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Articles

Affichage des articles du 2019

Changement d'époque

C’est l’un des rituels du passage à la nouvelle année : énumérer tout ce qui va changer à partir du 1er janvier. Toutes ces nouveautés, ces mesures qui sont parfois la traduction concrète de mois de débats et de passes d’armes politiques parlementaires dans des réglementations, des lois qui entrent désormais en vigueur. À côté des habituelles revalorisations, chaque année apporte ainsi son lot de mesures inédites qui en disent long sur les préoccupations du moment et les enjeux qui comptent pour la société française.

Cette nuit de la Saint-Sylvestre 2019 est toutefois particulière cette fois car elle marque la fin d’une décennie, la première qui suivit cet an 2000 plein de promesses et de craintes. Durant ces dix dernières années, des thèmes, jadis minorés ou considérés comme secondaires, ont pris de l’ampleur. On pense à l’environnement par exemple. Les questions de la pollution par les plastiques ou par les pesticides, de la nécessité de mieux isoler les logements, de la suspension…

Nécessaires garanties

C’était le 18 novembre 1978, à Georgetown, au Guyana. 923 membres du Temple du Peuple, la secte fondée par le révérend Jim Jones en 1955 aux États-Unis, trouvaient la mort, après que le gourou les a forcés à un suicide collectif. Le choc mondial suscita une prise de conscience sur la dangerosité des mouvements sectaires et la nécessité d’une réponse politique. En France, elle viendra avec la remarquable opiniâtreté de quelques élus. Comme le député Alain Vivien qui remit en 1983 un premier rapport sur "Les sectes en France. Expression de la liberté morale ou facteurs de manipulation ?". Comme les députés Alain Gest et Jacques Guyard qui publièrent en 1996 un nouveau rapport après les suicides-massacres des membres de l’Ordre du Temple Solaire au Canada, en Suisse et en France. On peut aussi citer l’engagement de Jean-Pierre Brard, Nicolas About, Catherine Picard, ou Georges Fenech, Philippe Vuilque, etc. Leur implication dans la lutte contre les sectes a permis la création …

Symboles

Depuis l’arrivée en 2003 des premiers radars automatiques de contrôle de la vitesse sur les routes françaises, jusqu’aux derniers radars tourelles utraperfectionnés en passant par les radars chantiers, tronçons, de feux rouges ou mobiles, sans doute pas une semaine n’est passée sans une polémique à leur sujet. Que ce soit leur emplacement, le dépassement de vitesse qu’ils sanctionnent, fût-il de quelques kilomètres par heure, leur signalement en amont aux automobilistes, sans compter l’antienne habituelle de « pompe à fric » pour l’Etat : tout y est passé. Depuis quelques mois, les critiques – que chaque automobiliste flashé a sans doute un jour formulées avec plus ou moins de mauvaise foi – ont dépassé les mots pour se traduire en actes délictueux de destruction. Peinture ici, incendie là, tronçonnage ailleurs : les radars, perçus comme autant de bandits manchots, ont été victimes de la colère et de la bêtise de quelques-uns, au final très coûteuses pour l’Etat quand il s’agit de re…

Le temps d'agir

L’expression Noël au balcon, Pâques aux tisons (ou l’inverse) a-t-elle définitivement vécu, et dirons-nous dans les années qui viennent Noël au balcon… ET Pâques au balcon ? En tout cas, les températures douces avec lesquelles nous terminons l’année ne devraient pas être une exception. Il suffit pour s’en convaincre de regarder l’évolution des températures moyennes enregistrées depuis 1880 pour constater – n’en déplaise à tous les climatosceptiques – la réalité du réchauffement climatique de notre planète.

Ce qui ne veut évidemment pas dire que nous sommes à l’abri de phénomènes météorologiques aussi violents que brefs. Les récentes inondations, les épisodes cévenols qui ont frappé la région ces derniers mois montrent que coups de froid et pluies intenses sont aussi de la partie. Mais l’évolution globale du climat, celle qu’étudient depuis des années les scientifiques du GIEC, va vers des températures plus élevées.

