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Solidarité d'abord

inondations


Des pluies torrentielles, des maisons inondées, des voitures emportées comme des fétus de paille par des rivières en furie qui charrient tout, détruisent habitations, routes et ponts, laissant un paysage de désolation, des populations sinistrées, meurtries, et parfois endeuillées. Ce n'est pas la première fois que l'Aude est ainsi frappée par des pluies diluviennes ; et chacun garde en mémoire les inondations de 1999. Mais hier, ces intempéries violentes qui se sont abattues sur ce département d'Occitanie, ont franchi un cap historique. Jamais depuis 1891 on n'avait, en effet, vu un tel déluge.

Face au bilan humain terrible, qui pourrait s'alourdir encore dans les heures qui viennent, c'est bien sûr toute notre solidarité qui doit s'exprimer envers les populations affectées. Solidarité des habitants de la région mais aussi solidarité nationale. Face à un tel drame, il était bien normal que le Premier ministre Edouard Philippe – qui est aussi encore quelques heures celui de l'Intérieur – effectue hier un déplacement dans l'Aude pour réconforter nos concitoyens et les assurer du soutien sans failles de l'Etat.

À cette solidarité il convient d'ajouter la gratitude que chaque citoyen doit avoir envers les secours qui se sont rapidement et efficacement mobilisés. Pompiers, gendarmes, militaires, secouristes, hôpitaux ont été comme toujours en première ligne avec courage et efficacité pour aider les populations et appuyer les élus locaux. Cette solidarité, cette gratitude vont perdurer pendant les jours qui viennent, le temps de panser les plaies, de faire le deuil des disparus. Viendra ensuite le temps de l'analyse, des questions et peut-être des polémiques.

Car cet épisode cévenol historique interroge sur l'évolution du climat et notre façon d'y faire face. Plus que la fréquence, c'est l'intensité de ces intempéries qui questionne. Des intempéries qui sont l'une des conséquences d'un réchauffement climatique désormais difficilement contestable. Face à de tels phénomènes, il convient de mieux se préparer, d'imaginer des politiques publiques plus ambitieuses, des solutions nouvelles en termes d'urbanisme, de constructions, d'aménagement et d'adaptation du territoire, d'alerte des populations. Ces réflexions sont souvent déjà en cours et communes, départements, régions, ont déjà mené nombre d'actions avec le soutien de l'État. Le drame de l'Aude nous oblige à redoubler d'efforts, à aller plus loin pour s'adapter à cette nouvelle donne climatique.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du 16 octobre 2018)

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