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Articles

Affichage des articles du 2020

Fusions et frictions

Depuis hier et le dépôt des listes pour le second tour des élections municipales, qui se tiendra le 28 juin, la France retrouve le fil de sa vie démocratique brutalement interrompu par le confinement après un premier tour que d’aucuns – a posteriori – regrettent qu’il ait été organisé. Ce retour du débat politique reste une bonne chose car la démocratie locale ne pouvait être confinée plus longtemps, ne serait-ce que pour que les collectivités puissent lancer d’indispensables chantiers.

Ce très long entre-deux tours – qui aurait d’ailleurs pu ne jamais finir si les élections avaient été entièrement reportées pour toutes les communes – a donné lieu à de multiples tractations, des mains tendues puis refusées, des coups de chaud et des coups de mou, bref toute une cuisine politique, une tambouille d’appareils nécessaire mais qui a tendance à agacer les Français. Sans préjuger des résultats finaux, la constitution des listes de second tour a aussi donné une bonne photographie du paysage …

Nécessaire solidarité

Après plusieurs semaines de confinement – 55 jours en France – pour endiguer la propagation du coronavirus meurtrier, la situation s’améliore peu à peu et la perspective de voir la fin de l’épidémie se rapproche enfin. Les Européens, dont beaucoup ont difficilement vécu ces assignations à résidence, veulent désormais – c’est bien naturel – renouer avec la vie d’avant et, à l’approche de l’été, penser aux vacances qui auront cette année un double mérite. D’abord soulager autant que faire se peut, en famille, les épreuves psychologiques du confinement alors que la rentrée s’annonce difficile avec la récession qui menace. Ensuite, soutenir l’un des secteurs les plus impactés par l’épidémie : le tourisme.

Alors que l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoit une réduction de 20 % à 30 % des arrivées internationales, ce qui représente une perte de 280 à 420 milliards d’euros pour le secteur du voyage au niveau mondial, en Europe, l’été est une saison cruciale avec 360 millions d’arr…

Retrouvailles

Demain, pour des centaines de milliers de restaurateurs, le jour se lèvera enfin avec la réouverture de leurs établissements au public. Depuis l’arrivée du coronavirus et la fermeture, le 14 mars au soir, de tous les bars et restaurants du pays, en prélude au confinement instauré trois jours plus tard, le secteur de l’hôtellerie-restauration a été l’un de ceux qui ont le plus souffert des restrictions sanitaires. Et sans doute aussi l’un de ceux qui vont le plus souffrir de la récession qui vient, car tous les établissements ne pourront pas s’adapter aux nouvelles règles sanitaires de distanciation sociale. Contrairement aux grandes structures qui peuvent réaménager leurs salles ou multiplier les services, les petits restaurants ne peuvent, en effet, pousser leurs murs, et beaucoup n’auront pas l’opportunité de créer ou d’élargir leurs terrasses. La livraison de repas ou la préparation de plats à emporter, expérimentées durant la crise par certains, ne saurait être une solution péren…

Reconquête spatiale

"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" disait Albert Camus. Sorte d’Howard Hughes du XXIe siècle ou d’incarnation du superhéros de BD "Iron man", le milliardaire américain Elon Musk – aussi fantasque que visionnaire, aussi agaçant que fascinant, aussi talentueux que présomptueux – en apportera sans doute la preuve ce soir lorsque sa capsule Dragon propulsera deux astronautes depuis cap Canaveral vers la station spatiale internationale. Le moment sera alors triplement historique et va inaugurer une véritable reconquête spatiale pour les Etats-Unis. Historique pour Space X bien sûr, cette société privée fondée par Musk en 2002 et qui dépoussière le secteur. Il n’y avait, pour s’en rendre compte, qu’à voir les deux astronautes dans leurs combinaisons high-tech se glisser dans une capsule épurée qui fait passer les modules Soyouz pour des antiquités… Elon Musk rapproche la science-fiction de la réalité et retrouve le souffle et l’enthousiasme de l’épopée spatial…

Libérer, protéger

En se retrouvant hier matin à l’Elysée pour un Conseil de défense afin de finaliser les mesures de l’acte II du déconfinement, Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont peut-être eu à l’esprit le slogan de la campagne présidentielle de 2017 : libérer, protéger. Ce mantra, qui devait être l’alpha et l’oméga du quinquennat en matière économique, pouvait, en effet, s’appliquer parfaitement à la situation du pays qui se relève peu à peu de l’épidémie de coronavirus survenue il y a trois mois.

