à cran

  Il aura suffi d’une voix, aussi douce que déterminée, pour mettre des mots sur ce que les Français ressentent à la veille d’un troisième confinement présenté comme inéluctable mais qui n’en finit pas de se faire attendre. Cette voix, c’est celle de Niels Arestrup. Invité au 20 heures de France 2 dimanche dernier à témoigner du désarroi du monde de la culture, le comédien a livré sa vision de la situation et son appréciation des restrictions sanitaires qui pèsent sur nous tous. « Je crois que les Français sont drôlement gentils, depuis un bon moment. Depuis pratiquement une année. Ils font tout ce qu’on leur demande, tous les efforts qu’ils peuvent. […] Il faut être gentil avec les gens qui vivent ça et qui acceptent ça. Ce ne sont pas des procureurs. Ce sont surtout des victimes ». Des propos renvoyant à la petite phrase d’Emmanuel Macron qui déplorait de devoir gouverner « 66 millions de procureurs »… Des propos, surtout, qui ont eu beaucoup d’écho sur les réseaux sociaux, et parfoi

Tragique

Face au drame qui a frappé mardi soir le village de Senouillac, c’est bien sûr l’émotion et la compassion avec la famille de la victime qui affleure en chacun de nous. Sandra Vicente, dont la force, la détermination et l’engagement auprès des autres en général et de ses concitoyens en particulier forçaient l’admiration, n’aurait pas dû perdre la vie dans des circonstances aussi tragiques. Vraisemblablement blessée par ses chiens, cette jeune élue handicapée n’a peut-être pas eu la possibilité ou la force de se protéger, de se défendre depuis son fauteuil roulant. L’enquête devra déterminer plus précisément les circonstances du drame, trouver l’élément déclencheur qui a poussé les chiens, deux rottweillers, à se retourner contre leur maîtresse. Ce drame convoque immanquablement, aussi, le souvenir d’une autre affaire récente : celle d’Elisa Pilarski, fin 2019. Cette jeune femme de 29 ans, enceinte avait été mortellement mordue par son chien Curtis, un American Staffordshire terrier, sel

Comment préparer demain

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance et son collègue Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, sont un peu le yin et le yang du gouvernement. L’économie et la santé, la santé et l’économie. Depuis un an et le début de la pandémie de Covid-19, l’économie a dû s’effacer devant la santé, au nom du principe humaniste selon lequel il fallait privilégier à toute autre considération la vie des Français, quels qu’ils soient, quel que soit leur âge. D’autres pays ont fait le choix inverse, comme les Etats-Unis de Donald Trump : le résultat est sans appel et l’Amérique est devenue le pays le plus endeuillé du monde avec 400 000 morts… Mais si la santé est la priorité numéro un, l’économie reste la préoccupation majeure du gouvernement. Pour éviter son "écroulement", selon le mot terrible mais juste de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, Emmanuel Macron, déjà bousculé dans ses certitudes par la crise des Gilets jaunes, a dû complète

Réparer l'Amérique

La tâche qui attend Joe Biden, investi aujourd’hui à midi comme 46e président des Etats-Unis dans un Washington bunkérisé, est immense. Après les quatre années de bruit et de fureur de la présidence du républicain populiste Donald Trump, l’ancien vice-président de Barack Obama a pour mission de réparer une Amérique qui n’a jamais été aussi divisée, polarisée, abîmée. Après quatre années de tweets en majuscules, d’outrances, d’invectives, de fake news, de mensonges éhontés de la part du milliardaire qui n’a pas concédé sa défaite, qui affirme toujours sans preuve que l’élection lui a été volée et qui a chauffé à blanc ses partisans, les incitant à envahir le Capitole, temple de la démocratie, Joe Biden va devoir réconcilier ses concitoyens mais aussi réconcilier l’Amérique avec le monde. Le natif de Scranton (Pennsylvanie) n’a ni le charisme d’un Obama, ni la jeunesse d’un Kennedy, ni l’aura d’un Roosevelt. Mais Joe Biden, qui se présente en normal guy proche des gens, a pour lui une vi

Quand l’intendance ne suit pas

  Certains diront que le gouvernement joue de malchance avec le vaccin contre le Covid-19, d’autres qu’il paye là son impréparation de la campagne vaccinale par rapport à ce qu’ont fait d’autres pays européens. Toujours est-il qu’à l’heure où la défiance de l’opinion envers les vaccins s’est enfin inversée – 54 % de nos concitoyens se déclarent désormais prêts à se faire vacciner, contre 39 % à peine fin décembre, selon un sondage Ifop-Lemon paru ce week-end – et donc que l’exécutif pourrait se réjouir d’avoir gagné la bataille, capitale, de l’opinion, le voilà confronté à une nouvelle tuile : une possible pénurie de doses du vaccin Pfizer-BioNTech et la colère des élus locaux… Les difficultés de production rencontrées par les deux laboratoires ne sont bien sûr pas le fait du gouvernement, d’autant plus que l’approvisionnement s’est fait pour chaque pays au niveau européen. Mais cette crainte de manquer de doses – que Pfizer-BioNTech a tenté d’atténuer ce week-end en promettant un reto

La bataille de l’opinion

  Dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19, l’humanité a remporté une première bataille : celle de trouver des vaccins en un temps record. Là où il faut habituellement plusieurs années pour mettre au point un vaccin, les scientifiques du monde entier ont réalisé des prouesses grâce à une mobilisation et une collaboration internationales exceptionnelles pour livrer en un an plusieurs vaccins. Qu’ils utilisent des techniques traditionnelles ou la nouvelle méthode de l’ARN messager – méthode étudiée toutefois depuis plus de dix ans – ces vaccins, dont les homologations ont respecté tous les protocoles de sécurité, notamment en Europe et donc en France, constituent aujourd’hui la seule arme dont nous disposons pour sortir de cette pandémie qui a mis le monde à genoux. Mais il reste encore la seconde bataille à mener : celle de l’opinion. Si la rapidité de mise au point des vaccins peut susciter de légitimes questions pour lesquelles les autorités peuvent apporter des réponses claires, d

Dilemme

  Dans sa gestion de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement se trouve confronté à un dilemme. Au vu des cartes épidémiologiques, la France, en effet, est comme coupée en deux entre un côté Ouest où le coronavirus circule modérément, et un côté Est où les cas de Covid-19 s’emballent au point d’inquiéter les soignants quant à une rapide saturation des hôpitaux, comme lors de la première vague du printemps. Dès lors, faut-il réagir de façon uniforme sur tout le pays avec les mêmes mesures restrictives, inéluctables pour faire face à une troisième vague, ou bien faut-il cette fois régionaliser les réponses avec des mesures différentes d’une région à l’autre ? Choix d’autant plus cornélien qu’il n’y a pas de bonne réponse. En choisissant depuis le début de l’épidémie une gestion centralisée et nationale – à quelques exceptions près comme les couvre-feux des métropoles en octobre ou le renforcement de l’actuel couvre-feu dans une vingtaine de départements de l’Est – l’exécutif a souvent été