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Attractivité

occitanie

Voir notre région Occitanie devenir la quatrième région la plus peuplée de France fait chaud au cœur car le succès de cette attractivité est, en partie au moins, le fruit des efforts de tous, élus comme citoyens, pour faire de notre « Midi » une terre accueillante, comme elle a toujours su l’être au fil de son histoire mouvementée.

Au 1er janvier 2020, c’est-à-dire aux prémices de l’épidémie de Covid-19, l’Occitanie comptait 5 973 969 habitants et figurait à la cinquième place nationale. Au 1er janvier 2021, la voilà qui a passé le cap des 6 millions d’habitants – 6 022 176 précisément – devançant les Hauts-de-France pour se hisser à la quatrième place nationale, et talonnant même sa voisine Nouvelle-Aquitaine, pourtant plus vaste région de France. Entre 2015 et 2021, la population d’Occitanie a ainsi augmenté de 0,7 % par an, soit environ 41 300 habitants supplémentaires chaque année, l’équivalent d’une commune comme Castres. Un dynamisme démographique qui fait de l’Occitanie la troisième région française où la population augmente le plus rapidement. Mieux, là où l’an passé, on avait constaté une faible progression de la population dans les départements, cette année, on voit que même les départements dits ruraux ont connu une belle progression qui compense la dégradation des soldes naturels, liée à la baisse de la fécondité et au vieillissement de la population.

Est-ce un effet de la pandémie de Covid-19, qui a remis en lumière des villes moyennes qu’on croyait – à tort ! – endormies mais qui offrent une qualité de vie incontestable ? Sans doute. Autre effet multiplicateur pour l’Occitanie : les locomotives que constituent Toulouse et Montpellier, et leurs départements respectifs la Haute-Garonne et l’Hérault dont la population a augmenté de 1,2 % en moyenne par an entre 2015 et 2021, soit quatre fois plus vite que la moyenne nationale. En 2013, lors de la réforme instituant les grandes régions, la fusion entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon inquiétait certains. Comment faire tenir une région avec deux métropoles à fort caractère ? Dix ans plus tard, non seulement l’identité de l’Occitanie s’est parfaitement installée et est bien identifiée hors de nos frontières, mais le duo des métropoles est devenu un vrai ticket gagnant.

Cette attractivité, économique, touristique, scientifique aussi a été accompagnée par des politiques publiques ambitieuses d’aménagement du territoire et de soutien à l’activité. À l’heure où il est de bon ton de critiquer l’action de l’État ou la classe politique, on peut saluer les élus locaux, maires, présidents de départements et la présidente de Région Carole Delga qui, tous, mouillent la chemise pour améliorer la vie quotidienne de leurs administrés.

Mais ce succès d’attractivité ne doit pas faire oublier qu’il reste encore beaucoup à faire. L’Occitanie ne dispose toujours pas de TGV, elle endure les déserts médicaux ou la fracture numérique dans beaucoup de ses territoires et de trop nombreux Occitans subissent l’inflation énergétique ou alimentaire, le chômage, la précarité, la pauvreté, et aussi les conséquences du réchauffement climatique. À l’attractivité démographique, au développement économique de ses métropoles, l’Occitanie devra aussi miser sur la solidarité des territoires et des citoyens pour viser la prochaine étape de son exceptionnel développement.

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