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Éditos

Président va-t-en-guerre

 

Macron


En matière diplomatique, domaine réservé des présidents de la République, le moins que l’on puisse dire est qu’Emmanuel Macron sait surprendre son monde. En déplacement en Israël le 24 octobre, deux semaines après les massacres terroristes perpétrés par le Hamas, le chef de l’État exprime la solidarité de la France aux côtés de Benyamin Netanyahou… et propose une « coalition » internationale sur le modèle de celle contre Daech pour « lutter » contre le mouvement palestinien. Stupeur en Israël, dans les pays arabes, dans la classe politique française et jusqu’au sein même des équipes d’Emmanuel Macron, qui n’étaient pas au courant et doivent péniblement assurer auprès des médias le décryptage de la pensée complexe du Président. L’idée fera long feu, sèchement rejetée par nos alliés et partenaires, notamment dans les pays arabes.

Quatre mois plus tard, bis repetita. Lors de la conférence de presse qui suit le sommet de soutien à l’Ukraine qui a réuni lundi à Paris une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement, Emmanuel Macron évoque l’envoi de troupes au sol en Ukraine. « Il n’y a pas de consensus aujourd’hui pour envoyer de manière officielle, assumer et endosser des troupes au sol. Mais en dynamique, rien ne doit être exclu », explique le Président, estimant qu’il ne faut pas dire « jamais, jamais… » Stupeur de nos partenaires européens, émoi à l’Otan, embarras dans la majorité et tollé dans les oppositions. Berlin, Londres, Madrid notamment démentent fermement un tel projet, l’Otan fait de même, affirmant que son rôle se limite à apporter une aide militaire à Volodymyr Zelensky.

En France, les oppositions sont vent debout, parlant de « folie », d’ «improvisation » et réclament que le Parlement soit saisi. Face aux critiques, l’Elysée annonce que le gouvernement fera devant le Parlement une déclaration relative à l’accord bilatéral de sécurité conclu entre la France et l’Ukraine le 16 février et à la situation en Ukraine. Un débat qui sera suivi d’un vote.

Dans les deux cas, Emmanuel Macron, d’évidence, a voulu replacer la France – et donc lui-même – au centre du jeu diplomatique sans mesurer qu’il n’en avait peut-être plus forcément les moyens. Au Proche-Orient, la voix de la France pèse bien moins que par le passé ; en Ukraine, la France est loin d’être le premier soutien militaire de Zelensky. Dans les deux cas, il s’agissait aussi pour le chef de l’État d’envoyer des messages de politique intérieure, d’un côté pour condamner ceux qui rechignent à qualifier de terroristes les actes barbares du Hamas, de l’autre pour mettre au jour les ambiguïtés de certains – notamment au Rassemblement national qui soutenait ardemment Poutine il n’y a pas si longtemps – à 100 jours d’élections européennes qui s’annoncent difficiles pour la macronie.

En revanche si l’on peut parler de raté lors du voyage en Israël, peut-on dire de même sur les déclarations de lundi ? Si Emmanuel Macron a durci son discours contre Vladimir Poutine – qu’il ne voulait pas « humilier » il y a quelques mois encore – c’est aussi parce que la Russie est bien en guerre contre l’Europe et cible particulièrement la France. Pas la guerre conventionnelle comme celle que Poutine mène en Ukraine bien sûr, mais une « guerre hybride » faite de cyberattaques, d’opérations d’influence et de désinformation sur les réseaux sociaux, de déstabilisation des processus électoraux. Des étoiles de David peintes à Paris sur ordre du FSB aux agressions contre les militaires de Barkhane en Afrique, cette guerre hybride se déploie à grande vitesse.

Les voisins de la Russie ont compris cette réalité. Emmanuel Macron a voulu ouvrir les yeux des Européens. Quitte à passer, dans les mots, pour un président va-t-en-guerre…

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mercredi 28 février 2024)

La place des seniors

  

conduite

Faut-il oui ou non imposer une visite médicale obligatoire pour les titulaires du permis de conduire à partir d’un certain âge ? Cette épineuse question dans un pays comme la France où le permis est délivré à vie revient à nouveau dans le débat public à l’occasion d’une proposition de nouvelle réglementation européenne qui sera mise au vote au Parlement européen à la fin du mois. Il s’agirait alors d’imposer aux conducteurs de plus de 65 ans de passer une visite médicale tous les 15 ans. Cette mesure, qui vise à réduire les accidents de la route impliquant des personnes âgées, suscite une controverse devenue récurrente.