Libérer les Français du rigide – mais nécessaire – carcan des règles sanitaires du déconfinement, il le fallait bien. La multiplication des matchs de foot réunissant des centaines de personnes au mépris des consignes de distanciation physique, l’augmentation de petits attroupements de Français désireux tout simplement de profiter en extérieur des beaux jours et du soleil, l’agglutinement de familles parisiennes sur des trottoirs devant des parcs et jardins fermés – situation totalement ubuesque – mais…

Le juste prix

Après 55 jours d’un confinement inédit qui a mis à l’arrêt l’économie du pays, le retour à la normale pour les commerces reste éminemment compliqué, notamment par l’impérieuse nécessité de s’organiser pour respecter les règles de distanciation physique et les gestes barrière. Pour les commerçants dont beaucoup ont énormément souffert, financièrement comme psychologiquement, de la fermeture de leur boutique, cette nouvelle période est source de soulagement mais aussi d’inquiétude, car de son bon déroulement dépend leur avenir. Contraints de réaménager leurs boutiques et d’instaurer de drastiques règles sanitaires pour leur clientèle, notamment dans le secteur de l’habillement, les commerçants doivent aussi résoudre un casse-tête : comment écouler le stock qui s’est accumulé sans pour autant le brader ?

Pour les grandes enseignes et la grande distribution, la question est vite réglée avec le recours à des ventes privées pour faire revenir la clientèle fidèle ou de grosses promotions po…

Nouvelle alimentation

L’épidémie du cronavirus, qui n’est pas encore terminée, a, assurément, été le révélateur voire l’accélérateur de nos comportements de consommation. Les produits issus de l’agriculture biologiques en sont le parfait exemple, qui sortent grands gagnants de cette longue période de 55 jours de confinement. Est-ce parce qu’ils ont été contraints de faire plus souvent leurs courses dans des commerces de proximité ? Est-ce parce qu’ils n’ont plus trouvé de produits conventionnels, trop vite épuisés sur les étals ? Est-ce parce que le bio porte en lui la réputation de produits plus respectueux de la nature et meilleurs pour la santé ? Est-ce parce qu’il y a eu une prise de conscience sur l’importance des circuits courts face aux produits venant du bout du monde ? Ou encore est-ce grâce aux nombreuses initiatives de points de collecte ou de livraison à domicile qui ont vu le jour pendant le confinement ? Sans doute un peu de tout cela explique l’incroyable boom du bio ces dernières semaines,…

Incontournable

On l’a si souvent dite ringarde, abêtissante, superficielle, futile ; on lui a tellement prédit sa disparition prochaine, engloutie dans les méandres d’internet, supplantée par les réseaux sociaux. Et pourtant la télévision est toujours là, insubmersible et incontournable comme l’on vient de s’en rendre compte après cette longue période, historique et inédite, de 55 jours de confinement qui nous a placés quotidiennement face à elle. Les Français assignés à domicile pour endiguer la propagation du coronavirus, ont, clairement, redécouvert leur télévision, c’est-à-dire à la fois le contenant, cet écran de plus en plus en plus grand et de plus en plus fin, et les contenus, ceux des chaînes traditionnelles et ceux des nouveaux venus que sont les plateformes de vidéo à la demande.

