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Changer, maintenant

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Les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), les nombreuses et régulières études de l’ONU sur le réchauffement climatique, les constatations d’ONG comme Greenpeace ou le WWF sur les atteintes à la biodiversité ou encore les catastrophes comme les incendies géants en Amazonie ou en Australie : autant d’éléments bien tangibles des bouleversements du climat qui affectent la planète et qu’une majorité de Français – à quelques irréductibles climatosceptiques près – reconnaît volontiers. Mais il reste toujours difficile de se projeter, les catastrophes semblent toujours bien lointaines et en tout cas pas de nature à perturber notre quotidien. La nouvelle étude de l’Insee dévoilée hier changera-t-elle la donne et impulsera-t-elle une prise de conscience élargie dans la population ?

En tout cas, les prévisions de l’Insee sur le climat dans notre région sont sans appel. Dans les trentes prochaines années, les épisodes de fortes chaleurs seront de plus en plus fréquents partout en Occitanie, et plus particulièrement sur le littoral méditerranéen et dans la plaine de la Garonne, c’est-à-dire les territoitres plus peuplés. Ces journée caniculaires – dont on a eu un aperçu à deux reprises en 2019 – vont avoir des conséquences pour un habitant sur deux, soit pas loin de 3 millions d’Occitans... Les personnes âgées, les jeunes enfants et les personnes pauvres seront les plus affectées tandis que les secteurs du BTP et de l’agriculture seront les plus impactés.

Dès à présent, il faut donc collectivement se préparer à relever cet immense défi. Cela suppose de mieux tenir compte des enjeux environnementaux, revoir l’aménagement du territiore, l’habitat, l’utilisation des énergies, etc., mais aussi admettre qu’il faudra changer individuellement nos comportements de consommateurs. Le chemin sera donc long. Mais cette prise de conscience a heureusement commencé, il n’y a qu’à voir combien l’environnement est devenu l’un des dossiers clés des prochaines municipales. Car il est temps de dépasser le constat pour agir et changer, maintenant.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du vendredi 7 février 2020)

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