D’un côté, il est indéniable que le vieillissement entraîne une diminution des capacités physiques et cognitives, qui peut effectivement affecter la conduite. La vue, l’ouïe, les réflexes, l’attention, la mémoire se dégradent avec l’âge. Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), les conducteurs de plus de 75 ans ont ainsi un risque d’accident mortel multiplié par 2,5 par rapport aux conducteurs de 35 à 54 ans. Ils sont aussi plus vulnérables aux blessures, en raison de leur fragilité. Face à ces constats, il peut donc sembler légitime de vouloir contrôler l’aptitude des conducteurs âgés à prendre le volant.

Mais une visite médicale est-elle le moyen le plus efficace et le plus équitable ? Car l’âge n’est pas le seul critère à prendre en compte : il existe une grande variabilité individuelle dans le vieillissement et certains conducteurs peuvent être en meilleure forme que d’autres, quel que soit leur âge. Ensuite, la conduite n’est pas qu’une affaire de compétences techniques, mais aussi de comportement. Les conducteurs âgés ont souvent une expérience de la route plus longue et plus riche que les jeunes conducteurs, et ils adaptent leur conduite en fonction de leurs capacités. Ils évitent par exemple de conduire la nuit ou sous la pluie et respectent davantage le code de la route et les limitations de vitesse. Et ils sont moins impliqués dans les accidents liés à l’alcool, à la drogue ou à la fatigue.

Ensuite, il faut prendre en considération les conséquences sociales et psychologiques qu’aurait la perte du permis pour les seniors qui ne passeraient pas le cap d’une telle visite médicale. Pour beaucoup d’entre eux, la voiture est le seul moyen de se déplacer, de faire leurs courses, de rendre visite à leurs proches, de participer à des activités culturelles ou associatives. Et cela est particulièrement vrai dans les zones rurales où l’offre de transport est insuffisante pour remplacer la voiture individuelle. Sans permis, les seniors risquent de se retrouver plus isolés et dépendants.

Entre l’exigence de sécurité routière et la légitimité de vouloir rester autonome et actif dans la vie sociale, il reste à explorer de nouvelles pistes. Plutôt que d’imposer une visite médicale systématique et arbitraire basée sur un critère d’âge, on pourrait imaginer proposer un accompagnement personnalisé aux conducteurs âgés avec des actions de prévention, de sensibilisation, de formation, de conseil qui pourraient les aider à évaluer leurs capacités, améliorer leur conduite, et, aussi, choisir le moment opportun pour arrêter de conduire. On pourrait également rechercher des solutions alternatives de mobilité, comme le covoiturage, le transport à la demande, et qui sait demain des véhicules autonomes.

Dans une société française ou une personne sur cinq a 65 ans ou plus et où les plus de 75 ans et plus représentent une personne sur dix – une proportion en hausse de 9 % en 2023 – il serait temps d’avoir ces réflexions pour éviter des discriminations et donner leur place aux seniors.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du lundi 26 février 2024)

 

Urgences et surenchères

Attal


La colère des agriculteurs qui a percuté ses débuts à Matignon, effritant ses sondages flatteurs, a conduit Gabriel Attal à délaisser un peu ses habituelles astuces de bon communicant pour peaufiner ce qui pourrait devenir sa méthode, l’écoute puis l’action rapide. À un poste que l’on dit précaire – puisqu’Emmanuel Macron pourrait être tenté de revoir totalement l’architecture gouvernementale après les Jeux olympiques pour la fin de son quinquennat – le plus jeune Premier ministre de la Ve République a tout intérêt à montrer qu’il est parvenu à gérer sa première crise politique d’ampleur, qui plus est dans un domaine qui lui était totalement étranger et sous la surveillance constante et peut-être pesante du chef de l’État. Mais pour calmer la colère paysanne, qui rappelle à l’exécutif le traumatisant épisode des Gilets jaunes, le Premier ministre a-t-il trop cédé et trop vite, sur la forme comme sur le fond ?

Sur la forme, la gestion Attal de cette crise agricole historique montre que l’État, que l’on dépeint souvent comme une complexe machine ankylosée, est capable de se mobiliser très rapidement, de réviser des dizaines de décrets, de battre le rappel de tous les préfets pour les missionner au chevet de Français en souffrance, et même de porter fort la voix de la France dans les instances européennes à Bruxelles. Bref, d’accélérer une chaîne de décisions souvent entravée par les procédures administratives.

C’est plutôt une bonne chose. Dès lors se pose la question de savoir pourquoi ce qui est possible pour l’agriculture ne pourrait pas l’être pour d’autres secteurs. L’éducation, le logement, la santé, les transports, la transition écologique, ou encore le numérique – qui vient de perdre son ministère de plein exercice pour un secrétariat d’État à l’heure de l’intelligence artificielle qui soulève des enjeux colossaux – ne mériteraient-ils pas, eux aussi, de bénéficier d’un tel activisme gouvernemental ? Le « mois de la simplification » annoncé pour l’agriculture ne pourrait-il pas s’appliquer à d’autres dossiers ?