L’année 2019 aura été à cet égard une année charnière, une année d’al…

L'esprit de Noël

Qu’on la déteste ou qu’on l’attende, qu’on y voit l’un des symboles de la foi chrétienne ou l’héritage plus ancien d’une fête païenne, Noël ne laisse personne indifférent. "Noël n’est pas un jour ni une saison, c’est un état d’esprit", résumait Calvin Coolidge. Celui qui fut président des Etats-Unis savait sans doute de quoi il parlait puisque c’est bien outre-Atlantique que la figure du père Noël telle que nous la connaissons – avec ses rênes, ses lutins et sa hotte pleine de cadeaux – a été popularisée au milieu du XIXe siècle. Dès lors Noël est devenu à la fois une fête familiale, intime, religieuse ou spirituelle, mais aussi un rendez-vous commercial important. Les deux sont aussi liés que les faces d’une même médaille et expliquent que, pour Noël, chacun s’investisse et investisse en espèces sonnantes et trébuchantes.

L’enquête annuelle de l’institut CSA ne dit pas le contraire : en dépit des difficultés qui peuvent frapper les Français, ces derniers conservent un budg…

La partition d'Edouard Philippe

Les Français parviennent-ils à suivre le tempo de la réforme des retraites ? La partition, qui avait mis plus de deux ans à sortir sous la baguette du haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, s’était soldée au cœur de l’été par une belle cacophonie de l’exécutif lorsque le chef d’orchestre Emmanuel Macron avait retoqué l’âge-pivot… avant que celui-ci ne soit réintroduit par le premier violon Edouard Philippe – au nom de la réforme paramétrique financière qui, selon lui, est indispensable avant la réforme systémique…

Dès lors, depuis la rentrée, le gouvernement, qui refusait de dévoiler les mesures de sa partition, a multiplié les fausses notes et les volte-face dans ses laborieuses explications, au point de casser les oreilles des partenaires sociaux. En mode Allegro, la CGT de Philippe Martinez a sonné la mobilisation le 5 décembre pour le retrait pur et simple du texte, avant même que celui-ci ne soit détaillé. Plutôt Moderato, la CFDT de Laurent Berger s’est résolue à rejoindre l’oppo…

Un butor à Washington

Un monde s’effondre devant nos yeux. Un vertige." Dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016, l’ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud, s’affranchissait de son devoir de réserve pour livrer son sentiment devant la victoire stupéfiante du milliardaire républicain Donald Trump sur la favorite démocrate Hillary Clinton. Depuis, c’est bien une présidence vertigineuse à laquelle assistent le monde et les Américains, plus divisés que jamais trois ans après l’arrivée de Trump à la Maison Blanche. Sur la forme comme sur le fond, le butor de Washington a redéfini tout ce que l’on connaissait de la démocratie et de ses règles dans la première puissance économique mondiale.

Sur la forme, on retient les innombrables outrances, les éructations, les colères, les approximations, les fake news et le culot monstre de Donald Trump. Commentateur de sa propre présidence, l’ancienne star bling-bling de la téléréalité est sans filtre. Que ce soit sur son compte Twitter devenu son principal cana…

Clarté

« Toute pensée occupant uniquement notre esprit devient vraie pour nous et a tendance à se transformer en acte », disait Emile Coué, le père de la méthode éponyme. Une méthode que semble expérimenter depuis plusieurs semaines le gouvernement sur sa réforme des retraites, en martelant les mêmes éléments de langage selon lesquels le projet serait juste et équitable. Mais la méthode, visiblement, a ses limites et ne convainc ni les syndicats ni une majorité de Français qui sont inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants.

Car dès qu’il s’agit de rentrer dans les détails, le flou opère et les explications fournies sur les plateaux télés par l’exécutif ou des députés de la majorité sur la valeur du futur point, la prise en compte de la pénibilité ou l’application de cet âge-pivot à 64 ans – qui a fait basculer la CFDT dans le camp des opposants – restent peu claires. De couacs en erreurs de communication, le gouvernement a réussi l’exploit de transformer une réforme qui aurait pu …

Histoires d'eau

L’histoire, dit-on, est un éternel recommencement. Les inondations aussi serait-on tenté de dire après l’épisode de crues qui vient de frapper le sud-ouest. Car depuis des siècles, les rivières et les fleuves sortent de leur lit, causant des morts, des milliers de sinistrés, des dégâts considérables. Et posent aux hommes les mêmes questions sur la meilleure façon de se prémunir de ces calamités. « Contre le retour de telles abominations, l’homme est-il désarmé ? Ne peut-on point, ne doit-on point entreprendre au plus tôt de vastes travaux de défense ? », s’interrogeait déjà, en 1930, Maurice Pardé, hydrologue et géographe, professeur à l’université de Grenoble, dans un article de la Revue de Géographie Alpine consacré à « La crue catastrophique de mars 1930 dans le sud-ouest de la France. »

