Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du 2020

Vivre avec

Ce sont de petits témoignages qui fleurissent sur les réseaux sociaux. Un jeune homme qui raconte qu’il "serre la main de [sa] copine pour retrouver la sensation". Un autre, nostalgique, qui regrette "les jours où on pouvait se serrer la main, la bonne époque…" Un troisième qui avoue continuer à "serrer la main de ses amis et de ses clients". Une autre qui fait la bise à ses collègues qu’elle n’avait pas vues depuis des semaines. Ou encore ce médecin qui s’est surpris à serrer la main de son patient, mécaniquement et à leur grande surprise… avant qu’ils ne partent vite se saisir de leur gel hydroalcoolique.Ces témoignages, dont les sociologues feront sans doute leur miel, montrent combien il est difficile d’abandonner ces gestes jadis banals, ciment de notre vie sociale… et professionnelle. Et c’est bien désormais en entreprise que le respect des règles sanitaires – gestes barrière et distanciation sociale – semble poser problème. La force de l’habitude f…

Ne les oublions pas

Ils s’appelaient Charline, Nadifa, Stella, Myriam, Antonin et Léo. Ils avaient entre 25 ans et 35 ans, autant dire qu’ils avaient la vie devant eux. Une vie que ces jeunes diplômés avaient décidé de consacrer aux autres, comme donnant sens au propos d’Albert Enstein : « Chaque homme a le devoir de donner au monde au moins l’équivalent de ce que le monde lui a donné. »Ces six jeunes humanitaires, dont cinq engagés auprès de l’ONG Acted, avaient, d’évidence, beaucoup à donner aux populations du Niger, ce si vaste et si beau pays frappé par la misère et menacé par le terrorisme djihadiste. Riches déjà de belles expériences dans différents organismes comme dans différents pays, Charline, Nadifa, Stella, Myriam, Antonin et Léo s’étaient engagés, avec le dynamisme de la jeunesse qui veut changer le monde, dans une juste cause non seulement auprès des Nigériens, mais surtout avec eux pour construire des projets pérennes de développement.En s’accordant une journée de détente avec un guide et …

Crash tests

Après les masques, les tests de dépistage du coronavirus vont-ils devenir le nouveau caillou dans la chaussure du gouvernement ? Et surtout vont-ils connaître le même changement radical de communication que les masques qui, d’inutiles au début de la crise sanitaire, sont devenus aujourd’hui indispensables au point d’être fortement recommandés quand la distanciation sociale est impossible et même rendus obligatoires en extérieur par de plus en plus de communes ? Les tests semblent en tout cas relever de la même problématique."Testez, testez, testez !" avait recommandé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le 16 mars au début de la pandémie, traduisant un raisonnement simple : pour soigner, il faut tester ; pour détecter les malades et les isoler avant qu’ils ne contaminent leurs proches et leurs concitoyens, il faut tester ; pour circonscrire les clusters, il faut tester. Les pays qui testaient le plus leur population, comme l’Allemagne ou la Corée du Sud, sont d’ailleurs…

Le désespoir et la colère

Aux images du fracas de l’explosion puis à celles des dégâts immenses qui ont ravagé la moitié de Beyrouth mardi soir, les Libanais ont partagé en masse sur les réseaux sociaux une courte vidéo qui marquera. On y voit un appartement dévasté aux fenêtres éclatées. Dans ce chaos, une vieille dame assise devant son piano, imperturbable de dignité, joue "Ce n’est qu’un au revoir"… La scène dit tout de l’incroyable capacité de résilience des Libanais qui ont connu tant et tant de malheurs, quinze années de guerre, les attentats, les tensions avec leurs voisins, la crise économique et ses privations, celle des migrants et celle du coronavirus. En venant hier à Beyrouth après ce nouveau drame qui endeuille le pays, Emmanuel Macron a voulu saluer cet état d’esprit à l’heure où le désespoir fait vaciller les plus solides des habitants. Comme avant lui ses prédécesseurs – François Mitterrand en 1983 et Jacques Chirac en 2005 – le chef de l’Etat est venu dire que "le Liban n’est p…

