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Articles

Objectif Lune

Plus de cinquante ans après l’exploit d’avoir amené un Homme à poser son pied sur la Lune – ce petit pas pour l’homme mais ce pas de géant pour l’humanité accompli le 21 juillet 1969 par Neil Armstrong – la NASA se prépare à retourner sur notre astre le plus proche. Dans quelques mois désormais voire quelques années, le programme américain Artemis, qui fédère quelque 29 États dont la France, permettra à un équipage d’être en contact avec la Lune, avec le projet à terme d’y établir une base lunaire qui constituerait l’étape essentielle de plus lointains voyages, en premier lieu vers Mars. Après la dernière mission de la NASA, Apollo 17 le 7 décembre 1972, la Lune ne semblait plus être la priorité des agences spatiales. D’autres enjeux avaient émergé, d’autres priorités, d’autres ambitions aussi : l’exploration des confins de notre système solaire, la meilleure connaissance de comètes ou de la planète Mars ont mobilisé des dizaines de missions. Dans les années 90 pourtant, la NASA lance ...

Interdépendance

Ce n’est pas la première fois que le secteur de l’élevage est touché par une crise sanitaire d’origine animale. On se souvient tous de la maladie de la vache folle dans les années 1990, des images de vaches tremblantes et ne tenant plus debout, et de l’angoisse qui avait saisi l’opinion. Cette encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) avait alors provoqué un effondrement de la consommation de viande bovine, après la découverte de sa transmission possible à l’homme sous la forme d’une variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Des mesures strictes avaient alors été prises par les autorités pour éradiquer l’épidémie, comme l’interdiction des farines animales ou l’abattage systématique des troupeaux contaminés, très douloureux pour des éleveurs attachés à leurs bêtes. Aujourd’hui, avec la maladie hémorragique épizootique (MHE), la situation est toutefois très différente, mais tout aussi préoccupante. Cette maladie virale, transmise par des moucherons piqueurs, qui provoque de la fièvre, ...

Casse-tête

La baisse des températures des derniers jours après une rentrée très douce va replonger les Français dans l’épineuse question du chauffage de leur logement. Épineuse parce que le coût de l’énergie, qui pesait déjà beaucoup dans le budget des ménages, a bondi ces derniers mois, particulièrement depuis la guerre en Ukraine qui a déstabilisé le marché du gaz, entraînant avec lui celui de l’électricité qui lui est encore lié. Les deux énergies sont, en effet, les plus utilisées pour chauffer les logements français, à hauteur de 41 % pour le gaz naturel et de 37 % pour l’électricité, selon les derniers chiffres clé 2022 du logement publiés par l’Insee. La fin progressive du bouclier tarifaire gouvernemental d'ici 2025, qui limitait la hausse du prix de l’électricité et du gaz à 15 %, la perspective de nouvelles hausses début 2024, les conséquences encore inconnues du nouveau conflit ouvert entre Israël et le Hamas, la possibilité d’un nouveau choc pétrolier évoqué par les experts de l’A...

Bénéfices-risques

  Avec l’automne qui arrive – enfin – c’est aussi le retour des rhumes avec leur cortège de nez bouchés et de maux de gorge. Pour nombre de Français, afin de surmonter ces désagréments, il suffit de prendre un médicament vasoconstricteur. C’est d’autant plus facile que ceux-ci – Actifed Rhume, Humex, RhinAdvil, etc. – sont disponibles sans ordonnance en pharmacie et leur efficacité est réelle pour un soulagement rapide. Seulement voilà, comme tout médicament, il peut y avoir des effets secondaires et ceux des vasoconstricteurs, s’ils restent évidemment rares, ne sont pas bénins puisqu’il s’agit d’infarctus du myocarde ou d’accidents vasculaires cérébraux. Ces effets secondaires-là sont connus. Déjà l’année dernière, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avait appelé les Français à la vigilance. « Ce type de médicament ne doit pas être utilisé en première intention en cas de rhume », rappelait l’Agence en novembre 2022. En vain… Un an plus tard...

