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Habiter et pouvoir se déplacer. Le logement et les transports : voilà bien deux priorités des Français qui se pérennisent années après années et qui vont tout naturellement structurer le débat des prochaines élections municipales, dans moins de trois mois.

À l’heure du réchauffement climatique qui impose de faire des choix plus vertueux dans nos modes de déplacement pour réussir la transition écologique et énergétique, se posent les questions des transports en commun, leur extension ou leur gratuité, la pertinence de la voiture électrique et donc les bornes de recharge dont elle a besoin, la nécessité de nouvelles pistes cyclables, plus sécurisée, mais aussi la place des piétons et le partage de l’espace public entre tous. Autant de sujets qui conditionnent plus que jamais l’aménagement urbain des villes et des villages.

Depuis plusieurs semaines, nombre de municipalités accélèrent ainsi des travaux de voiries. Certes parce que les maires sortants, candidats à leur succession, veulent couper des rubans tricolores avant le scrutin, mais aussi parce qu’il faut adapter urgemment les villes aux demandes et aux besoins des habitants. Et ils sont nombreux. Dans un contexte où, selon une enquête de l’institut Verian, la voiture reste toujours le premier mode de déplacement quotidien pour 58 % des Français – et reste incontournable dès que l’on habite en périphérie des métropoles et en zone rurale – la refonte de l’offre de transports collectifs est très forte. Mais aussi très coûteuse pour des collectivités dont les marges de manœuvres financières sont de plus en plus contraintes. De la même façon, la création de nouveaux aménagements de voiries pour donner plus de place aux mobilités douces – vélos, piétons – est, là aussi, non seulement coûteuse mais aussi potentiellement source de tensions.

Penser ou repenser une ville est, d’évidence, une mission complexe, d’autant plus qu’il n’y a pas de solution unique. Chaque municipalité doit bâtir sa propre vision, quitte à aller chercher ailleurs ce qui a marché. Ainsi, à Toulouse, on a adopté les ronds points "à la hollandaise", conçus pour mieux protéger les cyclistes mais qui désarçonnent les automobilistes quant aux priorités à respecter. Ailleurs, c’est la ville du quart d’heure (ou le territoire de la demi-heure), formidable concept de Carlos Moreno qui séduit des villes du monde entier, celles-ci redécouvrant leurs quartiers en rendant accessibles en 15 minutes les services essentiels aux habitants. Et même derrière le coup de buzz de Louis Sarkozy, candidat à Menton, qui propose de supprimer les feux rouges, il y a matière à réflexion.

Au final, les transports et les aménagements qu’ils nécessitent, sont peut-être le vrai thermomètre d’une ville comme vient de le montrer une passionnante enquête de l’institut Terram sur les "Infrastructures invisibles", ces réseaux du quotidien que les habitants demandent à leurs élus de "tenir" et d’entretenir et qui sont finalement les plus utile des réseaux sociaux.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du lundi 8 décembre 2025)

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