Presque 90 ans plus tard, on voit que les mêmes questions surgissent sur le reboisement, la possibilité de construire réservoirs ou digues, la nécessité de bâtir des « édifices plus solides et des…

Tout change, rien ne change

La démission de Jean-Paul Delevoye de son poste de haut-commissaire à la réforme des retraites était inéluctable. Après les révélations en série de la presse sur ses "oublis" dans ses déclarations à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), son départ du gouvernement n’était, en effet, qu’une question d’heures. D’une part parce que ce qui devenait l’affaire Delevoye allait forcément parasiter, du moins en partie, la réforme la plus difficile et la plus contestée du quinquennat, qui n’en a pas besoin. D’autre part, aussi, parce que contrairement aux éléments de langage de la majorité qui martelait depuis plusieurs jours la simple "erreur" et la "bonne foi" du soldat Delevoye en perdition qu’il fallait sauver, il y avait bel et bien matière à s’interroger.

Comment un homme qui fut plusieurs fois ministre a-t-il pu omettre de déclarer la totalité de ses fonctions, fussent-elles bénévoles ; sachant pertinemment que le conflit d’intér…

Miroirs

Pas de trêve pour les empoignades familiales ce week-end. Après la réforme des retraites qui peut susciter de vifs débats entre partisans ou opposants de la retraite par points, voire entre ceux qui sont nés avant 1975 et ceux qui sont nés après, voilà qu’arrive ce soir l’élection de Miss France 2020. Cette 90e édition se tient dans un contexte très particulier, trois semaines après le Grenelle contre les violences faites aux femmes et alors que la libération de la parole des femmes quant aux agressions sexuelles et aux propos sexistes, entamée avec le mouvement mondial #MeToo en 2017 est loin d’être terminée.

Dès lors, ce concours de beauté nourrit, une nouvelle fois, le débat entre pro en anti.

Du côté des opposants aux Miss, les associations féministes qui jugent le show retransmis par TF1 ringard, porteur d’une vision dégradante de la femme, considérée comme un objet, et d’une conception patriarcale datée de la société. Car en dépit de maigres améliorations apportées à la formule…

L'heure de vérité

"Celui qui excelle à résoudre les difficultés les résout avant qu’elles ne surgissent. Celui qui excelle à vaincre ses ennemis triomphe avant que les menaces de ceux-ci ne se concrétisent". Ce conseil de Sun Tzu, général chinois connu pour avoir rédigé "L’art de la guerre", Emmanuel Macron aurait sans doute dû le faire sien avant d’engager la tentaculaire réforme du système des retraites sur laquelle tous ses prédécesseurs s’étaient soit défilés soit cassé les dents. Fort de sa capacité à avoir conduit, sitôt élu, des réformes réputées compliquées – Code du Travail, statut de la SNCF – sans rencontrer d’opposition syndicale ou politique insurmontable, le chef de l’Etat a cru pouvoir s’attaquer à réformer les retraites avec une méthode simple pour s’assurer une adhésion maximale : mettre en place une longue concertation menée par un politique madré, Jean-Paul Delevoye, pour aller vers une retraite à points universelle.

Simple, basique, mais présomptueux… Car ce fai…

Comment trouver le point d’équilibre ?

Le bras de fer entre les opposants à la future réforme des retraites et le gouvernement d’Emmanuel Macron connaîtra-t-il un épilogue mercredi 11 décembre, date de l’annonce par Edouard Philippe de " l’intégralité du projet" ? Ou installera-t-il un blocage durable similaire à celui de 1995 voire à celui de Mai-68 comme l’évoquent certains ?

Pour l’heure la seule certitude est que les trois journées qui s’annoncent vont être cruciales. Et, depuis les Trois Glorieuses de 1830, l’histoire de France montre que tout peut basculer en trois petits jours… D’ici mercredi chaque partie va donc pousser ses pions au maximum.

