Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du février, 2021

Principe de réalité

D’aucuns y verront la quintessence du « en même temps » appliquée à la 5G, la nouvelle norme de téléphonie mobile dont les antennes sont en cours de déploiement en France. Le 14 septembre dernier Emmanuel Macron fustigeait ceux qui réclamaient un moratoire sur ce sujet, estimant qu’on ne pouvait « relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. » « Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine », rajoutait le chef de l’Etat, s’attirant les foudres d’associations et d’élus écologistes et de gauche. Mais quelques jours plus tard, le 29 septembre, le secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O, écrivait une lettre aux opérateurs, révélée début février, par L’Express, dans laquelle il leur demandait expressément de « communiquer un dossier d’information » – ce que prévoit d’ailleurs la loi – aux élus locaux un mois avant le déploiement du réseau, quitte donc à retarder l’installation des antennes. Ce que certains

Sortir des déserts

  Ce n’est pas la première fois que l’on parle des "déserts médicaux". Ces dernières années, ces territoires où les patients doivent parcourir plus d’une dizaine de kilomètres avant de trouver un médecin généraliste, ou souffrir de délais indécents pour obtenir un rendez-vous médical chez un spécialiste, ont souvent fait la une de l’actualité. Dénoncés par les élus locaux et les populations promptes à se mobiliser pour défendre ici un hôpital de proximité ou une maternité, là se mettre en quatre pour attirer un jeune médecin, les déserts médicaux agacent tout autant le corps médical qui déteste cette appellation, lui préférant l’expression d’"inégalités territoriales" en santé, certes plus juste mais qui reflète moins les difficultés des zones rurales. Ces dernières, en effet, se sentent oubliées et injustement traitées comme le montre la dernière enquête sur le sujet de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), qui alerte tant sur d’importantes disparités g

Trompe-l'oeil

S’il fallait reprendre un vieil adage populaire pour illustrer la situation de l’épidémie de Covid-19 en France, ce serait celui qui dit qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué… Car la tentation est grande chez certains – des restaurateurs au monde de la culture – de vouloir alléger les mesures de restrictions sanitaires comme certains pays voisins l’ont fait, puisque les chiffres de la situation épidémique en France n’affichent pas de flambée mais une relative stabilité, le fameux « plateau haut. » Mais cette accalmie, qui redonne un peu d’espoir et justifie a posteriori le pari d’Emmanuel Macron de ne pas avoir décidé un troisième confinement, pourrait n’être qu’en trompe-l’œil. D’une part, la situation épidémique reste préoccupante avec la persistance de fortes tensions des services hospitaliers dans les régions de l’Est, avec aussi quelque 18 000 contaminations et près de 300 décès par jour. Ce n’est pas rien… Et d’autre part, la France reste sous la menace

L'autre virus

Les deux cyberattaques qui viennent de frapper coup sur coup deux hôpitaux français en pleine pandémie de Covid-19, paralysant complètement la quasi-totalité de leurs services sans heureusement faire de victimes, illustrent la grande vulnérabilité des institutions publiques. Car depuis plusieurs années, les pirates informatiques ne s’en prennent plus seulement aux entreprises mais ils visent désormais des institutions publiques, dont beaucoup ne sont pas suffisamment sécurisées pour contrer de telles attaques. Et surtout, les pirates disposent depuis ces dernières années d’un outil aussi simple que redoutable : le rançongiciel (ou ransomware), un virus informatique qui bloque et chiffre les données d’un ordinateur. Seul le paiement d’une rançon aux pirates permet aux victimes d’obtenir en échange la clé permettant de les déchiffrer – sans préjuger d’une nouvelle attaque ou de la vente frauduleuse des données… En mai 2017, le virus WannaCry a ainsi été utilisé au cours d’une cyberattaqu

