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Se tenir prêt

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Le Covid sera-t-il l’invité surprise de cet été ? Près de cinq ans après le début de cette pandémie, inédite à l’ère moderne, qui avait mis à genoux l’économie mondiale et durement éprouvé l’humanité, le surgissement d’un nouveau variant, baptisé NB.1.8.1 inquiète. Sous-lignage d’Omicron, il est classé « sous surveillance » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis le 23 mai et a déjà provoqué une flambée épidémique en Asie, particulièrement à Hong Kong, Taïwan et Singapour, où il est responsable d’une hausse marquée des cas, des hospitalisations et des décès. En Asie, il est devenu dominant dans certaines régions et continue de progresser, notamment en Chine. En Europe, sa présence reste limitée mais en augmentation, et en France, une douzaine de cas ont été détectés depuis fin avril 2025, principalement en Auvergne-Rhône-Alpes et en Nouvelle-Aquitaine.

Pour l’heure, pas d’affolement mais une surveillance exigeante car la couverture vaccinale en France est jugée insuffisante, notamment chez les personnes à risque, ce qui inquiète les autorités en cas d’augmentation de la circulation de ce nouveau variant, qui présente des mutations qui pourraient augmenter sa transmissibilité et favoriser l’évasion immunitaire. Les autorités de santé se veulent rassurantes mais qui sait ce qui pourrait se passer d’ici quelques semaines ?

Cette alerte au NB.1.8.1 nous rappelle en tout cas que le Covid-19 est toujours bien présent. Si la fin de la pandémie en tant qu’urgence sanitaire mondiale avait bien été actée au printemps 2023 par l’OMS, le coronavirus n’en restait pas moins une menace pour la santé partout dans le monde. « La Covid-19 ne disparaîtra pas, et le monde continuera d’avoir besoin d’outils pour la prévenir, la détecter, et la traiter », assurait le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation qui avait mis en place le Groupement d’accès aux technologies contre la maladie (C-TAP), un partenariat multipartite visant à faciliter le partage de la propriété intellectuelle, des connaissances et des innovations. Cette année, un pas décisif a été franchi avec l’Accord mondial sur les pandémies, qui vise à renforcer la coordination et la coopération mondiales, l’équité et l’accès lors de futures pandémies, tout en respectant la souveraineté nationale.

Chaque pays doit, en effet, mieux se préparer. La France a tiré les leçons de sa gestion de la pandémie, élaboré un plan gradué en cinq stades, allant de la détection initiale à l’atténuation des effets avec une kyrielle de mesures incluant des restrictions de circulation et des confinements localisés. Mas le plan est perfectible. Selon le Global Health Security Index, la France n’atteint que 61,9/100 en matière de préparation, et chute à 45,7/100 pour la détection et le signalement précoce. Et un récent rapport de la Cour des comptes souligne des lacunes sur les stocks stratégiques de masques.

Mais surtout, face au possible rebond du Covid avec NB.1.8.1 ou face à de futures pandémies, la riposte ne peut se faire qu’avec la mobilisation de la société entière. Remettre le masque en cas de besoin, retrouver les fameux gestes barrière un peu oubliés, recourir davantage à des capteurs et purificateurs d’air, notamment dans les écoles, mieux communiquer et convaincre sur les rappels vaccinaux… Bref, devenir une société solidaire et vigilante qui se tient prête.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mardi 3 juin 2025)

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