Sur le fond ensuite, le plus important, le gouvernement a cédé rapidement aux agriculteurs des aides évaluées à quelque 400 millions d’euros par Bercy pour circonscrire la colère et obtenir la levée des barrages. Une somme importante à l’heure où Bruno Le Maire cherche à en finir – difficilement – avec le « quoi qu’il en coûte » et à faire 10 milliards d’euros d’économies pour pallier une croissance revue à la baisse. Mais une somme légitime compte tenu des terribles difficultés écrasant de nombreux agriculteurs qui méritent la solidarité nationale. Là aussi, nombre de Français pourraient se demander pourquoi ce qui est possible pour l’agriculture ne serait pas possible pour les autres secteurs précédemment cités ?

D’évidence, Gabriel Attal, un mois et demi après sa nomination, se frotte à l’essence même de l’exercice du pouvoir : faire des choix, savoir répondre aux urgences en évitant les surenchères. Et avoir conscience que toute feuille de route peut être percutée, que rien ne se passe jamais comme prévu – de fait, la crise agricole n’est clairement pas terminée que d’autres ont déjà surgi. Peut-on se contenter de répondre une à une à des crises qui s’enchaînent, ne faut-il pas une vision d’ensemble, une direction pour le pays ? Là, ce n’est pas à Gabriel Attal de répondre, mais bien à Emmanuel Macron de dire où il veut aller dans les trois ans qui viennent.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du jeudi 22 février 2024)

Respect


hôpital

L’hôpital est un lieu de soin, de solidarité nationale, de dévouement. Il est aussi, hélas, devenu un lieu de violences. Depuis plusieurs années les faits de violences à l’hôpital contre les personnels soignants sont documentés. Chaque jour, des professionnels de santé sont victimes d’agressions verbales ou physiques, de la part de patients, de leurs proches, et parfois même de leurs propres collègues. Sans oublier les récentes intrusions au sein d’hôpitaux qui ont jeté la lumière sur d’inquiétantes failles de sécurité. Ces violences sont inacceptables et intolérables car elles mettent en danger la qualité des soins, la sécurité des personnels et des usagers, et au final la cohésion de notre système de santé.

Les chiffres sont, en effet, alarmants. Les données de l’observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) mettent en avant près de 20 000 signalements de violences par an, ce qui représente environ 30 000 atteintes aux personnes et 5 000 atteintes aux biens chaque année. Selon le rapport 2022 de l’ONVS, 19 579 cas de violence ont été signalés en 2020, et 19 328 en 2021. Parmi les victimes d’atteintes aux personnes, les personnels représentent 83 % en 2020 et 84 % en 2021. La psychiatrie, les urgences et les EHPAD sont les secteurs les plus touchés. Les insultes, les menaces, les coups, les vols, les dégradations sont le quotidien de trop de soignants, qui subissent parfois des traumatismes durables, et dont les agressions marquent les esprits à l’échelle de leur communauté médicale.

Face à ce fléau, des politiques de prévention des risques ont bien été mises en place et le gouvernement a lancé, en 2023 à partir d’un « Rapport sur les violences à l’encontre des professionnels de santé », un plan d’action pour renforcer la sécurité des personnels ; 42 mesures notamment pour prévenir les violences, protéger les victimes et sanctionner les auteurs. Ce plan prévoit notamment de renforcer les effectifs de sécurité, de former les personnels à la gestion des situations conflictuelles, de faciliter le signalement des faits de violence, de soutenir les victimes et de garantir la réponse pénale.

Ces mesures nées d’un minutieux constat de terrain sont évidemment nécessaires, mais sont-elles suffisantes, à la hauteur du malaise ? Car pour endiguer ce phénomène, il faut aussi s’attaquer aux causes profondes des violences à l’hôpital, qui sont liées aux conditions de travail dégradées, particulièrement aux urgences, à l’organisation des soins, à la relation avec les usagers sans cesse plus exigeants… et évidemment au regard et aux attentes de la société sur l’hôpital.


« Tous les professionnels rendant un service à leurs concitoyens sont aujourd’hui victimes d’un marqueur de notre société : l’individualisme », remarquaient à juste titre les auteurs du rapport sur les violences. Ce consumérisme – que l’on retrouve pareillement à l’école – n’est d’ailleurs pas propre à la France puisqu’au niveau international, les violences aux professionnels de santé sont un phénomène qui s’étend aussi bien dans les pays industrialisés que les pays en voie de développement, et que, selon les derniers chiffres de l’OMS publiés en février 2022, 38 % des professionnels de la santé dans le monde sont victimes de violences physiques à un moment ou à un autre de leur carrière.

