Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du 2020

Double peine

Le cri d’alarme poussé vendredi en direction du ministre de la Santé Olivier Véran par les professionnels de la gériatrie sur la situation des personnes âgées face au coronavirus doit être entendu. Alors que les personnels de ces structures font face – comme dans les hôpitaux ou les cabinets de médecine générale en ville – à un manque critique de masques, les cas de contamination dans plusieurs Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) se sont multipliés ces derniers jours, dans le Doubs, à Paris ou encore à Mauguio près de Montpellier. « En raison du nombre élevé de co-morbidités, cette population est assortie d’un taux de mortalité de près de 15 %, ce qui pourrait se traduire par plus de 100 000 décès dans l’éventualité d’une généralisation que nous n’osons imaginer », s’alarment les professionnels.

A l’inquiétude qui étreint les familles de voir leurs aînés contaminés par le coronavirus s’est ajoutée la crainte de les voir victimes de terribles choix éth…

Leçons

Les épidémies qui ont frappé l’humanité sont riches d’enseignements pour appréhender celle qui nous touche actuellement, la pandémie du Covid-19. Surtout, regarder l’Histoire – au-delà de l’Antiquité et du Moyen âge où l’on vivait les fléaux comme des punitions divines – nous permet de prendre conscience de réalités que nous avons parfois voulu occulter et de réaffirmer des vérités que d’aucuns veulent battre en brèche

Ainsi les formidables progrès de la médecine nous ont fait oublier que les maladies peuvent être contagieuses. Nos préoccupations se sont, en effet, davantage portées sur des affections "individuelles" comme les maladies cardio-vasculaires, les cancers ou les diabètes puisque les maladies transmissibles ont connu une baisse importante dans les pays riches. Mais l’épidémie de VIH, la résurgence de cas de rougeoles et maintenant le Covid-19 montrent que les maladies contagieuses sont bien toujours là et concernent tout le monde.

Le second enseignement que nous …

Merci

L’histoire montre que c’est souvent lors des crises ou lors des guerres que se révèlent le meilleur comme le pire de l’Homme. Le meilleur, ce sont ces gestes, ces attitudes, ces actions qui donnent foi en l’humanité, le meilleur redonne espoir, le meilleur révèle des héros. Début 2015, les héros étaient les policiers, les gendarmes, les forces de l’ordre qui œuvraient à nous protéger des terroristes qui venaient de perpétrer les attaques contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

Aujourd’hui, ce sont les soignants, médecins, infirmières et infirmiers, aides-soignantes et tous les personnels de l’hôpital public qui sont en première ligne, au front pour mener contre le Covid-19 la «guerre sanitaire» évoquée par Emmanuel Macron. Dans la région Grand Est particulièrement, jusqu’à l’épuisement physique et moral face aux ravages de la maladie, les personnels hospitaliers bataillent sans relâche, avec un dévouement, un professionnalisme, une abnégation et un courage qui forcent d’autant plus l…

L'exercice du pouvoir

L’épidémie de coronavirus est évidemment une épreuve sanitaire, une épreuve sociale avec le confinement des populations, mais aussi une épreuve politique pour les chefs d’Etats et de gouvernements. Certes, depuis plusieurs années, scientifiques, militaires ou agences de renseignements ont publié de nombreux rapports, des notes confidentielles ou des livres blancs dans lesquels la menace d’une pandémie majeure est clairement évoquée. Mais lorsqu’un tel fléau survient, la surprise est là.

La pandémie du coronavirus montre alors que les dirigeants ont agi de façon bien différente selon que le régime soit autoritaire, populiste ou démocratique.

