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Affichage des articles du 2020

Bis repetita

Comme un sentiment de déjà-vu, de recommencement. En regardant hier après-midi le Premier ministre Jean Castex et quatre de ses ministres tenir la conférence de presse explicitant la décision annoncée la veille par le président de la République de mettre en place des couvre-feux dans neuf métropoles, chacun s’est comme retrouvé quelques mois auparavant, lorsqu’Edouard Philippe s’appliquait au même exercice de « service après-vente ». Dans les deux cas, il s’agissait d’assurer aux Français qu’ils pouvaient avoir confiance, que la situation épidémique était sous contrôle, que le gouvernement était tout entier mobilisé pour conjurer la propagation de l’épidémie de Covid-19, pour donner de nouveaux moyens aux soignants, pour soutenir salariés et entrepreneurs en souffrance et pour préparer un « monde d’après », qui – à portée de main pourvu que chacun soit responsable – serait forcément celui des « jours heureux »… Bis repetita. La deuxième vague de l’épidémie semble appeler quasiment les…

Les limites de l’acceptabilité

Il y a sept mois, lors de son allocution solennelle annonçant le confinement du pays, Emmanuel Macron avait estimé fort justement qu’avec l’épidémie de Covid-19 "beaucoup de certitudes, de convictions [allaient être] balayées, remises en cause". De fait, le coronavirus est devenu pour le Président une épreuve au long cours, un défi complexe et mouvant d’une ampleur qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait eue à affronter. Même la réponse à apporter aux attentats de 2015, terribles pour notre pays, paraissait plus maîtrisable.


Avec ce virus, Emmanuel Macron, qui se targuait d’être maître des horloges, a dû faire son aggiornamento. Là où le mouvement social inédit des Gilets jaunes avait échoué à le faire dévier de sa trajectoire libérale réformiste, l’épidémie l’a contraint à revoir son positionnement politique en inversant le mantra du quinquennat : Emmanuel Macron a ainsi dû passer du "libérer, protéger" à un social-déomocrate "protéger, libérer". Le besoin …

Clarté

On ne pourra pas ôter à Jean Castex une qualité – qui joue parfois des tours en politique –, celle de la franchise. De la même façon qu’il avait spontanément et presque naïvement expliqué qu’il n’avait pas téléchargé l’application StopCovid dont son propre gouvernement vantait les mérites auprès des Français – hélas sans succès puisqu’elle va être remplacée dans dix jours – le Premier ministre n’a pas tergiversé et a admis hier sans ambages que « nous sommes dans une deuxième vague forte. » Si l’analyse est contestée par certains experts qui dénoncent une dramatisation excessive de la part de l’exécutif, mais confortée par d’autres qui voient les services hospitaliers se remplir dangereusement à grande vitesse, elle a le mérite de la clarté.Une clarté qui reste à décliner en revanche pour les nouvelles mesures sanitaires en vigueur dans les « zones d’alerte maximale », qui ont accueilli hier les deux métropoles d’Occitanie, Toulouse et Montpellier. C’est peu dire qu’après un confineme…

Cas d'école

En abordant l’école dans son discours sur la lutte contre les séparatismes – intitulé "La République en actes" – Emmanuel Macron a assumé d’aller sur un terrain toujours sensible pour les gouvernements et les présidents tant chaque citoyen a de l’école une conception presque intime. "J’ai pris une décision, sans doute, et je la mesure, […] l’une des plus radicales depuis les lois de 1882 et celles assurant la mixité scolaire entre garçons et filles en 1969", a assuré le Président en annonçant un bouleversement : l’école obligatoire – et non l’instruction, différence de taille – dès 3 ans, et en corollaire la fin programmée de l’école à domicile telle que nous la connaissions.En appeler à l’universalisme de l’école républicaine permet, d’évidence, d’anesthésier ceux qui voudraient trop critiquer l’entièreté du discours sur les séparatismes. En effet, qui peut s’opposer, à gauche comme à droite, à la scolarisation des enfants dès le plus jeune âge dans l’école de la …