Pour les syndicats – et en premier lieu la CGT – ce conflit autour des retraites sonne comme une revanche, celle de mobiliser avec succès contre une réforme de l’exécutif, ce qu’ils n’avaient su et pu faire lors des ordonnances travail ou lors de la réforme de la SNCF. Leur opposition à cette réforme des retraites les remet en selle comme interlocuteurs incontournab…

Les nouveaux barbares

Lorsque l’on pense au braconnage d’espèces menacées, on se projette en Afrique, on visualise les grands fauves ou des éléphants pourchassés. Mais le braconnage international se niche aussi au plus près de nous. Le trafic des alevins d’anguille, connus aussi sous l’appellation civelles ou pibales, se déroule bel et bien dans notre Grand Sud, sous nos yeux. L’espèce est aujourd’hui classée en danger critique d’extinction sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Et sa commercialisation en dehors de l’Europe est interdite depuis 2009 par la convention de Washington. Mais la civelle – dont la population a très fortement chuté, – 75 % en 30 ans en France – est au centre d’un trafic international qu’Europol chiffre à plusieurs milliards d’euros. De fait, elle se revend à prix d’or en Asie : entre 4 000 et 6 000 € le kg, contre 200 à 400 € en France, soit aussi cher que de la drogue… De quoi attirer de nouveaux barbares sur ce juteux marché.

Face…

Devoir de compromis

Ce jeudi de mobilisation contre la future réforme des retraites a connu hier un incontestable succès avec des centaines de milliers de manifestants. Pari réussi donc pour les syndicats qui avaient clairement placé la journée comme un remake de celle du 5 décembre 1995, commencement d’un blocage qui avait fini par faire céder le gouvernement Juppé.

Mais comparaison n’est pas raison et entre Alain Juppé et Edouard Philippe, la situation est toutefois bien différente. Il y a 24 ans la protestation ciblait un texte précis de réforme globale de l’assurance-maladie, qui n’était nullement au programme du candidat de la «frcture sociale» Jacques Chirac et dont les syndicats , puissants, demandaient le retrait pur et simple. Ce qu’ils ont finalement obtenu après un mois de conflit. Aujourd’hui, la rue dénonce un projet de réforme dont les contours sont aussi flous que changeants – entre âge-pivot, pénibilité ou clause du grand-père tour à tour proposés et annulés – , un projet qui figurait be…

Un autre monde

De Hong Kong au Liban, du Soudan au Chili, de l’Irak à la Catalogne, de l’Egypte à l’Ethiopie, etc. En cette fin 2019, nous observons des mouvements de protestation qui émergent d’un continent l’autre, d’un pays à l’autre. Certes, les revendications sont toutes différentes, spécifiques aux situations locales ou nationales.



Et pourtant, à l’analyse, on trouve des points de convergence : une exigence de dignité, un besoin d’égalité, une pratique de la fraternité, une aspiration à davantage de démocratie ; mais aussi la dénonciation de la corruption, des atteintes aux droits de l’Homme et des travers d’une mondialisation qui est loin d’être heureuse pour tous.

Un autre point commun à tous ces mouvements est la mobilisation de la jeunesse qui est en première ligne pour dénoncer l’inadéquation des politiques gouvernementales avec l’urgence du moment.

En parallèle, un sujet semble les réunir tous : la cause environnementale, la lutte contre le réchauffement climatique. De Paris à New York,…

Mortelles Opex

Quinze jours après l’inauguration par Emmanuel Macron d’un monument aux soldats morts pour la France en opérations extérieurs (Opex), voilà notre armée frappée par un terrible drame au Mali. Treize militaires, treize jeunes soldats sont morts lundi soir dans un accident d’hélicoptères alors qu’ils menaient une opération de nuit contre des jihadistes ; ce qui en fait la plus lourde perte enregistrée par l’armée française depuis 36 ans.

Après le choc et en attendant les explications pour comprendre ce qui a pu se passer sur ce difficile théâtre d’opérations, c’est évidemment l’émotion qui, aujourd’hui, fait que toute la Nation entoure les familles et les camarades de ces militaires – dont certains étaient originaires de notre région – et rend hommage à l’action de leurs régiments si loin de la France.

