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La République des maires

 

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La dernière ligne droite de la campagne des élections municipales s’ouvre ce lundi. Six jours pendant lesquels les candidats vont jeter leurs dernières forces dans la bataille, avec de grands meetings, du tractage et du porte-à-porte renforcés pour convaincre les Français d’aller voter dimanche prochain et de les choisir, alors que les professions de foi arrivent dans les boîtes aux lettres.

La participation devrait d’ailleurs être plutôt bonne selon les dernières enquêtes d’opinion, y compris parmi les jeunes. Et pour cause. Même si la campagne a démarré lentement, elle a, d’évidence, retrouvé le souffle démocratique que la pandémie de Covid avait éteint il y a six ans, avec un premier tour organisé dans la peur de la contamination et un second convoqué des semaines après le premier. Cette année, retour à la normale.

Mais un autre aspect intervient qui pourrait amener les Français aux urnes : après les législatives anticipées de 2024 et l’exaspérant chaos politique et budgétaire à l’Assemblée qui s’en est suivi, les municipales permettent aux Français de s’exprimer. Une respiration démocratique. Ce sera la dernière fois avant l’élection présidentielle de l’année prochaine, clé de voûte de la vie politique française.

La tentation est alors grande pour certains de voir dans les municipales une répétition de la présidentielle et certains chefs de partis aux extrémités du spectre politique font tout pour politiser et nationaliser au maximum le scrutin. Une stratégie de bonne guerre mais qui ne résiste pas à ce que disent les sondages. Ceux-ci montrent que les Français se positionneront d’abord et avant tout sur des enjeux locaux et des thématiques ancrées dans leur quotidien : la sécurité, la santé, le cadre de vie, les transports et – même s’il est en recul – l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique. Autant de préoccupations concrètes pour des communes parfois frappées ces derniers mois par des inondations ou des sécheresses. Les municipales ne seront pas une primaire grandeur nature comme l’explique le politologue François Kraus, mais plutôt un baromètre du climat politique qui permet de dessiner des rapports de force sans préjuger de leur évolution d’ici la présidentielle.

Dès lors, le scrutin local aura aussi une lecture nationale lorsqu’il s’agira de voir la performance de certaines personnalités politiques qui aspirent à jouer un rôle majeur au plan national, comme Édouard Philippe, ou de mesurer la persistance – ou l’échec – de certaines dynamiques : la vague verte de 2020 résistera-t-elle ? Le RN peut-il conquérir de grandes villes ? Le PS conservera-t-il son solide réseau d’élus locaux ? LFI surmontera-t-elle les polémiques qui l’ont fait chuter dans les sondages ? Le bloc central peut-il limiter la casse au crépuscule du quinquennat d’Emmanuel Macron ?

Mais les municipales auront aussi, cette année, une autre importance. À un an d’une présidentielle qui pourrait rebattre profondément les cartes politiques, elles désigneront des maires qui resteront, dans leurs communes, les premiers garants de la République au quotidien. Des élus de proximité capables, le cas échéant, de faire vivre les principes inscrits au fronton de leurs mairies : liberté, égalité, fraternité.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du lundi 9 mars 2026)

 

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