Comment se réinventer

L’image avait tantôt fait sourire et parfois s’indigner : mi-février de cette année, pour sauver la saison de la petite station de Luchon-SuperBagnères, le Conseil départemental de Haute-Garonne avait fait livrer par hélicoptère 50 tonnes de neige. L’affaire était devenue politique, la ministre de la Transition écologique de l’époque, Elisabeth Borne, estimant qu’"enneiger une station de ski" de la sorte, "ce n’est pas une voie possible".Assumée par le Département, cette opération exceptionnelle n’était pourtant pas une première. Montclar-les-2-Vallées, une station des Alpes-de-Haute-Provence, avait procédé de même deux mois auparavant et Gérardmer, dans les Vosges, s’était fait livrer de la neige par camion. Ces épisodes semblant opposer écologie et économie locale montrent combien le défi est grand pour les stations de ski pour faire face au réchauffement climatique qui, inéluctablement, ne cesse de réduire le domaine skiable français.Dans les 10, 20 ou 30 procha…

Profiteurs de malheur

À chaque malheur, ses profiteurs. L’épidémie de coronavirus n’échappe évidemment pas à cette règle vieille comme le monde. L’inquiétude légitime des Français pour leur santé et celle de leurs proches, les mystères qui entourent encore la compréhension de ce virus SARS-CoV-2 apparu il y a moins d’un an, la difficulté à obtenir, sinon un vaccin, du moins des traitements efficaces, la défiance qui s’est installée entre l’opinion et le monde médical, mais aussi entre les citoyens et leurs gouvernants contraints de prendre des mesures restreignant les libertés souvent mal expliquées : tout cela constitue un terreau sur lequel les complotistes de tout poil et les gourous marchands de guérison miraculeuse prospèrent allègrement.Les quelque 70 signalements reçus pendant le confinement par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) montrent bien que l’épidémie de Covid-19 est devenue le théâtre d’oiseaux de mauvais augure qui trompent des Fr…

Tenir le choc

À la crise sanitaire du coronavirus succède cet automne la crise socio-économique tant redoutée. Depuis le confinement, nous nous étions bien sûr préparés à ce choc. En mars dernier déjà, le Premier ministre Edouard Philippe parlait de "risque d’écroulement" économique quand le ministre de l’Economie Bruno Le Maire évoquait la perspective de "la pire récession depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale."Et pourtant, les annonces de plans sociaux qui s’enchaînent depuis quelques semaines – actuellement on en compte près de 450 partout en France – nous saisissent tous d’effroi, parce que derrière les chiffres bruts, ce sont bien sûr des familles qui basculent du jour au lendemain dans l’angoisse de l’avenir, ce sont des entreprises qui, solides hier, se retrouvent au bord de la faillite aujourd’hui, ce sont des territoires qui voient leur tissu économique se déliter. Plus de 65 000 emplois sont en passe d’être supprimés, selon un rapport de la Direction de l’Animati…

Frondeurs

On a beaucoup parlé ces derniers jours de la fronde des élus locaux mécontents des mesures de restrictions ponctuelles prises par le gouvernement pour limiter le rebond de l’épidémie de Covid-19. Il y a une autre fronde, à bas bruit, qui gronde depuis le début de l’épidémie et qui pourrait, elle aussi prendre de l’ampleur : celle des seniors, des plus de 65 ans, des aînés ou des vieux, comme certains veulent farouchement qu’on les appelle. Car depuis l’arrivée de l’épidémie de Covid-19 en France, voilà une catégorie de la population qui estime – souvent à raison – avoir été maltraitée, discriminée et pour tout dire infantilisée. Cela a commencé, en mars, avec la perspective d’un confinement dont ils auraient été les seuls concernés – perspective vite abandonnée par Emmanuel Macron lui-même. Cela s’est poursuivi ensuite avec de multiples conseils vécus comme autant d’injonctions comminatoires pour ne pas recevoir leurs proches et leurs petits enfants chez eux, éviter tout déplacement, …

De la démocratie...