Car ce drame, qui peut légitimement faire s’interroger les Français sur la pertinence de notre présence en Afrique depuis 2013, doit nous rappeler, hors de toute polémique, pourquoi la Fr…

Exigence d'équité

Une ligne à grande vitesse (LGV) sans discontinuer reliera-t-elle enfin un jour Paris et Toulouse, quatrième ville de France ? Un TGV pourra-t-il demain rapprocher Montpellier de Perpignan et poursuivre même vers Barcelone ? Ces questions, lancinantes, les habitants d'Occitanie se les posent depuis bien trop longtemps. À telle enseigne que l'infinie patience dont ils ont fait preuve jusqu'à présent pourrait légitimement laisser la place à la colère. Car depuis des années, de promesses non tenues en délais sans cesse allongés, l'Occitanie, deuxième région de France avec ses plus de 5 millions d'habitants, est laissée sur la touche du développement du train à grande vitesse.

Les deux LGV en question sont pourtant réclamées de façon constante et régulière par une écrasante majorité des habitants. Il y a deux ans, un sondage Ifop-La Dépêche montrait que 88 % d'entre eux souhaitaient ces deux projets… mais que 52 % craignaient que l'Etat ne tienne pas ses engag…

Le temps du deuil

Il y a eu le temps du choc et de l'effroi, le temps de la colère et le temps des questions. Maintenant prend place le temps du deuil pour les victimes de l'effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn survenu lundi dernier. De toutes les victimes.

D'abord, bien sûr, pour la jeune Lisa, cette adolescente souriante, sans doute remplie de projets et de rêves, qui a été fauchée dans sa belle jeunesse. On ne peut qu'imaginer la peine immense de sa famille, de ses amis, de ses professeurs et camarades face à une telle injustice. Leur dignité nous oblige.

Les proches des disparus, les blessés et tous ceux qui leur ont porté secours doivent ensuite, plus que jamais, être entourés, accompagnés, soutenus et aimés pour surmonter une épreuve aussi traumatisante dans une vie. L'expérience montre que le chemin est long mais possible.

Enfin, parce qu'une vie ne peut se résumer à une faute aussi terrible et dramatique soit-elle, le chauffeur – dont le camion pesait plus de deux …

Responsabilités

Le drame de l'effondrement spectaculaire du pont de Mirepoix-sur-Tarn doit plus que jamais être abordé avec prudence, pondération, ne serait-ce que par égards aux victimes de cet accident hors normes.

Après l'émotion légitime qui a largement dépassé les frontières du département, la solidarité nécessaire exprimée envers la commune sinistrée, et la compassion envers les proches des victimes, le temps est celui des responsabilités.

Responsabilités d'abord que doivent établir les enquêteurs qui sont depuis lundi sur le terrain pour comprendre ce qui a pu se passer. Le poids du camion, plus du double de ce qui était autorisé pour cet ouvrage, est vraisemblablement un facteur clé pour expliquer le drame. Y en a-t-il d'autres ? L'entretien du pont a-t-il été parfaitement réalisé ? Les contrôles ont-ils été suffisamment réguliers et approfondis ? Ce sera aux enquêteurs – et à eux seuls – de le dire.

Responsabilités ensuite des commentateurs, quand on voit certains d'…

Droits et devoirs

Safer water summit, sommet sur l'interaction permanente entre l‘eau et l'homme, organisé ce lundi à Toulouse, n'est certainement pas le premier colloque autour de l'importance de l'eau pour la vie des hommes et les conséquences que sa pollution peut occasionner sur la santé humaine. Mais à l'échelle d'un territoire régional, en l'occurrence le bassin Adour-Garonne, c'est une première. Et au vu de la qualité des experts et intervenants, cela démontre que le traitement des enjeux mondiaux de l'eau peut trouver des solutions au plus près du terrain. Ce colloque inédit montre finalement que pour la gestion de l'eau, il faut penser global pour agir local.

