
En 1948, Roberto Rossellini sortait le film "Allemagne, année zéro », dont le titre fait allusion à l’expression "Stunde Null" (l’heure zéro) qui décrit l’effondrement de l’Allemagne en 1945. Y aura-t-il un jour un film "Gaza, année zéro", ou "Proche-Orient, année zéro" ?
Le grand reporter Guillaume Auda, vient, lui, de publier "7 octobre 2023. Année zéro" (Ed. Le cherche Midi), une enquête de terrain en Israël et en Palestine sur le basculement qui s’est opéré il y a un an avec les attaques terroristes du Hamas palestinien contre Israël. Des attaques qui ont fait près de 1 205 morts, 3 200 blessés et 250 otages et qui ont précipité le Proche-Orient dans la guerre.
En riposte aux pogroms, Israël conduit depuis une guerre meurtrière et destructrice dans la bande de Gaza – plus de 41 000 morts – pour éliminer le Hamas et a ouvert un front désormais au Sud Liban contre le Hezbollah qui pourrait embraser toute la région.
Depuis le 7 octobre 2023, le monde a ainsi changé comme il avait déjà changé le 22 février 2022 lorsque la Russie a envahi l’Ukraine. Le choc des massacres dans les kibboutz et dans un festival de musique, le déluge de bombes sur la bande de Gaza, l’angoisse sur le devenir des otages, la survie de milliers de réfugiés… Autant d’images qui ont eu un impact politique et sociétal en France, aux États-Unis, en Iran, dans les pays arabes…
"J’ai fait la guerre aussi longtemps qu’il n’y avait aucune chance de faire la paix", assurait Yitzhak Rabin dans son dernier discours, lors d’un grand meeting pour la paix le 4 novembre 1995 à Tel-Aviv. Aujourd’hui, un an après le 7 octobre, la guerre semble s’étendre et l’espoir de paix s’amenuiser.:
(Article publié dans La Dépêche du lundi 7 octobre 2024)