Lorsqu’il revint des Etats-Unis au début du XIXe siècle, Alexis de Tocqueville rédigea son ouvrage majeur "De la démocratie en Amérique", décortiquant les rouages de ce jeune pays et pressentant la guerre de sécession autour de l’abolition de l’esclavage, mais aussi comment les Etats-Unis étaient une superpuissance en devenir. Le philosophe avait montré combien les institutions démocratiques américaines – adossées à une constitution toujours en vigueur – étaient solides. Cette solidité a pour l’heure résisté à l’ouragan Donald Trump. Cela sera-t-il toujours le cas après le scrutin présidentiel du 3 novembre prochain ? À un mois de l’échéance, la question est sur toutes les lèvres tant le président sortant – après quatre années de défiance, souvent face à sa propre administration – semble vouloir s’affranchir des règles démocratiques les plus essentielles : celles qui garantissent la sincérité du scrutin.Dans le brouhaha stupéfiant – mais hélas pas surprenant – du premier déb…

A taille humaine

Il y a plus de deux siècles, au sortir de la Révolution, la création des départements allait faire des villes préfectures – à distance d’une journée de cheval du reste de leur territoire – des phares de développement économique et culturel.Des phares qui contribuèrent ensuite à l’exode rural au XIXe siècle. À l’heure de la mondialisation et de la globalisation des échanges, ces villes furent à leur tour victimes de la métropolisation et de la désindustrialisation, plongeant pour nombre d’entre elles dans d’importantes difficultés économiques et sociales. Aujourd’hui, après un confinement qui a bouleversé toutes les certitudes, les villes moyennes semblent tenir leur revanche.Durement éprouvés par deux mois d’enfermement pour endiguer la propagation du coronavirus, les Français – et surtout ceux habitant dans les grandes villes – rêvent de maison avec jardin mais avec un bon niveau de services, de se mettre au vert mais avec la fibre pour télétravailler, de quitter les métropoles mais …

L'autre épidémie

A l’approche d’un passage à niveau, on voit souvent un panneau "un train peut en cacher un autre". Transposé au domaine sanitaire, on pourrait tout aussi bien écrire "une épidémie peut en cacher une autre"… Car alors que nous sommes tous concentrés sur la lutte contre l’épidémie de Covid-19 qui connaît, sinon une deuxième vague, du moins un net rebond, voilà que pointe l’épidémie de grippe saisonnière. Une grippe qui fait tout de même chaque année un milliard de cas dans le monde, entraînant entre 290 000 et 650 000 décès selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En France, 2 à 8 millions de personnes sont touchées chaque hiver et on compte en moyenne 10 000 décès, à 90 % chez les plus de 65 ans. Autrement dit, pour cette catégorie de la population, c’est la double peine puisqu’elle est aussi la plus vulnérable au coronavirus…Par chance – et contrairement au Covid-19 – un vaccin contre la grippe saisonnière existe, mis en place chaque année selon un remarqua…

Faire bloc

L’attaque à l’arme blanche qui a blessé hier deux salariés d’une agence de presse près des anciens locaux de Charlie Hebdo nous a littéralement pris aux tripes et au cœur. Les alertes sur nos téléphones portables, les images de la rue Nicolas-Appert à nouveau remplie de policiers et de pompiers, la venue sur place du Premier ministre Jean Castex et de la maire de Paris Anne Hidalgo, nous ont ramenés cinq ans et demi en arrière, lorsque le 7 janvier 2015 nous apprenions l’impensable, l’indicible, le massacre d’une rédaction au cœur de Paris, l’attaque d’un journal devenu le symbole de la liberté d’expression et de la liberté tout court.Ce flash-back effroyable n’intervient évidemment pas par hasard. S’il appartiendra au Parquet national antiterroriste de déterminer les motivations de l’auteur, rapidement arrêté, et de dégager les éventuelles complicités dont il a pu bénéficier, on ne peut que constater que cette attaque fait suite aux menaces lancées le 11 septembre par Al Qaïda, contr…