Penser global, c'est une évidence. Dans un monde de plus en plus mondialisé, les décisions liées à l'eau ont des incidences sur tous les pays, rappelait récemment le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau. Événements extrêmes, dégradation de l'…

Météo et climat

La scène se passe au début de cette année. Alors que des millions d’habitants du nord des Etats-Unis sont confrontés à une vague de froid historique, Donald Trump ironise sur son compte Twitter. « Dans la belle région du Midwest, les températures ressenties atteignent – 60 degrés (Farenheit, – 51 Celsius, ndlr), le plus froid jamais enregistré. […] Que diable se passe-t-il avec le réchauffement climatique mondial ? S’il te plaît, reviens vite, nous avons besoin de toi ! » Comme la plupart des climatosceptiques, le président américain estime que, puisqu’il fait très froid, le réchauffement n’existe pas. Fake news clament avec lui ceux qui abhorrent Greta Thunberg et les scientifiques du Giec. Avec la vague de froid qui touche la France depuis jeudi, nul doute que cette thèse trumpienne sera reprise par certains.

Grossière erreur évidemment puisqu’il y a là confusion entre la météo et le climat, entre l’instant T et la tendance de fond. Il n’y a qu’à voir la courbe de température des …

Principe de réalité

Le glyphosate est décidément l'un de ces dossiers autour desquels se joue une bataille qui paraît sans fin. Les arguments des pro et anti ont été tellement entendus, brassés, médiatisés, ressassés et caricaturés qu'entre les défenseurs de l'environnement et de la santé publique d'un côté, les agriculteurs et les industriels de l'autre, et les agences sanitaires au milieu dont l'impartialité et l'indépendance sont sujettes à caution, le citoyen lambda peine à s'y retrouver. Si l'on ajoute les études scientifiques contradictoires et une ribambelle de fake news sur les réseaux sociaux qui polluent et hystérisent le débat, on obtient un dossier miné dont on peine à voir un débouché apaisé.

Le rapport de la mission d'information parlementaire chargée d'évaluer le plan gouvernemental de sortie du glyphosate, conduite par deux députés LREM, Jean-Luc Fungit et Jean-Baptiste Moreau, permettra-t-il d'y voir plus clair ? Rien n'est moins sûr, …

Epée de Damoclès

C'est peu dire que les tremblements de terre nous interpellent, d'une part parce que nous sommes démunis face à ces catastrophes et d'autre part parce que les émotions qu'ils soulèvent révèlent aussi des failles humaines. La soudaineté de leur survenue, la violence de leurs secousses, les destructions et la ruine qui en découlent ont accablé et fasciné les hommes depuis l'Antiquité, nourri les croyances en une punition divine et irrigué les grands récits comme ceux de la Bible ou du Coran qui narrent l'apocalypse et la fin du monde provoquées par de puissants séismes capables de rayer de la carte des cités entières. Platon lui-même ne contribua-t-il pas à créer le mythe de l'Atlantide engloutie après un tremblement de terre ? Et le séisme de Lisbonne de 1755 ne donna-t-il pas lieu à un célèbre poème de Voltaire auquel répondit Rousseau qui pointait – déjà ! – vices de construction et mauvaises réactions des populations…

Depuis, la science a levé les doutes…

Champs d'honneur

Depuis une loi de 2012, le 11-Novembre, date anniversaire de l'armistice qui mit fin à la Première Guerre mondiale, est aussi un jour d'hommage à l'ensemble de ceux qui sont « Morts pour la France », qu'ils soient civils ou militaires, qu'ils aient péri dans des conflits contemporains ou des conflits plus anciens. Mais parmi eux, des militaires français n'avaient pas suffisamment été pris en compte : les soldats tués lors des Opex, acronyme pour opérations extérieures. Ces « interventions des forces militaires françaises en dehors du territoire national » selon la terminologie officielle, restent souvent abstraites et lointaines aux yeux des Français, qui en mesurent mal les enjeux et les risques. Conduites sous mandat des Nations unies, de l'Union européenne ou de l'Otan, ces opérations menées par des militaires professionnels, souvent au sein de coalitions internationales ou de forces de maintien de la paix, s'inscrivent dans la durée – parfois p…

Passion française

Ils ont beau critiquer son entre-soi germanopratin, l’emprise « galligraseuil » du nom des trois grandes maisons d’édition Gallimard, Grasset, le Seuil, les grands auteurs qu’il n’a pas su découvrir ou la faible proportion de femmes qu’il a distinguées depuis sa création en 1914 : il n’en reste pas moins que le prix Goncourt, le plus prestigieux de la dizaine décernée chaque année, reste incontestablement un temps fort de la foisonnante rentrée littéraire et une immense reconnaissance pour un écrivain et pour sa maison d’édition.

