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Pacte civique

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A l’instar d’autres documents administratifs, le pass sanitaire fait hélas lui aussi l’objet de fraude et de trafic dont l’ampleur reste pour l’heure encore difficile à mesurer. Non pas que le document en lui-même soit mis en cause : comme le sont le permis de conduire ou le passeport, le QR code sanitaire est infalsifiable, notamment parce que pour le créer il faut disposer d’une clé de cryptage dont seules disposent les autorités des différents pays européens.

Mais comme pour celle visant le permis de conduire, la fraude se déroule en amont, en exploitant des complicités au cœur même du dispositif de santé que les sanctions, pourtant importantes (amendes, prison), ne semblent pas dissuader. Ainsi, une infirmière, un médecin, un pharmacien, toute personne pouvant se connecter à la base de données Covid de la Sécurité sociale est ainsi en capacité de créer de vrais-faux certificats vaccinaux.

Que ce soit pour l’appât du gain ou au nom de leur opposition au pass sanitaire voire à la vaccination, ces délinquants en blouse blanche et ceux qui montent avec eux les juteux trafics rompent le pacte civique qui pourtant devrait lier tous les Français, particulièrement face à une telle épidémie.

En fraudant sciemment sur un document de santé, non seulement ils prennent des risques pénaux importants pour eux-mêmes mais ils fragilisent la stratégie de sortie de la crise sanitaire dont le pass sanitaire, en France comme ailleurs, est l’une des clés. Surtout, ils mettent en danger la santé de tous ceux qui croiseront les adeptes du faux pass potentiellement contaminés et donc contaminants.

La fraude au pass sanitaire met à l’épreuve le sens des responsabilités de chacun, des personnels médicaux dont beaucoup ont prêté le serment d’Hippocrate jusqu’aux plateformes des réseaux sociaux qui ne luttent que mollement contre les offres de vrais-faux pass sanitaires. La meilleure façon d’en finir avec cette fraude, c’est d’en finir avec l’épidémie et pour cela en passer par la vaccination et... le pass sanitaire.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du dimanche 25 juillet 2021)

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