Évidemment, le contraste est spectaculaire. Le 9 décembre, l’observatoire européen Copernicus, qui a enregistré pour novembre 2025 « le troisième mois de novembre le plus chaud à l’échelle mondiale », assurait que « l’année 2025 est en passe de devenir la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, à égalité avec 2023 ». « L’anomalie de température moyenne mondiale pour la période de janvier à novembre 2025 est de 0,60 °C au-dessus de la moyenne de 1991-2020, ou 1,48 °C au-dessus de la référence préindustrielle de 1850-1900, avant que le climat ne se réchauffe durablement sous l’effet de l’activité humaine », indiquait Copernicus. La publication des statistiques pour décembre et le bilan annuel pourraient donc placer 2025 derrière le record historique de température établi en 2024.
Mais ce week-end, après plusieurs semaines de douceur, la France est entrée brutalement dans l’hiver avec des pluies, de la neige comme on n’en avait plus vues depuis longtemps, notamment en Aveyron, et des inondations d’un niveau historique dans l’Hérault ou le Gard. Une météo très hivernale, qui devrait se prolonger avec une goutte froide. Ce phénomène devrait faire de ce Noël 2025 l’un des plus froids depuis quinze ans.
Ce contraste chaud-froid fait turbuler les climatosceptiques, mais il illustre bien les effets du réchauffement climatique, celui que Donald Trump qualifiait à la tribune de l’ONU en septembre de « plus grande arnaque » de l’Histoire. D’arnaque, il n’y en a pas, seulement des faits scientifiquement établis et vérifiables qui montrent que le dérèglement climatique généré par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs.
À quelques heures de Noël, la mobilisation est de mise pour porter secours et assistance aux sinistrés, privés de courant ou dont les maisons ont été inondées. Élémentaire et nécessaire solidarité. Mais la mobilisation doit se doubler d’une réflexion de plus long terme dont vont devoir se saisir les candidats aux municipales : la gestion des risques naturels à l’échelle des communes – forcément coûteuse – est désormais capitale tant pour les aménagements futurs que l’adaptation des infrastructures actuelles, la préparation et la parfaite information des populations.
(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mercredi 24 décembre 2025)