Accéder au contenu principal

Anticiper


inondations
La Sorgues à Saint-Affrique (sud Aveyron)

Un peu plus d'un an après les terribles inondations qui ont frappé l'Aude, ravageant des villages entiers comme Villegailhenc et son pont emporté qui avait marqué les esprits ; brisant des vies lorsque des familles ont tout perdu ; et jetant dans le chagrin ceux qui ont vu des proches périr, voilà que de nouvelles intempéries ont frappé notre région et plus largement le sud de la France ces dernières heures. Ces épisodes pluvio-orageux suivis d'inondations ne sont pas nouveaux. Ces phénomènes cévenols sont même bien connus des habitants du littoral et de l'arrière-pays méditerranéen. Mais plus que leur nombre, c'est leur intensité qui interpelle, qui pourrait être liée au changement climatique.

Si l'on ne pourra bien sûr pas arrêter ces phénomènes météorologiques, il n'y a pas de fatalité lorsqu'il s'agit de les anticiper et de faire en sorte d'en limiter les conséquences sur les villes et villages.

La prévision a extraordinairement progressé ces dernières années. L'augmentation de la puissance informatique a permis de développer des modélisations plus fines, le déploiement de satellites d'observations plus puissants permet de suivre au plus près l'évolution des intempéries et de prédire leur formation avec une précision toujours plus importante. Ces avancées que l'on doit aux scientifiques doivent impérativement se traduire par une meilleure information des populations. À cet égard, des applications pour smartphone comme MyPredict, créée dans l'Hérault et soutenue par Météo France et par Airbus, apportent les alertes au plus près de ceux qui sont menacés par des intempéries.

Ces phénomènes cévenols doivent aussi nous inciter à mieux penser l'aménagement du territoire pour limiter l'étendue des dégâts causés par les pluies, les mini-tornades et les inondations. Il convient de corriger les erreurs du passé, imaginer de nouvelles politiques d'urbanisme, de nouvelles façons de construire. Ces réflexions sont en cours, elles doivent s'accélérer pour que nous soyons prêts à faire face à cette nouvelle donne climatique.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du jeudi 24 octobre 2019)

Posts les plus consultés de ce blog

L’enfer de Matignon

Tout remonte-t-il à Matignon ? "Non, seulement les emmerdes", avait répondu un rien désabusé Édouard Philippe, ce qui lui avait valu de décrocher le Grand Prix de l’humour politique il y a tout juste un an. Depuis, les "emmerdes" – qui, comme chacun sait, "volent en escadrille" selon la formule de Jacques Chirac – se sont accumulées pour le Premier ministre. Après le mouvement des Gilets jaunes et la contestation de la réforme des retraites, le locataire de Matignon fait face à une crise autrement plus corsée : celle du coronavirus. Rarement un chef de gouvernement aura eu à gérer un dossier aussi complexe et tentaculaire, dont les conséquences à venir sur la vie du pays – sanitaires, économiques, sociales, politiques, sociétales… – sans doute encore mal estimées, vont être considérables. Rarement aussi un Premier ministre ne se sera senti aussi seul et sans doute sur la sellette…

Au contraire de nombre de ses prédécesseurs qui ont souvent été à la tête …

Question de dignité

Les autorités françaises doivent mettre fin au problème de surpopulation dans les prisons et aux conditions de détention dégradantes". Les mots sont cinglants pour la patrie des Droits de l’Homme, mais ils ont été, d’évidence, largement sous-pesés par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) qui vient de rendre cette semaine un arrêt sévère contre la France. Saisie par 32 détenus des centres pénitentiaires de Ducos (Martinique), Faa’a Nuutania (Polynésie française), Baie-Mahault (Guadeloupe) ainsi que des maisons d’arrêt de Nîmes, Nice et Fresnes, l’instance européenne n’a pu que constater que les détenus "ont, pour la majorité d’entre eux, disposé d’un espace personnel inférieur à la norme minimale requise de 3 m2 pendant l’intégralité de leur détention, situation aggravée par l’absence d’intimité dans l’utilisation des toilettes." Certes, la CEDH n’entend pas dicter la politique pénale de la France, mais elle suggère "la refonte du mode de calcul de la ca…

Jospinisation

Les quelque 17 milliards de mesures en faveur du pouvoir d’achat débloqués par Emmanuel Macron pour éteindre la crise des Gilets jaunes n’auront donc pas suffi à décoller l’étiquette de « Président des riches» qui colle à la peau du locataire de l’Elysée depuis le début du quinquennat, lorsque la majorité avait baissé les aides aux logements et supprimé le très symbolique impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Non seulement, le mouvement de grogne sociale inédit perdure de samedi en samedi, mais les Français n’ont pas perçu d’amélioration tangible de leur pouvoir d’achat. Une perception sur laquelle l’OFCE vient de mettre des chiffres dans sa dernière étude sur l’impact des mesures du budget 2020. Certes, 70% des ménages devraient voir leur pouvoir d’achat augmenter cette année, mais les grands gagnants, qui vont profiter le plus des réformes menées par le gouvernement, sont bel et bien les classes moyennes supérieures. Pire, 5% des ménages les plus modestes vont voir leur niveau …