Maillon faible

Plus de vingt ans après le drame, les Français se rappellent encore avec émotion de l’accident tragique du Concorde en juillet 2000 à Gonesse, qui avait coûté la vie à 113 personnes et mis fin à la longue carrière du supersonique. Ils se rappellent peut-être moins que le crash a été en partie provoqué par une pièce contrefaite. Un avion de Continental Airlines qui précédait le Concorde sur la piste de décollage avait, en effet, perdu une lamelle. En roulant dessus, l’un des pneus du Concorde éclate et les débris perforent ses réservoirs pleins… Continental était pourtant la 6e compagnie aérienne mondiale. Aujourd’hui, l’affaire récente impliquant la société AOG Technics met à nouveau en lumière l’étendue de ce problème de pièces contrefaites. Cette entreprise britannique – qu’une enquête de Bloomberg qualifie de société fantôme avec des employés fictifs – est soupçonnée d’avoir truqué des documents de certification accompagnant des pièces à l’origine inconnue pour la maintenance des mo...

Sang froid

Le château de Versailles plusieurs fois évacué, des établissements scolaires partout en France et une quinzaine d’aéroports subissant le même sort après des alertes à la bombe qui mobilisent de multiples services de secours et de sécurité, et perturbent la vie du pays. Une semaine après l’assassinat terroriste du professeur Dominique Bernard – dont on célébrait hier le courage lors de ses obsèques – la France se retrouve mise à l’épreuve avec ces multiples alertes qui toutes, heureusement, se sont révélées fausses. Les auteurs « seront retrouvés » et « punis », a averti le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, fustigeant des « petits guignols qui s’amusent ». En attendant de remonter jusqu’aux auteurs pour les sanctionner aussi durement que le prévoit le Code pénal, les services de l’État sont contraints de prendre toutes ces alertes au sérieux, fussent-elles des blagues de très mauvais goût, car la menace terroriste, elle, est bien réelle. Les jihadistes qui ciblent la France de...

Amers adieux

Un anniversaire… qui vire aux adieux. Air France, qui fête cette année ses 90 ans, a annoncé hier, à la surprise générale, qu’elle allait quitter en 2026 l’aéroport d’Orly et recentrer ses vols intérieurs sur son hub de Roissy-Charles de Gaulle. En quittant ainsi le deuxième aéroport du pays, la compagnie française tourne la page d’une histoire qui avait commencé en 1952, année de son arrivée à Orly. Histoire partagée depuis par des millions de Français qui, tous, peu ou prou, pour le travail ou les loisirs, ont un jour pris un avion d’Air France pour Paris-Orly, ont parfois confondu Orly-Ouest et Orly-Sud, ont accompagné le développement de la compagnie avec le lancement des Navettes vers Toulouse, Nice, Bordeaux, Marseille puis Montpellier, ont découvert au fil des ans les nouveaux Airbus, apprécié la qualité du service à bord, puis, une fois arrivés, emprunté l’OrlyVal pour rejoindre le centre de Paris ou continuer leur voyage avec une correspondance. Si l’annonce du départ d’Air Fr...

Guerres, terrorisme : empêcher que le monde se défasse...

C’était le 10 décembre 1957. À Stockholm, Albert Camus reçoit le prix Nobel de littérature et livre un discours qui fera date, par la puissance de ses mots et aussi par son côté dramatiquement prémonitoire. « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. » Plus de soixante ans après, ce discours prononcé à une époque où la planète sortait d’une meurtrière Seconde Guerre mondiale, où un nouvel ordre mondial s’était dessiné à Yalta, où la guerre froide s’installait avec son affrontement entre bloc de l’Est et bloc de l’Ouest pour trois décennies, ce discours donc résonne plus que jamais dans nos têtes et éclaire les enjeux du monde aujourd’hui, après une semaine noire marquée par le terrorisme, les guerres et les tensions internationales, d’Israël à Gaza, de l’Ukraine à l’Arménie en passant par Taïwan. Empêcher que le monde se dé...