Avec Beyrouth

Un immense panache de fumée, deux explosions entendues à des centaines de kilomètres à la ronde, un cratère gigantesque, des dizaines de morts et des centaines de blessés : les images de Beyrouth dévastée qui tournent depuis mardi soir sur les réseaux sociaux et dans les médias du monde entier marquent les esprits, car elles s’inscrivent dans l’histoire des grandes catastrophes qui accompagnent la marche de l’humanité. Ces images d’une capitale éventrée, d’une ville soufflée, de blessés hagards, de familles éplorées et endeuillées, d’un pays sous le choc, en rappellent d’autres : villes rasées ou détruites par la furie de la nature ou la folie des hommes. Elles résonnent surtout en France d’une façon toute particulière pour deux raisons. D’une part parce que l’origine des explosions à Beyrouth se trouve dans le nitrate d’ammonium, ce composé chimique au cœur de l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001, la pire catastrophe industrielle que nous ayons connue et que nous n’oublions …

Responsabilité

Le gouvernement pensait sans doute en avoir fini avec les masques, dont la pénurie au début de l’épidémie du coronavirus lui avait été violemment reprochée, tant par l’opinion publique que par les experts, agacés par sa communication approximative sinon mensongère sur leur utilité. Las ! Alors que désormais il y a pour les Français suffisamment de masques – chirurgicaux ou grand public en tissu – et que le gouvernement a largement fait évoluer sa doctrine jusqu’à aboutir à une obligation dans tous les lieux publics clos le 20 juillet dernier, voilà que survient un nouveau casse-tête. Au moment où l’épidémie de Covid-19 semble regagner de la vigueur en France – comme chez nos voisins – comment inciter les Français à bien porter le masque quand ceux-ci, au contraire, veulent profiter de leur été sans contraintes après l’épreuve du confinement ?
Chantre des territoires, Jean Castex entend bien ne pas se laisser enfermer par cette épineuse question et souhaite y associer les collectivités …

Deux visions de l'Amérique

Dans trois mois, les Etats-Unis se rendent aux urnes pour réélire le républicain Donald Trump ou choisir le démocrate Joe Biden. Entre le président sortant qui avait triomphé d’Hillary Clinton il y a quatre ans – à la surprise générale et à celle du principal intéressé – et l’ancien vice-président de Barack Obama, le choix est radicalement différent pour une Amérique plus divisée que jamais. Car la polarisation de l’opinion qui était déjà à l’œuvre en 2016 n’a cessé depuis de se renforcer. Depuis quatre ans, en effet, Trump, soutenu par une base électorale ultraconservatrice qu’il sait chauffer à blanc, bouscule tout sur son passage, sur la scène intérieure comme sur la scène internationale. Entre outrances, éructations, colères, approximations et fake news déversées notamment à jet continu et quasiment 24 heures sur 24 sur son compte Twitter, Donald Trump a bousculé tous les codes et redéfini toutes les priorités des Etats-Unis à l’aune de son seul slogan de campagne "Make Ameri…

Agir sans tarder

Tout préoccupés que nous sommes depuis le début de l’année par l’épidémie du coronavirus, nous en avions presque oublié que derrière le défi sanitaire de la Covid-19 perdurent le défi climatique et les bouleversements du réchauffement engendré par l’activité humaine. La vague de chaleur que connaît le pays cette semaine – jusqu’à 40 °C dans le Sud-Ouest – sonne dès lors comme un utile rappel de cette réalité qui impose plus que jamais des actions fortes, concrètes et surtout rapides.
Certes – et les climatosceptiques en font leurs choux gras – ce n’est pas la première fois que de tels épisodes caniculaires et de sécheresse se produisent. On se souvient de la sécheresse historique de 1976 ou de celle plus récente de 2003. Mais la multiplication de ces épisodes et surtout leur intensité année après année doivent nous conduire à trouver de nouvelles solutions pour agir contre le réchauffement climatique, opérer une transition écologique qui permette aussi de mieux se protéger de la chaleu…

Objectif Mars

Le déconfinement et les leçons à tirer des conséquences de la pandémie de Covid-19 – toujours en cours – ont laissé penser qu’un nouveau monde allait advenir. Plus rien ne serait comme avant, disait-on. Mais ce nouveau monde-là peine à apparaître et d’aucuns redoutent qu’il ne soit pire que l’ancien. Un autre nouveau monde, pourtant, beaucoup plus enthousiasmant et ouvrant des perspectives aussi immenses qu’inconnues, émerge depuis plusieurs années : l’espace. Alors que ce jeudi doit décoller la mission spatiale Mars 2020, les initiatives se sont multipliées et accélérées, venant tant de sociétés du « new space » comme l’américaine Space X, ou d’Etats qui se lancent dans l’exploration spatiale comme la Chine, l’Inde ou les Emirats arabes unis. Et c’est Mars qui concentre toutes les ambitions. La planète rouge, qui fascine l’homme depuis l’antiquité et nourrit sans cesse littérature et cinéma, n’en finit pas d’attirer toute l’attention.
Attention scientifique en premier lieu avec cette q…