Alors que l’on passait jusqu’au 16 mars de plus en plus de temps sur son smartphone ou sa tablette en solitaire, nous avons, en effet, redécouvert le grand écran, en famille, pour voir des séries, des films, des…

Les damnés du Covid

Au moment du confinement, Emmanuel Macron avait su trouver les mots justes pour rendre hommage à ceux qui étaient en première ligne, les soignants que les Français applaudissaient chaque soir à 20 heures à leur fenêtre. Puis, le chef de l’Etat avait salué ceux qui tenaient la deuxième ligne, c’est-à-dire tous ces métiers jusqu’alors invisibilisés, voire trop souvent méprisés – caissières, livreurs, facteurs, éboueurs, femmes de ménage… – mais qui ont pris des risques pour faire tenir le pays en assurant le fil de notre quotidien confiné. Enfin, le Président s’était dit fier de tous ceux qui constituaient la troisième ligne, c’est-à-dire tous les Français dans leur ensemble, qui ont fait preuve d’un civisme et d’une discipline exemplaires pour respecter les consignes – éprouvantes parfois – du confinement.

Entre les lignes, pourtant, une catégorie de nos compatriotes s’est sentie oubliée, et alors que le déconfinement est désormais bien engagé, elle lance un SOS pour son avenir. Ce cr…

Le retour du couple franco-allemand

"L’Europe, quel numéro de téléphone ?" La phrase prononcée par l’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger dans les années 1970 pour critiquer le manque de cohésion et de visibilité de l’Union européenne sur la scène internationale est restée célèbre. Et l’Union européenne a maintes fois, depuis, raté le coche pour la démentir et montrer qu’elle n’était pas seulement qu’une alliance économique et pour partie monétaire avec la zone euro et que ce qui la réunissait n’était pas à chaque fois le plus petit dénominateur commun de 27 Etats. Mais depuis lundi, à défaut d’un numéro de téléphone, on pourrait donner à l’ancien ministre de Richard Nixon le lien d’une visioconférence comme celle qu’ont tenue la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron. Car en lançant leur initiative pour que le plan de relance européen, en préparation à Bruxelles, soit doté de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires pour les pays du bloc les plus touch…

La valeur du bac

C’est une petite musique qu’on commence à entendre et qui serait la reprise d’une autre jouée en 1968. Comme après le mois de mai de cette année-là, certains estiment que le bac 2020 serait un bac au rabais, un "bac donné" puisque le gouvernement a décidé, en raison de la crise sanitaire du coronavirus, d’annuler les épreuves écrites de l’emblématique examen centenaire pour les remplacer par le seul contrôle continu sur deux trimestres.

Il y a plus de cinquante ans, le bac 68 avait été passé en une journée, entièrement à l’oral. Depuis, l’idée simpliste du "bac donné" est restée des années dans l’inconscient collectif, au moins jusqu’à ce qu’en 2005, deux économistes, Eric Maurin et Sandra McNally, décident d’enquêter sur les bacheliers de cette année-là. Dans "Vive la Révolution ! Les bénéfices de long terme de Mai 68" (Ed. La République des idées), le duo s’est attelé à suivre le parcours des bacheliers de 1968 et en a conclu que "lorsque l’on sui…

Ensemble

Que retiendrons-nous de ces 55 jours de confinement ? Quelle signification recèlent ces semaines où les Français sont restés à la maison, le temps que la propagation du coronavirus soit ralentie ? Qu’a révélé finalement ce confinement, totalement inédit pour une démocratie, de l’état de notre pays, des angoisses, des attentes et des espoirs qui traversent notre peuple ? Sans doute faudra-t-il encore plusieurs semaines, plusieurs mois, plusieurs années même pour comprendre comment cette période a bouleversé ce que l’on croyait immuable.

Mais d’ores et déjà, on peut mesurer comment les Français ont fait face à ce qui sera un événement majeur qui aura frappé chacune des notions de notre devise nationale.