L’ombre et la proie

On n’a, d’évidence, pas fini de mesurer les conséquences de la crise du Covid, notamment l’impact qu’elle a eu sur le monde du travail. Le chômage technique que le coronavirus a imposé à des milliers de Français lors des confinements, la complexité de la mise en œuvre du télétravail qui était si peu adopté par les entreprises en France, l’isolement au sein des équipes éclatées. Et, au-delà, une profonde évolution du rapport au travail des salariés, puis du marché de l’emploi au gré de nouvelles mobilités professionnelles et de réorientations. Tout cela a bouleversé le monde du travail et explique pour une part – mais une part seulement – l’explosion des arrêts de travail constatée par divers organismes comme l’Observatoire mis en place par le groupe Apicil ou les enquêtes du groupe Malakoff-Humanis. Ainsi, après une baisse entre 2020 et 2021, on constate un retour à la hausse de l’absentéisme en 2022, tous secteurs et populations confondus. 35 % des salariés (39 % des 30-39 ans) ont e...

Sur tous les fronts

La guerre en Ukraine ou le poids de l’inflation qui pèse sur le pouvoir d’achat des Français nous ont – presque – fait oublier combien notre pays restait sous la menace du terrorisme islamiste. Frappé en 2012 avec les attentats de Toulouse et de Montauban, puis en 2015 avec l’attaque contre Charlie Hebdo, l’Hyper Cacher et le Bataclan, et Nice en 2016, la France a payé un très lourd tribut ces dernières années. Elle reste toujours l’un des pays les plus menacés par le jihadisme comme vient de le montrer le dernier numéro du « magazine » de propagande d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), « Sada al-Malahim ». Repéré par Le Figaro mi-septembre, celui-ci contient un texte violent qui promet de frapper un « ministère » à Paris et de détruire une « ambassade suédoise ». « Il est désormais clairement apparent que la Suède a choisi de prendre la tête dans la guerre contre l’islam et les musulmans parmi les pays de l’Union européenne, rivalisant ainsi avec la France, le Danemark et d’a...

Nouvelles guerres

Lorsque l’on évoque les services secrets, on se projette immanquablement dans un film de James Bond, un roman de John Le Carré, ou une série d’espionnage de Netflix. Un monde où les intrigues se nouent à Berlin, Moscou, Washington, Le Caire ou Damas. Et on imagine cet univers mystérieux, parfois inquiétant, se déployer en parallèle à notre quotidien, inaccessible, réservé à un aréopage d’agents surdoués. Pourtant, la réalité est bien différente et il suffit pour s’en convaincre de voir les petites annonces que postent, depuis déjà plusieurs années, les services secrets français sur les plateformes numériques comme LinkedIn pour recruter les agents qui travailleront par exemple au sein de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE). Pour faire face aux nouvelles menaces qui ciblent la France, la DGSE – qui n’hésite d’ailleurs pas à convoquer l’imaginaire populaire du monde de l’espionnage dans des vidéos promotionnelles – recrute en effet quelque 600 à 1 000 personnes chaque ...

L'énigme Poutine

Il y a un an tout juste l’hebdomadaire tchèque « Respekt » publiait une caricature représentant Vladimir Poutine. Le maître du Kremlin, qui avait raté sept mois plus tôt son « opération militaire spéciale » en Ukraine – cette Blitzkrieg qui devait en quelques jours renverser le régime de Volodymyr Zelensky – était dessiné assis, l’air accablé dans un fauteuil surmonté d’un aigle bicéphale, symbole de la Russie, à côté d’un téléphone rouge, le bouton nucléaire en pendentif. Dans sa main, un pistolet comme s’il était prêt à se suicider dans ce bunker, une allusion à Hitler qui s’est donné la mort 30 avril 1945 à Berlin. En lettres capitales au-dessus de la scène : « La Russie est en train de perdre ». Un an plus tard, alors que le conflit s’enlise dans une interminable guerre de position et que l’armée ukrainienne peine à concrétiser sa contre-offensive, personne ne peut dire que la Russie est « en train de perdre » même s’il faudrait pourtant qu’elle perde pour avoir violé le droit inte...

