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Cercle vertueux

 

commerces

Chacun d’entre nous a déjà été confronté à un centre-ville où des commerces ont fermé boutique, où les rideaux baissés sont plus nombreux dans une rue que les vitrines éclairées, où les immeubles finissent par se vider de leurs commerces au rez-de-chaussée puis de leurs habitants. Avec un taux de vacance commerciale estimé à 14 % en 2024, contre 6 % en 2010, les centres-villes traversent, c’est peu de le dire, une phase de fragilisation structurelle profonde. Profonde mais pas inéluctable.

Certes, la concurrence des zones commerciales en périphérie des villes est redoutable depuis plusieurs décennies. Que faire, en effet, face à des centres commerciaux XXL dont le stationnement est gratuit, avec un foisonnement d’offre alimentaire, de services ou d’habillement, de vastes hypermarchés aux références sans fin, des galeries commerciales aux enseignes très diverses… et qui imitent parfois les rues d’un centre-ville, un comble ! Par comparaison, le commerce de centre-ville paraît daté, trop cher, trop compliqué pour s’y garer à proximité.

Pourtant rien n’est figé et on peut rompre ce cercle vicieux pour reconstruire un cercle vertueux. Ce qui suppose la mobilisation de tous. Les élus d’abord qui doivent veiller à l’équilibre entre centres commerciaux en périphérie – forcément pourvoyeurs d’emplois – et commerces de centre-ville sans lesquels une ville n’est plus une ville. Réhabiliter les centres avec les nombreux programmes existants (opération Coeur de ville, etc.) et en faire un élément structurant de la vie de la cité permet de redynamiser le commerce. Les exemples ne manquent pas et certaines villes redécouvrent le bonheur des Halles, comme Rodez qui vient d’inaugurer les siennes. D’autres ouvrent des perspectives en piétonnisant tout ou partie d’artères qu’on pensait délaissées. À Toulouse la transformation de la rue de Metz en est un bon exemple.

Mobilisation des Français ensuite. Il ne suffit pas de se dire attaché aux commerces de proximité en ville, comme le montre le 10e Baromètre du centre-ville et des commerces – 64 % des Français le sont, 75 % chez les 18-24 ans –, sans mettre en adéquation ses propres pratiques de consommation. Il faut, d’évidence, des preuves d’amour et faire l’effort d’acheter en ville, c’est soutenir le commerce mais aussi une certaine idée de la ville dont les rues ne sauraient accueillir que des agences bancaires ou d’assurances…

Enfin les professionnels doivent mieux se structurer, revoir leurs offres face aux grands centres commerciaux qui, eux, doivent être mieux encadrés.

Les élections municipales sont l’occasion d’aborder la question du commerce de proximité car derrière se trouve la vision que l’on veut pour sa ville, son bourg en n’oubliant pas les connexions qu’il y a avec les villages du bassin de vie. La ville évolue sans cesse, se réinvente et depuis quelques années, on redécouvre les bienfaits d’une vraie proximité comme l’a montré le professeur Carlos Moreno qui a inventé le concept de ville du quart d’heure et territoire de la demi-heure qui montrent que tout reste possible.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du lundi 5 janvier 2026)

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