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Sang froid

seoul
Bannières à Séoul décrivant les mesures prophylactiques. Photo Bonnielou2013 


L’extension des contaminations au coronavirus chinois dans le monde en général, chez nos plus proches voisins comme l’Italie et évidemment en France où le nombre de cas a atteint hier la cinquantaine, suscite logiquement de l’inquiétude chez les Français. Inquiétude légitime qui nous oblige tous à dominer la peur et à garder notre sang-froid, à prendre en compte toute la gravité d’une situation inédite sans rien céder à la panique. C’est sur cette ligne de crête que tous ceux qui ont une responsabilité sociétale et politique doivent se tenir.

Pour les médias, il s’agit d’offrir, loin de tout sensationnalisme et de buzz facile, des informations vérifiées, recoupées et utiles, capables de faire pièces à toutes les fake news et à toutes les rumeurs qui circulent depuis l’apparition du Covid-19 – et elles sont nombreuses. C’est la raison pour laquelle nous listons dans notre dossier les principales questions que chacun se pose pour lui-même et ses proches et y apportons les bonnes réponses en toute transparence.

Pour le gouvernement, il s’agit d’éviter d’être accusé d’en faire trop ou de ne pas en faire assez, et, de fait, de rassurer la population en montrant sa mobilisation et la façon dont il anticipe sereinement une potentielle forte hausse des contaminations, loin de toute considération politicienne. À cet égard, la montée en première ligne d’Emmanuel Macron avec une visite à la Pitié-Salpétrière, comme la réunion par Edouard Philippe de tous les chefs de partis, sont une bonne chose. D’abord pour répondre aux critiques populistes d’une Marine Le Pen ou d’un Eric Ciotti qui – sans que ni l’un ni l’autre ne soient experts épidémiologistes – réclamaient à cor et à cri la fermeture de nos frontières dont l’efficacité est totalement illusoire. Ensuite pour esquisser une sorte d’union sacrée ou du moins une convergence de vues au-delà des étiquettes politiques.

L’exercice s’est avéré plutôt réussi. Jean-Luc Mélenchon, qu’on ne peut soupçonner de connivence avec le gouvernement, a ainsi résumé le sentiment général en déclarant qu’"on ne manquerait pas de la solidarité qui s’impose". Face au péril sanitaire, et alors qu’une nouvelle étape a été franchie dans l’épidémie hier, cet esprit de concorde n’est évidemment pas suffisant mais il est nécessaire car il appelle collectivement à la prudence et la vigilance de chacun.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du samedi 29 mars 2020)

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