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Question de confiance

 

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Lorsque Boeing a enchaîné les difficultés techniques, entamées par deux crashs successifs, celui du vol Lion Air 610 le 29 octobre 2018 (189 morts) et celui du vol Ethiopian Airlines 302 le 10 mars 2019 (157 morts), Airbus s’est bien gardé de tirer sur son rival historique. « Je ne me réjouis pas des problèmes de mon concurrent. Ils ne sont pas bons pour l’industrie dans son ensemble », avait ainsi déclaré, lors de la conférence « Europe 2024 » à Berlin, Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus, là où certaines personnalités politiques affichaient ostensiblement leur préférence pour l’avionneur européen. Sans doute le patron d’Airbus savait que dans une industrie aussi complexe que celle de l’aéronautique, on n’est jamais à l’abri de problèmes. Pour Airbus, ils viennent d’arriver en cette fin d’année.

En quelques jours, l’avionneur a fait face à deux difficultés. Vendredi dernier, il a dû rappeler près de 6 000 avions A320 pour remplacer en urgence un logiciel de commande vulnérable aux radiations solaires. Une décision prise à la suite d’un spectaculaire incident survenu fin octobre aux États-Unis où un A320 a subitement piqué. Si les mises à jour du logiciel ont été rapidement annoncées, la seconde difficulté est plus problématique puisqu’elle touche à la fabrication des A320. En raison d’un problème de qualité chez un fournisseur de panneaux de fuselage, Airbus a décidé hier de revoir à la baisse ses prévisions de livraison d’avions commerciaux pour l’exercice 2025 : 790 contre une estimation précédente d’environ 820. Cette révision à la baisse – forcément coûteuse – tombe mal pour Airbus, qui doit dévoiler le nombre de commandes et de livraisons d’avions commerciaux pour le mois de novembre ce 5 décembre. Elle tombe d’autant plus mal qu’en juillet dernier, l’A320 est devenu l’avion le plus vendu au monde, devançant celui de son grand rival, le Boeing B737.

Toutefois, ces difficultés sont très loin de l’ampleur des déboires qui ont durablement affecté Boeing pendant plusieurs années.

Que ce soit pour le logiciel à mettre à jour ou pour les pièces de fuselage non conformes aux critères de qualité attendus du sous-traitant, Airbus a rapidement réagi et a fait preuve d’une réelle transparence, mettant en avant son souci permanent que la qualité et la sécurité sont toujours sa priorité. Une gestion de crise bien mieux maîtrisée que celle, chaotique, de Boeing et qui a permis d’éviter tout décrochage pérenne en Bourse. Hier matin, Airbus gagnait 2,41 %, figurant ainsi parmi les plus fortes hausses du CAC 40 et plusieurs analystes n’envisageaient pas de changer leur opinion sur les perspectives de l’avionneur.

Autrement dit, en dépit de ces deux fâcheux incidents, Airbus conserve ce qu’il y a de plus précieux pour un constructeur d’avions : la confiance, que ce soit celle des marchés, de ses clients et, au final, des passagers.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du jeudi 4 décembre 2025, photo Airbus SAS)

 

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