Accéder au contenu principal

Vigilance

covronavirus

Sur le front de l’épidémie de Covid-19, toute la France est en vert. Toute ? Non. Un département de métropole détonne désormais en reprenant la couleur orange comme l’alerte du même nom. Les Landes suscitent l’inquiétude avec une remontée des contaminations au coronavirus. Le taux d’incidence de ce département du Sud-Ouest est désormais supérieur à 50 contaminations pour 100 000 habitants, le double qu’au plan national. Un rebond dû au variant Delta qui représente « entre 9 et 10 % » des nouveaux cas en France mais 70 % dans les Landes. Ce très contagieux variant Delta, parti d’Inde, se répand dans le monde à vitesse grand V – 85 pays touchés – et pourrait représenter 90 % des contaminations dans l’Union européenne d’ici fin août, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC)…

À l’heure où les Français et les Européens se préparent à retrouver une vie normale cet été après des mois de restrictions sanitaires, le variant Delta jette une ombre sur les jours heureux retrouvés et rappelle son prédécesseur, le variant anglais qui, fin décembre 2020, était devenu « une épidémie dans l’épidémie » avant de provoquer la 3e vague. Le même scénario peut-il se reproduire et provoquer à l’automne une 4e vague déjà annoncée par certains experts 

Les modélisations de l’épidémie de Covid montrent effectivement que l’on n’en est pas sorti et que d’autres vagues sont à venir. En mai 2019 déjà, le Center for Infectious Disease Research and Policy (Cidrap) de l’université du Minnesota, aux Etats-Unis, proposait un scénario « de pics et de creux » épidémiques sur le long terme. Mais à la différence des trois précédentes vagues, nous disposons désormais de la vaccination, dont l’accélération est cruciale mais menacée par un plafond de verre qui complique l’acquisition de l’immunité collective. Dès lors, le respect des gestes barrières que nous avons apprivoisés et supportés depuis mars 2019 doit encore rester de mise. Car on sait que tout relâchement dans notre vigilance peut être lourd de conséquences.

(Editorial publié dans La Dépêche du 26 juin 2021)

Posts les plus consultés de ce blog

Question d'éthique

  Photo Pierre Challier Un scandale est parfois nécessaire pour qu’éclate au grand jour une vérité jusqu’alors tue, fût-elle bien connue d’un grand nombre d’acteurs, et que de salutaires changements s’opèrent, des réformes trop longtemps repoussées ne voient enfin le jour. Celui qui a touché le Centre du don des corps de l’Université Paris-Descartes en novembre 2019, lorsqu’un charnier a été découvert en son sein, est incontestablement de ceux-là. Pendant des années – l’instruction judiciaire déterminera depuis quand – les corps de défunts qui avaient choisi de leur vivant de se donner à la science ont été maltraités. Plusieurs documents, notamment photographiques, ont montré que cette maltraitance était devenue au fil des ans normalisée, voire institutionnalisée, au mépris de toutes les exigences éthiques et juridiques, au mépris, surtout, de la dignité que l’on se fait du corps humain et du respect que l’on doit à tout homme, y compris après sa mort. L’affaire a profondément choqué l

La clé du conflit

L’ « opération spéciale » lancée par Vladimir Poutine le 24 février pour « libérer » les Ukrainiens du Donbass et au-delà, et « dénazifier » un pays prétendument aux mains de dirigeants corrompus devait être une Blitzkrieg rondement menée : en trois jours le pays devait tomber. Las ! Trois mois plus tard, la guerre qu’a déclenchée le maître du Kremlin est toujours bien présente avec son cortège d’horreurs et de malheurs, de crimes de guerre et de destructions de villes entières, véritablement rasées, de millions de réfugiés jetés sur les routes de l’exil et de morts par centaines. Vladimir Poutine pensait pouvoir réitérer ce qu’il avait fait en Crimée en 2014, une invasion militaire express sans résistance et la mise devant le fait accompli de la communauté internationale, qui n’avait alors que mollement protesté avec des sanctions économiques et financières quasiment indolores. Mais le président russe a sans doute préjugé de ses forces et mal compris que le monde qu’il rêve depuis lon

Artificiel

Le propre des crises est qu’elles sont autant des moments de bascule que de vérité et qu’elles révèlent que ce qui apparaissait impensable, incongru ou impossible ne l’était pas forcément. Ainsi lors de la crise du Covid-19, on a vu les 27 pays membres de l’Union européenne mettre de côté les sacro-saintes règles du traité de Maastricht – pas plus de 3 % de déficit public et 60 % d’endettement des États – pour permettre de surmonter la pandémie. Sous l’impulsion notamment de la France, les dogmes budgétaires ont été mis en pause afin de mutualiser de la dette au niveau européen et de bâtir un plan d’aides et de relance pour préserver les économies européennes. En sera-t-il de même avec un autre dogme européen, celui de la concurrence libre et non faussée, à l’occasion de la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine ? La question se pose à l’heure où les États doivent à la fois repenser leur mix énergétique en se passant des énergies fossiles russes et accélérer la transitio