Accéder au contenu principal

Epée de Damoclès

seisme


C'est peu dire que les tremblements de terre nous interpellent, d'une part parce que nous sommes démunis face à ces catastrophes et d'autre part parce que les émotions qu'ils soulèvent révèlent aussi des failles humaines. La soudaineté de leur survenue, la violence de leurs secousses, les destructions et la ruine qui en découlent ont accablé et fasciné les hommes depuis l'Antiquité, nourri les croyances en une punition divine et irrigué les grands récits comme ceux de la Bible ou du Coran qui narrent l'apocalypse et la fin du monde provoquées par de puissants séismes capables de rayer de la carte des cités entières. Platon lui-même ne contribua-t-il pas à créer le mythe de l'Atlantide engloutie après un tremblement de terre ? Et le séisme de Lisbonne de 1755 ne donna-t-il pas lieu à un célèbre poème de Voltaire auquel répondit Rousseau qui pointait – déjà ! – vices de construction et mauvaises réactions des populations…

Depuis, la science a levé les doutes et apporté des explications rationnelles à ces séismes meurtriers, détaillé comment la croûte terrestre était « vivante », et pourquoi les plaques tectoniques continuaient à se mouvoir.

Face aux tremblements de terre, ces épées de Damoclès sur le monde, la communauté scientifique poursuit son travail d'observation, toujours plus précis, pour essayer de comprendre où et pourquoi les destructions se produisent. Même si l'on ne sait pas prévoir les séismes, la possibilité de prévoir les mouvements du sol qui vont se produire et les annoncer juste avant l'arrivée de vibrations destructrices est déjà un progrès considérable à partir duquel nous pouvons prendre de bonnes décisions. Décisions en termes d'aménagement des territoires, de normes anti-sismiques pour les constructions, et de préparation de la population à adopter les bons gestes lorsqu'un séisme se produit.

Bref, apprendre à vivre avec ce risque et, lorsqu'il survient, exercer une solidarité… sans faille.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mardi 12 novembre 2019)

Posts les plus consultés de ce blog

Sortir des postures

Le cortège d’une manifestation ou un rassemblement pour fêter la victoire d’un club sportif qui se terminent par des émeutes, des dégradations de mobilier urbain et de vitrines de magasins, parfois pillés, et des attaques violentes des forces de l’ordre par des hordes encagoulées dans un brouillard de gaz lacrymogènes… Les Français se sont malheureusement habitués à ces scènes-là depuis plusieurs décennies. Comme ils se sont aussi habitués aux polémiques politiciennes qui s’ensuivent, mêlant instrumentalisation démagogique, règlement de comptes politiques et critiques d’une justice supposément laxiste. Le dernier épisode en date, qui s’est produit samedi soir à Paris à l’occasion de la victoire du PSG face à l’Inter Milan en finale de la Ligue des champions, ne fait, hélas pas exception à la règle. Au bilan édifiant – deux morts, des dizaines de blessés, plus de 600 interpellations, des rues et magasins saccagés – s’ajoutent désormais les passes d’armes politiques. Entre l’opposition e...

Le prix de la sécurité

C’est l’une des professions les plus admirées et respectées des Français, celle que veulent exercer les petits garçons et aussi les petites filles quand ils seront grands, celle qui incarne au plus haut point le sens de l’intérêt général. Les pompiers, puisque c’est d’eux dont il s’agit, peuvent évidemment se réjouir de bénéficier d’une telle image positive dans l’opinion. Celle-ci les conforte et les porte au quotidien mais si elle est nécessaire, elle n’est plus suffisante pour faire face aux difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, opérationnelles, humaines et financières. Opérationnelle d’abord car leurs missions ont profondément changé et s’exercent avec plus de contraintes. De l’urgence à intervenir pour sauver des vies – presque 9 opérations sur 10 – on est passé à des interventions qui ne nécessitent parfois même pas de gestes de secours et relèvent bien souvent davantage de la médecine de ville voire des services sociaux. C’est que les pompiers sont devenus l’ultime recour...

Principes et réalité

Seize mois après les manifestations historiques des agriculteurs, nées en Occitanie à l’hiver 2024 en dehors des organisations syndicales traditionnelles, voilà la colère paysanne de retour. Ce lundi, à l’appel notamment de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, et après de nombreuses actions ponctuelles ces dernières semaines, les tracteurs seront, en effet, à nouveau dans les rues pour dire l’exaspération des agriculteurs de voir les mesures promises si lentes à se mettre en place et pour rappeler l’urgence à agir aux députés, qui examinent ce lundi à l’Assemblée nationale une proposition de loi clivante lancée par le sénateur LR Laurent Duplomb. Ambitionnant de « lever les contraintes », ce texte, plébiscité par le monde agricole mais qui ulcère les défenseurs de l’environnement et les tenants d’un autre modèle agricole, propose entre autres de faciliter le stockage de l’eau, de simplifier l’extension des élevages, de réintroduire certains pesticides dont un néonicotinoïde qu...