Il est donc urgent de réagir et d’appeler à un sursaut collectif. Du côté des pouvoirs publics, redonner du sens à la mission des professionnels de santé, leur donner réellement les moyens de l’exercer et les protéger de ces violences. Du côté des patients, nous tous, nous rappeler qu’il n’y a pas si longtemps nous les applaudissions à nos fenêtres chaque soir. C’est ce respect que nous leur témoignions qui doit être quotidien.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mercredi 21 février 2024)


Sanctuaires menacés

pole


Il n’existe plus beaucoup de terra incognita sur la Terre, mais l’Arctique et l’Antarctique, par leur éloignement, leur mystère et leur beauté appartiennent encore à cette catégorie. Jusqu’à quand ? L’Arctique est, en effet, une région du monde qui suscite aujourd’hui de plus en plus d’intérêt et de convoitise, et subit tensions et menaces. Cette zone, qui couvre environ 8 % de la surface terrestre, recèle de nombreuses ressources naturelles. Selon certaines estimations, l’Arctique détiendrait 13 % des réserves mondiales de pétrole et 30 % de celles de gaz naturel. Ces richesses attirent les regards des pays riverains, mais aussi de ceux qui veulent y accéder, comme la Chine ou l’Union européenne.

L’Arctique est aussi un enjeu stratégique et militaire, car elle représente un potentiel théâtre de conflits entre les grandes puissances dans un ordre mondial en recomposition. La Russie, qui possède la plus longue frontière arctique, y déploie toujours une forte présence militaire, avec des bases et des sous-marins comme à Mourmansk. Elle revendique également une large part du plateau continental arctique, qui s’étend jusqu’au pôle Nord et a aussi renforcé sa flotte de brise-glaces nucléaires… Cette ambition russe inquiète les autres membres du Conseil de l’Arctique, cette instance de coopération régionale qui réunit huit pays (Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, Islande, Norvège, Russie et Suède), ainsi que des représentants des peuples autochtones. Créé en 1996, ce Conseil a pour objectif de promouvoir la paix, la stabilité et la coopération dans la région, notamment sur les questions environnementales, scientifiques, culturelles ou économiques, mais il est de plus en plus confronté aux rivalités géopolitiques et aux divergences d’intérêts entre ses membres. Avant même la guerre en Ukraine, la Russie et les États-Unis s’étaient déjà accusés mutuellement de menacer la sécurité et la stabilité de l’Arctique.

Ces tensions sont exacerbées par le réchauffement climatique. Selon le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié en août 2021, la température moyenne de l’Arctique a augmenté de 3,6 °C depuis 1850, soit plus du double de la moyenne mondiale ! Ce phénomène entraîne la fonte accélérée des glaces, qui réduit la superficie de la banquise et ouvre de nouvelles voies maritimes, comme le passage du Nord-Est ou celui du Nord-Ouest. Ces nouvelles routes, qui relient l’Europe à l’Asie en passant par l’Arctique, offrent des perspectives économiques importantes car elles réduisent le temps et le coût du transport maritime, mais elles posent aussi des défis juridiques, sécuritaires et environnementaux, car elles nécessitent une régulation internationale, une protection contre les menaces militaires ou terroristes, et une prévention des risques de pollution ou d’accidents.

Face à ces enjeux, il est urgent de renforcer la coopération et le dialogue entre les acteurs de l’Arctique, afin de préserver ce territoire unique et fragile, qui abrite une biodiversité exceptionnelle. De la même façon, au pôle Sud, il est urgent de sauvegarder l’Antarctique, qui abrite l’un des environnements les plus vierges de la planète, aujourd’hui lui aussi menacé par le réchauffement climatique et les activités humaines autres que scientifiques.

Hier avec Dumont d’Urville, Paul-Émile Victor ou Jean Malaurie, aujourd’hui avec Jean-Louis Etienne, la France est fondée à s’engager pleinement pour faire des pôles des sanctuaires de l’Humanité.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du lundi 19 février 2024)

Au bord du gouffre

trump


La scène – aujourd’hui entré dans l’Histoire – se passe en octobre 2008, à Lakeville dans le Minesota. Le sénateur républicain John McCain est en campagne pour l’élection présidentielle contre le futur président des États-Unis, Barack Obama. En meeting, John McCain se livre à une séquence de questions-réponses. Une femme de l’assistance se saisit du micro et explique « Je ne peux pas faire confiance à Barack Obama […] c’est un arabe ». Agacé, le sénateur lui prend le micro des mains. « Non madame. C’est un père de famille respectable et un honnête citoyen. Il se trouve que j’ai des désaccords politiques avec lui. Et c’est de cela, et de rien d’autre, dont il est question ici. Nous voulons nous battre et je veux me battre, mais nous serons respectueux », réplique alors John McCain, qui sera plus tard hué par ses propres partisans.

