Accéder au contenu principal

Défis

C3N


La spectaculaire opération des cybergendarmes français contre un réseau de hackers qui avaient piraté des centaines de milliers d'ordinateurs dans le monde pour servir leurs projets illégaux est riche d'enseignements sur les défis que représente la numérisation de nos sociétés.

Le premier enseignement est qu'il n'y a pas de fatalité – ni d'impunité – contre les pirates, que ceux-ci visent des particuliers, des entreprises ou des Etats comme on l'a vu ces derniers mois.

Dans tous les pays, et particulièrement en France, les forces de l'ordre se sont mises en ordre de bataille pour mener cette cyber-guerre. Une guerre contre le crime digital qui passe aussi par une coopération internationale qui a peut-être fait défaut par le passé mais qui se renforce, notamment en Europe. Depuis 2017, les Etats membres de l'UE et les institutions européennes mettent en place des procédures de coopération et d'échanges pour développer une gestion de crises cyber aux niveaux politique, opérationnel et technique. Ce défi de coordination indispensable est en passe d'être gagné face à des menaces mouvantes et mondiales.

Le second défi que met en lumière l'opération française révélée hier est que la société tout entière doit plus que jamais prendre conscience des risques et adopter en conséquence les bons gestes, les bonnes pratiques pour que la sécurité numérique soit autant prise en compte que la sécurité physique. De la même façon qu'on ne laisse pas la porte de son domicile ouverte en son absence, il faut apprendre à sécuriser son ordinateur et son smartphone aujourd'hui, comme sa maison connectée demain. À l'école comme dans l'entreprise, cet apprentissage-là doit être permanent. Il ne doit laisser personne de côté, que ce soient les seniors ou les plus jeunes car chacun doit s'approprier les enjeux de sécurité numérique.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du jeudi 29 août 2019)

Posts les plus consultés de ce blog

Fragilités

Les images que les Français ont découvertes cette semaine à l’occasion des violentes intempéries qui ont frappé le Sud-Ouest étaient spectaculaires : un TGV comme suspendu dans le vide, reposant sur des rails sous lesquels le ballast a été emporté par des flots déchaînés. Inouï comme le nom du train qui transportait quelque 500 passagers qui se souviendront longtemps de leur voyage et de leur évacuation en pleine nuit à Tonneins – parfaitement maîtrisée par les secours, les personnels de la SNCF et les agents de la ville. Le jour d’après, à l’issue du remorquage du TGV, avait des allures de gueule de bois pour tout le monde devant les dégâts considérables sur la voie de chemin de fer. 200 mètres sont complètement à refaire, les pluies torrentielles ayant emporté la terre du remblai, la sous-couche et le ballast. Et si les travaux ont commencé dès après les orages, ils vont être longs, bloquant la liaison entre Toulouse et Bordeaux. La SNCF mise sur une reprise du trafic entre le me...

Un pont trop loin

   La succession des ponts du mois de mai a relancé le sempiternel débat sur les jours fériés en France, leur nombre et le niveau de productivité des Français. Un débat devenu un véritable marronnier qui commence toujours par le même constat, se poursuit par un emballement médiatico-politique où droite et gauche s’invectivent, puis finit par s’éteindre jusqu’à la prochaine fois. L’automne dernier, alors que le gouvernement Barnier cherchait quelque 60 milliards d’économies pour le Budget 2025 afin d’éponger un déficit abyssal – 6,1 % du PIB et 3 230 milliards d’euros de dette – Gérald Darmanin avait lancé l’idée de supprimer un jour férié pour renflouer les caisses de l’État. Celui qui n’était alors pas encore redevenu ministre mettait ses pas dans ceux de Jean-Pierre Raffarin. En 2004, le Premier ministre instaurait, en effet, la « journée de solidarité » en supprimant le lundi de Pentecôte. Une décision prise dans l’urgence après la meurtrière c...

Sortir des postures

Le cortège d’une manifestation ou un rassemblement pour fêter la victoire d’un club sportif qui se terminent par des émeutes, des dégradations de mobilier urbain et de vitrines de magasins, parfois pillés, et des attaques violentes des forces de l’ordre par des hordes encagoulées dans un brouillard de gaz lacrymogènes… Les Français se sont malheureusement habitués à ces scènes-là depuis plusieurs décennies. Comme ils se sont aussi habitués aux polémiques politiciennes qui s’ensuivent, mêlant instrumentalisation démagogique, règlement de comptes politiques et critiques d’une justice supposément laxiste. Le dernier épisode en date, qui s’est produit samedi soir à Paris à l’occasion de la victoire du PSG face à l’Inter Milan en finale de la Ligue des champions, ne fait, hélas pas exception à la règle. Au bilan édifiant – deux morts, des dizaines de blessés, plus de 600 interpellations, des rues et magasins saccagés – s’ajoutent désormais les passes d’armes politiques. Entre l’opposition e...