Ainsi en Chine, il y a d’abord eu le déni des autorités locales qui ne voulaient pas déplaire au pouvoir central, quitte à emprisonner les précieux lanceurs d’alerte et à permettre la propagation du virus. Une fois admise l’ampleur de l’épidémie, la Chine, instruite par l’épidémie de Sras des années 2002-2003, a mis les bouchées doubles, prenant d…

Ensemble... seuls

Au deuxième jour de confinement du pays, les Français mesurent toute la difficulté de l’épreuve que nous impose l’épidémie de coronavirus, dont l’épicentre s’est déplacé de Chine en Europe, se propageant à grande vitesse dans les populations. Enfermés à la maison, contraints pour beaucoup à s’improviser maîtres d’écoles ou de transformer leur salon en espace de télétravail, les Français découvrent les contraintes d’une vie "enfermée chez soi", où les sorties sont aussi parcimonieuses que contrôlées par les forces de l’ordre pour faire respecter ces mesures coercitives qui, pour l’heure, restent les seules efficaces pour freiner l’avancée du Covid-19. Chacun comprend dès lors que pour s’en sortir, il ne faut plus sortir, et que l’on est tous ensemble… seuls.

Cette solitude forcée permet-elle de "retrouver le sens de l’essentiel" comme l’espérait lundi soir Emmanuel Macron ? En tout cas ce confinement invite à l’introspection, à la réflexion sur la façon dont nous f…

Être à la hauteur

Depuis hier 20 heures et la décision du Président Macron de mettre le pays en confinement pour au moins 15 jours afin de faire face au coronavirus Covid-19, la France est entrée dans une nouvelle ère en affrontant une épreuve de celles qui marquent l’Histoire, les femmes et les hommes de ce pays. Notre horizon s’est subitement rétréci, notre vie professionnelle et familiale se retrouve bouleversée, notre quotidien bousculé dans sa banalité, nos priorités se sont recentrées sur l’essentiel, nos projets immédiats ou de long terme sont désormais reportés et suspendus sans que l’on ne sache jusqu’à quand. Seul compte désormais l’urgence absolue de faire bloc, ensemble, pour faire face, de faire nation pour préserver l’espoir. Et pour cela, chacun doit être à la hauteur.

Pour le gouvernement, il s’agit d’être désormais à la hauteur d’une situation inédite qu’aucun autre avant lui n’a eue à affronter. Sans doute a-t-il tardé à prendre la véritable mesure de l’épidémie. Fin janvier – cela s…

L’épreuve

Au lendemain de l’intervention du chef de l’Etat qui a été suivie par plus de 25 millions de Français, l’épidémie du coronavirus apparaît pour ce qu’elle est : une épreuve citoyenne, économique, sanitaire, et politique que la France devra surmonter "quoi qu’il en coûte".

Épreuve citoyenne d’abord pour chacun d’entre nous et plus particulièrement pour les aînés, désormais privés de visites, et pour les parents d’enfants dont les établissements scolaires seront fermés lundi et qui sont dès à présent confrontés au casse-tête de la garde. Mais épreuves aussi pour les lycéens et les étudiants dont les examens approchent. Surmonter cette épreuve oblige chacun d’entre nous à faire preuve d’unité, de solidarité, de civisme, de discipline et de bienveillance les uns envers les autres. En un mot, à "faire nation" comme aux heures les plus difficiles de notre histoire.

Épreuve économique ensuite. L’effondrement historique des bourses, la mise à l’arrêt de secteurs entiers co…

Révélateur

Depuis trois mois, l’épidémie de coronavirus apparaît comme un révélateur des faiblesses et des failles des Etats, mais aussi de leur capacité de mobilisation et de la résilience de leurs populations face à une pandémie qui bouleverse des pans entiers de la vie de millions de personnes.

Révélateur en Chine d’abord. Dès les prémices de l’épidémie à Wuhan, le coronavirus a ainsi montré combien la censure et la surveillance implacables mises en place par un régime aussi autoritaire que bureaucratique ont fait que l’information des populations a été retardée, laissant ainsi le virus se propager. Depuis, la Chine a largement corrigé le tir, révélant pour le coup une formidable capacité de réaction au point que les restrictions dans la province du Hubei ont été partiellement levées hier.