Seize ans ont passé depuis cette scène, autant dire une éternité à l’échelle de la politique à l’heure des réseaux sociaux. Seize ans au cours desquels le parti républicain, ce Grand Old Party qui fut celui d’Abraham Lincoln, d’Ulysses Grant, de Theodore Roosevelt, de Dwight Eisenhower ou de Ronald Reagan, a radicalement changé sous l’influence toxique de Donald Trump au point d’être aujourd’hui totalement méconnaissable.

Arrivé par surprise en 2016 comme un chien dans un jeu de quilles, et profitant de l’usure des démocrates persuadés de gagner avec Hillay Clinton, le milliardaire vedette de téléréalité – bien aidé par des médias fascinés par ce candidat machine à buzz – s’est installé à la Maison Blanche sans rien connaître du subtil fonctionnement des institutions américaines et sans savoir comment traduire en actes son slogan « Make America Great Again ».

Adepte des « faits alternatifs » – des mensonges enrobés de culot –, climatosceptique et volontiers complotiste, l’éruptif Trump, qui a fait de Twitter un instrument de communication politique, a brusqué les alliés des États-Unis et mis en tension la vie politique américaine en la polarisant de façon quasiment irréversible, exacerbant notamment les tensions raciales. Tout cela sans pour autant obtenir les résultats mirifiques qu’il promettait. Incapable de définir une vraie stratégie sur la crise du Covid – au cours de laquelle il a minimisé l’épidémie et contredit ses conseillers scientifiques – Trump a parachevé son mandat en contestant l’élection de Joe Biden et en excitant ses partisans les plus radicaux qui ont pris d’assaut le Congrès pour tenter de renverser le résultat de l’élection.

Avec un tel palmarès et des échecs qui se sont enchaînés – midterms de 2018, présidentielle de 2020, midterms de 2022 – on aurait pu penser que les Républicains se tourneraient vers un candidat plus modéré que Donald Trump, qui fut le premier président de l’après-Guerre à ne jamais dépasser les 50 % de soutien de la population. Las ! C’était sans compter sur le noyautage du parti savamment orchestré par Trump qui, s’appuyant sur une base « MAGA » radicalisée le soutenant inconditionnellement, a écarté tous ses opposants internes. Personne ne semble, en effet, en mesure de s’opposer à son projet : se faire réélire pour laver l’affront de « l’élection volée de 2020 » et échapper à la kyrielle de procès qui le visent et peuvent d’ores et déjà le ruiner. À 77 ans, Donald Trump – qui n’a aucun programme précis – est persuadé de gagner et laisse déjà entrevoir ce que serait son mandat entre l’abandon de l’Ukraine à Vladimir Poutine, le désengagement de l’Otan, une chasse aux sorcières digne du maccarthysme ou la remise en cause des avancées sociétales et des droits, dont l’avortement, par une Cour suprême à sa main.

À neuf mois de l’élection, rien n’est évidemment joué mais les États-Unis sont au bord du gouffre. Resteront-ils cette grande démocratie, perfectible mais solide et inspirante, attachée à l’Etat de droit, ou sombreront-ils dans une sorte de théocratie totalitaire comme celle que Maraget Atwood avait dépeinte en 1985 dans « La servante écarlate » ?

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du samedi 17 février 2024)

Equilibre

pesticide

uEn faisant rapidement de nombreuses et coûteuses concessions aux agriculteurs en colère qui bloquaient les autoroutes et encerclaient Paris, le gouvernement pensait, d’évidence, s’éviter un long conflit social du type du mouvement des Gilets jaunes, qui avait traumatisé Emmanuel Macron en 2018. Les annonces de Gabriel Attal faites le 26 janvier sur une botte de foin dans une ferme haut-garonnaise de Montastruc-de-Salies, puis les autres mesures dévoilées le 1er février par le gouvernement ont fini par payer puisque les blocages ont été levés. Peu importait alors que les associations environnementales se soient offusquées des renoncements sur des mesures écologiques. Après tout, la colère paysanne était massivement soutenue par les Français qui approuvaient les revendications des agriculteurs, et les nombreuses manifestations de ces derniers partout en Europe ont contraint la rigide Commission européenne elle-même à lâcher du lest sur son Pacte vert et sa politique agricole commune, notamment sur les jachères.

Mais les agriculteurs avaient prévenu : les barrages n’étaient que suspendus et pouvaient donc revenir si les syndicats – qui ont repris la main de la contestation à une base qui a initié le mouvement – estimaient que la mise en œuvre des mesures tardait trop. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que cette menace soit mise à exécution. À dix jours du Salon de l’Agriculture, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs font monter la pression sur le gouvernement pour accélérer le « tempo ». Faute de quoi ils promettent non seulement le retour des blocages mais aussi un accueil qu’on imagine musclé au « maître des horloges » Emmanuel Macron quand il inaugurera le Salon.