La liberté d’abord. En premier lieu, c’est, en effet, l’incroyable adaptabilité des Français qu’il faut souligner. Brocardés comme des "Gaulois réfractaires" au changement, comme des râleurs impénitents toujours prompts à s’affranchir des règles, les Français, avec un remarqua…

Libérés sous conditions

Dans le calendrier républicain, le 7 mai correspondait au 18e jour du mois de Floréal, consacré à la corbeille d’or, cette fleur symbole de tranquillité. Une chose que les Français, pour nombre d’entre eux, se languissent de retrouver, confinés à domicile depuis plus de 50 jours pour endiguer la propagation d’un coronavirus mortel qui a mis le pays à l’arrêt. Hier, en présentant enfin le détail du plan de déconfinement du gouvernement, qui commencera bien lundi 11 mai pour une majorité des Français, le Premier ministre Edouard Philippe a assurément apporté cette dose de tranquillité qui faisait défaut, en tout cas une lueur d’espoir bienvenue, une "bonne nouvelle" pour retrouver un peu de la vie d’avant. Le Premier ministre a aussi mis fin au supplice chinois de ces derniers jours, enduré tant par l’exécutif que par les Français.

Pour le gouvernement, le rendez-vous du 7 mai était, en effet, celui qu’il ne fallait pas rater. Après des semaines pendant lesquelles les couacs …

L’enfer de Matignon

Tout remonte-t-il à Matignon ? "Non, seulement les emmerdes", avait répondu un rien désabusé Édouard Philippe, ce qui lui avait valu de décrocher le Grand Prix de l’humour politique il y a tout juste un an. Depuis, les "emmerdes" – qui, comme chacun sait, "volent en escadrille" selon la formule de Jacques Chirac – se sont accumulées pour le Premier ministre. Après le mouvement des Gilets jaunes et la contestation de la réforme des retraites, le locataire de Matignon fait face à une crise autrement plus corsée : celle du coronavirus. Rarement un chef de gouvernement aura eu à gérer un dossier aussi complexe et tentaculaire, dont les conséquences à venir sur la vie du pays – sanitaires, économiques, sociales, politiques, sociétales… – sans doute encore mal estimées, vont être considérables. Rarement aussi un Premier ministre ne se sera senti aussi seul et sans doute sur la sellette…

Au contraire de nombre de ses prédécesseurs qui ont souvent été à la tête …

De l'union à l'ouverture

Ce n’est bien sûr pas la première fois que surgit dans le débat public l’idée d’un gouvernement d’union nationale. Et la crise aussi historique qu’inédite du coronavirus, qui met la classe politique face à ses responsabilités pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, est sans aucun doute un facteur clé dans la réapparition de cette demande qui séduit toujours autant une large majorité de Français, 70 % selon le dernier sondage Ifop. Dans l’inconscient collectif de la nation figure toujours, en effet, le souvenir du gouvernement d’union nationale qui sortit de la seconde Guerre mondiale. Autour du Général de Gaulle, droite et gauche jusqu’aux communistes avaient déployé le programme du Conseil national de la Résistance dont les réalisations - Sécurité sociale en tête - marquent encore les Français dans leur vie la plus quotidienne.

Emmanuel Macron, qui avait appelé dès le 12 mars dans sa première allocution solennelle aux Français à une « France unie », avait aussi expliqué que « les…

Sortir du flou

Déconfiner ou ne pas déconfiner à partir du 11 mai ? Telle est désormais la question qui se pose au gouvernement comme à l’ensemble des Français, à deux jours de l’annonce par Edouard Philippe des départements qui pourront être déconfinés et ceux qui devront encore subir un confinement strict en raison d’une circulation trop importante du coronavirus.
En choisissant le 13 avril dernier la date du 11 mai pour entamer la délicate phase de déconfinement, Emmanuel Macron a, certes, pris une décision éminemment politique et donné un horizon clair, une perspective indispensable et pour tout dire un espoir de retour à la normale aux Français, dont beaucoup ont souffert et souffrent encore de l’assignation à résidence entamée le 17 mars. Mais en établissant ainsi un tel objectif, le président de la République s’est fixé comme une obligation de résultat et a mis tout le monde sous tension, à commencer par son gouvernement et la communauté éducative, sommée de rouvrir les écoles alors que le C…