Révélateur en Italie, ensuite. La décision de Giuseppe Conte de confiner non seulement les régions les plus touchées par l’épidémie mais le pays entier, soit plus de 60 millions de personnes – une décision…

Double choc

Au fur et à mesure que les jours passent, l’épidémie du coronavirus, qui sature médiatiquement – à tort ou à raison – le débat public, bouleverse notre société et le quotidien des Français avec deux chocs majeurs.

Le premier est, logiquement, sanitaire avec la perspective imminente de passer en phase 3, c’est-à-dire celle où le virus circule massivement dans le pays et ne peut plus être freiné par des mesures de quarantaine ou d’interdiction de rassemblements à partir d’une certaine jauge. Cette phase 3 constituera un choc sanitaire très important pour notre système hospitalier, heureusement plus armé que celui de l’Italie. Comment faire face au coronavirus tout en continuant à soigner les autres patients dont certains sont atteints de pathologies chroniques ou graves sera l’un des défis de notre système de santé. Une nouvelle stratégie devra rapidement se mettre en place car on ne pourra hospitaliser tous les porteurs du virus au risque de saturer les hôpitaux.

Le second choc est éc…

Le choix des projets

À force de n’entendre parler que de sondages mettant en avant la volonté supposée des Français de ne pas tenir compte des étiquettes politiques au moment de leur vote, à force de voir nombre de candidats minimiser voire faire disparaître les logos de leur formation d’origine sur leurs affiches et tracts électoraux, on en oublierait presque que l’élection municipale n’est pas une promenade de santé ou un concours badin mais bien une confrontation politique, un combat d’idées, un rendez-vous démocratique essentiel, qui nécessite avant tout de la clarté. Si, effectivement, la plupart des maires et candidats dans les petites communes ne se revendiquent d’aucun parti, il n’en reste pas moins que le choc droite-gauche est toujours pertinent dans nombre de villes moyennes ou de grandes métropoles. Des affrontements qui donnent lieu aux fameux "points chauds", grâce auxquels le scrutin local dit aussi des choses du climat national. Comme d’autres, la région Occitanie en compte un c…

Faire bloc pour faire face

Avec la multiplication par huit des cas positifs au coronavirus dans le Haut-Rhin et la mise en œuvre d’une phase 2 renforcée dans ce département et dans l’Oise, la France s’est un peu plus rapprochée hier d’une phase 3, c’est-à-dire la phase épidémique où le virus est présent sur tout le territoire et non plus dans quelques foyers à circonscrire par des mesures de quarantaine. L’imminence de cette phase 3 désormais incontournable doit tous nous interpeller, afin, comme l’a rappelé Emmanuel Macron, de faire bloc. Pour faire face.

Faire bloc, c’est éviter de croire et, pire, de relayer le tombereau de rumeurs complotistes et de fausses informations qui ne cessent de circuler sur les réseaux sociaux et qui sont parfois reprises par quelques personnalités irresponsables. Au bouche-à-oreille numérique, mieux vaut privilégier les médias à même de garantir la fiabilité et l’origine d’informations dûment vérifiées.

Faire bloc, c’est, au-delà de toute préférence politique, donner crédit au c…

Catalyseur d'abstention

L’épidémie de coronavirus, on le voit désormais tous les jours, n’est plus seulement une crise sanitaire mondiale, mais un événement planétaire qui bouleverse tout sur son passage en soulignant les faiblesses – mais aussi la capacité de mobilisation et de résilience – de nos sociétés : la diplomatie, l’économie, la vie quotidienne, les loisirs, le travail, l’école… Le Covid-19 chamboule tout, apportant chaque jour, pas par pays, le décompte inquiétant des nouveaux cas de contamination.