D’un autre côté, après avoir été sonnés par le choc des annonces gouvernementales mettant en pause plusieurs engagements environnementaux, les écologistes, boucs émissaires responsables des normes et décisions européennes qui pèsent trop sur les agriculteurs, ont commencé à redonner de la voix. 140 scientifiques ont signé une tribune rappelant que la nocivité des pesticides est un fait scientifique et que la science n’est pas une option. Ce lundi, huit ONG ont claqué la porte d’une réunion du comité d’orientation stratégique (COS) et de suivi du plan Écophyto, mis en pause par Gabriel Attal. Ces ONG ont fait de l’abandon possible de NODU, l’indicateur de référence et de suivi du plan de réduction des pesticides, une ligne rouge.

Au final, le gouvernement se retrouve pris entre deux feux, à quelques mois d’élections européennes qu’il aborde en mauvaise posture. D’un côté les agriculteurs – et notamment ceux des petites exploitations – qui s’impatientent à raison car ils attendent depuis des années des mesures qui correspondent à la réalité de leur travail plutôt qu’à des visions prospectives nées dans les bureaux de l’UE à Bruxelles. De l’autre, des associations environnementales qui rappellent la réalité indéniable du réchauffement climatique et ses conséquences pour la société comme pour l’agriculture, mais aussi les engagements internationaux de la France en matière d’environnement ou de biodiversité, parents pauvres du dernier remaniement.

Parce qu’il faut répondre à ces deux injonctions, non pas antinomiques mais interconnectées, Emmanuel Macron aurait dû revenir à son mantra de 2017 et faire du « en même temps ». Répondre aux besoins légitimes des agriculteurs sans renoncer en rien à l’ambition environnementale. Pour le Président, qui a laissé son Premier ministre gérer seul sa première crise, il est temps de retrouver cet équilibre.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mercredi 14 février 2024)

Bombe à retardement

 

btp

La France est confrontée à une crise du logement sans précédent, qui menace la cohésion sociale, la croissance économique et la transition écologique. Les chiffres sont, en effet, alarmants : en 2023, seulement 287 100 logements neufs ont été mis en chantier et 373 100 logements ont été autorisés à la construction, soit - 23,7 %... Cette situation est le résultat d'une conjonction de facteurs défavorables : la flambée des taux d'intérêt, qui a rendu l'accès au crédit plus difficile pour les ménages ; la hausse des prix des matériaux et du foncier, qui a renchéri le coût de la construction ; la baisse des aides publiques, comme la fin du dispositif Pinel ou la réduction du prêt à taux zéro ; la complexité des normes environnementales, ou encore la frilosité des collectivités locales...

Les conséquences sont dramatiques pour le secteur du bâtiment, qui représente 5 % du PIB et 2,5 millions d'emplois. Selon la Fédération française du bâtiment, près de 100 000 postes pourraient être supprimés à l'horizon 2024-2025, soit le nombre d'emplois créés depuis la sortie du premier confinement. Et les promoteurs immobiliers sont également en grande difficulté, certains ayant dû licencier ou déposer le bilan. En 2023, les défaillances d'entreprises du secteur de la construction ont augmenté de 47 %, selon une étude d'AU Group et EY5.

Mais la crise du logement ne touche pas seulement les professionnels, elle affecte aussi les millions de Français qui peinent à se loger. Selon la Fondation Abbé Pierre, 14,6 millions de personnes sont fragilisées, dont 4 millions sont mal logées. La pénurie de logements neufs entraîne une hausse des prix de l'immobilier, qui exclut de nombreux ménages modestes de l'accession à la propriété. La demande de logements sociaux explose, avec 1,7 million de personnes en attente d'un HLM. Et la mobilité résidentielle est entravée ; restant locataires de leur logement, nombre de Français engorgent un marché de la location où très peu de logements se libèrent voire saturent des hébergements d’urgence.

Cette situation, de l'avis de tous les professionnels du secteur, est intenable et la "bombe sociale" du logement qu'évoquait l'été dernier l'ex-Premier ministre Edouard Philippe est une bombe à retardement que le gouvernement Attal va devoir rapidement désamorcer. Angle mort du macronisme depuis 2017, le logement a certes bénéficié d'un Conseil national de la refondation dédié fin 2022, mais les mesures qui ont nourri un plan d'action présenté par Elisabeth Borne avaient été jugées insuffisantes.