Effet boomerang

En nommant début juillet Jean Castex à Matignon, Emmanuel Macron avait trois objectifs. Le premier était d'inaugurer la dernière séquence de son quinquennat, un "monde d'après" centrée sur la relance économique après le difficile confinement. Le second, plus général, était d'opérer un changement de méthode avec les élus locaux : snobés au début du mandat, ils devaient (re)devenir des partenaires avec lesquels l'Etat dialogue de façon respectueuse et constructive. Enfin, le troisième objectif était d'accompagner un changement majeur de stratégie sanitaire : passer de la "guerre" très verticale du début contre le coronavirus, avec l'arme suprême du confinement généralisé, à une phase plus horizontale où, faute d'un vaccin, il faut apprendre à "vivre avec le virus" pour ne pas voir s'effondrer l'économie ; et donc mettre en place des mesures ciblées, locales, prises en concertation entre préfets et maires. Jean Castex, le …

De l’horreur à la vérité

L’annonce, ce mardi par la justice, de la prochaine analyse d’une dizaine d’ADN inconnus retrouvés sur un matelas saisi en 2003 dans la maison de la sœur du tueur en série Michel Fourniret constitue une avancée majeure dans la compréhension du parcours criminel de « l’ogre des Ardennes. » Elle illustre aussi combien les enquêteurs font preuve d’une remarquable persévérance dans ce type de dossiers – tentaculaire et criblé de zones d’ombre en ce qui concerne Fourniret – et combien l’espoir de découvrir la vérité n’est jamais vain dans ces douloureuses affaires de disparition.En premier lieu, on pense à la ténacité de toutes ces familles, et particulièrement celle de la petite Marion Wagon, disparue en 1996 à Agen et qui avait bouleversé notre région. Le courage, la dignité de tous ces parents qui réclament justice et non vengeance forcent le respect et appellent compassion et solidarité de notre part.La ténacité est aussi du côté des magistrats, des juges d’instruction, des policiers, …

Contrat d'avenir

Les Journées du patrimoine attestent chaque année combien les Français nourrissent un attachement viscéral à ce qu’il est convenu d’appeler les vieilles pierres : des plus grands monuments nationaux dont beaucoup sont exceptionnellement ouverts ce week-end aux plus petits bâtiments locaux, des figures de proue qui font la renommée de la France aux modestes édifices qui font la fierté d’une région, d’un village grâce au formidable travail de milliers de bénévoles. Cet attachement s’est d’ailleurs vérifié avec le succès du Loto du patrimoine. Certes, les montants que celui-ci a permis de dégager sont modestes au vu de l’immensité de la tâche, mais il contribue assurément à faire revivre des sites, des chefs-d’œuvre en péril, comme l’avait imaginé André Malraux. «Le siècle des machines est le premier qui ait retrouvé tout le passé des hommes. Dans notre civilisation, l’avenir ne s’oppose pas au passé, il le ressuscite», expliquait le ministre de la Culture en 1962 en présentant sa loi de…

Obligation de consensus

"Le meilleur moyen de se délivrer de la tentation… c’est d’y céder". Emmanuel Macron avait-il en tête cette phrase d’Oscar Wilde lorsqu’il s’est présenté lundi soir devant les start-up de la French Tech ? En tout cas, devant un auditoire acquis d’avance, le président de la République, qui voulait faire de la France une start-up nation au début du quinquennat, n’y est pas allé de main morte pour répondre aux élus écologistes et de gauche – dont ses opposants Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot – qui ont réclamé dimanche un moratoire sur le déploiement en France de la 5G. "J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine", a taclé le chef de l’État, faisant référence à cette communauté religieuse américaine hostile à la technologie et qui vit comme au XVIIIe siècle. C…

