Accéder au contenu principal

Défis

C3N


La spectaculaire opération des cybergendarmes français contre un réseau de hackers qui avaient piraté des centaines de milliers d'ordinateurs dans le monde pour servir leurs projets illégaux est riche d'enseignements sur les défis que représente la numérisation de nos sociétés.

Le premier enseignement est qu'il n'y a pas de fatalité – ni d'impunité – contre les pirates, que ceux-ci visent des particuliers, des entreprises ou des Etats comme on l'a vu ces derniers mois.

Dans tous les pays, et particulièrement en France, les forces de l'ordre se sont mises en ordre de bataille pour mener cette cyber-guerre. Une guerre contre le crime digital qui passe aussi par une coopération internationale qui a peut-être fait défaut par le passé mais qui se renforce, notamment en Europe. Depuis 2017, les Etats membres de l'UE et les institutions européennes mettent en place des procédures de coopération et d'échanges pour développer une gestion de crises cyber aux niveaux politique, opérationnel et technique. Ce défi de coordination indispensable est en passe d'être gagné face à des menaces mouvantes et mondiales.

Le second défi que met en lumière l'opération française révélée hier est que la société tout entière doit plus que jamais prendre conscience des risques et adopter en conséquence les bons gestes, les bonnes pratiques pour que la sécurité numérique soit autant prise en compte que la sécurité physique. De la même façon qu'on ne laisse pas la porte de son domicile ouverte en son absence, il faut apprendre à sécuriser son ordinateur et son smartphone aujourd'hui, comme sa maison connectée demain. À l'école comme dans l'entreprise, cet apprentissage-là doit être permanent. Il ne doit laisser personne de côté, que ce soient les seniors ou les plus jeunes car chacun doit s'approprier les enjeux de sécurité numérique.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du jeudi 29 août 2019)

Posts les plus consultés de ce blog

Symboles

La confirmation hier par la compagnie aérienne australienne Qantas qu'elle annulait la commande de huit Airbus A380 marque un nouveau revers pour le superjumbo du constructeur aéronautique européen. Un gros porteur dont la pérennité est désormais suspendue, sans beaucoup d'illusions, à une négociation avec la compagnie Emirates, qui avait passé une méga-commande de 36 A380. L'histoire semble désormais jouée et l'A380 va vraisemblablement – sauf surprise venue de Chine ou d'Inde – tirer bientôt sa révérence, devenant le symbole d'un terrible et douloureux échec commercial, mais aussi devenant une page importante de l'histoire aéronautique mondiale.

L'échec, c'est finalement celui d'un avion mal-né qui a accumulé les déconvenues au moment même où le paysage aérien mondial s'est retrouvé chamboulé. L'idée de départ était pourtant séduisante : le plus gros avion commercial du monde avec ses deux ponts, ses quatre réacteurs, capable d'em…

Responsabilité

Le retrait prochain des troupes américaines de Syrie, tel un jeu de dominos, a des répercussions profondes, dont le retour dans l'Hexagone de quelque 150 jihadistes français dont des familles jusqu'à présent détenus en Syrie et en Irak. Ainsi, la France vient d'être contrainte de changer de doctrine à leur égard. Jusqu'alors, en effet, le gouvernement français s'était toujours opposé à leur retour – sauf pour les mineurs –, estimant qu'ils devaient être jugés sur place et y purger leur peine, sous réserve de bénéficier d'un procès équitable. Désormais, le rapatriement de ces ressortissants français est inéluctable, fut-il facilité par des avions américains. Le retour de ces jihadistes constitue ainsi un véritable défi pour la France, mais aussi un casse-tête politique face à l'extrême sensibilité de l'opinion publique sur le sujet.

Car les Français restent durablement marqués par les attentats terroristes perpétrés par Daech sur notre sol, de l'…

L'alerte

L'enquête sur le complotisme que viennent de publier la Fondation Jean-Jaurès et l'organisme Conspiracy watch est capitale dans le sens où elle permet de mettre des chiffres sur un phénomène ancien dont l'ampleur constitue désormais une réelle menace pour la démocratie, en France comme ailleurs dans le monde.

Jusqu'à présent, les thèses complotistes restaient circonscrites à quelques cercles d'hurluberlus, particulièrement aux Etats-Unis où, au nom du premier amendement de la Constitution qui garantit une absolue liberté d'expression, tout un tas de théories ont pu se développer sans ambages. La Terre est plate, le monde est gouverné par la secte des Illuminati, les Américains ne sont jamais allés sur la Lune, etc.

Une digue contre ces élucubrations avait été bâtie au fil des ans par la classe politique dans sa majorité et par les médias. Cette digue a commencé à se fissurer en 2016 au moment de la campagne électorale présidentielle américaine qui a vu la vict…