Les prix de la rentrée scolaire sont-ils en hausse ou en baisse cette année ? Les parents d’élèves ont de quoi être interloqués puisque les études se contredisent : d’un côté, l’UFC-Que Choisir a annoncé une hausse des prix de 2 %, de l’autre le cabinet d’études Nielsen IQ a affirmé que le prix des fournitures baisse de plus de 3 % dans les supermarchés, 6 % dans les magasins spécialisés. Et hier l’association Familles de France a assuré que le coût moyen de la rentrée 2025-2026 recule de 5,53 %. Une chose est certaine, on reste loin des quelque +10 % constatés en 2023, lorsque les fournitures scolaires subissaient l’envolée des tarifs des matières premières. Pour autant, que les prix chutent jusqu’à – 6 % ou augmentent de +2 %, le coût de la rentrée représente une importante dépense dans le budget des familles.
Pour faire baisser la facture, plusieurs leviers sont activés. Recycler le matériel de l’année passée, comparer les prix pour obtenir les meilleurs tarifs à la fois dans les hypermarchés physiques et sur internet (en prenant garde aux frais de livraison qui peuvent être élevés et aux délais pour être livré), opter pour des achats mutualisés avec des plateformes dédiées, des achats groupés ou des bourses mises en place par les fédérations de parents d’élèves… autant de pistes désormais bien rodées par les parents.
L’État est également à leur côté, depuis 1974, avec l’allocation de rentrée scolaire (ARS), versée ce mardi, qui bénéficie à plus de 5 millions d’enfants de 6 à 18 ans et 3 millions de foyers. Son montant varie entre 420 et 460 euros sous conditions de revenus. Comme chaque année, il devrait se trouver quelques hurluberlus pour reprendre, comme l’ancien ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer en 2021, la fake news – maintes fois démentie par les chiffres – selon laquelle l’ARS sert à acheter des écrans plats…
Mieux vaut s’intéresser au débat, récurrent lui aussi, soulevé par la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), principale organisation de parents, qui réclame la gratuité des fournitures scolaires, tout simplement pour respecter la promesse constitutionnelle d’une école laïque publique et gratuite. Évidemment, à l’heure où il est en quête de 44 milliards d’euros d’économies pour son Budget 2026, l’État impécunieux ne risque pas de donner satisfaction à la FCPE. Et pourtant, face à une précarité qui menace beaucoup de familles, miser sur l’éducation et les conditions de son exercice serait un vrai choix politique. D’ailleurs, sans attendre l’État, de nombreuses collectivités locales ont fait ce choix de justice sociale en rendant les fournitures scolaires gratuites en totalité ou en partie. De Paris à Marseille, de Bordeaux à Lille, plusieurs grandes villes livrent ainsi des kits de rentrée aux élèves.
En Occitanie, la Région revendique « la rentrée la moins chère de France » pour ses lycéens en jouant sur les fournitures mais aussi ce qu’il y a autour (péri-scolaire, transports…). Faire en sorte que l’origine sociale ou géographique ne soit pas un frein à la réussite scolaire, voilà un projet qui devrait tous nous rassembler.
(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mardi 19 août 2025)