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L’histoire montre que c’est souvent lors des crises ou lors des guerres que se révèlent le meilleur comme le pire de l’Homme. Le meilleur, ce sont ces gestes, ces attitudes, ces actions qui donnent foi en l’humanité, le meilleur redonne espoir, le meilleur révèle des héros. Début 2015, les héros étaient les policiers, les gendarmes, les forces de l’ordre qui œuvraient à nous protéger des terroristes qui venaient de perpétrer les attaques contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

Aujourd’hui, ce sont les soignants, médecins, infirmières et infirmiers, aides-soignantes et tous les personnels de l’hôpital public qui sont en première ligne, au front pour mener contre le Covid-19 la «guerre sanitaire» évoquée par Emmanuel Macron. Dans la région Grand Est particulièrement, jusqu’à l’épuisement physique et moral face aux ravages de la maladie, les personnels hospitaliers bataillent sans relâche, avec un dévouement, un professionnalisme, une abnégation et un courage qui forcent d’autant plus le respect qu’ils sont en manque cruel de moyens, masques, lunettes de protection, surblouses, respirateurs artificiels... Leur combat, les Français confinés l’ont bien compris, qui saluent chaque soir depuis leurs balcons et leurs fenêtres par des salves d’applaudissements ces soignants entre les mains desquels repose notre salut.

Derrière ces héros évidents – dont beaucoup de femmes – d’autres sont en deuxième ligne, à l’arrière, plus discrets mais non moins essentiels. Policiers, caissières, livreurs, facteurs, chauffeurs routiers, mais aussi journalistes qui vont à leur rencontre sur le terrain pour raconter leur histoire : ils sont tous le fil conducteur de notre quotidien confiné, ils nous permettent de tenir, le temps que le tsunami du Covid-19 passe. A tous ces héros révélés par l’épidémie de coronavirus, nous avons envie de dire simplement merci. Car ils nous donnent de la force, de l’espoir, et l’envie de croire aux vers de Victor Hugo : «Même la nuit la plus sombre prendra fin et le soleil se lèvera...»

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du samedi 21 mars 2020)

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