Va-t-il pour autant impacter les prochaines élections municipales dont le premier tour se tient dans moins de 15 jours ? Pour l’heure, personne n’ose envisager un report du scrutin. Non seulement ce serait politiquement ravageur alors que l’on aborde la dernière ligne droite, que les candidats mettent toutes leurs forces dans la bataille et que les Français – même si tous n’ont pas encore fait leur choix définitif – souhaitent participer à l’élection de celui qui reste leur élu préféré. Mais un report …

Nouvelle donne

Crise sanitaire assurément, crise politique et diplomatique parfois, le coronavirus chinois va-t-il virer à la crise économique, au krach boursier qui entraînerait l’économie mondiale dans une inquiétante spirale à l’instar de ce qui s’était passé en 2008 après la crise des subprimes américaines ? On n’en est pas encore là, mais au fur et à mesure que s’étendent les contaminations au Covid-19 dans le monde, l’inquiétude grandit et les marchés ont horreur de l’incertitude. Dès lors pas étonnant que la semaine passée, toutes les bourses aient lourdement chuté.

C’est que la crise du coronavirus a mis en lumière deux faits majeurs pour l’économie et la marche du monde.

Le premier, c’est la vulnérabilité de la Chine, d’évidence un colosse aux pieds d’argile. Dans une économie toujours plus mondialisée, l’Empire du milieu – adepte du concept "un pays, deux systèmes" – s’est retrouvé paralysé par le virus, contraint de fermer des usines et d’arrêter des productions pour endiguer u…

Sang froid

L’extension des contaminations au coronavirus chinois dans le monde en général, chez nos plus proches voisins comme l’Italie et évidemment en France où le nombre de cas a atteint hier la cinquantaine, suscite logiquement de l’inquiétude chez les Français. Inquiétude légitime qui nous oblige tous à dominer la peur et à garder notre sang-froid, à prendre en compte toute la gravité d’une situation inédite sans rien céder à la panique. C’est sur cette ligne de crête que tous ceux qui ont une responsabilité sociétale et politique doivent se tenir.

Pour les médias, il s’agit d’offrir, loin de tout sensationnalisme et de buzz facile, des informations vérifiées, recoupées et utiles, capables de faire pièces à toutes les fake news et à toutes les rumeurs qui circulent depuis l’apparition du Covid-19 – et elles sont nombreuses. C’est la raison pour laquelle nous listons dans notre dossier les principales questions que chacun se pose pour lui-même et ses proches et y apportons les bonnes répons…

Nouvelles pratiques

"Le cinéma est un mélange parfait de vérité et de spectacle" disait François Truffaut. Si le réalisateur des 400 coups parlait des œuvres sur grand écran, son analyse peut aujourd’hui s’appliquer au milieu du cinéma français lui-même. Car depuis plusieurs semaines maintenant, le 7e art hexagonal est traversé par des vérités peu reluisantes et offre un singulier spectacle qui devrait logiquement le conduire à adopter de nouvelles pratiques. Ce serait là le seul moyen pour éviter que la 45e cérémonie des César qui se tient ce soir ne soit la dernière, engloutie par trois dossiers majeurs.

Le premier est celui des agressions sexuelles et des viols subis par des actrices. Si la libération de la parole des femmes a été déclenchée aux Etats-Unis par le mouvement #MeToo lors de l’affaire Weinstein, en France, cette parole-là aussi s’est libérée et doit être, mieux qu’écoutée, entendue. Après parfois de nombreuses années de silence, c’est avec beaucoup de pudeur et énormément de co…

Un tartuffe à la barre

Avec le procès de François Fillon et de son épouse qui s’ouvre ce lundi devant le tribunal correctionnel de Paris, pour les chefs de "détournement de fonds publics" sur plusieurs périodes entre 1998 et 2013, "complicité et recel" de ce délit, "complicité et recel d’abus de biens sociaux" et "manquement aux obligations déclaratives de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique", c’est bien sûr une incroyable affaire judiciaire qui trouve son aboutissement après une minutieuse enquête.

Mais c’est aussi la fin d’un long chapitre de l’histoire politique française en général et de l’histoire de la droite en particulier – faite de rivalités, de rancunes et de trahisons à répétition – qui va s’inviter à la barre. Car cette affaire du Penelopegate a précipité la droite dans la défaite à l’élection présidentielle de 2017 en l’empêchant de se qualifier pour le second tour – une première dans la Ve République – et en la laissant dans un éta…

Alertes rouges

Le hasard du calendrier aura voulu que le ToBRFV, le "virus de la tomate", dont la présence a été confirmée dans des serres du Finistère et qui fait peser un risque économique pour toute la filière, apparaisse au moment où le monde est en crise avec une crise sanitaire majeure, celle du coronavirus chinois CoViD-19. D’un côté comme de l’autre, l’on fait face à des maladies sans traitement connu, potentiellement mortelles et qui, toutes proportions gardées, partagent trois traits communs.