Des paroles aux actes

En réclamant lundi soir un « électrochoc » dans la lutte contre le harcèlement scolaire après qu’un rectorat a expédié un courrier comminatoire « honteux » à une famille dont l’enfant, Nicolas, 15 ans, moqué et violenté, a fini par se donner la mort, Gabriel Attal a, d’évidence, pris la mesure d’un fléau qui n’a que trop duré. Non pas que les prédécesseurs du ministre de l’Education nationale n’aient jamais rien fait sur ce sujet. Des dispositifs ont été lancés, des numéros verts mis en place, des plateformes internet de signalement déployées, des formations prodiguées aux personnels de l’Éducation nationale et des campagnes de sensibilisation ont été conduites auprès des élèves eux-mêmes en particulier et du grand public en général. Il y a même tous les ans une Journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école… Mais le phénomène a continué à perdurer, prenant d’autant plus d’ampleur que s’il s’arrêtait jadis aux portes de l’école, il est devenu désormais permanent avec les ré...

Transformer l'essai

À quelques jours du lancement d’Octobre rose, la campagne annuelle de communication destinée à sensibiliser les femmes à l’importance du dépistage du cancer du sein – et à récolter des fonds pour la recherche – l’annonce d’OSE Immunotherapeutics apporte une nouvelle bouffée d’espoir dans la longue lutte contre le cancer. Cette société de biotechnologie nantaise vient, en effet, de publier des résultats positifs de phase 3 de Tedopi, son vaccin contre le cancer du poumon, l’un des plus meurtriers, responsable de 1,8 million de décès dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dont plus de 22 000 en France. Ce vaccin pourrait recevoir son autorisation de mise sur le marché en 2027. Dans la lutte contre les cancers, l’idée du vaccin a pris corps déjà l’an passé lorsque les cofondateurs de BioNtech, la start-up allemande qui s’était associée avec Pfizer pour développer le vaccin contre le Covid-19, s’étaient dits convaincus que les travaux réalisés pour ce dernier avec l’...

Patrimoine(s)

Avec la fête de la musique en juin, les Journée du patrimoine de septembre, qui célèbrent cette année leurs quarante ans d'existence, sont incontestablement l’un des rendez-vous préférés des Français, qui en font tous les ans un immense succès. Depuis que Jack Lang les a lancées en 1984, ces journées très populaires – devenues européennes en 1991 – attirent toujours un public nombreux car elles restent, avec quelques grands moments sportifs, la Fête nationale ou les drames qui ces dernières années ont soudé le pays, un rare moment d’unité nationale, ce qui n’est pas rien dans une société de plus en plus polarisée. Le temps d’un week-end, en effet, les Français se retrouvent, quelles que soient leurs origines ou leurs convictions, pour célébrer partout sur le territoire, en métropole et outre-mer, leur patrimoine, cette richesse nationale qui fait de la France la première nation touristique mondiale. Ou plutôt leurs patrimoines au pluriel. Il y a bien sûr ces grands monuments connus...