L'effet "grippette"

Le relâchement des Français, et plus particulièrement des jeunes, dans l’application des mesures de distanciation sociale et des gestes barrière pour lutter contre la propagation du coronavirus, inquiète de plus en plus les autorités alors que nous sommes toujours sous la menace d’une reprise de l’épidémie. Une deuxième vague qui reste pour l’heure hypothétique – pronostiquée par certains experts, démentie par d’autres – mais à laquelle il faut malgré tout se préparer, alors qu’on a comptabilisé une centaine de nouveaux clusters partout en France.
Face à cette situation, la jeunesse est particulièrement montrée du doigt. Les jeunes ne prendraient pas assez la mesure de la gravité de la situation, de la contagiosité du virus, seraient dans un sentiment de toute-puissance face à ce que beaucoup considèrent comme une maladie bénigne. On a ainsi vu depuis le déconfinement des attroupements de jeunes dans des parcs ou devant des bars où chacun finit par se rapprocher au fil de la soirée et …

Egalité réelle

La démission de Christophe Girard, jeudi dernier, de son poste d’adjoint à la Culture de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, sous la pression publique, médiatique et politique de militantes féministes et plus particulièrement d’une élue d’Europe Ecologie Les Verts, Alice Coffin, a fait monter le curseur d’un cran dans la lutte radicale que mènent certains mouvements de défense des femmes. Christophe Girard a été vilipendé par ces derniers pour avoir par le passé ponctuellement aidé ou appuyé des aides en faveur de l’écrivain Gabriel Matzneff, accusé de pédophilie. Dans cette affaire, l’élu parisien, ancien dirigeant de la maison Yves Saint-Laurent, n’a com- mis aucun délit et plaidé la naïveté quant à sa connaissance des méfaits de Matzneff. Se disant « écœurée », Anne Hidalgo entendait saisir la justice pour les « graves injures publiques » proférées. Cette démission est en tout cas le nouvel épisode – sans doute pas le dernier – d’un bras de fer entre ceux qui estiment que les mouveme…

Toujours unis

Depuis lundi, la France est entrée dans la troisième et dernière phase du déconfinement. Et si une seconde vague de l’épidémie du coronavirus SARS-CoV-2 est toujours possible, les Français ne se retrouveront pas à nouveau confinés, comme l’a assuré le professeur Delfraissy, président du conseil scientifique Covid-19 qui éclaire le gouvernement. Ces 55 jours de confinement, totalement inédits pour une démocratie comme la nôtre en temps de paix, auront profondément marqué les Français. Face à l’angoisse de la maladie Covid-19, ils ont fait preuve d’une mobilisation, d’une détermination et d’une résilience qui forcent le respect. Professionnalisme des personnels soignants, mais aussi de tous ceux qui ont été en deuxième ligne, livreurs, facteurs, éboueurs, caissières… auxquels on peut ajouter les policiers ou les enseignants.

Face à l’épidémie, les Français ont collectivement fait face, seuls, car obligés de rester à la maison, mais plus que jamais ensemble. Le confinement a fait émerge…

Respiration méritée

À l’angoisse pour leur santé et celle de leurs proches que les Français ont vécue durant le confinement a succédé le stress de l’organisation des vacances d’été. Des vacances particulièrement attendues cette année, notamment par les parents et leurs enfants : après 55 jours d’assignation à résidence, quoi de plus normal que d’avoir envie de repos pour se ressourcer, de changer de décor, de prendre un bol d’air frais à la campagne, à la montagne ou sur le littoral ? Mais organiser les séjours a été bien compliqué entre la crainte d’une seconde vague de l’épidémie du coronavirus, les injonctions contradictoires des autorités, les interrogations sur l’ouverture des lignes ariennes ou ferroviaires, la réouverture des frontières avec nos proches voisins. Dès lors l’idée de passer ses vacances en France, et même dans sa région, a fait son chemin, à la fois pour des questions pratiques, mais aussi avec l’envie de soutenir les acteurs du tourisme que sont les hôtels, les campings, les bars e…