Ce lundi, après Lydie Salvayre en 2014, c’est un autre toulousain, Jean-Paul Dubois, qui a été honoré pour « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon » et qui va donc connaître la fortune. Non pas en espèces sonnantes et trébuchante puisque l’auteur ne recevra de Bernard Pivot, le président de l’Académie Goncourt, que 10 euros, mais la fortune dans les rayons des librairies où le Goncourt s’écoule à plusieurs centaines de milliers d’exemplair…

Joie amère

Au moins dix petits oursons seraient nés dans les Pyrénées cette année. Voilà une nouvelle qui va ravir les partisans de la réintroduction de l'ours entamée en 1996, et affliger les éleveurs du Massif qui n'en peuvent plus de devoir cohabiter avec le plantigrade. Pour les premiers, ces naissances ne sont certes pas une surprise puisque les deux ourses slovènes introduites l'an passé en Béarn dans des conditions houleuses, Claverina et Sorita, étaient gravides. Mais ces nouvelles naissances – même si deux des oursons n'auraient pas survécu – confortent le programme qui aurait pu, faute de nouvelles réintroductions, mettre en péril la présence de l'ours en Pyrénées Occidentales, où il ne reste que deux mâles. Les associations de défense des ursidés, qui martèlent qu'une cohabitation homme-ours est possible comme en Slovénie, n'en restent toutefois pas là et viennent d'ailleurs d'attaquer l'Etat fin octobre. Elles contestent devant la justice admi…

Voix d'or

« La nostalgie, c’est le bonheur d’être triste » disait Victor Hugo. La nostalgie de Johnny, disparu il y a bientôt deux ans, c’est assurément le bonheur de retrouver la voix de celui qui reste LE rockeur numéro un dans le cœur des Français. Ni les disputes familiales de l’héritage entre sa dernière épouse Laeticia et ses enfants David Hallyday et Laura Smet, ni les déclarations vipérines des uns contre les autres, ni les vacheries savamment distillées par les entourages, ni l’interminable feuilleton judiciaire qui alimente la chronique people n’ont entaché l’affection des Français pour l’artiste aux 110 millions d’albums. La preuve de cette fidélité se trouve tout simplement dans les ventes de son dernier opus sobrement intitulé Johnny, sorti le 25 octobre. Près de 150 000 ventes en quelques jours : un carton, qui en appellera sans doute d’autres et qui montre, si besoin était, que le public de Johnny, celui-là même qui s’était retrouvé à la Madeleine pour des obsèques quasi-nationa…

Nouvelle prohibition

La décision de la ville de New York était attendue sans illusion par les producteurs. L'interdiction du foie gras votée hier dans la mégalopole américaine n'est donc pas une surprise, d'autant qu'elle fait suite à une autre interdiction prise en Californie. Et pourtant, cette décision, pour symbolique qu'elle soit, interroge car elle intervient dans un contexte particulier où les positions des uns et des autres se sont radicalisées au point d'être irréconciliables.

D'un côté, nous avons donc les défenseurs de la cause animale. Né dans les années 70 le mouvement antispéciste, c'est-à-dire ce courant de pensée philosophique et moral qui refuse de placer l'Homme au-dessus des autres espèces animales, est sorti de la confidentialité au fur et à mesure que se sont développés le végétarisme, le véganisme et la prise en compte du bien-être animal. Les divers scandales sanitaires qui ont touché l'agroalimentaire ces dernières années, les vidéos terribl…

Penser global, agir local

Fonte des neiges et des glaces, élévation du niveau de la mer, épisodes caniculaires plus intenses et plus longs, sécheresses plus dures, etc. Les conséquences du réchauffement climatique sur les réserves en eau et donc sur la vie des millions d'humains sur la planète sont tangibles, soulignés régulièrement par les nombreux rapports des scientifiques dont ceux du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC). Parallèlement à ces données climatiques, le constat humain est sans appel : 2,1 milliards de personnes n'ont pas accès à des services d'eau potable gérés de manière sûre, 340000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de maladies diarrhéiques et la pénurie d'eau affecte quatre personnes sur dix, selon l'Unicef, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'Unesco et la FAO...

Des chiffres terribles que «Le droit de l'homme à l'eau et à l'assainissement», résolution adoptée par l'Assemblée générale des Nations U…