Accéder au contenu principal

Symbole

 

test

Les tests Covid resteront assurément l’un des symboles de l’épidémie de Covid-19. Symbole d’angoisse au début de l’épidémie lorsque, inquiet d’être contaminé, l’on se retrouvait devant des personnels soignants bardés de lunettes, gants, masques, blouses et surblouses, prêts à manipuler un écouvillon à la longueur paraissant interminable qu’ils plongeaient et remuaient au fin fond de nos narines pour prélever un échantillon de mucus.

Symbole de la mondialisation de la santé lorsque les laboratoires d’analyses médicales ont parfois été en rupture de réactifs, ces derniers étant produits aux Etats-Unis, en Chine ou en Corée du Sud.

Symbole de la bureaucratie tatillonne lorsqu’à l’heure de mettre le paquet sur la stratégie tester-tracer-isoler, les labos vétérinaires ne pouvaient pas participer aux tests avant d’y être enfin autorisés.

Symbole ensuite de liberté lorsque certains d’entre nous, désormais habitués au côté désagréable et parfois irritant de l’écouvillon, nous sommes soumis de bonne grâce aux tests PCR ou antigéniques pour pouvoir voyager à l’étranger ou participer à certaines activités notamment culturelles.

Mais les tests sont désormais devenus le symbole d’un vrai gouffre financier pour l’Assurance maladie. Car la France – dont la stratégie sanitaire du gouvernement a été critiquée tous azimuts, parfois à raison, parfois sans raison – a été l’un des rares pays à rendre gratuits les tests pour ses citoyens. On ne peut évidemment que se réjouir que notre Sécu, née du Conseil national de la résistance, ait permis cette égalité de tous, ce droit de tous devant un acte médical qui était et est encore important pour apprendre de l’épidémie et la freiner.

Mais si le test était une arme pour empêcher que les personnes contaminées ne propagent le virus car elles ne connaissaient pas leur statut, une arme plus puissante est désormais à notre disposition : le vaccin. Un vaccin dont la dose coûte beaucoup moins cher que les tests. Dès lors, il est bien normal que si les tests pour les cas contacts restent, eux, remboursés sur prescription médicale, les tests « de confort » pour obtenir un pass sanitaire deviennent payants pour ceux qui refusent le vaccin, gratuit et accessible à tous…

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mercredi 25 août 2021)

Posts les plus consultés de ce blog

Guerres et paix

La guerre menace encore une fois le Pays du Cèdre, tant de fois meurtri par des crises à répétition. Les frappes israéliennes contre le sud du Liban et les positions du Hezbollah ravivent, en effet, le spectre d’un nouveau conflit dans cette Terre millénaire de brassage culturel et religieux. Après quinze années de violence qui ont profondément marqué le pays et ses habitants (1975-1990), la paix est toujours restée fragile, constamment menacée par les ingérences étrangères, les divisions communautaires et une classe politique corrompue. La crise économique sans précédent qui frappe le pays depuis 2019, puis l’explosion dévastatrice du port de Beyrouth en 2020, symbolisant l’effondrement d’un État rongé par des décennies de mauvaise gouvernance, ont rajouté au malheur de ce petit pays de moins de 6 millions d’habitants, jadis considéré comme la Suisse du Moyen-Orient. Victime d’une spectaculaire opération d’explosion de ses bipeurs et talkies-walkies attribuée à Israël, le Hezbollah – ...

Facteur humain

  Dans la longue liste de crashs aériens qui ont marqué l’histoire de l’aviation mondiale, celui de l’Airbus A320 de la Germanwings, survenu le 24 mars 2015, se distingue particulièrement. Car si le vol 9525, reliant Barcelone à Düsseldorf, a percuté les Alpes françaises, entraînant la mort de 150 personnes, ce n’est pas en raison d’une défaillance technique de l’appareil ou d’un événement extérieur qui aurait impacté l’avion, mais c’est à cause de la volonté du copilote de mettre fin à ses jours. L’enquête, en effet, a rapidement révélé que celui-ci, souffrant de problèmes de santé mentale non décelés par les procédures en vigueur, avait volontairement verrouillé la porte du cockpit, empêchant ainsi le commandant de bord de reprendre le contrôle de l’appareil. Ainsi, ce crash singulier touche au point le plus sensible qui soit : la confiance des passagers dans les pilotes à qui ils confient leur vie. C’est pour cela que cette tragédie a eu un tel impact sur l’opinion publique et a...

Le prix de la sécurité

C’est l’une des professions les plus admirées et respectées des Français, celle que veulent exercer les petits garçons et aussi les petites filles quand ils seront grands, celle qui incarne au plus haut point le sens de l’intérêt général. Les pompiers, puisque c’est d’eux dont il s’agit, peuvent évidemment se réjouir de bénéficier d’une telle image positive dans l’opinion. Celle-ci les conforte et les porte au quotidien mais si elle est nécessaire, elle n’est plus suffisante pour faire face aux difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, opérationnelles, humaines et financières. Opérationnelle d’abord car leurs missions ont profondément changé et s’exercent avec plus de contraintes. De l’urgence à intervenir pour sauver des vies – presque 9 opérations sur 10 – on est passé à des interventions qui ne nécessitent parfois même pas de gestes de secours et relèvent bien souvent davantage de la médecine de ville voire des services sociaux. C’est que les pompiers sont devenus l’ultime recour...