En quête de consensus

La 5G est-elle en train de devenir le nouveau Linky ? La question mérite d’être posée car le déploiement de la 5e génération de la téléphonie mobile commence à provoquer le même type de débats que ceux qui entourent déjà depuis plusieurs années le compteur électrique communicant. Méfiance de la population à l’égard de cette nouvelle technologie, inquiétude de parlementaires sur la nocivité pour la santé humaine des ondes électromagnétiques émises, controverses virulentes entre scientifiques, poids des lobbys industriels, impatience des opérateurs, mais aussi dégradations d’antennes qui se multiplient avec parfois des revendications anticapitalistes primaires, le tout sur fond de théories conspirationnistes dont les plus échevelées ont fait ces derniers mois un lien entre la 5G et la progression de l’épidémie du coronavirus… N’en jetez plus !

Cette incapacité à accueillir sereinement, avec sang froid, une innovation qu’elle soit médicale, technologique ou scientifique, est devenu une …

Tourner la page

Quelle élection ! On connaissait le Jour le plus long, 2020 nous aura offert la campagne électorale la plus longue et la plus inédite. Elle va enfin s’achever dans six jours avec l’organisation du second tour des municipales qui reste encore plein d’inconnues avec un risque d’abstention massif . C’est peu dire que le coronavirus aura bousculé notre démocratie locale, celle qui permet pourtant d’élire l’homme ou la femme préféré des Français : leur maire. Après un premier tour organisé à la veille d’un confinement jamais vu du pays et marqué par une abstention historique, la campagne électorale s’était mise en sommeil, ne sachant d’ailleurs si elle pourrait reprendre. Les maires sortants candidats à leur réélection ont redoublé de présence sur le terrain pour rassurer leurs administrés face à la pandémie quand ceux dont c’était le dernier mandat ont dû jouer les prolongations. Les challengers, de leur côté, ont dû souvent se résigner à ne faire que de la figuration. Tous les candidats…

Espoir et inquiétude

Le coup de théâtre survenu au début du mois dans l’affaire de la disparition de la petite Maddie est à la fois porteur d’espoir et d’inquiétude.

Porteur espoir pour toutes les familles en quête de vérité qui vivent au quotidien la douleur d’avoir perdu un enfant, un proche dont elles sont sans nouvelles depuis parfois des années, ou bien qui endurent l’attente de voir le meurtrier de leur enfant arrêté et jugé pour pouvoir faire leur deuil. Ces parents, comme ceux de la petite Maddie, refusent de baisser les bras et affrontent avec dignité la lenteur et la complexité des enquêtes, souvent minées par de fausses pistes. Les familles des victimes peuvent heureusement compter sur la détermination et la ténacité des enquêteurs, policiers et gendarmes, des juges d’instruction ou des associations qui ne peuvent se résoudre à ce que des disparitions d’enfants ou d’adultes ne deviennent des "cold cases", ces affaires irrésolues qui restent suspendues, parfois des années, avant la dé…

Fierté partagée

C’était le dernier convoi, autant dire presque le dernier voyage pour l’Airbus A380 dont les dernières pièces ont été convoyées par la route vers Toulouse dans la nuit de mercredi à jeudi, sur le fameux itinéraire à grand gabarit. Le géant des airs, dont les derniers exemplaires sortiront des chaînes de montage de l’avionneur européen l’année prochaine, aura marqué son époque et ouvert un chapitre important de l’histoire de l’aéronautique mondiale. Lancé au tournant du siècle, l’A380 – qui aura coûté quelque 30 milliards d’euros, surcoûts compris – était "une décision risquée", prise sans savoir ce que le marché allait réellement devenir. Un pari osé qui s’est révélé infructueux. L’A380 devait répondre à la congestion du trafic, mais en dépit d’un triplement de celui-ci en 15 ans, les aéroports n’ont pas été saturés. Il ambitionnait de relier le monde entier, mais ne pouvait pas atterrir partout compte tenu des infrastructures dont il avait besoin et donc des investissement…

Nous tenir prêts

Parce que le confinement a lourdement pesé sur les populations qui y ont été contraintes et parce qu’il a durablement impacté les économies des pays touchés par l’épidémie du coronavirus, le retour à la normale, à la vie d’"avant", était, logiquement, le premier souhait de tous, particulièrement en Europe à l’approche de la saison touristique. "Nous allons donc pouvoir retrouver le plaisir d’être ensemble, de reprendre pleinement le travail mais aussi de nous divertir, de nous cultiver", assurait Emmanuel Macron dimanche soir en annonçant aux Français le passage en vert de tout le territoire métropolitain.