Gabriel Attal assure vouloir faire du logement une des priorités de ses 100 premiers jours à Matignon, mais les premières annonces comme la réforme de la loi SRU et la nomination d'un ministre libéral vue comme une provocation par les acteurs du logement social ne sont pas de nature à rassurer.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du lundi 12 février 2024)

Le casse-tête de l'affaire Jubillar

jubillar

L’affaire Jubillar, du nom de cette infirmière de 33 ans disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, connaît un nouveau rebondissement. Ce jeudi 8 février, la chambre de l’instruction de la cour d’Appel de Toulouse a ordonné un supplément d’information, en raison de nouveaux éléments à « vérifier », en l’occurrence la découverte d’un échange téléphonique entre un détenu et sa mère évoquant l’affaire, révélée par La Dépêche du Midi. Les deux magistrats instructeurs vont donc devoir reprendre leurs investigations, alors qu’un procès se profilait dans quelques mois.

Cette décision, qui intervient après plus de trois ans d’enquête, est un coup dur pour les parties civiles, qui espéraient voir le suspect renvoyé devant les assises pour homicide volontaire. Elle témoigne aussi de la complexité de ce dossier, qui repose essentiellement sur des éléments à charge indirects, tels que les contradictions dans les déclarations du mis en cause, les traces de sang retrouvées dans la maison du couple, ou encore les tensions conjugales liées à la volonté de divorce de Delphine Jubillar.

Face à ce puzzle incomplet, la justice se doit évidemment d’analyser tous les éléments disponibles, sans négliger aucune piste, pour tenter de faire la lumière sur cette affaire qui tient en haleine l’opinion publique depuis plus de trois ans. C’est le sens du supplément d’information ordonné par la cour d’Appel. Mais cette démarche, aussi nécessaire soit-elle, va rajouter encore des semaines voire des mois de travail. La chambre de l’instruction en est bien consciente et a pris soin de rappeler hier « que l’exigence de recherche de la vérité doit être combinée à la nécessité de rendre la justice dans un délai raisonnable », alors que Cédric Jubillar est incarcéré depuis le mois de juin 2021. Cette lenteur de la justice avait d’ailleurs été évoquée lors des États généraux de la Justice. Parmi les mesures du plan d’action présenté le 5 janvier 2023, Éric Dupond-Moretti avait promis une modernisation des procédures civile et pénale. Une refonte du code de procédure pénale devenu, au fil de multiples révisions, « illisible et inadapté », avait ainsi été annoncée avec, notamment, une simplification des cadres d’enquêtes.

Il ne s’agit bien sûr pas de confondre vitesse et précipitation, mais ces longs mois d’attente ajoutent à la détresse des proches de Delphine Jubillar, qui attendent toujours de savoir ce qui lui est arrivé. Pour l’heure l’affaire Jubillar est loin d’être résolue et appartient à ces affaires casse-tête, ces crimes sans cadavre, sans arme, sans mobile évident. Elle pose aussi la question du respect de la présomption d’innocence, Cédric Jubillar étant devenu pour une large part de l’opinion un coupable idéal avant même que la justice ne se prononce. Elle nous rappelle enfin que derrière ce fait divers, il y a toujours une femme, une mère, une sœur, une amie, qui a disparu sans laisser de trace, et dont on ignore toujours le sort…

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du vendredi 9 février 2024)

 

Confiance

B737

Les images sont spectaculaires et vite devenues virales sur les réseaux sociaux. Début janvier, un Boeing 737 MAX 9 d’Alaska Airlines a frôlé la catastrophe. Quelques minutes après son décollage de Portland, l’une de ses portes s’est arrachée en plein vol, provoquant une dépressurisation brutale de la cabine. Par miracle, aucun passager n’a été aspiré par le trou béant, mais l’incident a suscité une vive émotion et une nouvelle crise de confiance envers le constructeur américain, déjà ébranlé par les deux crashs mortels de son modèle phare en 2018 et 2019.

Cet événement, rarissime, nous rappelle que l’avion n’est pas un moyen de transport comme les autres. Il suscite à la fois fascination et crainte, admiration et méfiance, rêve et cauchemar. Et s’il nous fait voyager aux quatre coins du monde, il nous expose aussi à des risques que nous ne maîtrisons pas. Pour autant, les statistiques sont formelles : l’avion est bien le mode de transport le plus sûr qui soit. Selon l’Association du transport aérien international (IATA), le nombre d’accidents dans l’aviation civile commerciale mondiale est tombé de 52 en 2019 à 38 en 2020 et 26 en 2021, sept de ces derniers ayant entraîné la perte de 121 vies humaines. Le taux d’accidents mortels par vol est de 0,2 pour un million, soit une probabilité de 1 sur 5 millions, alors que le risque de mourir sur la route est de 1 sur 20 000 en France.