Le premier, c’est la rapidité de propagation. Dans un monde à l’économie globalisée, l’accroissement permanent de la circulation des marchandises et des personnes, le brassage des denrées et des individus favorisent la dissémination de nombreuses maladies infectieuses. Comme le rappelait récemment le Haut conseil de la santé publique, "le vieux concept de maladies tropicales, ou de maladies exotiques, est en passe de perdre sa spécificité." Le coronavirus s’est diffusé dans le mon…

Bombe à fragmentation

La renonciation à la candidature à la mairie de Paris de Benjamin Griveaux, après la publication de vidéos intimes à caractère sexuel, n’a pas suffi à éteindre l’affaire. Car celle-ci, cette "bombe Griveaux" comme nous le titrions à notre Une samedi, est une bombe à fragmentation qui entraîne de multiples conséquences dépassant très largement la seule personne de l’ancien ministre. Au-delà des débats sans fin sur l’imprudence ou l’impudence de Benjamin Griveaux d’avoir partagé, comme le premier adolescent venu, des vidéos très personnelles sans imaginer ce qu’elles pourraient devenir un jour, au-delà des suites judiciaires, l’affaire touche deux points majeurs.

Le premier, c’est le débat qu’elle a immédiatement suscité – réactivé plus précisément – sur l’anonymat des réseaux sociaux. Un débat plutôt étonnant puisqu’en l’espèce, les vidéos et les échanges de Benjamin Griveaux ont été publiés sur un site web et revendiqués par l’activiste russe Piotr Pavlenski. Les réseaux so…

Les vignobles à l’épreuve

Les producteurs français de vin ont le blues. Dans les allées du salon Wine Paris-Vinexpo, premier événement de l’année pour les professionnels, qui vient de s’achever, l’heure est à l’inquiétude. Car depuis plusieurs mois, les nuages s’amoncellent au-dessus des vignobles français et donc aussi ceux d’Occitanie.

Inquiétude la plus exprimée, celle de la surtaxation à l’importation par les Etats-Unis. Ulcéré de voir l’Europe, et la France au premier rang, s’attaquer via une taxe GAFA à l’optimisation fiscale des géants d’internet – tous américains – Donald Trump a brandi l’été dernier la menace de mesures de rétorsion visant, entre autres, les vins français. "J’ai toujours dit que le vin américain était meilleur que le vin français !" fanfaronnait l’hôte de la Maison Blanche – qui ne boit pourtant jamais une goutte de vin. Instaurée en octobre, cette taxe de 25 % sur certains vins a eu des conséquences catastrophiques pour nombre de viticulteurs : les exportations se sont eff…

Un virus, quatre défis

L'épidémie du coronavirus chinois – désormais rebaptisé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) CoViD-19 – a dépassé le cap symbolique des 1 000 morts. Plus que jamais, elle appelle une mobilisation mondiale pour endiguer cette maladie infectieuse qui, presque 20 ans après le SRAS, met l'humanité à rude épreuve. Celle-ci doit, en effet, relever de concert quatre défis.

Le premier défi est évidemment sanitaire. En Chine, la construction en quelques jours de deux hôpitaux dans la région de Hubei, ne saurait masquer le sous-équipement des hôpitaux. Dans le monde, la gestion des cas positifs au CoViD-19 oblige chaque pays à prendre des mesures strictes de protection et de quarantaine. Instruite par la grippe H1N1, la France a su mettre en place rapidement les bonnes procédures pour accueillir nos compatriotes de retour de Chine comme pour traiter les cas apparus sur notre sol.