Les mystères du virus

  On les a parfois regardés de travers, certains ont mis en doute ce qu’ils ressentaient, pensant qu’ils exagéraient. Et pourtant, les malades atteints de Covid-19 dont les symptômes persistent des mois après leur infection sont bel et bien une réalité. Aux nombreux témoignages que ces malades ont livrés dans la presse, et notamment dans nos colonnes, la Haute autorité de santé (HAS) a ajouté une reconnaissance en livrant des préconisations pour que les professionnels de santé identifient et prennent en charge de façon personnalisée ces patients. Ces patients "Covid long" sont d’ailleurs loin d’être marginaux puisque la HAS estime à 10 % le nombre de malades qui ressentent au moins un des symptômes initiaux du Covid-19 six mois après le début de la maladie. Ces patients, souvent inquiets et handicapés par leurs symptômes persistants dans leur vie quotidienne et leur activité professionnelle, devraient prochainement bénéficier de la reconnaissance du Covid long comme affection

La force du symbole

  Depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, l’école est une question centrale dans la gestion de l’épidémie, car vers elle convergent des dimensions sanitaires, éducatives, socio-économiques et politiques. Dimension sanitaire en premier lieu, naturellement. Depuis mars 2020, les contaminations des élèves dans les écoles ont fait l’objet de nombreuses études, aussi contradictoires au fil du temps que l’on perçait peu à peu les mystères du coronavirus SARS-CoV-2. Entre ces incertitudes et ces études, le gouvernement a dû tâtonner pour bâtir puis renforcer sans cesse des protocoles sanitaires dont l’efficacité a légitimement été questionnée par les parents et les enseignants. Le dernier protocole en date censé freiner la progression des variants, en vigueur depuis le 1er février, n’échappe pas à ces inquiétudes croissantes. Aspect éducatif ensuite. Le premier confinement a imposé à l’école une réorganisation rapide et complète en distanciel à laquelle elle n’était pas préparée. &

L'émotion et les droits

  Photo DDM - Adrien Nowak Des propriétaires privés qui voient du jour au lendemain leur appartement ou leur maison occupés par des squatteurs et qui ne parviennent à récupérer l’usage de leurs biens qu’au prix de longues, coûteuses et incertaines procédures judiciaires : ce type de mésaventure n’est ni récent ni nouveau. Dernière en date, l’affaire de la maison squattée de Toulouse, révélée ce week-end par La Dépêche du Midi. La détresse de son propriétaire âgé de 88 ans a suscité une immense émotion allant bien au-delà de la Ville rose. Comment se peut-il qu’au soir d’une vie de travail, des Français âgés se retrouvent ainsi du jour au lendemain dépossédés de leur logement ? Et comment admettre qu’il faille parfois des mois pour qu’ils retrouvent leur propriété, qui est souvent bien plus qu’un simple bâtiment mais l’accomplissement et le patrimoine familial de toute une vie ? Face à ces situations dramatiques, la loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable (DALO) ava

La fin d’une époque

  Cela fait bien longtemps qu’il n’a plus la cote, détrôné dans le cœur des Français par les téléphones mobiles et les smartphones si pratiques avec leurs multiples fonctions, presque relégué dans les livres d’histoire et la mémoire collective, entre le "22 à Asnières" de Fernard Reynaud ou le "Téléphone pleure" de Claude François. Et pourtant, le téléphone fixe n’a pas dit son dernier mot. S’il disparaît du paysage dans les cabines téléphoniques, il a connu chez les particuliers un retour en grâce à l’occasion des confinements. Derrière le boom des apéros WhatsApp ou des visioconférences Zoom, les Français ont redécouvert leur téléphone fixe et le goût des longues conversations. Pour les aînés d’ailleurs, il constitue un lien toujours important avec la famille et une sécurité vitale en cas d’accident. Derrière ce regain d’intérêt, peut-être ponctuel, le téléphone fixe s’apprête pourtant à vivre une révolution aussi discrète que le débat sur l’arrivée de la 5G est é

