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Trop peu, trop tard ?

 

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« Les semaines devant nous seront difficiles. La vague monte » concédait ce dimanche le ministre de la Santé Olivier Véran. Et c’est peu dire que face à la troisième vague de l’épidémie de Covid, les inquiétudes sont de plus en plus vives, tant dans les 16 départements placés depuis ce week-end sous un confinement d’un nouveau genre que dans les autres régions, à commencer par l’Occitanie. Dès lors, on ne peut que s’interroger sur la pertinence des mesures annoncées par le Premier ministre jeudi dernier. Trop peu, trop tard, commence-t-on à entendre.

Trop peu car ce troisième confinement n’a, d’évidence, plus rien à voir avec les deux précédents que nous avions connus et qui, eux, ont montré leur efficacité pour réduire l’épidémie. Conçu sous la formule « freiner sans enfermer », ce «confinement dehors» (sic) recèle tellement d’exceptions concernant l’ouverture des commerces et a été mis en place avec une telle cacophonie concernant l’autorisation de sortie – chef-d’œuvre kafkaïen de bureaucratie – que les Français peinent à y adhérer pleinement quand ils n’envisagent carrément de ne pas le respecter.

Trop tard, ensuite, car la pression de l’épidémie a considérablement augmenté entre la fin janvier et aujourd’hui. Il y a bientôt deux mois, le Conseil scientifique préconisait, en effet, un reconfinement strict pour quatre semaines afin de prendre de vitesse une troisième vague inéluctable dopée aux très contagieux variants. Emmanuel Macron, à la surprise générale, en avait décidé autrement, faisant le parti très politique de ne pas reconfiner le pays et misant tout sur une campagne de vaccination qui devait accélérer. Las ! Celle-ci, déjà chaotique, s’est retrouvée freinée par le manque de doses…

Pour l’exécutif, la tâche est incontestablement complexe et il n’y a pas de solution miracle. Après un an d’une vie sous Covid, il est ainsi toujours aussi compliqué de régler le curseur des restrictions en tenant compte à la fois des aspects sanitaires, socio-économiques et psychologiques. Satisfaire à la fois les soignants épuisés et les Français désireux de retrouver la vie d’avant, sans perdre en cohérence, constitue pour l’exécutif-Sisyphe un chemin de crête, pour ne pas dire un chemin de croix périlleux, à un an d’une présidentielle qui pourrait bien se jouer sur la gestion du Covid.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mardi 23 mars 2021)

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