Accéder au contenu principal

Mobilisation nationale

restaurant


Le plan de relance initié hier par le président de la République pour les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, du tourisme et des espaces de loisirs était très attendu par tous les professionnels. Car ceux-ci sont peut-être parmi les entrepreneurs les plus frappés par la crise du coronavirus et ils n’ont pas pour l’heure la perspective d’une réouverture rapide après la date du 11 mai, début de la phase du déconfinement. Cette date clé ne sera annoncée que fin mai, en même temps que les détails d’un plan de reprise forcément très complexe à mettre en œuvre compte tenu de la diversité des établissements et des défis sanitaires auxquels ils vont devoir faire face pour offrir à leur clientèle la sécurité, seule à même de créer la confiance.

L’élargissement du fonds de soutien, l’augmentation des aides annoncées hier par l’exécutif sont évidemment une bonne chose pour éviter que ne disparaissent ces cafés, ces bars, ces restaurants, ces hôtels ou ces structures de loisirs, aujourd’hui au bord de l’asphyxie, qui font l’âme de la France, permettent ces moments de convivialité qui nous manquent tant depuis le début du confinement et portent haut la réputation de notre pays partout dans le monde pour sa gastronomie et son sens de l’accueil.

"Ce virus n’aime pas l’art de vivre à la française", a résumé hier Emmanuel Macron avant d’assurer de son soutien les professionnels conviés en visioconférence. Le chef de l’Etat a ainsi repris la balle au bond lancée cette semaine par le Collège culinaire de France qui l’implorait de rouvrir rapidement des établissements prêts s’adapter. Le Président estime, lui aussi, que cette période difficile peut être " une opportunité pour l’ensemble du secteur pour réussir les transformations qu’on n’avait pas toujours réussi à faire à temps."

Faire de l’épreuve une chance est effectivement un objectif ambitieux pour sauver l’industrie du tourisme, mais qui ne pourra se faire qu’avec une mobilisation nationale, et le soutien de tous les Français. Car pour sauver la restauration et plus largement le tourisme, chacun d’entre nous aura un rôle à jouer. Ainsi, les prochaines vacances d’été donnent l’occasion de manifester notre soutien aux professionnels du tourisme. Des séjours lointains à l’étranger semblant très compromis, les Français vont pouvoir (re) découvrir les beautés de leur pays et de leur région. À cet égard, l’Occitanie dispose de tous les atouts pour rebondir en offrant à chacun de nous, entre Pyrénées et Méditerranée, la possibilité de passer un été aussi agréable que solidaire.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du samedi 25 avril 2020)

Posts les plus consultés de ce blog

Avant/Après

La pandémie de Covid-19 aura profondément bouleversé le marché de l’immobilier comme le secteur du BTP. Certes, avant l’arrivée du coronavirus fin 2019, l’immobilier était déjà au ralenti depuis quelques mois avec notamment le durcissement des conditions de crédit, mais l’irruption de la pandémie l’avait stoppé net avec le brutal et totalement inédit confinement du printemps : chantiers de construction à l’arrêt, agences fermées faute de pouvoir organiser des visites, crédits immobiliers mis sur pause, etc. Le second confinement dont nous venons tout juste de sortir aura été beaucoup moins paralysant. Les états des lieux, les signatures de compromis et d’actes de vente ont pu se faire. Le marché immobilier a ainsi mieux résisté et on assiste à une stabilisation des prix dans les dix plus grandes villes de France. Pour autant, on ne reviendra pas à la situation du monde d’avant car les deux confinements ont sensiblement modifié l’appréhension de l’immobilier par les Français. L’assignat

Kafka va au ski

La station La Molina en Espagne Mi-novembre, un article du grand journal allemand Die Zeit ironisait sur l’« Absurdistan autoritaire » imposé, selon lui, par le gouvernement français à ses concitoyens. « Le verrouillage de la France est si répressif que même les règles sensées tombent en discrédit », écrivait Annika Joeres.Auto-attestations de sortie obligatoires uniques en Europe, contradictions dans les autorisations ou interdictions de vente de certains produits comme les livres dans les supermarchés ou les sapins de Noël, décisions de santé publique prises de façon monarchique par le président de la République en Conseil de défense, Etat d’urgence sanitaire sans cesse prolongé, etc. La charge était sévère et sans doute un peu injuste puisque le confinement à la française a eu au final des effets bien réels pour freiner la circulation du virus et diminuer les hospitalisations… alors que l’Allemagne est en plus mauvaise posture actuellement. C’est dans ce contexte que le chef de l’E

L’enfer de Matignon

Tout remonte-t-il à Matignon ? "Non, seulement les emmerdes", avait répondu un rien désabusé Édouard Philippe, ce qui lui avait valu de décrocher le Grand Prix de l’humour politique il y a tout juste un an. Depuis, les "emmerdes" – qui, comme chacun sait, "volent en escadrille" selon la formule de Jacques Chirac – se sont accumulées pour le Premier ministre. Après le mouvement des Gilets jaunes et la contestation de la réforme des retraites, le locataire de Matignon fait face à une crise autrement plus corsée : celle du coronavirus. Rarement un chef de gouvernement aura eu à gérer un dossier aussi complexe et tentaculaire, dont les conséquences à venir sur la vie du pays – sanitaires, économiques, sociales, politiques, sociétales… – sans doute encore mal estimées, vont être considérables. Rarement aussi un Premier ministre ne se sera senti aussi seul et sans doute sur la sellette… Au contraire de nombre de ses prédécesseurs qui ont souvent été à la t