Accéder au contenu principal

Progrès

vaccin

La grande enquête de Challenges et d’Harris interactive sur l’état d’esprit des Français, à laquelle s’est associé notre journal, est riche d'enseignements pour comprendre l’état de la France. Parmi toutes les données socio-économiques, l’une n’a pas été assez soulignée : 78 % des Français considèrent que les évolutions de la médecine et 77 % la science sont la marque d’un progrès pour notre pays.

Cette foi, exprimée à une écrasante majorité, dans la médecine et la recherche scientifique est évidemment une bonne nouvelle pour tous les professionnels de ces secteurs qui œuvrent sans relâche et avec abnégation dans leurs laboratoires ou dans leurs hôpitaux pour améliorer le sort de l’humanité ou de leurs patients. Elle remet aussi en perspective et à leurs justes places toutes les fake news, tous les propos outranciers ou complotistes, toutes les insultes et toutes les manipulations orchestrés par certains autour de la science en général et des vaccins contre le Covid-19 en particulier.

Car si les Français expriment si nettement leur certitude que médecine et sciences contribuent au progrès, c’est sans doute aussi qu’ils ont vu comment, grâce à une mobilisation internationale totalement inédite, des vaccins contre le Covid-19 ont pu être trouvés dans des délais historiquement courts, mettant en œuvre de nouvelles techniques comme celle de l’ARN messager par rapport à ce que nous connaissions et de nouvelles façons de travailler entre jeunes sociétés de biotechnologie (BioNTech, Moderna) et grands laboratoires pharmaceutiques (Pfizer, Janssen).

Aujourd’hui, de nouveaux vaccins sont en préparation pour s’adapter encore mieux aux nouveaux variants d’Omicron, BA4 et BA5. Car si l’épidémie a été supplantée par la guerre en Ukraine ou la question du pouvoir d’achat sur la scène médiatique, l’épidémie est loin d’être terminée, en France comme ailleurs dans le monde. Notre pays a recensé 30 000 décès à l’hôpital ou en Ehpad depuis le début de l’année, au moment de l’arrivée du variant Omicron, d’après les chiffres de Santé publique France (SPF). Et au niveau mondial, le million de décès de patients Covid depuis le 1er janvier est désormais dépassé… D’où l’importance des vaccins contre le Covid-19 qui évitent les formes graves de la maladie et l’importance de faire les doses de rappel nécessaires pour maintenir une bonne couverture vaccinale, ce qui est essentiel.

Pour le Covid comme pour les autres maladies, les nouvelles comme la variole du singe ou certaines qu’on croyait disparues et qui reviennent comme la polio. « Les vaccins contre la poliomyélite ont entraîné une diminution de 99,9 % des cas paralytiques au cours des dernières décennies, mais les récentes épidémies suscitent des inquiétudes. La couverture vaccinale doit rester élevée et doit être augmentée dans les populations sous-immunisées », a réagi l’Organisation mondiale de la santé. Concernant le Covid, son directeur, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué qu’il restait encore beaucoup à faire car un tiers de la population mondiale n’est toujours pas vacciné.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du dimanche 28 août 2022)

Posts les plus consultés de ce blog

L'indécence et la dignité

C’est sans doute parce qu’elle avait le souriant visage de l’enfance, cheveux blonds et yeux bleus, parce qu’elle aurait pu être notre fille ou notre nièce, notre petite sœur ou notre cousine, une camarade ou la petite voisine. C’est pour toutes ces raisons que le meurtre barbare de la petite Lola a ému à ce point la France. Voir le destin tragique de cette bientôt adolescente qui avait la vie devant elle basculer à 12 ans dans l’horreur inimaginable d’un crime gratuit a soulevé le cœur de chacune et chacun d’entre nous. Et nous avons tous pensé à ses parents, à sa famille, à ses proches, à ses camarades de classe, à leur incommensurable douleur que notre solidarité bienveillante réconfortera mais n’éteindra pas. Tous ? Non, hélas. Dans les heures qui ont suivi le drame, certains ont instrumentalisé de façon odieuse la mort de cette enfant pour une basse récupération politique au prétexte que la suspecte du meurtre était de nationalité étrangère et visée par une obligation de quitter l

Nouveaux obscurantismes

Fin 2019, le transfert de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) de Matignon vers le ministère de l’Intérieur, au sein d’un secrétariat spécialisé dans la radicalisation (le CIPDR, Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation), avait provoqué émoi et inquiétude chez les associations d’aides aux victimes des sectes. L’éventualité d’une suppression des archives et du site internet de la Miviludes, dont le travail était unanimement reconnu depuis 17 ans, avait ajouté aux craintes de voir amoindris les moyens d’un service de l’État, d’évidence, indispensable. Tout est ensuite rentré dans l’ordre et ce retour à la normale est sans doute dû à l’épidémie de Covid-19. Car la pandémie historique a suscité de la peur et des inquiétudes évidemment légitimes dans la population effrayée par ce coronavirus dont on ne connaissait pas encore toutes les conséquences sur la santé et contre lequel on n’avait pas e

La tactique de TikTok

À trop se concentrer sur les GAFAM, les géants Américains de la Silicon Valley que sont Google, Amazon, Facebook et dans une moindre mesure Apple et Microsoft, autant de sociétés aux PDG stars, on en a presque oublié que le monde recelait aussi d’autres géants du numérique, et notamment en Chine. Dans l’empire du milieu où internet est placé sous l’implacable contrôle du régime communiste qui manie surveillance et censure, on les appelle les BATX pour Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi. Quatre des plus grandes entreprises technologiques mondiales qui sont bien moins connues du grand public que leurs équivalents américains. Mais ça, c’était avant que ne débarque TikTok. Le réseau social de partage de vidéos courtes, adapté d’un réseau 100 % chinois, a, d’évidence, changé la donne. En six ans, il a conquis la planète et particulièrement la planète ado, les jeunes répondant du tac-au-tac à TikTok pour relever ses challenges, danser et chanter. Une tactique payante construite sur de puissan