Un soulagement qui a aussi étreint l’Italie, l’Espagne et de nombreux autres pays européens qui ont commencé à rouvrir leurs frontières, leurs écoles et leurs restaurants. Le fil de notre quotidien a ainsi repris peu à peu et, très vite, les restrictions sanitaires strictes que nous avons scrupuleusement respectées pendant trois mois nous semblent presque lointa…

Irremplaçable école

La fin effective du confinement et le passage de la France métropolitaine en vert ont permis au président de la République d’annoncer dimanche soir la réouverture complète des crèches, des écoles et collèges pour lundi 22 juin, "de manière obligatoire et selon les règles de présence normale." Pour la communauté éducative s’achèvera ainsi dans six jours une longue période aussi inédite qu’historique, qui l’aura mise à rude épreuve.

Épreuve d’abord lors du confinement où il a fallu mettre en place en un temps record la classe à la maison, une solution d’urgence via internet. L’école à distance, à domicile, n’a pu fonctionner qu’avec le professionnalisme des enseignants qui se sont pliés en quatre, parfois avec peu de moyens et en endurant les bugs de la plateforme, pour conserver les liens avec leurs élèves et entre leurs élèves. Beaucoup auraient apprécié dimanche un hommage présidentiel à leur engagement… Cette classe à la maison a aussi été possible grâce aux parents d’élè…

Rendez-vous en juillet

Depuis que l’on savait qu’Emmanuel Macron allait s’exprimer hier à 20 heures devant les Français, beaucoup se perdaient en conjectures. Qu’allait annoncer le chef de l’Etat, lui qui avait promis de "se réinventer" pour que "le jour d’après ne ressemble pas au jour d’avant" ? Deux ans avant la présidentielle, quel cap allait-il fixer, quel chemin allait-il montrer ? Plus social et moins libéral ? Plus écologique ?

Les instruments dont dispose le président de la République étant variés mais comportant tous des risques, certains ont évoqué un référendum, y compris à plusieurs questions, quitte à prendre le risque que les Français répondent davantage à celui qui pose la question qu’à la question elle-même. D’autres parlaient d’une dissolution. Jacques Chirac l’a tentée sur les conseils de Dominique de Villepin en 1997 avec le résultat inverse de celui attendu : une cohabitation de cinq ans avec Lionel Jospin. Certains enfin tablaient sur l’annonce classique d’un reman…

Évolution

Le déconfinement qui a commencé il y a un mois signifie aussi le retour au débat démocratique sur tous les domaines qui avaient été mis sous l’éteignoir. Celui autour des très controversées chasses traditionnelles vient de reprendre d’une façon spectaculaire avec la tribune d’une soixantaine de parlementaires appelant à ce que la France mette un terme à des chasses jugées aussi cruelles que contraires à l’aspiration de la majorité des Français à prendre en compte le bien-être animal et la protection de la biodiversité. Déterrage des blaireaux, chasse à la glu ou à la tendelle, les députés et sénateurs veulent en finir avec ces pratiques "archaïques" qui provoquent "un stress majeur, une mise à mort souvent indigne et/ou une dimension non sélective qui frappe des espèces non-cibles, parfois protégées." Et d’appeler à ce que la chasse du XXIe siècle soit " moderne et éthique", et bien sûr compatible avec les textes européens de protection des oiseaux signé…

Résilience

Depuis la fusion en 2013 de Midi-Pyrénées et du Languedoc-Roussillon, la région Occitanie apparaît comme une région dynamique, attractive, pleine d’avenir entre mer et montagne. L’aéronautique à Toulouse, le littoral méditerranéen sont des atouts qui séduisent chaque année de nouveaux habitants, c’est incontestable. Mais derrière l’énergie de cette vaste région se trouve aussi une autre réalité que vient souligner la dernière enquête publiée par l’Insee hier. Depuis 50 ans, en effet, des territoires d’Occitanie se dépeuplent au sein même de nos 13 départements, faute d’emplois suffisants pour permettre à ceux qui le souhaitent de rester au pays ou à d’autres de vouloir s’y installer. 63 des 215 bassins de vie – cette unité correspondant au plus petit territoire sur lequel les habitants ont accès aux équipements et services les plus courants – sont ainsi en souffrance depuis plusieurs années après avoir été des poumons de la région.

