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De Séville à Toulouse, de Vienne à Nîmes, de Berlin à Montpellier, c'est toute l'Europe qui suffoque sous les 40° d'une chaleur caniculaire qui devrait – espère-t-on – s'achever cette semaine, ce soir peut-être. Cette canicule aux conséquences bien concrètes sur la vie quotidienne, sur les organismes des plus fragiles d'entre nous, sur le rythme de l'économie, sur l'environnement avec la pollution atmosphérique qui s'ensuit ou encore sur le rendement des récoltes à venir, notamment de blé, illustre ce réchauffement climatique qui bouscule notre météo et notre façon de vivre. Vagues de chaleur ici, vagues de froid ailleurs à d'autres moments de l'année, fonte des glaces, hausse du niveau des mers, augmentation de l'intensité des ouragans. N'en jetez plus. Le yoyo climatique charrie son lot de catastrophes angoissantes. Autrefois cantonnés dans des films à grand spectacle, ces phénomènes climatiques semblent désormais aussi nombreux que nous nous sentons démunis face à eux.

Certes, après des décennies de négociations, la quasi-totalité des pays du monde s'était mise d'accord lors de la conférence sur le climat de Paris en 2015 pour limiter à 2 degrés la hausse des températures d'ici 2050. Mais cet objectif, auquel les États-Unis de Donald Trump ont renoncé en sortant de l'accord international, semble non seulement de plus en plus difficile à réaliser, mais aussi bien insuffisant pour répondre à l'urgence de la situation qui nécessiterait des mesures aussi contraignantes qu'impopulaires. Surtout, il est trop éloigné de notre quotidien et ne signifie finalement pas grand-chose pour l'opinion publique.

Pour autant le dérèglement climatique doit-il ne susciter que peurs et fatalité ? Ne peut-il pas être, a contrario, une extraordinaire opportunité pour changer nos comportements, trouver des solutions plus concrètes et immédiatement applicables ? Cette thèse est portée depuis plusieurs années par l'entrepreneur environnementaliste américain Paul Hawken, à l'origine du projet Drawdown (réduction) qui mobilise des scientifiques pour modéliser 100 solutions les plus efficaces pour lutter contre le réchauffement. Surtout Hawken, qui estime que l'Humanité est à la fois la cause et le remède du dérèglement climatique, tient un discours qui est tout sauf fataliste et anxiogène, et appelle les habitants de la Terre à se réveiller. Faire du réchauffement une bénédiction pour changer le monde plutôt qu'une malédiction difficilement conjurable : voilà un discours qu'on aimerait entendre plus souvent.

(Editorial publié dans La Dépêche du Midi du 7 août 2018)

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