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Retrouver confiance

 

tirelire

L’épidémie du coronavirus, qui pourrait être marquée par une seconde vague selon certains experts, n’a pas fini d’inquiéter les Français. Cette peur de la Covid-19 et ses conséquences pour les mois à venir sur leur vie quotidienne, leur emploi notamment, les incite à continuer à épargner toujours plus pour faire face à des lendemains qui ne chanteraient pas pour tous. Certes, après le déconfinement du 11 mai, on avait observé un sursaut de fièvre acheteuse, la consommation avait dépassé en juin son niveau de février sans toutefois rattraper le retard pris pendant le confinement. Le bilan mitigé des soldes a d’ailleurs montré combien les Français restaient prudents. Au total, depuis la mi-mars, l’Office français des conjonctures économiques (OFCE) estime que 75 milliards d’euros auraient dû être dépensés par les ménages. L’épargne accumulée pendant le confinement atteindrait même les 100 milliards d’euros, selon l’économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.

Cette épargne de précaution d’un niveau rarement vu recèle un paradoxe et une inquiétude. Le paradoxe est que, quitte à épargner, les Français auraient pu miser sur des produits leur rapportant le plus. Mais par facilité ou méconnaissance, c’est sur leur Livret A et sur leurs comptes courants qu’ils ont laissé leur argent. Il existe pourtant bien d’autres solutions comme nous le détaillons dans notre dossier.

L’inquiétude, c’est que cet argent qui dort ne profite pas à l’économie. Or la consommation représente la moitié du PIB et l’OFCE estime que si toute l’épargne supplémentaire du confinement était dépensée, les impacts de la crise en seraient réduits de moitié. On comprend mieux dès lors les injonctions de Bruno Le Maire, qui doit détailler ce jeudi le plan de relance de 100 milliards du gouvernement. Le ministre de l’Economie n’a eu de cesse ces derniers jours d’inciter les Français à dépenser leur épargne pour faire redémarrer l’économie.

Dans un cas comme dans l’autre, tout est question de confiance. Épargner ailleurs que sur les très sûrs livret A et compte courant suppose d’avoir confiance dans les autres supports. Dépenser son épargne en consommant suppose d’avoir confiance pour son avenir. Pour l’heure, et la dernière enquête de l’Insee sur le moral des ménages le montre, la confiance n’est pas encore revenue.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du mercredi 2 septembre 2020)

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