Les enjeux d’un vaccin

La recherche d’un vaccin contre le coronavirus SARS-Cov-2 responsable de la pandémie du Covid-19 est une course contre la montre comme rarement l’humanité en aura connue. Une course dans laquelle sont engagés des milliers de chercheurs dans le monde avec des objectifs louables et d’autres qui le sont beaucoup moins. Parce que cette course est à la fois scientifique mais aussi économique, diplomatique et géopolitique. Face au nouveau coronavirus apparu en Chine en décembre 2019 et instruits par le précédent épisode de SRAS en 2002-2003, les pays du monde entier se sont lancés à la recherche d’un vaccin. Cette quête a mobilisé des laboratoires privés et publics, des chercheurs de grandes universités comme ceux de jeunes sociétés de biotechnologies qui explorent depuis quatre mois de multiples pistes.

Face au redoutable coronavirus, une collaboration s’est mise en place, un partage des données s’est opéré, montrant, s’il en était besoin, que c’est bien la coopération internationale, l’a…

Le meilleur et le pire

La survenue de chaque crise s’accompagne à chaque fois d’actions remarquables et d’actes détestables, de comportements altruistes et d’autres égoïstes, de volonté de construire unis ou de bâtir seul dans son coin. Chaque crise fait se manifester le meilleur et le pire. L’épidémie de Covid-19 échappe d’autant moins à cette règle qu’elle est d’une ampleur jamais vue, se répercutant de pays en pays où les mêmes phénomènes s’observent.

Le meilleur, ce sont bien sûr toutes ces manifestations de solidarité, d’entraide et, osons le mot, de fraternité retrouvée. Depuis le début du confinement, on a vu fleurir ces initiatives entre voisins, entre collègues, envers les soignants et tous ceux qui travaillent pour assurer la vie quotidienne des Français, auxquels notre journal a rendu hier hommage dans un supplément #Ensemble.

Mais il y a aussi, hélas, le pire. Les dénonciations, anonymes bien sûr, du voisin ou du commerçant qui enfreindrait les mesures du confinement, les lettres de corbeaux pl…

Question de confiance

Voilà un pataquès dont le gouvernement se serait bien passé. Alors que le Premier ministre semblait avoir repris la main sur la communication gouvernementale en présentant, mardi devant l’Assemblée nationale, la stratégie nationale de déconfinement, et tandis qu’Edouard Philippe expliquait aux députés que nous saurions le 7 mai par une carte quels départements pourraient être déconfinés (zone verte) ou maintenus confinés (zone rouge) après le 11 mai, voilà que le ministre de la Santé Olivier Véran et le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, ont présenté ce jeudi une carte d’étape avec… une nouvelle couleur orange intermédiaire, amenée à évoluer. Mais à cette première surprise s’est ajoutée celle de voir des départements – le Lot, le Cher et la Haute-Corse – placés en rouge contre toute attente.

Les Agences régionales de Santé (ARS) ont eu beau reconnaître des "doutes" voire des "erreurs" dans la remontée des statistiques pour expliquer ce bug, le mal était…

Effet domino

"La survie d’Airbus est en jeu si nous n’agissons pas maintenant". En une phrase, le président-directeur général d’Airbus, Guillaume Faury, a donné le ton dans un courrier adressé vendredi à ses 135 000 salariés, pour les préparer aux mois difficiles que va vivre l’avionneur européen, emporté dans les turbulences de l’épidémie du Covid-19 et qui "perd de l’argent à une vitesse folle". Car contrairement aux crises précédentes qu’il a su surmonter, celle du coronavirus, redoutable, est à triple détente.