La révolution du télétravail

Souvent, l’urgence permet d’accomplir ce qu’on imaginait irréalisable. Il en va ainsi du télétravail. Chimérique pour nombre de chefs d’entreprise et parfois de directeurs des services informatiques, il s’est imposé comme LA solution permettant pour les sociétés du tertiaire de continuer leur activité durant le confinement. Un succès inattendu car la France accusait un vrai retard par rapport aux pays de l’Europe du Nord. La culture très ancrée du présentéisme, les craintes nombreuses qui entouraient le télétravail (manque de productivité, perte de confiance…) se sont avérées être des digues qui ont cédé. Auparavant seuls 7 % des Français pratiquaient le télétravail, ils étaient 33 % pendant le confinement. Et beaucoup de ceux qui y ont goûté – une écrasante majorité selon les enquêtes – veulent désormais poursuivre l’expérience. Mais cette révolution du télétravail, pour qu’elle soit profitable au plan économique, comme au plan sociétal, impose de conduire une vraie réflexion partagé…

Les batailles de la relance

Le plan de relance de 100 milliards d’euros désormais présenté, ce ne sont pas moins de quatre batailles qui vont dès maintenant s’enclencher sous la houlette du nouveau commissaire au plan et à la prospective François Bayrou. Quatre batailles qui vont être tout particulièrement suivies en Occitanie.La première est bien sûr économique. Empêcher la destruction d’emplois, sauver de la faillite un maximum d’entreprises qui ont vu leur activité et leurs carnets de commande s’effondrer avec le confinement et redémarrer trop lentement depuis le déconfinement du 11 mai. Le secteur aérien, qui pèse lourd dans l’économie régionale – l’Occitanie est la plus grande région aéronautique d’Europe ex-aequo avec l’Île de France – a été l’un des plus touchés. Le retour à la normale n’étant pas prévu avant fin 2024, il y a donc urgence à se mobiliser. Pour Airbus bien sûr, qui a prévu de supprimer 15000 postes dont un tiers en France, mais surtout pour tous ses sous-traitants qui constituent un vaste t…

Les paradoxes de la relance

La présentation du plan de relance, concocté par l’exécutif, se déroulera donc enfin ce jeudi, après avoir été décalée d’une semaine en raison de la hausse des cas de contamination au coronavirus et d’une rentrée scolaire qui nécessitait, à l’évidence, des précisions. Un décalage somme toute mineur, car le plan de relance est, dans ses grandes lignes, déjà connu, le gouvernement ayant égrainé au fil des semaines le montant des aides qu’il va débloquer et les secteurs qui seront aidés à compter de début 2021. Ce plan de 100 milliards d’euros – du jamais vu ! – veut relancer l’activité économique alors que le PIB de la France a connu une baisse historique de 13,8 % au deuxième trimestre et que le taux de chômage a bondi depuis le confinement. Partiellement financé par l’Europe, il doit répondre à la plus grave crise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.Souveraineté économique, transition écologique, relocalisations, solidarité avec les jeunes : c’est une ambitieuse feuille de rou…

Retrouver confiance

L’épidémie du coronavirus, qui pourrait être marquée par une seconde vague selon certains experts, n’a pas fini d’inquiéter les Français. Cette peur de la Covid-19 et ses conséquences pour les mois à venir sur leur vie quotidienne, leur emploi notamment, les incite à continuer à épargner toujours plus pour faire face à des lendemains qui ne chanteraient pas pour tous. Certes, après le déconfinement du 11 mai, on avait observé un sursaut de fièvre acheteuse, la consommation avait dépassé en juin son niveau de février sans toutefois rattraper le retard pris pendant le confinement. Le bilan mitigé des soldes a d’ailleurs montré combien les Français restaient prudents. Au total, depuis la mi-mars, l’Office français des conjonctures économiques (OFCE) estime que 75 milliards d’euros auraient dû être dépensés par les ménages. L’épargne accumulée pendant le confinement atteindrait même les 100 milliards d’euros, selon l’économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.Cette éparg…

