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Prendre les devants ?

 

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Pour reprendre la métaphore d’Emmanuel Macron sur l’épidémie de Covid-19 du «Jour sans fin», le film où le héros revit sans cesse la même journée, ce dernier finit par anticiper et apprendre comment éviter les erreurs commises la veille. Faut-il procéder de la même façon ? Sachant que de nombreuses études, conduites aux Etats-Unis ou en France, mais aussi l’histoire des épidémies montrent que la troisième vague de l’épidémie de coronavirus est quasi-inéluctable et devrait déferler début ou mi-janvier, faut-il, cette fois, prendre les devants ?

Une fois passé Noël – qui apparaît autant comme une indispensable bulle d’insouciance que comme un potentiel générateur de contaminations – faut-il à nouveau se confiner pour sauver la rentrée et éviter que cette troisième vague ne soit trop forte ? L’idée a déjà été adoptée par plusieurs pays européens, qui sont toutefois dans des situations plus tendues que celle de notre pays. La France va-t-elle suivre le même chemin comme le réclament plusieurs médecins et quelques élus ? Ou alors faut-il attendre une harmonisation européenne pour mettre en place un confinement dont on sait par ailleurs qu’il est très efficace s’il est bien respecté ?

L’équation posée à l’exécutif, comme toutes celles qu’il a dû résoudre depuis un an, est toujours aussi complexe. S’il serre trop la vis avec des mesures restrictives mais efficaces pour contenir l’épidémie, il est accusé d’autoritarisme sanitaire – de dictature même avancent certains. S’il préfère attendre d’avoir plus d’éléments chiffrés ou des avis scientifiques plus charpentés, on le soupçonne de laxisme et de vouloir mettre l’économie au-dessus de la santé des Français. L’arrivée du vaccin dès dimanche ne changera rien à l’affaire puisqu’il faudra encore plusieurs mois pour qu’il joue pleinement son rôle dans le long processus d’acquisition de l’immunité collective... Dès lors, on en revient toujours à la même situation : si le respect des gestes barrière se relâche, l’épidémie repart et nécessite un reconfinement. Les Français pourront-ils en subir encore un ? Car avant même la troisième vague épidémique, le pays commence à mesurer une autre vague, comme la partie immergée d’un iceberg : celle des conséquences psychologiques immenses de cette année sous Covid.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mercredi 23 décembre 2020)

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