Le second défi est scientifique. La communauté des chercheurs s'est d'emblée mobilisée…

Question de confiance

Décidément, le déploiement du compteur connecté Linky n’est pas un long fleuve tranquille pour EDF et Engie. Depuis 2015, le lancement de ce compteur high-tech qui doit remplacer les vieux compteurs de quelque 35 millions de foyers d’ici fin 2021, cumule les embûches, subit les fake news et endure de multiples procédures judiciaires, au point d’apparaître in fine comme une opération dont les difficultés n’ont pas été suffisamment appréhendées et anticipées, particulièrement sur trois points.

Premier point, l’installation même des appareils. Dans les semaines qui ont suivi le début du déploiement, le compteur Linky a d’abord subi les foudres de particuliers concernant le remplacement des anciens compteurs. Un remplacement fait parfois à la hussarde, notamment chez les personnes âgées, par des sous-traitants peu respectueux. Particuliers, syndics de copropriété voire mairies se sont alors tournés vers la justice pour empêcher l’installation des compteurs Linky, qui contribuent pourtant…

Maire un jour, maire toujours ?

Candidat pour la 3e, 4e, 5e jusqu’à la 7e fois… Qu’est-ce qui pousse donc ces maires sortants, qu’on dirait inoxydables, à se lancer à nouveau dans une campagne électorale pour les municipales des 15 et 22 mars prochains en quête d’un nouveau mandat ? Quels sont les ressorts de ces nouvelles candidatures alors qu’en novembre L’Observatoire de la démocratie de proximité, méticuleusement réalisé par le Centre d’études de la vie politique française (CEVIPOF) de Sciences Po et l’Association des maires de France (AMF), montrait qu’un maire sur deux ne souhaitait pas rempiler ? Pourquoi ces élus ne sont pas gagnés comme d’autre part la lassitude ; épuisés par les contraintes de plus en plus nombreuses qui impactent leur vie familiale, les demandes de plus en plus pressantes de leurs concitoyens ; ou déçus de voir leurs prérogatives rognées au fil des ans par les intercommunalités et leurs moyens diminués par l’Etat ? Enfin, à l’heure où la tendance générale est au non-cumul des mandats, à …

Jospinisation

Les quelque 17 milliards de mesures en faveur du pouvoir d’achat débloqués par Emmanuel Macron pour éteindre la crise des Gilets jaunes n’auront donc pas suffi à décoller l’étiquette de « Président des riches» qui colle à la peau du locataire de l’Elysée depuis le début du quinquennat, lorsque la majorité avait baissé les aides aux logements et supprimé le très symbolique impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Non seulement, le mouvement de grogne sociale inédit perdure de samedi en samedi, mais les Français n’ont pas perçu d’amélioration tangible de leur pouvoir d’achat. Une perception sur laquelle l’OFCE vient de mettre des chiffres dans sa dernière étude sur l’impact des mesures du budget 2020. Certes, 70% des ménages devraient voir leur pouvoir d’achat augmenter cette année, mais les grands gagnants, qui vont profiter le plus des réformes menées par le gouvernement, sont bel et bien les classes moyennes supérieures. Pire, 5% des ménages les plus modestes vont voir leur niveau …

Changer, maintenant

Les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), les nombreuses et régulières études de l’ONU sur le réchauffement climatique, les constatations d’ONG comme Greenpeace ou le WWF sur les atteintes à la biodiversité ou encore les catastrophes comme les incendies géants en Amazonie ou en Australie : autant d’éléments bien tangibles des bouleversements du climat qui affectent la planète et qu’une majorité de Français – à quelques irréductibles climatosceptiques près – reconnaît volontiers. Mais il reste toujours difficile de se projeter, les catastrophes semblent toujours bien lointaines et en tout cas pas de nature à perturber notre quotidien. La nouvelle étude de l’Insee dévoilée hier changera-t-elle la donne et impulsera-t-elle une prise de conscience élargie dans la population ?

