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Savoir-faire savoir

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Lorsqu’en octobre 2012, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif de François Hollande, endosse une marinière Armor Lux et brandit un robot ménager Moulinex sur fond de drapeau tricolore en Une du Parisien Magazine, afin de vanter le "Made in France", beaucoup se gaussent et dénoncent un coup de com’. Il est vrai que le turbulent Montebourg n’a jamais rechigné tout au long de sa carrière aux envolées lyriques ni aux buzz médiatiques ; il s’était d’ailleurs transformé en VRP de la Renault Zoe électrique devant les caméras de BFMTV. Et pourtant, derrière cette Une qui fera beaucoup causer, il y avait, d’évidence, un engagement sincère, politique et personnel. Politique puisqu’il s’agissait d’engager une stratégie de reconquête industrielle en valorisant et en soutenant les productions françaises. Personnelle ensuite, puisqu’une fois retiré de la politique active, Arnaud Montebourg s’est investi dans la production de miel et d’amandes avec sa marque Bleu Blanc Ruche.

Il est heureux de voir que cette "Bataille du made in France" que Montebourg a lancée a été poursuivie par son successeur devenu chef de l’Etat, Emmanuel Macron. En accueillant aujourd’hui sous les ors de l’Elysée des produits fabriqués en France, il ne s’agit pas de verser dans le chauvinisme franchouillard, le nationalisme détestable ou le protectionnisme étriqué, mais bien, avec ce patriotisme économique, de faire savoir l’existence de savoir-faire dont la France peut s’enorgueillir. Des savoir-faire qui répondent aujourd’hui à des enjeux capitaux. Enjeux économiques bien sûr avec le maintien d’emplois industriels dans notre pays, notamment dans des territoires en difficulté, et avec l’ambition d’attirer des investisseurs étrangers qui veulent miser sur la qualité à la française. Enjeux écologiques ensuite. À l’heure où les conséquences du réchauffement climatique se font de plus en plus ressentir, peut-on continuer à faire fabriquer au bout du monde par des salariés sous-payés des produits dont la qualité médiocre leur donnera une très faible durée de vie ? Il devient urgent de revoir nos modes de consommation en favorisant des circuits plus courts pour réduire notre empreinte carbone, et en donnant évidemment les moyens à chacun de pouvoir compenser à l’achat le surcoût des produits made in France.

Défendre la marque "fabriqué en France" doit ainsi être l’affaire de tous. Celle de l’état et des collectivités pour impulser les bonnes politiques et soutenir les entreprises. Celle des acteurs de la société civile, à l’instar de la Fondation du Groupe La Dépêche, qui a lancé en 2010 "Métiers d’Occitanie", à la fois base documentaire et outil d’orientation pour les élèves. Et celle, bien sûr, des consommateurs que nous sommes tous.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du samedi 18 janvier 2019)

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