Accéder au contenu principal

(Eco)sytèmes

 

foret

Les images de la forêt de Perles-et-Castelet ravagée, victime d’une mystérieuse coupe rase sauvage, font froid dans le dos et mal au cœur pour ces petits propriétaires privés qui, aujourd’hui, se battent pour connaître la vérité et être reconnus comme les victimes d’un potentiel odieux trafic. Un trafic qui illustre aussi combien le bois est devenu l’objet d’enjeux économiques colossaux et mondiaux au détriment parfois de la préservation de la biodiversité et de la lutte contre le réchauffement climatique, les forêts restant l’un des meilleurs absorbeurs de CO2.

Au-delà de l’affaire ariégeoise, qui doit appeler une réponse ferme de la part des autorités, on voit que la forêt est aujourd’hui sous tension. La forêt française est certes en croissance puisqu’elle est passée de 14,1 millions d’hectares en 1985 à quelque 17 millions aujourd’hui, mais cette croissance ne signifie pas pour autant qu’elle est en pleine forme. Au contraire, elle reste très fragile, ébranlée par la multiplication de coupes rases – légales – qui font disparaître des pans entiers de forêts anciennes, remplacées plus tard par des "champs" de sapins douglas dont sont friandes les grandes scieries. La récente émission Sur le front consacrée aux forêts françaises récemment diffusée sur France 5, montrait aussi des aberrations comme d’un côté un producteur de hêtres obligé d’exporter vers l’Asie sa production faute de trouver une scierie pour préparer ses troncs et donc des acheteurs, et de l’autre un charpentier contraint… d’importer du hêtre de l’étrange.

Ces dysfonctionnements portent forcément atteinte au trésor national que constituent nos forêts, qui doivent aussi faire face au changement climatique. À l’occasion de la journée internationale des forêts, le 21 mars, un sondage BVA a montré l’attachement des Français à leurs forêts, plus de 8 sur 10 se disant favorables à l’entretien durable des forêts, c’est-à-dire la préservation de l’équilibre des trois dimensions de la forêt : économique, environnemental et sociétale. Ce qui suppose des moyens pour les acteurs de la forêt, une volonté autour d’objectifs partagés et aussi la lutte contre les trafics...

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du dimanche 11 avril 2021)

Posts les plus consultés de ce blog

Pollueurs payeurs

  C’est une scène que malheureusement chacun d’entre nous a un jour vécue. Une promenade dans la nature et l’on tombe sur des monticules de déchets entassés là en toute illégalité : au mieux des déchets verts, au pire des gravats de chantiers, des appareils électroménagers ou tout simplement des ordures ménagères. Ce fléau des décharges sauvages a pris des proportions considérables et inquiétantes pour la pollution des sols qu’elles engendrent, alors même que les Français, paradoxalement, mettent l’environnement aux premiers rangs de leurs préoccupations. En 2020 en France, 80 000 tonnes de déchets ont ainsi échoué dans la nature dans quelque 600 dépôts illégaux. Et il est toujours aussi difficile pour les élus locaux de lutter contre ce phénomène qui recouvre de multiples pratiques. Chacun d’ailleurs garde en mémoire le décès du maire de Signes (Var), renversé le 5 août 2019 par une camionnette dont les occupants, que l’élu voulait verbaliser, avaient jeté des gravats en bord de route

Retrouver confiance

Une grande majorité de Français est sans doute en mesure de raconter une mauvaise expérience vécue avec un artisan – certains en ont même fait des livres comme le prix Goncourt Jean-Paul Dubois avec son savoureux "Vous plaisantez M. Tanner". Un devis où des prestations connexes ont été "oubliées", un montant final à payer qui a subitement gonflé, mais aussi des prestations qui ne sont pas à la hauteur et qui imposeront plus tard de refaire ce qui a été mal fait, etc. Le sentiment de s’être fait arnaquer est d’autant plus fort lorsque l’appel à l’artisan s’est fait dans une situation d’urgence ou de faiblesse : une fuite d’eau qui menace d’importants dégâts un appartement, un accident qui prive l’usage de sa voiture, et bien sûr un problème de serrure qui vous bloque à l’extérieur de votre logement ou vous empêche de bien le fermer… Ces comportements ne sont bien évidemment pas ceux de tous les artisans, mais les agissements de quelques brebis galeuses nuisent à

Avant/Après

La pandémie de Covid-19 aura profondément bouleversé le marché de l’immobilier comme le secteur du BTP. Certes, avant l’arrivée du coronavirus fin 2019, l’immobilier était déjà au ralenti depuis quelques mois avec notamment le durcissement des conditions de crédit, mais l’irruption de la pandémie l’avait stoppé net avec le brutal et totalement inédit confinement du printemps : chantiers de construction à l’arrêt, agences fermées faute de pouvoir organiser des visites, crédits immobiliers mis sur pause, etc. Le second confinement dont nous venons tout juste de sortir aura été beaucoup moins paralysant. Les états des lieux, les signatures de compromis et d’actes de vente ont pu se faire. Le marché immobilier a ainsi mieux résisté et on assiste à une stabilisation des prix dans les dix plus grandes villes de France. Pour autant, on ne reviendra pas à la situation du monde d’avant car les deux confinements ont sensiblement modifié l’appréhension de l’immobilier par les Français. L’assignat