Le premier effet de la pandémie, à court terme, est sanitaire. Il a contraint Airbus à bouleverser ses chaînes de montage, ralentir sa production, et mettre en place des mesures de chômage partiel. Le second effet, à moyen terme, va être le choc du Covid-19 sur le transport aérien. En clouant au sol plus de 90 % de la flotte mondiale, le coronavirus a mis dans le rouge les compagnies aériennes ; certaines vont droit vers la faillite, celles qui survivront vont drasti…

Le savant et le politique

La semaine qui s’annonce constituera sans doute le tournant du quinquennat d’Emmanuel Macron. Plus encore que la crise des Gilets jaunes qui avait sérieusement bousculé les certitudes libérales du Président et de sa majorité ; plus encore que la réforme des retraites présentée comme la réforme phare de son mandat – celle sur laquelle tous les gouvernements précédents s’étaient cassé les dents et qui semble désormais d’un autre siècle – l’épidémie du Covid-19 apparaît comme un momentum inédit et historique qui a imposé au Président de penser contre lui-même. Emmanuel Macron, Président-réformateur, a d’ailleurs très tôt compris qu’il lui faudrait se muer en Président-protecteur.

En annonçant aux Français le 16 mars dernier le confinement du pays pour endiguer la propagation du coronavirus meurtrier, le chef de l’Etat concédait déjà, très lucidement et de façon prémonitoire, qu’avec la pandémie "beaucoup de certitudes, de convictions, [étaient] balayées, [seraient] remises en cause…

Mobilisation nationale

Le plan de relance initié hier par le président de la République pour les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, du tourisme et des espaces de loisirs était très attendu par tous les professionnels. Car ceux-ci sont peut-être parmi les entrepreneurs les plus frappés par la crise du coronavirus et ils n’ont pas pour l’heure la perspective d’une réouverture rapide après la date du 11 mai, début de la phase du déconfinement. Cette date clé ne sera annoncée que fin mai, en même temps que les détails d’un plan de reprise forcément très complexe à mettre en œuvre compte tenu de la diversité des établissements et des défis sanitaires auxquels ils vont devoir faire face pour offrir à leur clientèle la sécurité, seule à même de créer la confiance.

L’élargissement du fonds de soutien, l’augmentation des aides annoncées hier par l’exécutif sont évidemment une bonne chose pour éviter que ne disparaissent ces cafés, ces bars, ces restaurants, ces hôtels ou ces structures de loisirs, aujo…

Pari périlleux

En annonçant lors de sa quatrième allocution devant les Français la réouverture progressive des crèches, écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai, Emmanuel Macron a suscité, chez les parents, les enseignants et les élus locaux, de sérieuses interrogations sur la faisabilité d’un tel projet. Une semaine plus tard, celles-ci sont loin d’être toutes levées, en dépit des premières mesures dévoilées hier par le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer.

Deux logiques semblent avoir été à l’œuvre pour décider de la réouverture des établissements scolaires.

La première – et officiellement la seule – invoquée par l’exécutif est une logique éducative. Elle consiste à dire que la réouverture des écoles était nécessaire pour empêcher le creusement des inégalités entre élèves. "Trop d’enfants, notamment dans les quartiers populaires et dans nos campagnes, sont privés d’école sans avoir accès au numérique et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents. Dans ce…

Notre art de vivre

Il y a quelques mois, le monde de la gastronomie française se divisait pour savoir si les étoiles du fameux Guide Michelin étaient pertinentes, si leur attribution se faisait sur les bons critères, si elles contribuaient bien à faire connaître de jeunes chefs talentueux ou si, au contraire, elles introduisaient dans les cuisines une épuisante et insupportable pression sur les chefs étoilés et leurs brigades. Bref, derrière les fourneaux comme en salle, la France, pays de la gastronomie, se passionnait pour ce qui fait l’une de ses caractéristiques reconnues dans le monde entier et contribue à son art de vivre. Un art de vivre aujourd’hui autrement plus menacé…

Depuis l’arrivée du coronavirus et la fermeture, le 14 mars au soir, de tous les bars et restaurants du pays, en prélude au confinement instauré trois jours plus tard, c’est bien tout un secteur qui est en souffrance et qui voit de sombres nuages obscurcir son avenir. Car si la phase de déconfinement démarrera bien le 11 mai pr…

