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Anticiper


inondations
La Sorgues à Saint-Affrique (sud Aveyron)

Un peu plus d'un an après les terribles inondations qui ont frappé l'Aude, ravageant des villages entiers comme Villegailhenc et son pont emporté qui avait marqué les esprits ; brisant des vies lorsque des familles ont tout perdu ; et jetant dans le chagrin ceux qui ont vu des proches périr, voilà que de nouvelles intempéries ont frappé notre région et plus largement le sud de la France ces dernières heures. Ces épisodes pluvio-orageux suivis d'inondations ne sont pas nouveaux. Ces phénomènes cévenols sont même bien connus des habitants du littoral et de l'arrière-pays méditerranéen. Mais plus que leur nombre, c'est leur intensité qui interpelle, qui pourrait être liée au changement climatique.

Si l'on ne pourra bien sûr pas arrêter ces phénomènes météorologiques, il n'y a pas de fatalité lorsqu'il s'agit de les anticiper et de faire en sorte d'en limiter les conséquences sur les villes et villages.

La prévision a extraordinairement progressé ces dernières années. L'augmentation de la puissance informatique a permis de développer des modélisations plus fines, le déploiement de satellites d'observations plus puissants permet de suivre au plus près l'évolution des intempéries et de prédire leur formation avec une précision toujours plus importante. Ces avancées que l'on doit aux scientifiques doivent impérativement se traduire par une meilleure information des populations. À cet égard, des applications pour smartphone comme MyPredict, créée dans l'Hérault et soutenue par Météo France et par Airbus, apportent les alertes au plus près de ceux qui sont menacés par des intempéries.

Ces phénomènes cévenols doivent aussi nous inciter à mieux penser l'aménagement du territoire pour limiter l'étendue des dégâts causés par les pluies, les mini-tornades et les inondations. Il convient de corriger les erreurs du passé, imaginer de nouvelles politiques d'urbanisme, de nouvelles façons de construire. Ces réflexions sont en cours, elles doivent s'accélérer pour que nous soyons prêts à faire face à cette nouvelle donne climatique.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du jeudi 24 octobre 2019)

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