Talon d'Achille

Ils n’ont évidemment aucun lien entre eux et leur concomitance relève du hasard, mais en pleine crise du coronavirus, angoissante par essence, l’accumulation de faits divers, parfois violents, qui ont eu lieu ces dernières semaines ajoute au sentiment d’insécurité des Français. Selon le dernier baromètre Odoxa-Fiducial paru fin juillet, 68 % d’entre eux disent ne pas se sentir en sécurité. Avec cette hausse de 10 points en six mois, jamais ce sentiment n’avait connu une telle augmentation en un semestre, même au moment des différents attentats perpétrés en 2015 et 2016. Autant dire que ce sujet s’invite dans une rentrée déjà passablement compliquée pour l’exécutif, entre crise sanitaire et relance économique. Un sujet d’autant plus épineux qu’il constitue le talon d’Achille d’Emmanuel Macron, le point faible du quinquennat. Lors de la campagne présidentielle de 2016, le candidat Macron avait – déjà – été attaqué, notamment par la droite, sur son manque d’intérêt pour les questions rég…

Farouche liberté

L’affaire de Sainte-Marie-la-Mer pourrait bien sûr faire sourire. En 2020, voir deux gendarmes demander à des vacancières en train de bronzer sur une plage de bien vouloir recouvrir leurs seins pour ne pas choquer des voisins anonymes qui ont cru bon de faire appel à la maréchaussée est une scène qui semble tout droit sortie d’un mauvais vaudeville des années 60 ou d’un film du gendarme de Saint-Tropez. Face à l’ampleur de la polémique, la gendarmerie plaide "une maladresse". Il s’agit surtout d’une faute, commise par deux fonctionnaires qui, d’évidence, ont ignoré la loi pour répondre à une demande dictée par les tenants d’une nouvelle pudeur. Et c’est là que l’affaire est tout sauf anecdotique. Car si le fait de bronzer seins nus relève d’une liberté garantie et encadrée par la loi, fruit d’une longue et difficile conquête des femmes, il est aussi la cible de tous les obscurantismes – dogmes religieux, néo-conservatisme puritain à l’américaine mais aussi diktat de certains…

Chemin de crête

En arrivant à Matignon le 3 juillet dernier en remplacement d’Edouard Philippe, Jean Castex avait une feuille de route simple fixée par le président de la République : incarner la nouvelle – et dernière – séquence du quinquennat d’Emmanuel Macron, préparer la relance économique de 100 milliards d’euros après le déconfinement dont il avait été l’architecte, accompagner la nouvelle politique du "monde d’après" conçue notamment autour de la restauration de la souveraineté industrielle et de l’action en faveur de la transition écologique. Le tout avec une nouvelle méthode tout en rondeur, faite de dialogue et de considération avec les collectivités locales qui avaient été snobées dans les premières années du quinquennat. La gestion de la crise sanitaire passait ainsi presque au second plan, derrière la gestion de la crise économique, la plus sévère qu’ait connue la France depuis la fin de la Seconde Guerrre mondiale. Le Tour de France estival de Jean Castex, qui a multiplié les …

La rentrée anormale

La scène se passe le 26 avril dernier. Alors que l’épidémie du coronavirus sévit en Europe et que la France en est à sa 6e semaine de confinement, les réseaux sociaux s’emballent autour de photos venues de Chine, de Hangzhou précisément, la grande métropole du Zhejiang, habitée par plus de 10 millions de personnes. C’est un jour de rentrée scolaire après quatre mois de vacances forcées et on voit les écoliers arborer de drôles de chapeaux affublés de chaque côté de tiges d’un mètre : la solution trouvée par les autorités et les enseignants pour faire respecter aux enfants le mètre de distanciation physique. Dans une autre vidéo publiée le 14 mai, on voit les enfants entrer dans une école et suivre un parcours millimétré avec prise de température, lavage des chaussures, des habits et des mains sous la supervision d’un personnel très attentif. Ces scènes avaient fait sourire à l’époque. Aujourd’hui elles feraient presque rire jaune, particulièrement les parents d’élèves et les enseigna…