Changer nos habitudes

Le plastique n’est définitivement plus fantastique. Même si l’épidémie de Covid-19 et ses mesures sanitaires ont pu laisser penser à certains que les objets à usage unique faits de plastique pourraient bénéficier d’un sursis, leur fin programmée est bel et bien enclenchée avec une date fixée à… 2040. Échéance bien trop lointaine pour de nombreuses associations de défense de l’environnement, qui voient chaque jour les dégâts considérables que font gobelets, pailles, assiettes ou emballages en plastique jetés dans la nature sur la faune et sur la flore. En témoignent les spectaculaires images du "7e continent", ce vortex de plastique au milieu de l’océan, qui se désagrège en minuscules particules toxiques ingérées ensuite par les poissons. Mais nul besoin d’aller si loin pour se rendre compte des dégradations écologiques : il suffit à chacun de nous de se promener pour constater que notre environnement immédiat est pollué par ces plastiques. L’urgence d’agir peut-elle dès lors

Les bravos oubliés

  C’était pourtant hier, c’était il y a moins d’un an, mais autant dire un siècle sur l’horloge de cette interminable épidémie de Covid-19. Depuis leurs fenêtres ou balcons, sur le pas de leur porte ou sur leur terrasse des millions de Français confinés applaudissaient chaque soir à 20 heures les personnels soignants pour leur dévouement, leur abnégation et leur courage face à cette maladie qui submergeait leurs services.  Ces médecins, infirmières et aides-soignantes, dans les hôpitaux mais aussi dans les Ehpads, parfois confrontés au manque criant de matériels – pas assez de masques, pas assez de surblouses – et de personnels, ne comptaient pas leurs heures pour soigner, soulager et accompagner aussi des patients isolés jusqu’à la mort. C’est peu dire que la Nation a une dette morale envers eux, un devoir de reconnaissance qui devra dépasser la remise d’une simple médaille… Et puis le temps a passé, le déconfinement est arrivé, puis un reconfinement est survenu à l’automne qui n’avai

Coup de semonce

  Le double coup de semonce – scientifique et juridique – sur le front du climat suffira-t-il à engager enfin les actions promises mais toujours retardées ou amoindries ? Lundi, la vaste étude de Météo-France bâtie sur différents scénarios de hausse des émissions de gaz à effet de serre nous a montrés combien le réchauffement climatique pouvait, d’ici la fin du siècle, bouleverser le climat en France et donc notre vie quotidienne. Sans actions fortes maintenant, c’est un avenir sinon apocalyptique du moins infernal qui nous attend quant aux phénomènes dont nous avons à peine entr’aperçu les conséquences ces dernières années, particulièrement dans notre région qui se trouve en première ligne. La hausse des températures va s’accompagner de la hausse en nombre et/ou en intensité d’épisodes de canicule, de sécheresse, de nuits tropicales ; la neige et le gel ne seront plus que des souvenir ; et des phénomènes ponctuels  de pluies extrêmes seront aussi de mise. D’ici quelques décennies, le

Reprise

Il aura suffi d’un coronavirus pour mettre à genoux l’économie mondiale. La pandémie de Covid-19 a imposé aux chefs d’Etats et de gouvernements – en tout cas les plus soucieux de leur population – de faire passer la santé avant l’économie, les vies avant les profits. Ce faisant, entre couvre-feux et confinements, entre fermetures strictes et réouvertures très encadrées, l’activité économique a été profondément bouleversée. L’économie française a ainsi connu une récession historique en 2020 : le produit intérieur brut (PIB) a plongé de 8,3 % l’an passé, après une croissance de 1,5 % en 2019, selon une première estimation publiée vendredi par l’Insee. Et si les faillites et les licenciements ont pour l’heure été contenus, c’est grâce au soutien massif de l’Etat. La crise sanitaire n’a toutefois pas annihilé l’économie, elle l’a profondément modifiée. "Il y a deux économies françaises et il va falloir en sortie de crise les réconcilier. Il y a une économie qui se porte très bien, qui