En tout cas, les prévisions de l’Insee sur le climat dans notre région sont sans appel. Dans les trentes prochaines années, les épisodes de fortes chaleurs seront de plus…

Quand la Chine tousse

En 1973, Alain Peyrefitte publiait « Quand la Chine s'éveillera » et pronostiquait ainsi comment l'Empire du milieu allait devenir au siècle suivant un géant politique et économique. Depuis, la Chine s'est largement éveillée et est, effectivement, devenue un géant économique qui pèse lourd dans l'économie mondiale. Mais un géant aux pieds d'argile comme le montre l'épidémie du coronavirus. Car depuis le déclenchement de cette pandémie, c'est finalement tout le pays qui se retrouve en quarantaine, soit qu'il se barricade lui-même dans certaines régions en confinant des millions d'habitants et en mettant à l'arrêt les usines, soit qu'il se trouve victime de mesures – parfois disproportionnées au regard de la réalité sanitaire – prises par de plus en plus de pays inquiets et cédant au repli.

Dans une économie mondialisée, cette paralysie inquiète d'autant plus que, depuis la précédente épidémie du SRAS en 2002-2003, le poids économique de …

Freiner les déserts médicaux

La contestation de la réforme des retraites et bien avant le cri d’alarme des personnels des urgences dans les hôpitaux ont donné lieu ces dernières semaines à des mobilisations totalement inédites par leur ampleur et le mode d’action des personnels soignants – notamment la menace de démissionner de leurs fonctions administratives de près d’un millier de médecins hospitaliers. Mais quand l’hôpital va mal c’est tout le système de santé français – l’un des plus réputé au monde – qui tousse et, en parallèle des problèmes de l’hôpital, on trouve celui de la démographie médicale globale qui devient inquiétante.

Car la pénurie de médecins s’intensifie. "Si nous ne faisons rien, cette tendance va s’accroître inéluctablement dans les prochaines années", a reconnu récemment le directeur général de l’Assurance maladie, Nicolas Revel, dans un entretien accordé au magazine Le Généraliste, soulignant qu’en 2019, 5,4 millions de Français n’avaient pas de médecin traitant. Parmi eux des p…

Question de dignité

Les autorités françaises doivent mettre fin au problème de surpopulation dans les prisons et aux conditions de détention dégradantes". Les mots sont cinglants pour la patrie des Droits de l’Homme, mais ils ont été, d’évidence, largement sous-pesés par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) qui vient de rendre cette semaine un arrêt sévère contre la France. Saisie par 32 détenus des centres pénitentiaires de Ducos (Martinique), Faa’a Nuutania (Polynésie française), Baie-Mahault (Guadeloupe) ainsi que des maisons d’arrêt de Nîmes, Nice et Fresnes, l’instance européenne n’a pu que constater que les détenus "ont, pour la majorité d’entre eux, disposé d’un espace personnel inférieur à la norme minimale requise de 3 m2 pendant l’intégralité de leur détention, situation aggravée par l’absence d’intimité dans l’utilisation des toilettes." Certes, la CEDH n’entend pas dicter la politique pénale de la France, mais elle suggère "la refonte du mode de calcul de la ca…

Besoin de clarté

"Mal nommer les choses, c’est participer au malheur du monde" disait Albert Camus. Mais il n’est pas toujours aisé de bien nommer les choses, et c’est tout l’enjeu de cette notion complexe de "radicalisation" – et son corollaire de "déradicalisation" – lorsqu’on l’applique à l’islam, à des jihadistes confirmés ou apprentis. Car deux écoles, pour le coup radicalement en désaccord, ont développé leur analyse du phénomène, récemment ravivé par la publication de deux livres. D’un côté, l’école de Gilles Kepel, qui estime que le jihadisme procède d’une "radicalisation de l’islam". Cette radicalisation passe par des figures tutélaires salafistes, des réseaux, des filières comme celle de Toulouse, des quartiers comme celui des Izards. Cette option est largement défendue par le livre d’Hugo Micheron "Le Jihadisme français : quartiers, Syrie, prison" (Ed. Gallimard). Le chercheur que nous avions récemment interviewé montre d’ailleurs combien l…