Decazeville, Carmaux, Lavelanet, Mazamet, Saint-Affr…

Patrimoine menacé

Les différents plans de relance et de soutien égrenés ces dernières semaines par le gouvernement ont touché les secteurs clés de l’économie française : automobile, tourisme, numérique, aéronautique, etc. Des milliards d’euros ont été débloqués pour soutenir, à raison, ces grands secteurs en difficultés après le long confinement imposé par l’épidémie de coronavirus et sauver de la récession qui vient un maximum d’emplois. D’autres filières pourtant, plus modestes en nombre, vivent également des jours difficiles et la filière du foie gras en est assurément une. D’autant plus que cette dernière, qui fait vivre environ 30 000 familles, notamment dans des zones rurales, et représente près de 100 000 emplois directs et indirects – ce n’est pas rien – essuie cette saison une multitude de déconvenues économiques et sociétales qui font de 2019-2020 une annus horribilis.

Le premier écueil vient des conséquences de la loi sur l’Alimentation, dite loi Egalim. Cette loi de fin 2018 qui vise à rét…

Irréconciliables

La présence de l’ours dans les Pyrénées ? Sans doute une bataille sans fin entre les partisans de la présence des plantigrades et les éleveurs excédés par les prédations. Deux camps irréconciliables qui se font face sans se comprendre ou si peu. Vingt-quatre ans après l’arrivée de Ziva dans les Pyrénées, le dossier ours est donc toujours aussi clivant et aucun des gouvernements qui se sont succédé n’a su mettre en place les conditions d’un dialogue fructueux pour résoudre cette aporie. La cohabitation entre l’homme et l’ours est pourtant réalisable : la mission d’inspection des ministères de l’Agriculture et de l’Écologie avait rendu un rapport en ce sens en mars 2019, et l’exemple d’une cohabitation réussie existe bien en Slovénie. Mais en France, les Pyrénées restent un champ de bataille au sens figuré comme au sens littéral avec la mort par balle d’un ours découvert en Ariège mardi.

Deux logiques s’affrontent avec chacune sa légitimité. D’un côté donc, les partisans de l’ours. Car…

Redécoller

Emmanuel Macron, qui a commencé son mandat dans la cour du Louvre, sait mieux que quiconque la force des symboles. Dès lors, beaucoup ont été surpris qu’hier ce ne soit pas le chef de l’Etat en personne qui dévoile, comme il l’avait fait pour l’automobile, le plan de soutien à la filière aéronautique – l’une des plus sinistrées par l’épidémie du coronavirus. Et d’autres ont été déçus, de surcroît, que la présentation de ce plan se fasse à Paris plutôt qu’en Occitanie, épicentre de l’aéronautique européenne dont Toulouse est fière d’être la capitale…

Si, sur la forme, le symbole a d’évidence été loupé, sur le fond, en revanche, le plan de soutien semble être à la hauteur avec 15 milliards d’euros mobilisés, même s’il convient de souligner que 7 milliards iront au soutien d’Air France et que 3,5 milliards sont des garanties export à rembourser plus tard par les compagnies aériennes… Le soutien reste cependant massif – comme pour l’automobile (8 milliards d’euros) ou le tourisme (18 mil…

Tsunamis

On ne dira jamais assez l’importance des dessinateurs de presse pour saisir une situation. Le 11 mars dernier, alors que l’épidémie du coronavirus se propage dans le monde, Graeme MacKay, dessinateur pour le journal canadien The Hamilton Spectator, publiait un "cartoon" très partagé ensuite sur les réseaux sociaux. On y voit une ville où quelqu’un livre un conseil "Assurez-vous de vous laver les mains et tout ira bien". La ville est alors sous la menace d’une vague "Covid-19", elle-même en passe d’être engloutie par une autre vague plus grosse marquée "récession". Ce dessin, prémonitoire, a depuis été détourné par certains qui ont rajouté une troisième vague, "changement climatique".

