Accéder au contenu principal

Art de vivre à la française

bozouls
Le village de Bozouls en Aveyron


Pour la troisième année consécutive, le Groupe La Dépêche a décerné hier à Toulouse les trophées de son concours « Mon beau village », organisé pour la première fois à l'échelle des treize départements d'Occitanie. Nature, patrimoine, insolite : trois catégories dans lesquelles les villages de la région ont été distingués. Et à chaque fois, des trophées qui ont récompensé des hommes et des femmes, des initiatives, des idées, un dynamisme et une farouche volonté de faire vivre la campagne.

Car si nombre de ces bourgs mettent tout en œuvre pour préserver leur patrimoine architectural et culturel auxquels les Français, villageois et citadins, sont très attachés – on le voit à chaque Journées du patrimoine –, les villages se battent avant tout pour rester des lieux de vie, défendant ici leurs écoles publiques, là leur boulangerie ou leur épicerie, ailleurs leurs services publics. À dire vrai, ces villages qui veulent aller de l'avant défendent une certaine idée de l'art de vivre à la française et de l'aménagement du territoire.

Avec opiniâtreté, ces petites communes et les maires qui les dirigent font leurs la sentence de Jules Renard « S'enfuir dans un village pour en faire le centre du monde. » Car à l'heure de la métropolisation, cette concentration des populations dans les grandes villes, les villages veulent incarner une alternative qui s'inscrive aussi dans la marche du monde.

Dès lors, les politiques publiques doivent favoriser et accompagner le développement de ces zones rurales en s'assurant qu'elles disposent, comme partout ailleurs pour tout citoyen français, des infrastructures nécessaires et modernes en termes de transports, d'accès aux soins, ou de connexion numérique. Le bonheur est dans le pré, selon la formule bien connue, mais ce sont bien tous les villages qui font battre le cœur de la France.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du jeudi 10 octobre 2019)

Posts les plus consultés de ce blog

La clé du conflit

L’ « opération spéciale » lancée par Vladimir Poutine le 24 février pour « libérer » les Ukrainiens du Donbass et au-delà, et « dénazifier » un pays prétendument aux mains de dirigeants corrompus devait être une Blitzkrieg rondement menée : en trois jours le pays devait tomber. Las ! Trois mois plus tard, la guerre qu’a déclenchée le maître du Kremlin est toujours bien présente avec son cortège d’horreurs et de malheurs, de crimes de guerre et de destructions de villes entières, véritablement rasées, de millions de réfugiés jetés sur les routes de l’exil et de morts par centaines. Vladimir Poutine pensait pouvoir réitérer ce qu’il avait fait en Crimée en 2014, une invasion militaire express sans résistance et la mise devant le fait accompli de la communauté internationale, qui n’avait alors que mollement protesté avec des sanctions économiques et financières quasiment indolores. Mais le président russe a sans doute préjugé de ses forces et mal compris que le monde qu’il rêve depuis lon

Question d'éthique

  Photo Pierre Challier Un scandale est parfois nécessaire pour qu’éclate au grand jour une vérité jusqu’alors tue, fût-elle bien connue d’un grand nombre d’acteurs, et que de salutaires changements s’opèrent, des réformes trop longtemps repoussées ne voient enfin le jour. Celui qui a touché le Centre du don des corps de l’Université Paris-Descartes en novembre 2019, lorsqu’un charnier a été découvert en son sein, est incontestablement de ceux-là. Pendant des années – l’instruction judiciaire déterminera depuis quand – les corps de défunts qui avaient choisi de leur vivant de se donner à la science ont été maltraités. Plusieurs documents, notamment photographiques, ont montré que cette maltraitance était devenue au fil des ans normalisée, voire institutionnalisée, au mépris de toutes les exigences éthiques et juridiques, au mépris, surtout, de la dignité que l’on se fait du corps humain et du respect que l’on doit à tout homme, y compris après sa mort. L’affaire a profondément choqué l

Artificiel

Le propre des crises est qu’elles sont autant des moments de bascule que de vérité et qu’elles révèlent que ce qui apparaissait impensable, incongru ou impossible ne l’était pas forcément. Ainsi lors de la crise du Covid-19, on a vu les 27 pays membres de l’Union européenne mettre de côté les sacro-saintes règles du traité de Maastricht – pas plus de 3 % de déficit public et 60 % d’endettement des États – pour permettre de surmonter la pandémie. Sous l’impulsion notamment de la France, les dogmes budgétaires ont été mis en pause afin de mutualiser de la dette au niveau européen et de bâtir un plan d’aides et de relance pour préserver les économies européennes. En sera-t-il de même avec un autre dogme européen, celui de la concurrence libre et non faussée, à l’occasion de la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine ? La question se pose à l’heure où les États doivent à la fois repenser leur mix énergétique en se passant des énergies fossiles russes et accélérer la transitio