Droits et devoirs

"L’enfer n’existe pas pour les animaux, ils y sont déjà" disait Victor Hugo. Certes la phrase du grand homme a été prononcée au XIXe siècle, une époque où les animaux n’avaient aucun droit. Mais les choses ont-elles réellement changé ? Les images terribles diffusées régulièrement par l’association de défense des animaux L214 ne montrent-elles pas l’enfer que subissent des poules, des canards ou des cochons dans des élevages indignes ? Les images d’oiseaux pris dans la glu, de gibier massacrés lors de chasse à courre au nom de méthodes de chasse ancestrales n’attestent-elles pas de la cruauté envers les animaux ? Les trafics d’animaux, en France, en Europe comme partout dans le monde, qui perdurent en dépit des conventions internationales comme celle de Washington et le travail des douanes, ne montrent-ils pas l’ampleur du travail qui reste à faire ? Plus près de nous encore les animaux faméliques et malheureux dans des cirques ou certains parcs animaliers n’existent-ils pas …

Ne pas rater la rentrée

Chaque année à la même époque, à l’heure où les Français se préparent à reprendre le chemin du travail, les écoliers celui de l’école et les parlementaires celui des assemblées, le diagnostic est invariablement le même, quel que soit le gouvernement en place : la rentrée sera chaude. Chaude parce qu’au sortir de l’été, le retour à la réalité du quotidien fait resurgir les problèmes socio-économiques du pays, chaude parce que c’est à la rentrée que s’expriment les revendications sociales pour les 12 mois à venir, chaude parce que le gouvernement veut conduire son programme et dérouler ses réformes, chaude parce que l’opposition entend bien le contrecarrer, etc.Cette année pourtant, la rentrée prend une coloration bien différente et même totalement inédite : la crise sanitaire du coronavirus écrase tout, les conséquences économiques de la pandémie vont constituer un choc immense dans le pays, cette crise que l’on dit la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale va profondém…

Ecoutons les malades

Alors que l’Europe s’alarme d’un rebond de l’épidémie du coronavirus avec une forte hausse des cas en Allemagne, une progression inédite en France depuis mai, ou encore une nouvelle vague en Espagne, l’heure n’est pas au relâchement dans les règles sanitaires, ces gestes barrière et cette distanciation physique que nous apprivoisons depuis six mois au moins. Le virus est toujours là et la maladie Covid-19 continue à faire des ravages, provoquant ici le décès de personnes âgées, là l’épuisement de malades qui souffrent et pour certains mettent beaucoup de temps à retrouver un état normal. Face à ce virus qui n’a pas livré tous ces mystères aux scientifiques, face à cette pandémie qui, faute de traitement efficace et de vaccin, met sous tension notre système hospitalier, nous nous devons d’entendre le vécu, la parole des malades.Car depuis le début de l’épidémie, ils n’ont pas souvent été au centre de l’attention, comme si l’on voulait cacher la réalité de leur souffrance, les mettre à …

Des moustiques et des hommes

Chaque été de plus en plus de Français retrouvent un compagnon dont ils se passeraient bien : le moustique tigre. Très agressif à l’aube ou au crépuscule, il se développe à vitesse grand V, particulièrement dans les zones habitées où les femelles trouvent nourriture, eaux stagnantes et végétation pour s’abriter. Découvert en 1894 en Inde, ce moustique plus petit mais plus coriace que ceux que nous subissions, connaît une expansion mondiale depuis la fin des années 70 en raison de son impressionnante capacité d’adaptation à tous les environnements. Aujourd’hui, il est présent sur la moitié de la France et contraint les collectivités à mener des campagnes d’information, parfois de démoustication et les populations à se prémunir tant bien que mal avec des pièges efficaces mais onéreux.Très pénible chez nous, le moustique tigre apparaît surtout comme une calamité dans le reste du monde, vecteur de maladie comme le chikungunya, la dengue, le virus Zika ou encore la fièvre jaune. Ce minuscu…