Ces dessins illustrent simplement la situation complexe qui nous attend. Alors que l’épidémie est "sous contrôle" en France depuis la semaine dernière selon le Conseil scientifique, nous allons faire face à un tsunami socio-économique ravageur d…

Tous en classe

Lorsqu’Emmanuel Macron avait annoncé la réouverture des écoles pour le 11 mai, un vent d’incompréhension avait traversé le pays, inquiétant les parents, les enseignants et les élus locaux. Les enfants, qu’on croyait alors particulièrement contaminants, devaient-ils se retrouver ensemble ? Comment les enseignants allaient pouvoir faire classe avec une partie de leurs élèves à l’école et l’autre à la maison ? Comment les mairies allaient pouvoir en si peu de temps réaménager leurs locaux pour respecter un protocole sanitaire très strict ? L’argument du décrochage de certains élèves pendant le confinement, invoqué par le ministre Jean-Michel Blanquer, ne passait pas et beaucoup dénonçaient une décision cynique pour pouvoir remettre les parents au travail à l’heure où l’économie française filait vers une récession historique. Et pourtant…

Maintenant que les dernières études ont montré que les enfants étaient bien moins contaminateurs qu’on ne le pensait, et que le protocole sanitaire peu…

Restons unis

Depuis le 2 juin et la réouverture si attendue des cafés, bars et restaurants, c’est un peu de la vie d’avant que l’on retrouve. Bien sûr, l’épidémie n’est pas encore terminée, il convient toujours de respecter les règles sanitaires de distanciation sociale et les gestes barrières, mais l’horizon s’éclaircit à l’approche de l’été… avant peut-être de redevenir sombre avec la crise sociale et économique qui semble se dessiner.

De cette longue période de confinement, de ses 55 jours d’assignation à résidence – chose inimaginable et inédite dans une démocratie comme la nôtre – il y a aura beaucoup de leçons à tirer. Mais on peut d’ores et déjà en détacher un enseignement : cette crise a fait ressortir le meilleur en chacun de nous. Des applaudissements aux soignants tous les soirs à 20 heures, des mercis à toutes ces professions (facteurs, livreurs, routiers, caissières, femmes de ménage, éboueurs, etc.) jusqu’alors oubliées voire méprisées ont accompagné de formidables actions de solida…

Fiasco

Au début de l’épidémie du coronavirus, un film de Steven Soderbergh sorti en 2011 s’est retrouvé propulsé en tête des plateformes de vidéo à la demande : Contagion. Ce long-métrage raconte comment un virus mortel né en Asie se propage partout dans le monde, provoquant des millions de morts et la panique dans une population prête à céder à toutes les théories du complot avant que l’on ne trouve un vaccin. Cette fiction, étonnamment prémonitoire, est aujourd’hui dépassée par la réalité de l’épidémie que nous traversons avec le scandale qui ébranle la communauté scientifique, après la publication par The Lancet d’un étude biaisée sur la chloroquine, cette molécule dont on ne sait toujours pas avec certitude si elle peut constituer un traitement pertinent ou non contre le coronavirus SARS-CoV-2.

La prestigieuse revue médicale s’est, d’évidence, fait abuser par une start-up inconnue jusque là, Surgisphere, qui lui a fourni des données en nombre prétendûment issues de centaines d’hôpitaux.…

Le cauchemar américain

En quelques jours les Etats-Unis ont donné au monde deux visages, comme l’avers et le revers d’une même médaille : le rêve américain avec un self made man, Elon Musk, qui parvient en vingt ans à peine à bâtir une entreprise spatiale capable d’envoyer à nouveau des hommes dans l’espace ; le cauchemar américain où l’on voit une nation divisée et fracturée comme jamais avec un racisme endémique terrifiant dont sont victimes depuis trop longtemps les Afro-Américains.

Ce n’est, hélas, pas la première fois que des émeutes secouent l’Amérique. On se souvient de celles de 1968 qui suivirent l’assassinat de Martin Luther King, de celles qui embrasèrent le pays en 1991 après le tabassage de Rodney King à Los Angeles, ou encore de celles de Baltimore en 2015 en réaction à la mort de Freddie Gray. La mort de George Floyd le 25 mai, après qu’un officier de police de Minneapolis,Derek Chauvin, s’est agenouillé sur son cou pendant 8 minutes et 46 secondes sera-t-elle le drame de trop ?

En tout cas,…