Piqûre de rappel

  La pandémie de Covid-19 ne fait bien sûr plus la une des médias dans le monde, chassée par d’autres actualités et aussi sans doute par l’envie de beaucoup d’entre nous de passer à autre chose que cette épidémie qui a mis le monde à genoux pendant presque deux ans et nous a tous épuisés. Pour autant, le coronavirus n’en reste pas moins toujours présent. Le rebond des contaminations cet été est venu, en effet, nous rappeler que le Covid se transforme en une maladie chronique comme la grippe saisonnière et qu’il faudra vivre avec lui, au gré de la kyrielle de variants qui apparaissent mois après mois. Le dernier en date, BA.2.86, a ainsi été détecté début septembre en France, dans le Grand Est, et fait l’objet d’une attentive surveillance. Si de nombreux Français souffrent encore de Covid long, d’autres continuent ainsi à être contaminés et les spécialistes préviennent qu’une nouvelle vague automnale aura bien lieu, comme celle de la grippe qui survient chaque année. « L’augmentatio...

Bombe sociale

Le politique du logement constitue depuis 2017 un angle mort du macronisme. Le sujet n’a, en effet, que peu intéressé Emmanuel Macron au point qu’en mai 2022, juste après sa réélection, le gouvernement Borne ne comprenait pas de ministre du Logement, ni de ministre délégué et encore moins de secrétaire d’État. Le logement se trouvait alors fondu dans le tentaculaire ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Une situation inédite qui avait, à l’époque, ému l’ensemble des professionnels du secteur. L’exécutif avait ensuite corrigé le tir en nommant Olivier Klein, ministre délégué chargé de la Ville et du Logement, qui a piloté le lancement en novembre 2022 du Conseil national de la rénovation (CNR) dédié au logement. Sept mois plus tard, Elisabeth Borne montait en première ligne pour en présenter les conclusions et une série de mesures. Prolongation mais forte restriction du prêt à taux zéro (PTZ), fin du dispositif Pinel d’investissement locatif, aides à l...

Petite musique

L’arrivée des premiers avis de taxe foncière est un coup dur pour les ménages et met clairement le gouvernement en mauvaise posture à l’heure de la préparation du Budget 2024. La taxe foncière va, en effet, subir cette année une hausse minimale de +7,1 % en raison de la revalorisation forfaitaire des valeurs locatives, votée lors de la dernière loi de finances. Une taxe qui peut par ailleurs augmenter si les communes – dont l’autonomie fiscale s’est réduite ces dernières années, notamment avec la suppression de la taxe d’habitation voulue par Emmanuel Macron – décident de jouer sur les taux. À Paris la hausse est de 51,9 %, à Grenoble de 25 %… Peu importe pour les Français que le gouvernement et les collectivités se renvoient la responsabilité de la hausse finale. Le résultat pour eux constituera bien une hausse de la fiscalité qui tombe mal pour le gouvernement. Depuis des semaines, en effet, Elisabeth Borne et Bruno Le Maire ne cessent de marteler qu’il n’y aura pas de hausses d’impô...

Sous surveillance

Après le technicien de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, et l’universitaire Pap Ndiaye, Emmanuel Macron a décidé, lors du remaniement de juillet, de confier l’Éducation nationale à un pur politique, Gabriel Attal, fidèle d’entre les fidèles et l’un des premiers à avoir rejoint En Marche en 2016. Charge au plus jeune ministre installé rue de Grenelle, à 34 ans, de faire oublier les errements de ses deux prédécesseurs : le dogmatisme et les obsessions de Blanquer, dont la réforme du baccalauréat a mis sous tension des enseignants avec lesquels le dialogue s’était rapidement et durablement rompu ; l’effacement de Ndiaye, qui n’a pas su trouver sa place et a dû endurer, avec une solidarité gouvernementale quasi-inexistante, les attaques souvent odieuses de l’extrême droite et d’une partie de la droite sur sa personne plutôt que sur son action. Pour faire oublier ses prédécesseurs et imprimer sa patte sur un ministère réputé difficile, l’ambitieux Gabriel Attal a bien compris qu’i...

