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Entre les lignes

 

jubillar

Qui est vraiment Cédric Jubillar ? Au cœur de l’affaire qui porte son nom, depuis la disparition de son épouse Delphine dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 et qui lui vaut une mise en examen pour meurtre aggravé et une incarcération, cette question est toujours sans réponse. Le mystère demeure sur ce père de deux enfants, qui avait participé activement aux battues et aux recherches de son épouse et dont on a découvert au printemps, avec surprise, la nouvelle compagne Séverine, amie devenue amante et peut-être confidente. La clé de l’énigme se trouve-t-elle dans la relation singulière qui semble unir Cédric Jubillar et Séverine L., cette dernière ayant été un soutien de la première heure après la disparition de Delphine et étant toujours restée près de lui, même après son incarcération à l’été 2021 ? En tout cas, le couple est, d’évidence, une pièce maîtresse de l’affaire Jubillar.

Le domicile de Séverine L., à Lescure-d’Albigeois, avait été fouillé en juin par les gendarmes et une brigade cynophile. La quadragénaire avait été interpellée et placée en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Gaillac mi-décembre dernier, soupçonnée de « complicité de recel de cadavre », les enquêteurs étant convaincus qu’elle détenait des indications précises sur la localisation du corps de l’infirmière disparue. Mais Sévrine L. est ressortie libre le lendemain, après 35 heures d’interrogatoire, sans que rien ne soit retenu contre elle.

Elle a dès lors continué la correspondance qu’elle entretient avec Cédric Jubillar depuis qu’il est incarcéré. Des lettres hebdomadaires scrutées de près par la justice et dont nous avons pu prendre connaissance.

Derrière l’écriture enfantine, les ratures et les fautes d’orthographe se mêlent des formules enamourées dignes d’un adolescent, entre déclaration d’amour et quête d’affection, le récit d’une vie en cellule, entre l’attente des colis et de virements pour cantiner, mais aussi des phrases absconses. « On ne peut avoir confiance en personne, sauf entre nous deux au final… », écrit Cédric Jubillar au début du mois. La vérité est-elle entre les lignes, où suintent les non-dits et peut-être une part de manipulation de la part de celui qui reste le principal suspect ?

En attendant, les enquêteurs poursuivaient hier leurs recherches autour de la ferme proche de Cagnac-les-Mines, dans laquelle Cédric Jubillar aurait confié à son voisin de cellule avoir enterré le corps de sa femme. L’affaire Jubillar touche-t-elle à sa fin ?

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du jeudi 20 janvier 2022)

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