Compte à rebours

"La première victime d’une guerre, c’est la vérité." L’assertion de Rudyard Kipling peut-elle s’appliquer à la "guerre" contre le coronavirus qu’Emmanuel Macron avait martialement évoquée lors de son allocution du 16 mars ? En tout cas, la pandémie du Covid-19 charrie son lot de mensonges depuis son apparition. Mensonges d’abord à Wuhan, l’épicentre initial de l’épidémie, sur l’origine même du virus, sur le début de la contagion et le nombre réel de victimes. Mensonge aux Etats-Unis où l’on voit Donald Trump inciter ses propres concitoyens à braver les consignes de confinement pourtant cruciales, décidées par des gouverneurs démocrates, dans le seul but de faire "redémarrer" l’économie américaine dont il espère tirer un bénéfice électoral pour la présidentielle de novembre. Mensonge en Grande-Bretagne où Boris Johnson se vantait de continuer à serrer des mains au lieu de mettre en place un confinement qui lui aurait sans doute évité d’être contaminé. La …

Éviter un été meurtrier

Jusqu’au bout ils ont voulu y croire. Jusqu’à ces derniers jours encore, les organisateurs des grands festivals qui font la renommée de la France et la joie de nos étés ont voulu croire qu’il serait encore possible de se retrouver ensemble en juillet et en août pour célébrer nos retrouvailles d’après confinement. Les espoirs ont été vite douchés par la dernière allocution d’Emmanuel Macron. "Les lieux rassemblant du public, restaurants, cafés et hôtels, cinémas, théâtres, salles de spectacles et musées, resteront fermés [après le 11 mai]. Les grands festivals et événements avec un public nombreux ne pourront se tenir au moins jusqu’à mi-juillet prochain", déclarait lundi dernier le chef de l’Etat, déclenchant dès lors une série d’annulations, au pire, ou de reports, au mieux. Aix-en-Provence, Orange, Montpellier, Solidays, Hellfest, Francofolies, Avignon, etc. : autant de rendez-vous familiers qu’il faut désormais retirer de nos agendas.

Pour les festivals, l’été 2020 risqu…

"Dans ma zone"

À quoi reconnaît-on une crise majeure ? Sans doute à la propension des populations à se ruer dans les supermarchés pour faire des stocks de produits essentiels. Pâtes, riz, farine, papier toilette… chacun anticipe, à l’aube de jours difficiles, une pénurie, fut-elle fantasmée. Première guerre du Golfe, état d’urgence lors des attentats de 2015, et donc maintenant épidémie du coronavirus. La peur – légitime – de manquer pour soi et ses proches est partagée d’ailleurs par tous les pays touchés par la pandémie de Covid-19.

Mais une fois les premiers jours passés, lorsque la crise s’installe dans la durée, en l’occurrence avec un confinement inédit qui touche aujourd’hui un tiers de l’humanité, ce sont nos comportements de consommateurs qui changent et toute la chaîne de l’agroalimentaire qui s’adapte.

Cette épidémie historique permet ainsi de mettre au jour au moins deux choses.

La première, c’est la robustesse de notre système. Des hypermarchés aux petites supérettes en passant par les…

L’école et les inégalités

La perspective d’une réouverture lundi 11 mai prochain, même progressive, des crèches, écoles, collèges et lycées, annoncée lundi soir par Emmanuel Macron lors de sa quatrième allocution solennelle devant les Français, constitue sans nul doute une bonne nouvelle pour tous les parents contraints de faire classe à leurs enfants depuis le 16 mars dernier. Durant ces semaines confinées, la continuité pédagogique a pu être assurée aussi bien que possible par des enseignants qui ont déployé des trésors de professionnalisme et d’inventivité devant leurs classes virtuelles, et des parents qui ont dès lors mesuré combien l’école est tout sauf une garderie. Certes le 11 mai reste encore un objectif à atteindre, certes la réouverture sera progressive en fonction de la situation de l’épidémie du Covid-19, certes il reste encore beaucoup à faire pour réorganiser cette reprise, notamment en termes de sécurité sanitaire pour les personnels et les élèves, et certes, commencer le déconfinement avec l…