Etre sur ses gardes

  Le rebond du nombre de contaminations au Covid-19 cet été, notamment avec le fulgurant variant Eris, nous a rappelé que si la fin de la pandémie en tant qu’urgence sanitaire mondiale avait bien été actée au printemps par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle n’en restait pas moins une menace pour la santé partout dans le monde. Le coronavirus continue, en effet, de circuler dans tous les pays, il continue de tuer les plus fragiles et il continue à changer, de variant en variant. La question maintenant est de savoir si le rebond du Covid-19, qui est considéré comme une maladie chronique à l’instar de la grippe saisonnière, pourrait être plus fort qu’attendu à la rentrée. Ce n’est pas un hasard si l’OMS, qui surveille de près l’apparition de tout nouveau variant du coronavirus, a incité les pays à mettre à jour leur stratégie de lutte contre le Covid. Surveillance, information transparente, poursuite de la vaccination si besoin, soutien à la recherche scientifique pour mi...

Derrière les hausses

C’est la mauvaise nouvelle au cœur de l’été : de nombreux Français ont reçu une facture de régularisation de leur consommation d’électricité et se voient réclamer des centaines d’euros supplémentaires. Pour beaucoup, c’est d’autant plus incompréhensible qu’ils avaient fait des efforts de sobriété ces derniers mois et que leur consommation a baissé d’une année sur l’autre. Mais pas suffisamment pour compenser une électricité dont le prix a augmenté de 15 % en février et de 10 % le 1er août dernier. Cette dernière hausse a mis le gouvernement dans l’embarras, accusé par les oppositions d’avoir menti, lui qui avait promis de plafonner la hausse à 15 % sur l’année. Sauf que cette hausse était prévisible puisqu’elle traduit une baisse de la prise en charge par l’État du bouclier tarifaire, qui a permis d’éviter une augmentation des factures d’électricité des Français de 35 % en 2022 et de 100 % en 2023. Le bouclier va continuer à prendre en charge 37 % de la facture réelle, contre 43 % préc...

Enlisement

En découvrant il y a quelques mois les images des tranchées creusées par les Russes et les Ukrainiens de part et d’autre de la ligne de front, chacun a pensé aux images de Verdun. Comme sur les photos prises lors de la Première guerre mondiale, on découvrait à la télévision ou sur les réseaux sociaux des soldats vivant dans la boue, le froid et l’angoisse de la mort au combat. On voyait aussi la détermination des Ukrainiens à tenir coûte que coûte. On mesurait surtout combien cette guerre allait s’installer dans la durée. Dix-huit mois après le lancement de l’ «opération spéciale » de Vladimir Poutine qui, en 48 heures, devait « dénazifier » l’Ukraine et renverser son gouvernement, la guerre est effectivement toujours là avec son cortège d’horreurs sur le front et à l’arrière où les civils sont tués par des bombardements et des drones. La contre-offensive lancée en juin par Kiev semble à la peine, incapable, faute d’appui aérien, de venir à bout des défenses russes pour percer la ligne...

Anticiper et s'adapter

S’il y a bien un épisode qui a traumatisé la classe politique française, c’est bien celui de la canicule de 2003. Il y a vingt ans, en effet, aux prémices de cet épisode identifié plus tard comme la vague de chaleur la plus forte qu’a connue la France métropolitaine depuis le début des mesures en 1947 et qui fera 15 000 morts, le ministre de la Santé Jean-François Mattéi était apparu à la télévision décontracté, en polo depuis son lieu de vacances, pour expliquer que le gouvernement n’avait nullement manqué d’anticipation. Peu importaient finalement les justifications, le décalage à l’image entre un ministre en vacances et ce que vivaient les Français était ravageur. Depuis, chaque gouvernement est sur le qui-vive tous les étés et lorsque Météo-France a annoncé la pire vague de chaleur ce mois d’août en France, le gouvernement a immédiatement réagi, la Première ministre Elisabeth Borne convoquant hier une réunion de crise interministérielle. D’aucuns y verront bien sûr une opération de...