Accéder au contenu principal

Éviter que tout recommence

 

masque

La perspective de voir les écoliers de 39 départements, dont six en Occitanie, être obligés de porter à nouveau le masque à partir de lundi prochain doit résonner comme un avertissement pour les Français. Le franchissement du taux d’incidence de 50 cas positifs au Covid pour 100 000 habitants, qui devrait déclencher le niveau supérieur du protocole sanitaire dans les écoles, illustre, en effet, un rebond épidémique latent depuis plusieurs semaines et qui pourrait devenir une cinquième vague de l’épidémie de Covid. Cette vague-là est déjà à l’œuvre dans plusieurs pays et, depuis la Chine et l’Asie, a commencé à gagner l’Europe. L’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou le Danemark voient leurs taux d’incidence et leur nombre d’hospitalisation augmenter…

Pour l’heure il convient toutefois de rester prudent car si les résultats des tests de dépistage du Covid-19, comme ceux de la surveillance des eaux usées, montrent bel et bien un début de rebond épidémique en France, la fin de la gratuité des tests biaise un peu l’analyse de la situation. De plus, depuis la quatrième vague - souvent considérée comme celle des non-vaccinés -, la couverture vaccinale s’est encore améliorée en France ; 88 % de la population éligible est vaccinée soit 76 % de la population totale.

Mais depuis la fin de l’été, un retour à la vie un peu plus normale s’est opéré et chacun a commencé à être moins vigilant avec les gestes barrière qui étaient notre quotidien depuis mars 2020. On a laissé tomber le masque, on se lave moins souvent les mains avec le gel hydroalcoolique et certains ont recommencé à serrer des mains et à se faire la bise… Cette reprise de la vie sociale « comme avant » inquiète les autorités à l’heure où, de plus, les virus hivernaux - grippe ou bronchiolite - recommencent à circuler… « Aujourd’hui, l’enjeu majeur est de continuer à agir pour diminuer la circulation du virus et ses conséquences pour l’hôpital et pour les personnes qui peuvent tomber gravement malades » a rappelé, à raison, le ministre de la Santé Olivier Véran, hier dans nos colonnes, inquiet qu’une cinquième vague ne vienne saturer le système hospitalier à l’approche des fêtes.

Dès lors, si l’immunité collective est évidemment l’objectif à poursuivre dans la lutte contre la pandémie, elle doit être accompagnée par les gestes barrière, le port du masque, le pass sanitaire. Il faut utiliser tous les outils dont nous disposons, pour mettre toutes les chances de notre côté. C’est la meilleure chose à faire pour éviter que tout recommence.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mercredi 3 novembre 2021)

Posts les plus consultés de ce blog

La clé du conflit

L’ « opération spéciale » lancée par Vladimir Poutine le 24 février pour « libérer » les Ukrainiens du Donbass et au-delà, et « dénazifier » un pays prétendument aux mains de dirigeants corrompus devait être une Blitzkrieg rondement menée : en trois jours le pays devait tomber. Las ! Trois mois plus tard, la guerre qu’a déclenchée le maître du Kremlin est toujours bien présente avec son cortège d’horreurs et de malheurs, de crimes de guerre et de destructions de villes entières, véritablement rasées, de millions de réfugiés jetés sur les routes de l’exil et de morts par centaines. Vladimir Poutine pensait pouvoir réitérer ce qu’il avait fait en Crimée en 2014, une invasion militaire express sans résistance et la mise devant le fait accompli de la communauté internationale, qui n’avait alors que mollement protesté avec des sanctions économiques et financières quasiment indolores. Mais le président russe a sans doute préjugé de ses forces et mal compris que le monde qu’il rêve depuis lon

Question d'éthique

  Photo Pierre Challier Un scandale est parfois nécessaire pour qu’éclate au grand jour une vérité jusqu’alors tue, fût-elle bien connue d’un grand nombre d’acteurs, et que de salutaires changements s’opèrent, des réformes trop longtemps repoussées ne voient enfin le jour. Celui qui a touché le Centre du don des corps de l’Université Paris-Descartes en novembre 2019, lorsqu’un charnier a été découvert en son sein, est incontestablement de ceux-là. Pendant des années – l’instruction judiciaire déterminera depuis quand – les corps de défunts qui avaient choisi de leur vivant de se donner à la science ont été maltraités. Plusieurs documents, notamment photographiques, ont montré que cette maltraitance était devenue au fil des ans normalisée, voire institutionnalisée, au mépris de toutes les exigences éthiques et juridiques, au mépris, surtout, de la dignité que l’on se fait du corps humain et du respect que l’on doit à tout homme, y compris après sa mort. L’affaire a profondément choqué l

Artificiel

Le propre des crises est qu’elles sont autant des moments de bascule que de vérité et qu’elles révèlent que ce qui apparaissait impensable, incongru ou impossible ne l’était pas forcément. Ainsi lors de la crise du Covid-19, on a vu les 27 pays membres de l’Union européenne mettre de côté les sacro-saintes règles du traité de Maastricht – pas plus de 3 % de déficit public et 60 % d’endettement des États – pour permettre de surmonter la pandémie. Sous l’impulsion notamment de la France, les dogmes budgétaires ont été mis en pause afin de mutualiser de la dette au niveau européen et de bâtir un plan d’aides et de relance pour préserver les économies européennes. En sera-t-il de même avec un autre dogme européen, celui de la concurrence libre et non faussée, à l’occasion de la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine ? La question se pose à l’heure où les États doivent à la fois repenser leur mix énergétique en se passant des énergies fossiles russes et accélérer la transitio