Comment expliquer alors que tant de gens aient encore peur de l’avion, au point de renoncer à voyager ou de vivre un calvaire à chaque embarquement ? Tout est question de psychologie. Nous avons tendance à surestimer les dangers que nous ne contrôlons pas, comme le fait de confier sa vie à un pilote et à sous-estimer ceux que nous croyons maîtriser, comme le fait de conduire une voiture. Nous sommes aussi plus sensibles aux événements spectaculaires et médiatisés, comme les crashs aériens, qu’aux accidents plus fréquents et banals que sont les collisions routières. Et nous oublions aussi que l’avion est le résultat d’une ingénierie complexe et rigoureuse, qui repose sur des normes de sécurité très élevées et sur des procédures de contrôle très strictes. Ceux qui paniquent à l’évocation d’un voyage en avion peuvent d’ailleurs vaincre leur peur grâce à d’efficaces stages.

L’aviation n’est cependant pas à l’abri d’erreurs humaines, qui sont la cause principale des incidents, de défaillances techniques, de mauvaises décisions, de négligences ou de malveillances. Mais elle doit faire face aussi à d’autres menaces, terroristes ou cybercriminelles. La sécurité aérienne n’est jamais acquise, c’est un combat permanent qui exige une vigilance constante de la part de tous les acteurs du transport aérien : constructeurs, qui développent des technologies de pointe pour améliorer la sécurité de leurs appareils ; compagnies aériennes, qui doivent respecter les normes internationales et mettre en place une culture de la sécurité, personnels navigant qui suivent une formation rigoureuse pour maintenir leurs compétences à jour, mais aussi passagers qui doivent respecter les consignes de sécurité, celles-là mêmes qu’on écoute d’une oreille distraite avant le décollage. Tout cela contribue à maintenir –ou retrouver – le haut niveau de confiance indispensable au fonctionnement et au développement du trafic aérien.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du lundi 5 février 2024)

Agricultures

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La colère du monde agricole qui s’est levée en Occitanie avant de s’étendre à tout le pays – en résonance avec l’exaspération des agriculteurs partout en Europe face aux incohérences des politiques agricoles et du Pacte vert de l’UE – a permis de mieux mesurer l’importance et les difficultés de l’agriculture pour penser notre souveraineté alimentaire… ou plutôt des agricultures. Car contrairement à d’autres mouvements de protestation par le passé, organisés nationalement par la FNSEA ou les JA le plus souvent, celui-ci a commencé hors cadre syndical, de la base, de petites exploitations, d’agriculteurs – souvent jeunes – qui veulent conjuguer la passion de leur métier, l’attachement à leur territoire, à leurs racines, et leur volonté de faire de bons produits en en vivant correctement. Ces paysans d’Occitanie, comme François Manent avec lequel nous avons passé 24 heures dans sa ferme de Saint-Pé-Delbosc, en Haute-Garonne, incarnent cette agriculture familiale bien différente des méga-exploitations.

Deux modèles d’agriculture, deux visions sans doute du métier qui méritent d’être préservées toutes deux. La première, XXL, fait de la France une importante exportatrice de céréales, de lait, de viandes, de vins… et s’insère avec aisance dans le monde globalisé, tirant souvent parti des accords de libre-échange. La seconde subit durement la concurrence déloyale étrangère qui ne respecte pas les normes européennes, elle se noie dans une kafkaïenne paperasserie française et européenne pour obtenir les aides qui lui sont dues, se heurte à des injonctions contradictoires et des règlements tatillons qui compliquent le quotidien et elle n’est pas assez armée face à une grande distribution et à des industriels de l’agro-alimentaire qui la rémunèrent bien trop peu.

Certains experts estiment que le modèle de la ferme familiale n’a pas d’avenir et qu’au nom de l’objectif de souveraineté alimentaire, il vaudrait mieux partir sur de grosses fermes plus rentables. C’est oublier un peu vite le rôle des petites exploitations qui fournissent des produits de qualité, souvent labellisés, participant de notre patrimoine gastronomique, préservent des savoir-faire ancestraux et contribuent à la vie sociale et économique de nombreux territoires ruraux. Ce n’est pas un hasard si le mouvement de colère a été soutenu si massivement par les Français, qui ont bien compris que derrière des revendications légitimes se trouvait aussi une part de l’identité française et de la vie du pays.

Le gouvernement, au prix d’importants renoncements sur des objectifs écologiques pourtant indispensables, est parvenu à stopper la colère des agriculteurs. Le pire serait toutefois de considérer que tout est réglé, car il reste au contraire tout à faire et notamment accompagner les petites exploitations sur le long terme, car elles sont en première ligne face aux conséquences du réchauffement climatique et au recul de la biodiversité et elles seront les actrices pour relever ces défis.

(Editorial publié dans La Dépêche du Dimanche du 4 février 2024)

Photo DDM Michel Viala